> Henry D. Davray (Traducteur)

ISBN : 2070401782
Éditeur : Gallimard (1997)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Il me revint en tête - par quel procédé mental inconscient -, une phrase qui fit retourner ma mémoire de dix ans en arrière.
Elle flotta imprécise en mon esprit pendant un moment, puis je revis un titre en lettres rouges : Le Docteur Moreau, sur la couverture cha... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Youplala, le 04 février 2009

    Youplala
    Avant de lire ce roman, cela faisait des années que je n'avais plus lu de H. G. Wells… environ 15 ans. Je me souvenais qu'il avait un style très accrocheur, et qu'une fois les premières lignes lues, on avait envie de savoir quelle idée ingénieuse il avait bien pu trouver. J'avais vécu cela quand j'avais lu “La Guerre des mondes” et j'avais trouvé la fin génialissime. :D
    Au cours de cette lecture, j'ai retrouvé ces sensations positives, bien qu'elles se soient teintées d'angoisse et de malaise durant certains passages ou face à certains énoncés.
    Car cette fois-ci, Wells questionne son lecteur sur la place de l'être humain dans le monde animal et de l'animal dans l'être humain, mais aussi sur la place de la souffrance dans la recherche scientifique (plus particulièrement la vivisection), et ce qu'il est permis de faire ou non au nom de la science. Des questions qui sont toujours d'actualité, comme vous l'aurez remarqué. Peut-on poursuivre certains buts? Est-il humain de tolérer d'entendre la souffrance s'exprimer et de rester de marbre? La science ne doit-elle pas avoir certaines limites? Ce sont en tout cas les questions qui me sont venues à l'esprit, en lisant par exemple les passages où le puma est littéralement torturé.
    Bien sûr, on sait maintenant que certains aspects de “L'Île du docteur Moreau” sont complètement improbables. Par exemple, créer un être humain en modifiant la forme physique d'un animal est impossible, et découper puis “recoller” certains bouts d'animaux à d'autres relève de la mythologie et des chimères.
    Mais s'il est admis que réussir de tels “exploits” en utilisant cette technique relève du rêve ou du cauchemar, nous savons tous qu'à l'heure actuelle en modifiant les gènes nous pouvons obtenir des créatures étranges, comme tel animal fluorescent ou tel chat/chien hypoallergenique… ce qui n'est pas si éloigné des pratiques du Dr Moreau, bien que le but ne soit clairement pas de “créer de l'être humain”.
    Comme quoi, H.G. Wells a réussi non seulement au cours de ce roman à parler des questionnements de la fin du XIX° siècle, mais en même temps à évoquer ceux qui nous assaillent deux siècles plus tard. Lui qui ne souhaitait qu'écrire des romans de divertissement et qui ne voulait pas qu'on le compare aux Récits d'anticipation de Jules Verne, il s'est bien mis le doigt dans l'oeil! ;-)
    Evidemment, Wells a réussi à rendre ces questions intéressantes et à éviter tout effet soporifique grâce à un savant mélange de suspense, d'effroi et d'aventure. Je n'ai cessé de me poser des tonnes de questions au cours de ma lecture. Qu'est-ce qu'il se passe réellement sur cette île? Que va-t-il arriver à Pendrick, comment va-t-il survivre à cette île et ses habitants monstrueux (les monstres n'étant pas forcément ceux que l'on croit)? Pour un peu, “L'île du Dr Moreau” ressemblerait à une histoire d'aventures lambda. Mais à la différence de ce dernier genre, le récit est sombre, très sombre, et l'espoir ne semble pas de mise. Donc si vous avez un peu le moral dans les chaussettes, mieux vaut éviter ce roman.
    Pour finir ce billet, la seule note négative que je retiendrai contre “L'île du Dr Moreau” est sa traduction datant de 1901 (dans mon édition Folio). Certaines tournures de phrases étaient peut-être correctes à l'époque (je me pose la question), maintenant elles semblent juste être de la traduction mot à mot du texte original anglais. A la page 74, on peut ainsi lire: “je commençais à croire que mes oreilles me décevaient”. Je ne sais pas si vous ça vous arrive souvent, mais pour l'instant je n'ai jamais été “déçue” par mes oreilles; elles ne m'ont jamais fait de cadeau pourri ni promis un repas au resto pour se défiler au dernier moment… ;-) Par contre, si on prend en compte le fait que “to deceive” signifie “tromper” en anglais, là la phrase prend un sens tout a fait normal.
    A mon sens, une petite révision de cette traduction serait vraiment souhaitable.
    Bref, vous aurez compris mon avis: plus de cent ans après sa publication, ce roman reste tout simplement d'une modernité impressionnante avec sa réflexion sur l'éthique de la science et son côté horrifique.

    Lien : http://youplala.wordpress.com/2009/02/03/lile-du-dr-moreau-de-herber..
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    • Livres 2.00/5
    Par chartel, le 15 avril 2011

    chartel
    C'est ma curiosité pour la science-fiction et ses problématiques autour de la création d'êtres artificiels qui m'a mené à H. G. Wells et à ce court roman : "L'île du docteur Moreau". Je n'ai pas vraiment été emballé par le style, très classique et conventionnel, mais le plaisir était ailleurs, dans les interrogations que soulève ce récit d'un naufragé emmené sur cette île perdue du Pacifique et quasiment déserte, occupée par un scientifique fanatique de la vivisection, retranché derrière sa palissade pour y effectuer des expériences étranges avec quelques malheureux cobayes.
    Cette histoire réveille les images d'une époque portée par le darwinisme, le positivisme et l'engouement pour les sciences, avec toutes les craintes que ses dérives pouvaient susciter. L'image également d'une Europe toute puissante, dominant le monde par ses empires coloniaux, sûre de sa force et de sa supériorité et portant un regard quelque peu suffisant, sur le reste d'une humanité perçue comme sauvage et animale. H. G. Wells n'évite pas cette dérive raciste quand il nous peint des êtres mutants issus du singe, identifiable à des hommes nègres et, bien heureusement ! très éloigné du faciès de l'homme blanc…
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    • Livres 3.00/5
    Par le-mange-livres, le 22 janvier 2012

    le-mange-livres
    Elle est bien étrange, l'île du docteur Moreau, et le pauvre Prendick s'en rend bien compte dès qu'il l'aborde, dans des conditions elles-mêmes bizarres, après avoir échappé à une mort atroce en mer.
    Le voilà seul sur cette île au large du Chili avec Montgomery et l'inquiétant Dr Moreau à la réputation sulfureuse. Seul ? Pas tout à fait, puisque Prendick découvre bien vite que l'île est peuplée d'étranges créatures, mi-humaines, mi-animales, et pas franchement amicales avec ça. La domination que Moreau exerce sur elles, couplée à un ascendant psychologique démesuré, est peut-être encore plus effrayante. Se pose dès lors la question de l'origine de ces êtres ... et celle de la présence de Prendick sur cette île très secrète.
    Classique s'il en est de la littérature fantastique, L'ile du docteur moreau est, il faut bien le dire, assez ensorcelante pour qu'on s'y laisse prendre. le rythme du récit a posteriori, haletant, entraîne un lecteur avide et hameçonné vers une issue qu'il ne devine que trop bien.
    Plus qu'un thriller avant l'heure, c'est aussi une réflexion sur l'humanité, qui prend le prétexte de cette fable à faire froid dans le dos : qu'est-ce qu'être un homme ? A quoi tient l'animalité ? Comment définir la dignité ?
    Intéressant et vite lu, mais à vrai dire sans plus, il manque ce petit quelque chose qui fait la différence.

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2012/01/lile-du-docteur-moreau-h..
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    • Livres 5.00/5
    Par athena1, le 16 février 2009

    athena1
    Quel livre,et dire que je l'avais dans ma bibliothèque depuis plus de trois mois!! Cet ouvrage aborde avec un réalisme désarçonnant tout un ensemble d'expériences surréalistes afin de transformer de simple animaux en humains. Mais à y voir de plus près au delà de ce côté science fiction, WELLS aborde le thème de l'homme et des lois. En effet, même si dans cet ouvrage, la LOI : ne pas marcher à quatre pattes, ne pas laper, ne pas goûter le sang... s'applique aux créations du docteur MOREAU afin qu'elles ne retournent pas à l'état animal, on ne peut s'empêcher de penser à ce que serait un monde sans LOI pour les humains : ne retournerait on pas à un simple état primitif??. En bref un ouvrage nous montrant l'utilité d'une structure sociale.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lectureshumaines, le 08 septembre 2011

    Lectureshumaines
    H.G Wells (1866-1946) nous invite à réfléchir sur la part animale de l'humanité. On finit par ne plus savoir si l'humanité présente dans ces animaux-humanisés provient de l'animal ou des modifications humaines que leur a fait subir Moreau. Et qui de l'homme ou de l'animal possède le plus d'humanité.
    Moreau apparaît comme un homme n'ayant aucune conscience, ne ressentant pas même de la haine face à ces créatures, seul la recherche de la perfection l'anime, oubliant ainsi le but premier de la science : aider l'homme. La description des séances de tortures, ou du moins des cris des animaux fait froid dans le dos. le deuxième personnage est Montgomery qui, bouleversé par les expériences inhumaines du docteur Moreau, finit par se sentir plus proche des monstres que des hommes. le narrateur, quant à lui, est complètement dépassé par les évènements. A certains moments, il parvient difficilement à définir où se trouve l'humanité : est-ce dans le regard de cet animal-humanisé terrifié à l'idée de souffrir à nouveau ou est-ce dans la communauté humaine, berceau logique de l'humanité, représenté ici par un scientifique n'ayant aucune limite ?
    La très mauvaise traduction de Henry D. Davray pour Folio (ou l'écriture de Wells ?) m'a empêché d'apprécier le livre. Certains passages sont difficilement compréhensibles et les scènes d'actions et de suspense, pourtant assez présentes dans le livre, ne sont par conséquent pas efficaces.
    Une lecture laborieuse à cause de la traduction, ce qui est vraiment regrettable, le sujet du livre étant intéressant.

    Lien : http://lectureshumaines.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par GeckoLogique, le 23 avril 2011

    Les créatures que j'avais vues n'étaient pas des hommes, n'avaient jamais été des hommes. C'étaient des animaux - animaux humanisés - triomphe de la vivisection.
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  • Par chartel, le 15 avril 2011

    Les possibilités de la vivisection ne s’arrêtent pas à une simple métamorphose physique. Un cochon peut recevoir une éducation.
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Vidéo de H.G. Wells

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