Puis, comme une chose que tout le monde à Dower House eût attendue, vint la nouvelle que Hugh était tué.
Ce fut une fillette en tablier clair qui apporta le télégramme, au lieu du gamin d'avant-guerre. Car les gamins faisaient maintenant, en Angleterre, la besogne des jeunes gens, et ceux-ci la besogne des hommes partis au front.
M.Britling était debout sur le seuil, à contempler le feuillage d'octobre flamboyant sous la chaude lumière de l'après-midi. Il prit la dépêche que lui tendait la jeune messagère, l'ouvrit comme il les ouvrait toutes depuis le départ de Hugh, avec l'espoir qu'elle ne contiendrait pas ce que précisément elle contenait.
Il lut la sèche, inexorable nouvelle, les condoléances brèves...et demeura un moment immobile, les yeux fixés sur le papier...
Dower House était loin de la poste, et M.Britling avait coutume de donner deux pence aux télégraphistes. Il avait grande hâte de se débarrasser de la fillette, qui se tenait devant lui dans l'attente, sa bicyclette rouge en main.
Il se sentait défaillir et craignait de crier tout haut sa douleur. Machinalement, il sortit de sa poche un shilling et trois pièces d'un penny, puis les regarda dans le creux de sa main....
(extrait du paragraphe 21 du chapitre IV "dans les rets de l'impuissance")
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