La création est un acte d'amour et elle est perpétuelle. À chaque instant notre existence est amour de Dieu pour nous. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous. Ainsi, lui qui nous donne l'être, il aime en nous le consentement à ne pas être.
Notre existence n'est que de son attente, de notre consentement à ne pas exister.
Perpétuellement il mendie auprès de nous cette existence qu'il nous donne. Il nous la donne pour nous la mendier.
La Pesanteur et la grâce,
Simone Weil.
Ce n'est du tout une idée nouvelle, évidemment, que Dieu, dans sa perfection, ne peut aimer que lui-même. C'est Avicenne qui l'a émise le premier, s'inspirant sans doute de l'affirmation d'Aristote selon laquelle Dieu pense et ne peut penser qu'un objet aussi élevé que lui. De même qui Dieu peut trouver plus aimable que lui-même ? Avicenne ajoute qu'épris de sa propre essence, Dieu aime les créatures à mesure qu'elles se purifient de tout ce qui n'est pas lui et donc se rapprochent de son essence. Il ne nous est donc pas indifférent mais S'aime en nous :
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