ISBN : 2812135751
Éditeur : Edilivre-Aparis (2010)
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La paillasse… Où la vie se fait, se jauge et se défait – refaite, parfaite si ce n'est contrefaite en pièces rattachées, détachées ou rapportées. Où les techniques s'enchaînent, parfois enchaînent, e... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par J-line, le 16 février 2011

    J-line
    Un livre-outil; avec comparatifs argumentaires, citations et références. Mais aussi, en seconde section, une interrogation, voire une déconstruction constructive, de la bioéthique (sa réalité ou son statut, ses pouvoirs ou sa fonction).
    Plus de 250 auteurs (et quelques 500 extraits ou citations) y sont comparés, analysés et commentés - pour spécialistes cependant (philosophes, bioéthiciens, sociologues, anthropologues, psychologues, journalistes concernés par ces matières....).
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Citations et extraits

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  • Par J-line, le 15 février 2011

    De fait, la question sous-tendant les discussions éthico-déontologiques ici soulevées rejoint celle du monde et de la médecine que nous espérons : autorisant chacun à construire une existence qui ne soit ni Destin ni fatalité, ni vacuité ni irréalité. Une médecine luttant contre les limitations des possibles individuels sans en instituer d’autres (dramatiquement existentiels et spéciels). Se heurtant, et les consciences avec elle, à la question du normal, de la normativité ou de la normalité. Une médecine qui est nonobstant inévitablement nourrie des exigences ou des attendus tant sociaux qu’idéologiques (anthropologiques ou philosophiques), tant moraux ou compassionnels que pulsionnels. Et qui rencontre l’homme dans ses fondements, croise la problématique du sens et vibre des questions touchant à la vie et à la mort – questions fondamentales en leur surgissement existentiel, leurs développements philosophiques et leurs implications sociales. Avec, en toile de fond ou horizon, une question cruciale : ne serions-nous pas engagés sur la voie d’une transfiguration ? Où l’homme serait à ce point fragmenté (en son corps, ses représentations, son identité, son trajet existentiel) que son mode de soutenance et d’étance relèverait de ce qui est aujourd’hui encore exception pathologique et psychotique – avec un corps machinal et machiné ? Où l’on confondrait l’inanimé et le vivant, la matière des choses et la substance organique des corps, le soi et le non soi, le tout et ses parties – comme le font les enfants psychotiques ou l’Héphaïstos du mythe grec (forgeron boiteux rejeté par sa mère et castré par son père Zeus, cherchant dans son œuvre une densité d’existence propre à effacer son impuissance originelle ).
    Pour ce qui nous concerne, nous relions les technosciences à la soutenance aporétique de l’homme. Parce que l’humanitude est extraction, abstraction, réflexivité et ouverture - portant comme extrême ou comble (d’anéantissement) la fin de l’homme tel que nous le connaissons. Parce qu’elle conduit son agent à opérer un mouvement de distanciation et d’appropriation : utilisant puis dépassant les faits et supports bio-logiques (et les transformations y associées), ledit agent introduit une finalisation pour aboutir à une transfiguration. Plus précisément, l’humanitude crée le monde à sa mesure - et à sa démesure. Elle invente son univers et crée sa liberté. Produit les systèmes et les outils propres à assurer ses projets - mais propres également à la questionner en ses conditions de possibilité. Elle invente son mode d’être ou d’exister dans une négation libératrice de son ETRE - mais côtoie sa destruction dans l’expression ponctuelle ou dans l’aliénation.
    Aporie parce qu’il appartient à la nature humaine (à la soutenance individuelle et conscientielle) de s’opposer aux impositions, aux assignations (de sens, lieux, modes d’être), aux champs sacrés et à toute forme de Transcendance - comme il lui appartient de déplacer et reconstruire ces signifiances et exceptions sacrales.
    Aporie parce que s’opposent intérêts présents et risques d’avenir, concrétude et imaginaire, réalité humaine et potentiel, conscience souffrante et réseau symbolique, état actuel et puissance, acte et intention et encore action et conséquence.
    Aporie parce que la soutenance humaine entend une abstraction, une extraction, une fragmentation (des perceptions, phénomènes, états, substrats, concepts) et une assignation de statut, signifiance et valeur.
    Aporie parce que l’identité n’est pas un donné, que l’individu n’est pas un isolat, que la personnalité ne relève pas de l’Etat (advenu), que l’existence n’est pas l’Etre et qu’elle relève d’une continuité très particulière : divisible à son origine inconsciente et insensible - mais aussi, a posteriori ou pour l’observateur, unique et inscrite en un processus continu de conscientisation et d’appropriation (de soi par soi).
    Aporie encore, parce que Fin, Sens et Moyen se mêlent et se confondent. Effectivement, toute intervention (d’artifice ou d’artefact) prenait naguère place en vue d’une Fin extérieure au système ou à l’objet techniques. Ou encore, toute manipulation ou transformation (du milieu, de la matière, des structures et organisations) se posait en fonction d’une Fin associée à une quête ou à une construction de sens : mieux-être, «plus» relationnel, projet global ou perspective humaniste. A l’opposite, manipulations et artificialisations se posent désormais telles des fins en soi, en elles-mêmes, pour un homme (une humanité, un humanisme) dépourvu de sens.
    Aporie toujours parce que les sciences s’opposent à la durée du devenir (...)
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  • Par J-line, le 10 décembre 2011

    (401) Rappelons-nous alors des sociétés antiques expurgeant les tensions violentes par les rites sacrificiels : désignant un coupable réunissant contre lui, dans la libération orgiaque de chacun, l’ensemble communautaire. Le sacrifice prohibé, les sociétés se maintinrent en parenthèses libératrices : croisades armées ou idéologiques, bacchanales, carnavals et autres rites festifs, défilés contestataires (strictement régulés) ou manifestations sportives. Films de sexe, films d’horreur, films d’évasion… Sports extrêmes et télé-réalité… Mais quelquefois, de plus en plus souvent dans ce monde d’insécurité globale (professionnelle, sociale, géopolitique, climatique, cosmique) et de rivalités supposées démocratiques (mais fondamentalement élitistes), dans un contexte de solitude et de déliances, la violence jouée des stades se déplace dans les rues : y explose en brasiers fumants. Les soubresauts autorisés pour le repos des bonnes âmes, du Pouvoir établi et des puissants gonflent désormais en ondes sismiques – et risque l’éruption explosive dévastatrice. Entre Diable et Dieu, Goethe agonisait de ses extractions et de ses quêtes d’absolu. Œdipe quant à lui errait sans terre d’attache : sans un sol qui lui soit maternel -où marcher, s’écorcher et enfin se trouver. Sans identité offerte donc, sans identité reconnue : cherchant en vain une légitimité d’où parler – pour faire poids et humanité commune. Et O. Rey nous le rappelle très justement, le boiteux aux pieds percés par un père qui le renie occupe des places qui ne lui reviennent pas : époux de sa mère, père de ses frères, frères de ses enfants. Où tout est confusions, confusionnel et déstructurant avant que d’être destructeur –(…). Au vrai, nous vivons par notre corps qui nous attache au monde, au temps, aux autres. Nous vivons par le monde qui nous touche, nous arrime et nous définit. Nous vivons par autrui qui nous accueille et nous fonde (contre la contingence, contre la gratuité qui sans lui devient absurdité). Nous vivons par une condensation de nos sensations (internes, intimes, et reçues /perçues hors de soi), de nos vécus, liances et soutenance : une condensation d’identité qui peu à peu se délie et se décentre en interactions et interrelations. Ou encore, dans les termes de Kahn, «(...) nous ne vivons que par les autres et pour les autres (…). Aussi, le sentiment d’absence de réciprocité, la sensation de son insignifiance au regard d’autrui (…) constituent une agression psychologique d’une incroyable violence (…). Le mépris rend fous ceux qui en sont l’objet, puisqu’on leur conteste par ce bais la possibilité d’exister en tant qu’êtres raisonnables en échange permanent avec leur entourage.», HceRP, 57-58. Derrière la tendance biologiste /biologisante transparaît l’impuissance familiale, sociale et civilisationnelle: face aux exclus, aux insoumis, aux désespérés – désespérés souvent par un moule qui les rejette, un avenir qui les ignore, un vis-à-vis qui les méprise ou ne les voit pas. Désespérés par un mode d’être (d’agir, obéir, faire projet) auquel ils ne peuvent adhérer. Ainsi, de l’enfant dit turbulent mais scotché à la télévision, l’ordinateur ou la console. Ainsi de l’adolescent dit caractériel écarté des liens sociaux ou familiaux – quand la famille s’éparpille ou ne peut assurer le lien au monde socio-culturel (étrangers ne parlant pas la langue du pays de résidence, marginaux, chômeurs). Ainsi donc de ce qui s’avère inassignable et face auquel la société préfère brandir l’explication bouche-trou d’une pathologie génétique qu’un traitement médicamenteux pourra contenir. «L’enfer c’est les autres» disait Sartre – tant qu’ils ne me sont qu’autres. Et est infernale, tout simplement, une existence qui ne peut se faire reconnaître par cet autre sans lequel elle n’est rien. A cette aune, le danger propre à notre modernité tient à une imposition d’extériorité (qui peut être Raison théologique ou Raison scientifique, Raison spécielle ou Raison Economique). Extériorité du gène, de la molécule, de la coercition, de la Fin tierce ou du regard Autre. Extériorité du Progrès (plénitude d’acquisitions, d’efficacité/rentabilité, de possibles), de l’Ordre, ou de la Robotique/informatique/cybernétique… Le tout soutenant une démission générale où la cause des comportements et états est à trouver hors de l’homme - hors de soi. Où, parallèlement, le but est d’extériorité : un remplissage du monde entendant la réalisation de tout le possible et l’accroissement intrinsèque dudit progrès. Dans la foulée, le sens serait laissé au seul foisonnement… et l’homme alors ne serait plus : perdu dans ses productions, dépourvu de raison propre, amputé de ses émotions et privé d’épanouissement (qui requiert directement ou indirectement le regard de l’autre).
    (402) En conclusion très provisoire, l’aporie bioéthique répond à celle de la dualité humaine – répondant pour sa part à celle d’une vie en émergence dans l’entre-deux et selon l’articulation d’équilibres fragiles. Elle naît, cette aporie, de la réversibilité de certains arguments et de l’irréversibilité de certaines actions. Où la plupart des arguments, opposés comme l’objet et son image dans le miroir, recouvrent des interprétations différentes d’une énonciation semblable : les uns et les autres incontestables ou révocables selon le plan de réalité considéré –biologique, psychologique, social, existentiel, logique, juridique, conceptuel ou symbolique. Elle s’explique alors de l’ancrage situationnel et affectif des positions – et de la nature même des objets concernés, où se joue la vie, la liberté et la mort. Aporie d’un bien inconnaissable et d’un futur insondable. Mais aussi, d’une soutenance relationnelle déployée en un monde partagé. Où les niveaux se croisent pour quelquefois s’opposer lors même que les intérêts s’affrontent (réels/potentiels, pratiques/symboliques, actuels/futurs)…
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  • Par J-line, le 15 février 2011

    -Reste tranquille s’il te plaît, maman est fatiguée. Et tais-toi quand papa regarde son journal.
    -Ça suffit ! File dans ta chambre, et occupe-toi intelligemment pour une fois…

    Alors il file l’enfant. Et s’occupe avec un jeu vidéo ou devant un écran ouvert sur un monde qui peu à peu se referme sur ses peurs et ses indifférences –si seul !
    Là, immobile, il se gave d’images : petite dépouille à la chair superfétatoire, petit sujet (presque) bien dressé…. Mais sans plus d’apprentissages justement : ni celui de l’enfance, ni celui de sa force. Ni, surtout, celui de l’autre en sa réalité tellement semblable et si différente cependant – infinie richesse d’une communauté où la diversité fait humanité.
    Or il doit apprendre le petit d’homme : à contrôler ses pulsions, vider ses énergies et verbaliser ses peurs ou ses violences. Apprendre de son corps engagé dans la bataille ; apprendre de ses compétitions pour que peu à peu elles s’amenuisent. Sans cela, un jour ou l’autre, avec d’autres forces, d’autres armes, portées de frustrations et de silences, elles resurgissent en vagues destructrices.
    L’enfant donc, que l’on fait taire, que l’on assied. Qui est métamorphosé en un adulte miniature, en un consommateur effréné – en un solitaire sans plus de références proprement transmises, réellement investies.
    L’enfant et les femmes. Qui se démultiplient : en rôles, fonctions, moments et états – entre un instinct (d’espèce), un statut (socio-culturel), une fonction (professionnelle), un rôle (familial), un choix (personnel/personnal – mais impliqué dans le lacis des déterminants pluriels) et un projet (d’existence/ existentiel).
    Des femmes qui désirent, veulent et exigent : un enfant, si elles veulent ; un enfant quand elles veulent ; un enfant comme elles veulent (même hors leur ventre…).
    Les femmes disions-nous, et les hommes : avec leurs désirs prométhéens, leur narcissisme angoissé, leur volonté de puissance, leurs manques, leur stress, leurs certitudes et leurs incertitudes ou leurs ignorances…
    Les hommes et puis l’humanité en sa diaspora : ici accrochée, écorchée, sur des terres desséchées ; là engluée dans ses coulées de boue. Ou encore attachée (et fascinée, aveugle donc) à ses tours infernales qui chatouillent un ciel toujours plus enfumé – dansant sur les déchets qui étouffent ses propres enfants.
    L’humanité et ses conflits sanglants, ses rivalités sans garde-fou, ses concurrences débridées et ses dilemmes moraux. L’humanité et ses choix, ses doutes, ses peurs – ses risques et ses angoisses. L’humanité et ses techniques : celles qui sauvent, celles qui tuent. Celles qui sont disponibles, celles que l’on s’achète, celles qui font défaut et celles qui se profilent.
    L’humanité et son avenir donc, et son devenir…..

    -Fais pas ci, fais pas ça…...
    -Pas beau ! Pas bien ! Pas juste !
    Et blabla-ci et blabla-là : le monde tourne et tout coule, comme disait l’autre Grec.
    -C’est comme je dis ! Comme je veux, ou comme je peux...
    -C’est immoral, que diantre ! Que dis-je ? Abominable, oui !
    Et verbiage et emphase : les mots se gonflent tandis que leur sens éclate en sons vibrionnants.
    -A penser bien, citoyens, cela relève d’une atteinte à la dignité et à la liberté.
    -Croyez-moi, cher Monsieur, c’est un coup porté à l’enfance et à l’innocence.
    -Contre la raison ou le sens commun…
    -Contre l’ordre, cher ami, contre l’Ordre !
    L’ordre des pères ou du Père (Eternel ?). L’ordre de la cité, l’ordre des choses, l’ordre du monde (physico-chimique ou transfiguré en une entité sacrale).
    -D’ailleurs, c’est un crime, Votre Honneur – à l’encontre des personnes, de l’humanité ou de l’espèce.
    Et l’on s’affronte à tout va : en duels verbaux, à coups d’arguments rationnels ou d’images irraisonnées – c’est dans l’ordre des choses humaines justement ! Entre sapiens, demens et pictor : parce que la conscience, parce que les vécus…… Parce que les espoirs, les inconnues et les angoisses…… Et la souffrance aussi, qui de temps à autre se révolte. Sans omettre, à tout homme son lot, les pulsions et les projets : qui sont individuels en leur situation relationnelle ; qui sont collectifs ou anthropologiques au-delà du singulier.
    Cependant, désormais, l’on peut faire sauter la planète en poussant sur quelques «boutons» aux accès plus ou moins codés. Ou changer l’espèce en bricolant les génomes. Certes, les ciseaux sont moléculaires et les fils tissés de séquences géniques – tirés alors par quelque vecteur viral. N’empêche, c’est de patchwork qu’il s’agit :
    - Inédit, chimérique, fantasmagorique – et dangereux.
    -Prometteur, révolutionnaire – et merveilleux.
    Par suite logique ou viscérale, l’on oppose les arguments qui sont souvent autant d’avis ou d’intuitions.

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  • Par J-line, le 15 février 2011

    (002) La paillasse……
    Où maintenant la vie se fait, se jauge et se défait – refaite, parfaite ou contrefaite en pièces rattachées, détachées ou rapportées.
    Où la question partout présente, du fond de son absence même, est celle du sens – de l’homme en son existence, de l’humain en sa signifiance.
    Où les techniques s’enchaînent, parfois enchaînent, et souvent se déchaînent – pour extraire : la souffrance du corps ; le corps de l’identité ; l’identité du relationnel ; et l’homme de tous ses engagements, liens, liances et appartenances.
    Extraire ou abstraire donc : hors ou loin de la Terre, hors et loin de la matrice (de moins en moins) maternelle, hors et sans le temps, hors et au-delà de l’humanité qui fit l’homme - s’en fait, nous fit (vers une posthumanité ou une transhumanité métamorphique, anamorphique ou dispersive). Où conséquemment les doubles-nœuds ou les entre-deux qui naguère définissaient l’homme révèlent puis offrent à l’opérativité leur aporie potentielle. Car les technosciences rencontrent l’humanitude comme leur source matricielle – mais cette rencontre de l’efficience et du pointillé anthropologique recouvre le déploiement (en réalisations multiples) du paradoxe associé à une enclave organique perméable astreinte à une maintenance identitaire en devenir. Paradoxe d’une intériorité qui se déplie en extériorité via une interface dermique (sensorielle) tout en soutenant un monisme substantiel décliné (se déclinant) en une expression duale (en corporéité et spiritualité, matière sensible et pensée volitive). Où donc l’homme en son humanité, sa béance et sa contingence recèle une dimension aporétique : où pourrait éclater l’individuation, s’altérer ou se déliter la conscience, se fixer l’évolution, se détisser les réseaux symboliques et s’anéantir les sensibilités. Où encore l’opérativité technique pourrait s’immiscer dans les équilibrations (agies incessamment) propres à un individu s’exprimant dans l’entre-deux du «donnée imposé» et de l’acquis conquis en assomption : et s’y immiscer au profit d’une transgression des limites corporéelles, spécielles et catégorielles.
    A cette aune, les technosciences témoigneraient d’une rencontre risquée et cependant incontournable : opérée entre un homme entretenant un rapport mi instrumental mi symbolique au «monde» (aux objets et concepts, aux autres et à lui-même) et les techniques (par lui) crées (à cette fin). Rencontre opérante du sujet, de son projet et de ses instruments. Rencontre du soi et de ses voies d’expression : susceptibles désormais de catalyser la dimension aporétique d’un individu disposé, semble-t-il, à se résumer en centre décisionnel et force opératoire – au regard d’une intention de moins en moins incarnée si ce n’est dépersonnalisée ou impersonnelle et contre la réalité du Moi-peau tel que le décrit D. Anzieu (s’agissant de patients en cure psychanalytique : «(…) ces malades souffrent d’un manque de limites : incertitudes sur les frontières entre le Moi psychique et le Moi corporel, entre le Moi réalisé et le Moi idéal, entre ce qui dépend de Soi et ce qui dépend d’autrui, brusques fluctuations de ces frontières, accompagnées de dépression, indifférenciation des zones érogènes, confusion des expériences agréables et douloureuses (…)», MP, 29.
    Dès lors, nous présumons que l’humanitude porte en elle son possible létal. Qu’elle concourt à la fin de notre humanité en produisant un domaine existentiel où s’esquisse une (auto)biographie de l’arrachement et de l’incarnation multiple ; où convergent les techniques, les projets sociaux et les aspirations individuelle ; et où l’on observe un rapprochement aventureux des possibles technoscientifiques et du fonds fantasmatique et mythologique.
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