> Patrick Berthon (Traducteur)

ISBN : 2264019352
Éditeur : 10-18 (1993)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Un maître chanteur de haut vol réunit, au cours d'un week-end, quelques-unes de ses victimes dans sa résidence de campagne. Mais son plaisir sera de courte durée : il périra bientôt de mort violente. Ses invités forment une belle brochette de suspects : un commerçant en... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 22 mai 2012

    Woland
    Spotlight
    Traduction : Patrick Berthon

    Ah ! Enfin, diront certains, un roman avec Miss Silver ! Eh ! bien, oui, et même l'un des plus réussis, selon moi.
    Le décor qui s'installe très vite semble d'ailleurs imaginé pour elle : un vieux manoir nommé "La Grange", possession d'un homme d'affaires qui vient de se faire assassiner. Miss Silver n'y est pas appelée à proprement parler pour résoudre le crime mais parce qu'elle avait eu l'occasion de rendre un signalé service à l'héritière du disparu et que celle-ci s'estime plus rassurée si la vieille demoiselle vient lui tenir compagnie pendant la durée de l'enquête.
    Bien que sacrifiant à quelques traits classiques - la jeune fille sans emploi qui en déniche un au pied levé, le soupirant qui feint le cynisme mais l'aime en secret, etc ... - que l'on retrouve souvent chez Wentworth mais que l'on accepte de bonne grâce tant on veut "savoir la fin", l'intrigue de "Pleins feux" est plutôt complexe. En fait, la victime, Gregory Porlock - dont ce n'était pas le vrai nom, soit-dit en passant - exerçait depuis des lustres le très vilain métier de maître-chanteur. Et il était doué. Mais tant va la cruche à l'eau qu'un jour ...
    Provocateur dans l'âme, Porlock n'avait pas résisté au désir de réunir ce soir-là à sa table une dizaine de personnes qui, toutes, pour une raison ou pour une autre, avaient bien des raisons de lui en vouloir et de le redouter. de Dorinda Brown, qui le reconnaît immédiatement comme "le Méchant Oncle" de son enfance, celui qui, avant de l'abandonner sans tambour ni trompette, fit tant pleurer la tante qui l'avait élevée, à Mr et Miss Masterman, qui viennent tout juste d'hériter une somme astronomique de la part d'une vieille cousine morte intestat, se dévide l'intégralité de la gamme des suspects : le couple Oakley dont l'épouse manque s'évanouir devant le cadavre en appelant celui-ci du prénom de "Glen", Mr Tote qui a le temps de confesser à sa femme, un peu avant la soirée fatale, que Porlock le "tient" par une histoire de marché noir, la belle Moira Lane qui, pour satisfaire aux exigences de la vie mondaine, a dû se résoudre à dérober, puis à vendre un bracelet de grande valeur, et enfin Leonard Carroll, comédien de son état et, dans le fond, un aussi vilain monsieur que l'était son hôte.
    Ajoutez à cela un majordome qui n'est en fait qu'un détective privé expédié chez Porlock par des particuliers qu'il faisait chanter et le tableau sera complet.
    Pour résoudre l'affaire, la police officielle en la personne de Frank Abbott, ancien élève de Miss Silver, et son supérieur hiérarchique, l'inspecteur Lamb. Et Miss Silver, bien entendu.
    C'est à la fois tranquille et inquiétant, aussi embrouillé parfois que l'un de ces écheveaux de laine qu'aime à défaire l'ancienne gouvernante ou, au contraire, si clair, si évident, semble-t-il, que l'esprit recule en se disant que cette solution-là est bien trop criante pour être la bonne. de toutes façons, cela constitue un excellent moment de lecture - et de relecture. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 22 mai 2012

    [...] - ... [Annie] dit donc que Miss Ledbury s'est retournée d'un seul coup et vous a vu, [Mr. Masterman], puisqu'il y a eu ce qu'elle a dépeint comme une scène ... vous très en colère, Miss Ledbury absolument terrorisée, vous, lui arrachant le testament des mains et le tenant en l'air hors de sa portée pendant qu'elle essayait de le récupérer. Elle dit que vous avez pris la vieille demoiselle par les épaules et que vous l'avez poussée sur le lit, et qu'à ce moment-là, la porte s'est ouverte et votre soeur est entrée. Vous êtes sorti en emportant le testament et Miss Masterman a fait de son mieux pour calmer Miss Ledbury. Quand elle eut réussi, elle alluma la lumière et tira les rideaux, si bien qu'Annie ne put rien voir d'autre. Le lendemain matin, le laitier lui apprit que Miss Ledbury avait été trouvée morte dans son lit. Elle était suivie par un médecin qui a déclaré que c'était prévisible et il n'y a donc eu ni scandale, ni enquête. Lorsque le testament fut homologué, vous vous êtes retrouvés, votre soeur et vous, légataires universels avec cent mille livres à vous partager. Annie a été admise à l'hôpital le jour des obsèques et n'en est sortie qu'il y a environ un mois. Lorsqu'elle a appris que Miss Masterman et vous héritiez de tout l'argent, elle s'est demandé ce qui était arrivé au testament qu'elle avait l'habitude de voir la vieille demoiselle regarder. Car lorsque vous étiez debout, en train de le lire par-dessus son épaule, elle n'avait pas eu l'impression que c'était le genre de testament d'après lequel vous alliez bénéficier de cinquante mille livres chacun. Puis elle se souvint que l'une de ses amies qui avait travaillé chez Miss Masterman lui avait raconté environ six mois auparavant que la vieille demoiselle qui habitait en haut l'avait appelée un jour où votre soeur et vous-même étiez sortis. Elle désirait qu'elle soit témoin de son testament, mais elle lui avait demandé d'aller chercher quelqu'un d'autre parce qu'il fallait deux témoins, et leur avait promis un billet de dix shillings chacun pour le dérangement. Cette Mrs Wells s'était donc précipitée de l'autre côté de la rue au numéro 17 où elle connaissait la cuisinière et toutes les deux avaient vu Miss Ledbury signer en bas d'un grand morceau de papier et elle leur avait dit qu'il s'agissait de son testament."

    Il y eut un bruit de verre brisé. D'un geste involontaire, Jeffrey Masterman avait un peu trop accentué son étreinte sur le verre qu'il tenait à la main.

    Gregory se montra plein de sollicitude.

    - "Mon cher ami ... vous êtes-vous coupé ?"

    Il ne semblait pas. Il n'avait pas de sang sur les mains. Le temps de ramasser quelques morceaux de verre et d'essuyer une éclaboussure de whisky-soda sur une jambe de pantalon, et ils se retrouvèrent au point de savoir si Annie allait parler ou non.

    Masterman se pencha en avant.

    - "Il est évident que, du début jusqu'à la fin, toute cette histoire ne tient pas debout ... c'est un tissu de mensonges !

    - Naturellement.

    - Du chantage ... voilà ce que c'est ... du chantage ! ... [...]
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  • Par Woland, le 22 mai 2012

    [...] ... On ne saurait faire boire un âne qui n'a pas soif. Rassemblés dans le salon après dîner, les invités de Gregory Porlock illustraient ce proverbe. Les Tote et les Masterman évoquaient irrésistiblement un attelage de mule en arrêt devant un cours d'eau dans lequel ils n'avaient nulle intention d'étancher leur soif.

    Ni Mrs Tote, ni Miss Masterman ne savait jouer aux cartes, mais Gregory, avec une louable détermination, proposa d'autres jeux. On leur demanda d'établir une liste d'objets commençant tous par la lettre "M", qu'ils emmèneraient sur une île déserte, et classés sous différents rubriques telles que "Nourriture", "Boissons", "Vêtements", "Animaux" et "Divers". Miss Masterman remit une feuille parfaitement vierge, tandis que Mrs Tote proposait "Mouton" et "Moutarde." La liste de Mr Carroll était brève, drôle et vulgaire ; celle de Dorinda, laborieuse ; et celle de Gregory de loin la plus longue. Mr Tote refusa de prendre part au jeu et Mr Masterman s'était absenté quelques instants. Il revint très vite et participa au second tour avec une morne application qui lui permit de prendre la deuxième place.

    Aussi ardue qu'ait été la tâche, l'atmosphère s'était quelque peu dégelée. Lorsque Moira proposa de jouer aux charades en action, seul Mr Tote refusa catégoriquement. C'est sans discussion Moira qui lança l'idée. Tout le monde devait être formel sur ce point et sur le fait que Leonard Carroll souleva une violente objection, déclarant que mettre une fois en scène des amateurs totalement incompétents risquait de mettre sa santé intellectuelle en péril, mais que faire trois tentatives la ruinerait certainement, et qu'il acceptait à la rigueur de jouer un proverbe, mais pas plus. ... [...]
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