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ISBN : 2264006609
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 3.49/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La jeune Charity, recueillie enfant par un avocat du petit village de North Dormer, en Nouvelle-Angleterre, s'est résignée à une vie étriquée, au pied des montagnes, rythmée par les heures qu'elle passe à dépoussiérer et ordonner la minuscule bibliothèque municipale.> voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 décembre 2011

    LiliGalipette
    North Dormer, village de la Nouvelle-Angleterre, est un endroit trop calme pour la fougueuse Charity Royall, mais elle est résignée « à considérer North Dormer comme la mesure de toute chose » (p. 10)
    L'arrivée du jeune et beau Lucius Harney lui fait espérer un avenir plus grandiose. Sous prétexte de dessiner les demeures locales, le jeune homme parcourt la région accompagnée de Charity. Éblouie par le savoir d'Harney, Charity se prend à rêver de quitter North Dormer, d'échapper à cette société étriquée et soupçonneuse et de s'affranchir enfin de son tuteur, l'avocat Royall, un homme frustre et parfois brutal.
    Mais la liberté n'est pas une proie facile. Charity vient de la Montagne, une région qui fascine et qui terrifie. Si la jeune fille a conscience de sa valeur et refuse de se donner au premier qui la demande, elle est aussi mortifiée par l'étendue de son ignorance et le mystère de ses origines. Cette ambivalence déteint sur sa relation avec Harney : si elle veut être à lui, elle refuse de se brader. « S'il la voulait, il faudrait qu'il la cherchât : qu'il n'obéît pas à une surprise des sens, qu'elle ne fut pas prise comme tant d'autres. » (p. 96)
    À mesure que Charity goûte tous les charmes de la romance avec Harney, elle prend conscience des possibilités que lui offre la vie. « Rien ne change à North Dormer : les gens s'adaptent aux choses, c'est tout. » (p. 110) Mais peut-être est-ce moins dangereux que ce jeune homme si insouciant. Les dégoûts de la jeunesse peuvent devenir un refuge quand celle-ci est blessée.
    Éclatante de jeunesse et de force, Charity oscille entre la perfection féminine incarnée par la belle Miss Balch et la fille perdue qu'est Julia, une ancienne enfant du village. Entre ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle redoute de devenir, Charity a la tentation de revenir à ses sombres origines : « Sans doute il y avait dans son sang quelque chose qui l'attirait toujours là-bas à la Montagne, comme si c'était la seule réponse à ses questions, le seul moyen d'échapper aux angoisses qui l'assiégeaient de toutes parts. » (p. 208)
    Encore une fois, Edith Wharton signe un roman qui célèbre la complexité féminine, fustige les sociétés bien-pensantes et apaise les orgueils farouches. Puissamment sensuel et non moralisateur, Été fait de la sexualité féminine un principe d'accomplissement : si l'image de « la fille » reste négative, celle de la jeune fille qui s'ouvre à la sensualité est porteuse d'une promesse de liberté. Sans être licencieux ou libertin, le roman d'Edith Wharton prône un certain affranchissement de la femme, qui peut être autre que la jeune fille à marier ou la fille perdue.
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    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 10 juillet 2013

    Beatrice64
    Après la rigueur de l'hiver d'Ethan Frome, plongez dans la chaleur accablante d'eté. Se déroulant dans la splendeur et la langueur d'un été à la campagne en Nouvelle-Angleterre, ce court roman est un incroyable mélange, qui emmène le lecteur avec maîtrise vers une fin tragique, dans ce style précis, alternance d'une vision acérée et sans complaisance, et d'un lyrisme retenu, presque minimaliste, que je trouve d'une justesse frappante.
    La jeune Charity, fille adoptive d'un avocat, homme un peu médiocre, va vivre l'été qui donnera à sa vie une orientation irréversible. Vive, spontanée, rayonnante, pleine de désir, aimant la nature (dans laquelle elle se plonge littéralement dès qu'elle en a l'occasion), Charity va faire l'expérience de l'amour, de ses espérances, de ses angoisses, et surtout mesurer les limites de sa condition de jeune fille du début du siècle, dans un milieu patriarcal étriqué et hypocrite.
    Comme dans Ethan Frome, tous les ingrédients sont réunis pour un roman à l'eau de rose. Et pourtant, on en est à des années-lumières. Clairement, ce roman est celui du désir sexuel et de l'élan vital (féminins), dans une société asphyxiante, régie par une violence sourde et obscure faite aux femmes. Charity ne pourra pas échapper à sa condition ; la condamnation de l'époque est sans appel.
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    • Livres 3.00/5
    Par myloubook, le 24 février 2008

    myloubook
    Toute la critique sur http://myloubook.hautetfort.com/archive/2007/11/03/fighting-spirits.html
    Eté d'Edith Wharton est l'histoire de Charity Royall, une jolie jeune femme assez hautaine vivant chez l'avocat qui l'a recueillie alors qu'elle n'était qu'un nourrisson. Loin de la misère dans laquelle elle était née, Charity se sent largement supérieure aux jeunes filles de son village, plus simples dans leurs manières ainsi que dans leurs amours. Une nuit, l'avocat tente de pénétrer dans la chambre de sa pupille. S'il ne se passe rien, l'incident la conduit à mépriser son tuteur, l'ignorant au quotidien. C'est alors que Charity rencontre le jeune Harney, venu d'une grande ville lointaine. Plus instruit, plus brillant que tout l'entourage de la jeune femme, Harney la séduit de suite.
    Ce roman m'a d'abord un peu ennuyée. Par moments un peu mièvre, il n'avait rien en commun avec l'idée que je me faisais de Wharton : pas de verbe insolent, de réparties ironiques et cinglantes. Loin des salons new-yorkais, ce récit qui se déroule dans la Nouvelle Angleterre prend pourtant son essor après des débuts sympathiques mais peu convaincants. Ce qu'on pouvait voir comme un livre de jeune fille frôlant l'eau de rose devient un roman terriblement cruel où l'on prend en pitié la jeune Charity (qui n'avait pourtant rien de bien touchant jusqu'ici). Ce livre traite de la place faite aux femmes au début du XXe et de leur dépendance dans une société où un mari faisait toute la légitimité de son épouse. Les considérations matérielles et pragmatiques jouent au final un rôle plus important que l'amour. L'arbitrage entre devoir et vouloir est mis en valeur de manière impitoyable. Aussi bien Harney – lâche mais pris au piège par un engagement sans doute contracté avant sa relation avec Charity – que l'héroïne sont les victimes du regard des autres. le quand dira-t-on est finalement le maître mot de l'histoire et conduit inexorablement à la chute brutale que l'on sait.
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    • Livres 3.00/5
    Par vilvirt, le 20 février 2011

    vilvirt
    Au gré des semaines brûlantes d'un été de Nouvelle-Angleterre, dans le petit village de North Dormer, Charity Royall, une jeune fille blasée et mélancolique, va connaître tous les émois de la passion jusqu'à son plus sombre dénouement dans les bras de Lucius Harney, un jeune architecte de la ville.
    Loin d'être une jeune fille sympathique au premier abord, Charity se sent différente des autres jeunes filles du village, et son existence tranquille s'étire nonchalamment entre un petit emploi de bibliothécaire à North Dormer qui l'ennuie profondément, et la présence quasi constante dans la maison rouge où ils vivent de son tuteur, Mr. Royall, un avocat qui l'a recueilli dès son plus jeune âge et qu'elle exècre. Son plaisir le plus grand vient de ses escapades à travers la campagne environnante parmi une nature foisonnante au sein de laquelle elle se sent à sa place. Et pas très loin se profile la silhouette de la Montagne, ce lieu inconnu dont elle entend pourtant régulièrement parler, l'endroit même dont M. Royall l'a tirée, petite, et qui semble abriter une population de gens complètement démunis et hors la loi.

    L'ombre de la Montagne va peser sur l'existence et les actes de Charity tout au long du roman. Ce lieu que les gens n'évoquent qu'à regret exerce une fascination morbide sur elle, et ses questionnements, ses doutes et ses brusques accès de colère semblent trouver leur source dans cet espace inconnu que la Montagne abrite, un monde fait de peur, d'ignorance et de brutalité, peuplé de gens qui lui sont apparentés mais dont elle ne sait rien.

    Un jour, elle rencontre Lucius Harney, le neveu d'une personnalité importante du village venu à North Dormer afin d'y étudier l'architecture des maisons. Très vite, la présence amicale et pleine de fraîcheur du jeune homme éveille des émotions très fortes dans le coeur de Charity, et ce qui débute comme une amitié simple entre deux jeunes gens prend très vite l'aspect d'une relation amoureuse. Au fil d'un été brûlant, ils vont s'aimer et vivre cet amour caché, loin des regards qui les épient, à l'abri d'une nature dont l'explosion et la richesse sont au diapason de leurs sentiments.
    Au fil des pages, la personnalité de Charity m'est devenue de plus en plus sympathique. Sa fierté et son orgueil dictent la plupart de ses gestes, et si les gens autour d'elle la voient comme une personne dédaigneuse et pleine d'arrogance, j'y ai vu, moi, une volonté pudique pleine de dignité de s'élever au-dessus des habitants de North Dormer, et de s'affranchir des codes qui régissent sa vie.
    La suite ici :

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.com/2011/02/ete-edith-wharton.html
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    • Livres 3.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 30 avril 2010

    PerdreUnePlume
    La jeune Charity a été adoptée par un vieux monsieur respectable mais qu'elle exècre et qui souhaite plus ou moins secrètement l'épouser.
    Pour gagner en autonomie, elle décroche le poste de bibliothécaire de sa petite commune de Nouvelle Angleterre, poste qui s'assimile plus à celui de gardienne ou femme de ménage puisque celle ci est toujours vide.
    Cette vie morne et ennuyeuse change du tout ou tout, quand un jeune architecte arrive de la ville et fait chavirer le coeur de la demoiselle...
    Mon avis dans la suite...

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2010/04/30/Et%C3%A9
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Citations et extraits

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  • Par Khat, le 26 juin 2013

    Et parfois elle se demandait lequel des deux était le plus mort, de lui dans son tombeau, ou d'elle dans sa bibliothèque !

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  • Par Josepha_Anh, le 31 janvier 2013

    Son coeur était ravagé par la découverte la plus cruelle que la vie nous réserve : le premier être humain venu vers elle à travers le désert de son existence lui avait apporté l'angoisse au lieu de lui apporter la joie.

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  • Par LiliGalipette, le 07 décembre 2011

    « Sans doute il y avait dans son sang quelque chose qui l’attirait toujours là-bas à la Montagne, comme si c’était la seule réponse à ses questions, le seul moyen d’échapper aux angoisses qui l’assiégeaient de toutes parts. » (p. 208)

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  • Par LiliGalipette, le 07 décembre 2011

    « S’il la voulait, il faudrait qu’il la cherchât : qu’il n’obéît pas à une surprise des sens, qu’elle ne fut pas prise comme tant d’autres. » (p. 96)

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  • Par LiliGalipette, le 07 décembre 2011

    « Ce sont les miens, et je n’ai pas honte d’eux. » (p. 79)

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