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ISBN : 2264006609
Éditeur : 10-18 (1999)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 62 notes)
Résumé :
La jeune Charity, recueillie enfant par un avocat du petit village de North Dormer, en Nouvelle-Angleterre, s'est résignée à une vie étriquée, au pied des montagnes, rythmée par les heures qu'elle passe à dépoussiérer et ordonner la minuscule bibliothèque municipale.
Un jour de début d'été, elle voit apparaître dans ce bout du monde un jeune architecte, Lucius Harney, venu dessiner des croquis d'habitats traditionnels de la région. Très vite, elle s'éprend de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
LiliGalipette07 décembre 2011
  • Livres 5.00/5
North Dormer, village de la Nouvelle-Angleterre, est un endroit trop calme pour la fougueuse Charity Royall, mais elle est résignée « à considérer North Dormer comme la mesure de toute chose » (p. 10)
L'arrivée du jeune et beau Lucius Harney lui fait espérer un avenir plus grandiose. Sous prétexte de dessiner les demeures locales, le jeune homme parcourt la région accompagnée de Charity. Éblouie par le savoir d'Harney, Charity se prend à rêver de quitter North Dormer, d'échapper à cette société étriquée et soupçonneuse et de s'affranchir enfin de son tuteur, l'avocat Royall, un homme frustre et parfois brutal.
Mais la liberté n'est pas une proie facile. Charity vient de la Montagne, une région qui fascine et qui terrifie. Si la jeune fille a conscience de sa valeur et refuse de se donner au premier qui la demande, elle est aussi mortifiée par l'étendue de son ignorance et le mystère de ses origines. Cette ambivalence déteint sur sa relation avec Harney : si elle veut être à lui, elle refuse de se brader. « S'il la voulait, il faudrait qu'il la cherchât : qu'il n'obéît pas à une surprise des sens, qu'elle ne fut pas prise comme tant d'autres. » (p. 96)
À mesure que Charity goûte tous les charmes de la romance avec Harney, elle prend conscience des possibilités que lui offre la vie. « Rien ne change à North Dormer : les gens s'adaptent aux choses, c'est tout. » (p. 110) Mais peut-être est-ce moins dangereux que ce jeune homme si insouciant. Les dégoûts de la jeunesse peuvent devenir un refuge quand celle-ci est blessée.
Éclatante de jeunesse et de force, Charity oscille entre la perfection féminine incarnée par la belle Miss Balch et la fille perdue qu'est Julia, une ancienne enfant du village. Entre ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle redoute de devenir, Charity a la tentation de revenir à ses sombres origines : « Sans doute il y avait dans son sang quelque chose qui l'attirait toujours là-bas à la Montagne, comme si c'était la seule réponse à ses questions, le seul moyen d'échapper aux angoisses qui l'assiégeaient de toutes parts. » (p. 208)
Encore une fois, Edith Wharton signe un roman qui célèbre la complexité féminine, fustige les sociétés bien-pensantes et apaise les orgueils farouches. Puissamment sensuel et non moralisateur, Été fait de la sexualité féminine un principe d'accomplissement : si l'image de « la fille » reste négative, celle de la jeune fille qui s'ouvre à la sensualité est porteuse d'une promesse de liberté. Sans être licencieux ou libertin, le roman d'Edith Wharton prône un certain affranchissement de la femme, qui peut être autre que la jeune fille à marier ou la fille perdue.
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AgatheDumaurier
AgatheDumaurier14 mars 2016
  • Livres 5.00/5
Encore un noir chef d'oeuvre d'Edith Wharton.
"Vous qui passez, laissez ici toute espérance"...C'est quoi déjà ? Je ne sais plus, mais ça m'y fait penser.
Bon, ce n'est pas très encourageant, mais on ne fait rien de bien puissant avec de l'eau de rose, non ?
Pourtant, on a tous les éléments du récit sentimental : une jeune fille adoptée par un barbon qui tombe amoureux, un jeune homme frais et dispos qui vient pour la séduire...Un village peuplé de commères hypocrites dont l'unique ambition est d'écraser la force et la beauté...Auxquelles elles ont elles-mêmes jadis renoncé, et bien décidées à le faire payer à la nouvelle génération...Le roman est tout cela, mais tellement plus subtile, insidieux, implicite.
Car la jeune fille est marquée d'une tache indélébile, elle vient de "la montagne", un lieu hors des lois, hors des cadres, hors des normes, d'une misère et d'une crasse qui vous souillent à jamais dans ces contrées. Mais de cette origine elle tire aussi la différence, la sauvagerie-un peu à la Cathy Earnshaw - qui attirera vers elle le jeune homme policé de New York. Mais le jeune homme, sous ses dehors ouverts, agréables et charmants, n'est ni Heathcliff ni même Linton - rien qu'une créature sociale qui ne se défera sans doute pas de la norme.
Dans l'été splendide de la Nouvelle-Angleterre, des liens vont se créer, un paradis va naître, mais toujours dans l'ombre menaçante, au loin de "la montagne".
On sent dès le début que la voie est sans issue, mais pourtant que le rêve est beau, et les personnages étonnants ! Impossible de les juger. Une force plus puissante que toute volonté, plus forte que la montagne elle-même, dévore la vie à sa source, et fait de toute existence un tour sur le manège qui revient à son point de départ. Il s'arrête, et presque...presque tout éclat a disparu.
"L 'homme né de la femme vit très peu de temps, et il est rempli de beaucoup de misères. Il naît comme une fleur, qui n'est pas plus tôt éclose qu 'elle est foulée aux pieds ; il fuit comme l'ombre, et il ne demeure jamais dans un même état" assène le pasteur devant une tombe...Ce n'est pas tous les jours que la bible me fait frissonner.
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Parthenia
Parthenia26 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Charity est une jeune fille de 18 ans, élevée par l'avocat du village, Mr Royall, et qui aspire à une autre vie. En effet, elle se morfond dans cette communauté étriquée , friande de commérages malveillants. North Dormer est sis dans un pays de bûcherons et d'agriculteurs où il ne se passe jamais rien. Or, son ennuyeux emploi de bibliothécaire au Hatchard Memorial va lui permettre de rencontrer Lucius Harney, un fringant et brillant architecte descendu de la ville pour dresser des croquis des maisons traditionnelles de la région. Charity, tombée sous le charme, se propose donc comme guide, et une complicité amicale va rapidement se nouer entre les deux jeunes gens. Mais la jeune fille, honteuse de ses origines obscures et de son ignorance, ressent douloureusement tout le fossé socio-culturel qui les sépare. de son côté, son tuteur prend ombrage de leur rapprochement et tente tout pour les séparer...
Été est le roman de l'éveil d'une jeune fille à la sensualité et à l'amour dans une société régie par le souci des convenances et des apparences, condamnant tout écart de conduite.
Charity Royall, qui a pris le nom de son tuteur mais dont le véritable patronyme est inconnu du lecteur durant une bonne partie de l'intrigue, souffre en sus de ses origines qui la marginalisent quelque peu, ou tout au moins la font sentir différente des autres. En effet, Mr Royall l'a ramenée quand elle avait cinq ans de la Montagne, lieu bruissant de rumeurs selon lesquelles l'endroit cacherait un "ramassis de voleurs et de repris de justice" (page 64) vivant en dehors de toute civilisation, sans juridiction, sans église, sans école.
Au début, le lecteur n'éprouve que peu de sympathie pour l'héroïne, qui apparaît hautaine, ingrate, paresseuse et égoïste. Mais au fil de la lecture, le courage de la jeune fille se révèle en même temps que son refus opiniâtre de se soumettre au carcan de la morale hypocrite du village, ainsi que son sens aigu de la loyauté et sa grandeur d'âme.
De même que pour Charity, notre perception sur son tuteur se modifie favorablement vers la fin. Alors que nous n'avions de lui que la vision négative de la jeune fille qui le considère avec mépris comme un ivrogne brutal, affligé en outre du défaut d'avarice, on comprend peu à peu que son comportement maladroit vis-à-vis de sa pupille (dont on devine qu'il est éperdument amoureux) ne vise qu'à la protéger des désillusions de l'amour et des commérages malveillants.
Quant à Lucius Harney, il est tout à fait charmant, ouvert d'esprit, instruit et dénué de tout préjugés. Malgré toutes ses qualités, on ne peut s'empêcher de s'inquiéter sur ses motivations réelles à l'égard de Charity. Est-il aussi sincère qu'il en a l'air ? Ce sentiment est accentué par l'omniprésence de la Montagne, dont l'ombre à la fois fascinante et terrifiante plane comme une menace sur la destinée de Charity.
Pour conclure, un roman passionnant sur l'apprentissage des cruautés de l'amour et de la difficulté à s'élever au-dessus de sa condition tout en restant libre et fidèle à sa nature. On finit par s'attacher à l'héroïne dont la fierté sauvage nous avait un peu déstabilisés au début. Mais on ne peut qu'admirer le courage dont elle fait preuve quand elle décide d'assumer ses choix, dans cette société qui impose des normes morales et sociales intenables pour les femmes, condamnées à la prostitution ou à un mariage malheureux si elles y contreviennent. Je comprends que ce roman ait fait scandale à sa sortie car l'auteure aborde des thèmes très modernes comme [spoiler] les relations sexuelles hors mariage ou l'avortement. [/spoiler]
Bref, une très belle découverte de l'oeuvre d'Edith Wharton qui me donne envie d'explorer d'autres romans d'elle...
Lien : http://parthenia01.eklablog.com/ete-d-edith-whar..
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Beatrice64
Beatrice6410 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Après la rigueur de l'hiver d'Ethan Frome, plongez dans la chaleur accablante d'Eté. Se déroulant dans la splendeur et la langueur d'un été à la campagne en Nouvelle-Angleterre, ce court roman est un incroyable mélange, qui emmène le lecteur avec maîtrise vers une fin tragique, dans ce style précis, alternance d'une vision acérée et sans complaisance, et d'un lyrisme retenu, presque minimaliste, que je trouve d'une justesse frappante.
La jeune Charity, fille adoptive d'un avocat, homme un peu médiocre, va vivre l'été qui donnera à sa vie une orientation irréversible. Vive, spontanée, rayonnante, pleine de désir, aimant la nature (dans laquelle elle se plonge littéralement dès qu'elle en a l'occasion), Charity va faire l'expérience de l'amour, de ses espérances, de ses angoisses, et surtout mesurer les limites de sa condition de jeune fille du début du siècle, dans un milieu patriarcal étriqué et hypocrite.
Comme dans Ethan Frome, tous les ingrédients sont réunis pour un roman à l'eau de rose. Et pourtant, on en est à des années-lumières. Clairement, ce roman est celui du désir sexuel et de l'élan vital (féminins), dans une société asphyxiante, régie par une violence sourde et obscure faite aux femmes. Charity ne pourra pas échapper à sa condition ; la condamnation de l'époque est sans appel.
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Musardise
Musardise02 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Avec Été, on n'est plus dans le monde auquel nous a habitués Edith Wharton, celui de la haute société new-yorkaise. Et pourtant, le sujet reste identique , car dans cette petite ville de North Dormer, bien loin des grands bals et des éblouissants salons des grandes métropoles, il est entendu que la jeune Charity fait partie de l'élite et qu'elle doit se conformer aux usages de la société, si peu affriolante soit-elle.
Charity, plus sauvage, plus proche de la nature que ne le sont les autres héroïnes de Wharton, va elle aussi tenter de s'émanciper du corset social. Car c'est un être épris de liberté et de spontanéité que Charity, un peu à l'image de la Marianne de Raison et sentiments. Mais comme on n'est pas chez Jane Austen, l'apprentissage va être autrement plus douloureux.
C'est donc là la chronique d'un envol manqué que nous livre Edith Wharton, avec son style toujours aussi raffiné et analytique. L'histoire de Charity est, une fois de plus, l'occasion de dénoncer l'hypocrisie sociale et l'enfermement implacable dont sont victimes les femmes. Un roman féministe, oui. Un texte beau, mélancolique et... déprimant.
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise29 avril 2015
Il n'y avait à North Dormer ni boutiques, ni théâtres, ni conférences, ni centre d'affaires, rien qu'un temple qui s'ouvrait tous les deux dimanches, si toutefois l'état des chemins le permettait. Il y avait bien la bibliothèque, mais, des volumes qui moisissaient sur les rayons humides, les plus récents dataient de vingt ans, et tous étaient sans lecteurs. Cependant on avait toujours laissé entendre à Charity Royall qu'elle devait considérer comme un privilège d'habiter North Dormer.
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KhatKhat26 juin 2013
Et parfois elle se demandait lequel des deux était le plus mort, de lui dans son tombeau, ou d'elle dans sa bibliothèque !
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Josepha_AnhJosepha_Anh31 janvier 2013
Son coeur était ravagé par la découverte la plus cruelle que la vie nous réserve : le premier être humain venu vers elle à travers le désert de son existence lui avait apporté l'angoisse au lieu de lui apporter la joie.
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LiliGalipetteLiliGalipette07 décembre 2011
« Sans doute il y avait dans son sang quelque chose qui l’attirait toujours là-bas à la Montagne, comme si c’était la seule réponse à ses questions, le seul moyen d’échapper aux angoisses qui l’assiégeaient de toutes parts. » (p. 208)
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MusardiseMusardise29 avril 2015
Elle était aveugle et insensible à bien des choses et elle le savait obscurément ; mais à tout ce qui était air, lumière, parfum et couleur, chaque goutte de son sang répondait en elle.
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