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Henry D. Davray (Traducteur)
ISBN : 2070401782
Éditeur : Gallimard (1997)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 366 notes)
Résumé :
Il me revint en tête - par quel procédé mental inconscient -, une phrase qui fit retourner ma mémoire de dix ans en arrière.
Elle flotta imprécise en mon esprit pendant un moment, puis je revis un titre en lettres rouges: Le Docteur Moreau, sur la couverture chamois d'une brochure révélant des expériences qui vous donnaient, à les lire, la chair de poule. Ensuite mes souvenirs se précisèrent, et cette brochure depuis longtemps oubliée me revint en mémoire, av... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Malivriotheque
Malivriotheque03 février 2014
  • Livres 3.00/5
Edward Prendick est le dernier naufragé survivant du Lady Vain. Il se retrouve sur une île étrange, peuplée de créatures pour le moins inhabituelles mais surtout effrayantes. Sont-elles des animaux ou des humains ?
Encore un classique de Wells (mais quel ouvrage de H. G. Wells n'est pas un classique ?). L'auteur était furieusement visionnaire et avait déjà compris vers quoi les expérimentations de son époque pouvaient conduire dans l'avenir. Il est bien évidemment question de manipulation génétique, ou tout du moins de jeu avec le corps humain ou animal que l'on tente, à la manière de Dieu, de façonner à souhait, pour le meilleur et surtout pour le pire. le personnage principal se retrouve piégé sur une île mystérieuse et dangereuse, tentant d'échapper à des monstres inquiétants avant de tomber sur une "tribu" toute particulière, avec ses règles et surtout ses aberrations. Et qui donc finit par devenir un peu fou dans ce labyrinthe inhumain ? En réalité, Wells avait écrit les bases de la série à succès Lost sans s'en apercevoir ! Et les scénaristes hollywoodiens de ne pas aller chercher les idées bien loin. Trève de digression...
Si l'homme est un loup pour l'homme, alors il l'est certainement pour un animal, qu'on ne sait plus comment aborder dès lors que des ressemblances physiques s'opèrent ou que les sentiments rentrent en compte. C'est extrêmement intéressant. Mais l'enchaînement des évènements est assez prévisible quoiqu'assez réaliste par moments.
Ce livre est intéressant mais un peu long. Et j'ai un peu de mal avec l'écriture de Wells, toujours dans la description quasi scientifique et ultra-détaillée de tout ce que le personnage principal, également narrateur, fait.
Lien : http://livriotheque.free.fr/#!xhr_find_book.php?..
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Exodar
Exodar08 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
"Quoique l'on fasse vis à vis de la nature, celle-ci reprendra toujours ses droits. Et l'Homme n'apprendra jamais de ses erreurs".
Un petit chef d'oeuvre. le résumé peut tenir en une phrase: un naufragé est recueilli sur une île où un étrange docteur y pratique des expérimentations plus que douteuses.
Pas besoin d'en dire plus, et le roman va en ce sens. L'auteur fait simple et rapide. Il ne s'embarrasse pas de longueurs inutiles, il va à l'essentiel. Dès le tout début du livre, le personnage principal, Prendick, est secouru, et s'aperçoit que quelque chose cloche sur le bateau qui l'a recueilli (je ne parle pas du caractère exécrable du capitaine du bateau, que l'on oublie vite, lorsqu'on suit la suite des événements). On ne s'éternise pas sur ses conditions en mer, ses moyens de survie... non, il est secouru, point barre ! Et le reste du roman suit ce même processus.
Arrivé sur l'île en question, il va faire (malheureusement) la connaissance du Dr. Moreau, et là aussi il va vite être confronté aux créatures qui peuplent les lieux. L'auteur ne nous offre aucun suspens de ce côté-là en faisant traîner les choses. Mais c'est assumé.
Quant au Dr. Moreau, c'est un homme froid, dénué de toute éthique dont il ne se préoccupe pas (d'ailleurs, il le dira lui-même), il suit ses expériences pour le progrès de la science, et pour poursuivre un idéal. Il teste, taillade, torture, sans aucune once d'émotions.
La situation prendra une mauvaise tournure et Prendick n'aura d'autres choix que de sauver sa vie.
Montgomery, "assistant" de Moreau fait office de troisième personnage. Mais difficile à dire si l'on ressent de la sympathie ou non envers lui. Je vous laisserai juger par vous-même.
Les "sujets", quant à eux, sont les victimes de ce roman. Outre leur bestialité qui reprend le dessus peu à peu (rappelons que se sont des animaux à la base évoluant vers une humanisation, et non le contraire), il est difficile de ne pas avoir de la peine pour eux.
En tout état de cause, le roman vaut le coup d'être lu. Si ça ne vous emballe pas trop, essayez malgré tout, vous n'y passerez pas des semaines (je l'ai lu en 3 jours, et je ne lis pas vite). Il n'y a aucune longueur. le seul chapitre qui "sort" un peu de l'histoire, mais malgré tout nécessaire, est celui où Moreau explique à Prendick les raisons de ses expériences. Sa vision des choses.
Un excellent livre à lire.
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Youplala
Youplala04 février 2009
  • Livres 3.00/5
Avant de lire ce roman, cela faisait des années que je n'avais plus lu de H. G. Wells… environ 15 ans. Je me souvenais qu'il avait un style très accrocheur, et qu'une fois les premières lignes lues, on avait envie de savoir quelle idée ingénieuse il avait bien pu trouver. J'avais vécu cela quand j'avais lu “La guerre des mondes” et j'avais trouvé la fin génialissime. :D
Au cours de cette lecture, j'ai retrouvé ces sensations positives, bien qu'elles se soient teintées d'angoisse et de malaise durant certains passages ou face à certains énoncés.
Car cette fois-ci, Wells questionne son lecteur sur la place de l'être humain dans le monde animal et de l'animal dans l'être humain, mais aussi sur la place de la souffrance dans la recherche scientifique (plus particulièrement la vivisection), et ce qu'il est permis de faire ou non au nom de la science. Des questions qui sont toujours d'actualité, comme vous l'aurez remarqué. Peut-on poursuivre certains buts? Est-il humain de tolérer d'entendre la souffrance s'exprimer et de rester de marbre? La science ne doit-elle pas avoir certaines limites? Ce sont en tout cas les questions qui me sont venues à l'esprit, en lisant par exemple les passages où le puma est littéralement torturé.
Bien sûr, on sait maintenant que certains aspects de “l'île du docteur Moreau” sont complètement improbables. Par exemple, créer un être humain en modifiant la forme physique d'un animal est impossible, et découper puis “recoller” certains bouts d'animaux à d'autres relève de la mythologie et des chimères.
Mais s'il est admis que réussir de tels “exploits” en utilisant cette technique relève du rêve ou du cauchemar, nous savons tous qu'à l'heure actuelle en modifiant les gènes nous pouvons obtenir des créatures étranges, comme tel animal fluorescent ou tel chat/chien hypoallergenique… ce qui n'est pas si éloigné des pratiques du Dr Moreau, bien que le but ne soit clairement pas de “créer de l'être humain”.
Comme quoi, H.G. Wells a réussi non seulement au cours de ce roman à parler des questionnements de la fin du XIX° siècle, mais en même temps à évoquer ceux qui nous assaillent deux siècles plus tard. Lui qui ne souhaitait qu'écrire des romans de divertissement et qui ne voulait pas qu'on le compare aux récits d'anticipation de Jules Verne, il s'est bien mis le doigt dans l'oeil! ;-)
Evidemment, Wells a réussi à rendre ces questions intéressantes et à éviter tout effet soporifique grâce à un savant mélange de suspense, d'effroi et d'aventure. Je n'ai cessé de me poser des tonnes de questions au cours de ma lecture. Qu'est-ce qu'il se passe réellement sur cette île? Que va-t-il arriver à Pendrick, comment va-t-il survivre à cette île et ses habitants monstrueux (les monstres n'étant pas forcément ceux que l'on croit)? Pour un peu, “l'île du Dr Moreau” ressemblerait à une histoire d'aventures lambda. Mais à la différence de ce dernier genre, le récit est sombre, très sombre, et l'espoir ne semble pas de mise. Donc si vous avez un peu le moral dans les chaussettes, mieux vaut éviter ce roman.
Pour finir ce billet, la seule note négative que je retiendrai contre “L'île du Dr Moreau” est sa traduction datant de 1901 (dans mon édition Folio). Certaines tournures de phrases étaient peut-être correctes à l'époque (je me pose la question), maintenant elles semblent juste être de la traduction mot à mot du texte original anglais. A la page 74, on peut ainsi lire: “je commençais à croire que mes oreilles me décevaient”. Je ne sais pas si vous ça vous arrive souvent, mais pour l'instant je n'ai jamais été “déçue” par mes oreilles; elles ne m'ont jamais fait de cadeau pourri ni promis un repas au resto pour se défiler au dernier moment… ;-) Par contre, si on prend en compte le fait que “to deceive” signifie “tromper” en anglais, là la phrase prend un sens tout a fait normal.
A mon sens, une petite révision de cette traduction serait vraiment souhaitable.
Bref, vous aurez compris mon avis: plus de cent ans après sa publication, ce roman reste tout simplement d'une modernité impressionnante avec sa réflexion sur l'éthique de la science et son côté horrifique.
Lien : http://youplala.wordpress.com/2009/02/03/lile-du..
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JFrancisco
JFrancisco07 août 2014
  • Livres 4.00/5
Trois visages, un humain, alors un semi-humain, alors un d'un animal, une bête; une sorte de continuum impliqué; c'est la peinture du film de 1977, une adaptation du livre de Wells
.....
Le livre (d'abord publié en 1896) offre une introduction par le neveu d'Edward Pendrick (EP), le héros principal de l'histoire.
L'héritier et neveu, Charles nous dit qu'à l'année 1887 un navire appelé Lady Vaine a d'une manière ou d'une autre été perdu dans : 1 º sud et 107 º ouest. Son oncle était à bord; et il était recueilli (en 1888) à 5 º 3' sud et 101 º l'ouest, dérivant dans un petit bateau. Charles a obtenu cette information des papiers son oncle l'a quitté.
C'est l'histoire de ses 11 mois (hypothétiques); la survivance dans une île; en fait, une station biologique où les procédures chirurgicales étranges ont été appliquées sur les animaux : les bêtes se sont transformées "en humains".
"Hypothétique", parce que d'ici à 1891, le Scorpion HMS a visité la seule île dans ces latitudes ( appelé l'Île Noble) et a trouvé seulement : “les mites blanches curieuses”, les scorpions, “les rats particuliers” et les porcs à l'engrais et les lapins. Aucune créature étrange.
Selon Charles, les psychologues ont jeté un coup d'oeil sur les données de mémoire de son oncle. Certains ont renvoyé le "compte" de l'oncle comme par supposition "dément".
De nouveau hypothétique, parce que le titre du livre est : “l'île de docteur Moreau, une possibilité.”
Mais, vrai, selon l'histoire, EP a été sauvé par un vétérinaire appelé Montgomery et apporté sur cette Île. Il prendra un temps pour EP pour découvrir ce qui continue, mais depuis les premiers moments il avait déjà aperçu des créatures étranges.
HI NON SUNT HOMINES; SUNT ANIMALIA QUI NOS HABEMUS-vivisected.

Pendant quelque temps EP a cru que ces créatures étaient des hommes. Pas ainsi, lui expliquerait ce scientifique (expulsé de l'Angleterre) et appelé Moreau : ils étaient des animaux humanisés. Par les méthodes d'amputation, la coupure de langue et excisions…animaux étaient “lâches et travaillé dans de nouvelles formes” : formes humaines.
Donc EP rencontrera un Homme- léopard (sur la nuit de son arrivée) et plus tard sur : l'Homme-chien, l'Homme de cochon, l'Homme à la hausse, l'Homme de singe, Wolf-man…wolf-woman; les gens de Bête. EP est arrivé dans le choc et bientôt tout ce qu'il veut doit échapper ce lieu terrible.
Moreau dirait à EP : “je ne me suis jamais inquiété de l'éthique de la question”. le scientifique ne s'est pas arrêté sur la "métamorphose physique”; il a procédé à la phase suivante : éducation des bêtes. Donc il a entraîné les bêtes conformément à la Loi. Il a pris d'abord un gorille, …transformé son cerveau; fait son premier homme; alors enseigné lui l'anglais, …and quelques idées morales rudimentaires.
Comme : “pour ne pas entrer en quatre pattes; C'EST LA LOI…PAS pour sucer en haut la boisson qui EST LA LOI ….PAS pour manger le poisson ou viande…C'EST LA LOI…PAS pour griffer l'écorce des arbres…C'EST LA LOI”. Moreau leur a conseillé d'être … docile : ”personne ne s'enfuit, la punition est pointue et sûre; mangez des racines et des herbes.“
La maison de Moreau, est la Maison de la douleu…, "la main qui fait des blessures …and guérit”.
Comme prévisible, le côté de bête des créatures a prédominé. le jour est venu quand les bêtes ont dit à EP : “la Maison de Douleur est partie; ... le maître est mort ".
EP a réussi à rassembler un radeau et descendre de l'Île. À ses comptes, quand il est parti, il y avait environ 60 créatures dans l'île volcanique de Moreau; plus de mâles que les femelles; ils ont vécu pour quelque temps selon la Loi de monogamie, mais la loi a bientôt perdu sa force. EP a été témoin de la transition des créatures, leurs traces humaines bientôt, bien que très lentement, se soient éteint …; les créatures ont glissé en arrière à leurs caractéristiques précédentes.
Moreau, le scientifique (déifié), a échoué. Les bêtes sont des bêtes. Les humains sont des humains, bien que la ligne de séparation soit difficile à établir,quelquefois.
-Où tirez-vous la ligne de séparation ? - c'est la peinture introductive de cette révision (d'un film 1977).
Un plus récent (1996) adaptation au cinéma par John Frankenheimer, représente Moreau comme un vainqueur de Prix Nobel, un généticien, un scientifique expulsé des Etats-Unis. C'est une version idéalisée du livre de Wells. Il y a beaucoup de versions cinématographiques de l'histoire.
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helvetius
helvetius31 décembre 2014
  • Livres 3.00/5
Je suis plutôt mitigée sur mes sentiments en refermant ce livre. Bien que j'ai apprécié l'histoire, l'ambiance et les personnages, il y a un petit quelque chose qui me laisse perplexe, Peut-être est-ce parce que je cherchais une lecture distrayante et que ce roman est pour moi tout l'inverse...
Ayant lu le remake avant l'histoire originale, c'est peut-être cela qui me laisse une impression bizarre...De plus, le personnage de Moreau a beau être pratiquement le même, celui de Montgomery est ici alcoolique et bien pessimiste quant à son avenir et j'avoue que je le préfère de loin dans L'étrange cas de Juliette M.
Bon, H.G. Wells ne fait pas dans la dentelle et n'est pas ici pour nous raconter une romance sur fond de drame familial et social. Ici, il est question de l'Homme, de ses expériences scientifiques et de sa conscience. Innovant pour l'époque, aujourd'hui encore se pose la question de l'éthique et de la morale dans le domaine médical, où est la limite ?
H.G. Wells parle de greffes, opération aujourd'hui connue et reconnue, mais lui va plus loin, en parlant de greffes permettant la création d'hybride, une nouvelle espèce, que la main de l'Homme peut façonner à sa guise et selon sa volonté propre. Sa vision de l'avenir s'est avérée exacte et même si on est loin, du moins je l'espère, de l'expérimentation de la greffe pour créer une espèce humaine hybride (quoique le clonage...), la médecine moderne ne cesse d'évoluer, d'émerveiller mais aussi d'inquiéter.
Voilà donc ce que je retiens en premier lieu à la lecture de ce roman, un questionnement sur l'Homme, son avenir et sur son désir de dépasser toujours plus les limites.
Dans la forme, le livre peut se lire très rapidement pour peu que l'on soit happé par l'histoire, ce qui ne fût pas mon cas malheureusement...Wells a un style plutôt agréable que j'ai beaucoup apprécié et qui me donne envie de lire ces autres romans, avant de lire des remakes, c'est peut-être mieux...
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
dianechagabbdianechagabb29 janvier 2016
A vrai dire, beaucoup de ce que nous appelons l'éducation morale est une semblable modification artificielle et une perversion de l'instinct combatif ; la pugnacité se canalise en courageux sacrifice de soi et la sexualité supprimée en émotion religieuse. La grande différence entre l'homme et le singe est dans le larynx, dit-il, dans la capacité de former délicatement différents sons-symboles par lesquels la pensée peut se soutenir.
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gillgill17 juillet 2012
D'autres admirent davantage "L'île du docteur Moreau". Outre qu'à leur avis le récit est échafaudé, composé, développé selon une architecture simple et légère, ils assurent que Wells a réussi là un tour de force, une critique de la création d'autant plus redoutable qu'elle ne la désapprouve pas, qu'elle n'incrimine pas, qu'elle ne s'indigne pas.

La résolution insensée du docteur Moreau de façonner des êtres à l'image de l'homme suggère irrésistiblement de rapprocher de ce thaumaturge présomptueux les dieux de toute espèce qui se sont proposé de créer l'homme à leur image.

Que leur oeuvre soit aussi imparfaite que celle de Moreau, Wells l'indique par des moyens aussi simples qu'impressionnants.

A ses hommes-animaux, le maniaque chirurgien fait inculquer une loi qui symbolise les statuts sociaux, les règles conventionnelles, les injonctions morales ; mais en vain : dès qu'ils ne redoutent pas d'être punis ils enfreignent la loi.

L'analogie va plus loin, sans que rien la souligne ; il semble même que l'auteur prenne soin d'éviter toute allusion directe, et de ne rien dire, pas même d'insinuer, qui dépasse ses personnages humains et leurs faits et gestes.

Aucun artifice ne peut mettre le lecteur sur la voie, aucun subterfuge ne peut non plus le fourvoyer : Moreau est bien Moreau et sa retraite du Pacifique est bien un ^lot désert sous les tropiques, voilà tout.

A part cela, vous pouvez y voir tout ce que vous voulez, et surtout vous serez empoigné dès la première page, et vous continuerez, haletant, votre lecture jusqu'à la fin.

(extrait de la préface de "Pages choisies de H.G. Wells", signée Henry D Davray, et insérée en début de l'édition parue chez "Albin Michel" en 1931)
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gillgill19 juin 2012
"L'île du docteur Moreau" a pour origine une conjoncture de Wells sur une question de chirurgie et l'idée que "l'humanité n'est pas autre chose que l'animal façonné jusqu'à prendre une forme raisonnable".

Le docteur Moreau, grand chirurgien, a trouvé le moyen d'accélérer l'évolution et de faire en quelques jours un homme d'une bête. Il a donc modelé des porcs, des taureaux, des chiens, et il leur a donné quelque chose de l'apparence et de l'intelligence de l'homme.

Mais il ne peut les maintenir à ce niveau que par une discipline constante et en leur faisant réciter continuellement la loi.

On voit le symbole.

Nous aussi, nous sommes des animaux tout récemment transformés en hommes. Le porc, le singe et le taureau restent vivants en de nombreux êtres d'apparence humaine, et ce n'est qu'en leur faisant réciter la loi que les sociétés les maintiennent dans l’obéissance.

Ici le pessimisme de Kipling et l'optimisme de Wells se rencontrent un instant....

(extrait de "Magiciens et logiciens" d'André Maurois - paru chez "Grasset" en 1935)
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gillgill16 juillet 2012
D'autres admirent davantage "L'île du docteur Moreau". Outre qu'à leur avis le récit est échafaudé, composé, développé selon une architecture simple et légère, ils assurent que Wells a réussi là un tour de force, une critique de la création d'autant plus redoutable qu'elle ne la désapprouve pas, qu'elle n'incrimine pas, qu'elle ne s'indigne pas.

La résolution insensée du docteur Moreau de façonner des êtres à l'image de l'homme suggère irrésistiblement de rapprocher de ce thaumaturge présomptueux les dieux de toute espèce qui se sont proposé de créer l'homme à leur image.

Que leur oeuvre soit aussi imparfaite que celle de Moreau, Wells l'indique par des moyens aussi simples qu'impressionnants.

A ses hommes-animaux, le maniaque chirurgien fait inculquer une loi qui symbolise les statuts sociaux, les règles conventionnelles, les injonctions morales ; mais en vain : dès qu'ils ne redoutent pas d'être punis ils enfreignent la loi.

L'analogie va plus loin, sans que rien la souligne ; il semble même que l'auteur prenne soin d'éviter toute allusion directe, et de ne rien dire, pas même d'insinuer, qui dépasse ses personnages humains et leurs faits et gestes.

Aucun artifice ne peut mettre le lecteur sur la voie, aucun subterfuge ne peut non plus le fourvoyer : Moreau est bien Moreau et sa retraite du Pacifique est bien un ^lot désert sous les tropiques, voilà tout.

A part cela, vous pouvez y voir tout ce que vous voulez, et surtout vous serez empoigné dès la première page, et vous continuerez, haletant, votre lecture jusqu'à la fin.

(extrait de la préface de "Pages choisies de H.G. Wells", signée Henry D Davray, et insérée en début de l'édition parue chez "Albin Michel" en 1931)
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GeckoLogiqueGeckoLogique23 avril 2011
Les créatures que j'avais vues n'étaient pas des hommes, n'avaient jamais été des hommes. C'étaient des animaux - animaux humanisés - triomphe de la vivisection.
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Vidéo de H.G. Wells
"Ann Veronica" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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