Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
La burlesque équipée du cycliste2Ajouter à mes livres
Des Don Quichotte, chaque époque en voit naître une kyrielle. Au début du siècle, ils enfourchaient un vélo, comme cet Hoopdriver qui se lance sur les routes campagnardes afin de mieux maîtriser sa Rossinante d'acier. Ainsi, sans... > voir plus
Je l'ai lu il y a longtemps. Je me souviens de son atmosphère, de son humour décapant, je m'étais imprégné du dimanche du héros qui prend son vélo et parcours la campagne. A l'époque, c'était de gros et lourds vélocipèdes. Wells ici conte un roman simple loin des histoires d'anticipation, il conte la vie d'un homme ordinaire qui aime prendre son vélo. J'en garde un très bon souvenir, drôle. Rien que d'en parler, ça me donne envie de le relire.
Précurseur de son époque et aventurier tranquille Mr Hoopdriver part à travers l'Angleterre vivre des aventures, perché sur son vélo. Il rencontre sur la route de Ripley une jeune dame en gris durant un épisode humiliant et au fil des étapes parvient jusqu'à la pierre de guillaume le Roux.
Un des maîtres de la littérature anglaise, HG Wells nous décrit ici un héros dans des péripéties attendrissantes et burlesques. Ce livre, qui porte aussi parfois le titre de "les roues de la chance", est une pause dans un monde difficile, il est léger et désuet. Même si Wells n'est pas, ici, au sommet de son art d'écrivain, on le sent s'amuser et se moquer tendrement de son personnage et cela reste un bon moment de lecture.
Si, le 14 août 1895 (à supposer que vous soyez du sexe qui se livre à ce genre de distraction), vous étiez entrée dans le magnifique magasin de nouveautés de M.M. Antrobus et Cie - Cie purement fictive, soit dit en passant, - à Putney, et que, étant entrée, vous ayez tourné à droite, du côté où se dressent les rouleaux de toile blanche et les piles de couverture de laine, vous auriez fort bien pu être accueillie par le héros de la présente histoire.
Il se serait avancé vers vous, derrière son comptoir, puis, gracieusement incliné, aurait posé, tout à plat, sur la table luisante, ses deux grosses mains aux doigt courts avec des jointures énormes ; et, le menton levé, sans rien d'ailleurs dans sa personne qui annonçât la moindre attente d'un plaisir, il vous aurait demandé "ce qu'il pouvait avoir le plaisir de vous montrer"....
(extrait du premier chapitre "Du héros de la présente histoire")