Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Pierre Leyris (Autre)

ISBN : 2070701034
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 141 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ethan Frome, dans une petite ferme du Massachusetts, est sous la domination de sa femme Zenobia, une mégère hypocondriaque qui dépense tout l'argent du ménage à soigner des maladies imaginaires. L'arrivée de Mattie Silver, une cousine de Zenobia, illumine la vie d'Ethan... > Voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (42)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par isabelleisapure, le 17 avril 2015

    isabelleisapure
    Ethan Frome est un fermier abîmé par la vie, presque difforme et qui peine à marcher. Il a une cinquantaine d'année mais en paraît trente de plus.
    Sa vie est misérable et à voir sa mine, on a l'impression qu'il porte toute la misère du monde sur ses épaules.
    Avant l'accident qui l'a laissé boiteux, il était un jeune courageux et gai malgré un mariage désastreux avec Zénobia, acariâtre et hypocondriaque. Dans son malheur, il y avait Mattie qui telle une belle fleur était venue illuminer ses journées. Peu à peu et sans vraiment s'en apercevoir, Ethan Frome tombera éperdument amoureux Mattie.
    Peut-on dire d'un roman qu'il est à la fois noir et lumineux ? C'est en tout cas ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre.
    L'histoire est triste, les personnages englués dans une vie sans espoir comme s'ils étaient prisonniers d'un profond brouillard dans un hiver qui n'aurait pas de fin. Tout cela est magnifié par une écriture d'une grande sensibilité avec une précision quasi photographique dans la description des paysages.
    Je ne connaissais pas l'oeuvre d'Edith Wharton et cette découverte fut un tel bonheur que je vais poursuivre la lecture de ses ouvrages.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 43         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Jooh, le 21 juillet 2015

    Jooh
    Quelle vie peu réjouissante que celle d'Ethan Frome: il épuise ses journées auprès de Zénobia, son épouse hypocondriaque et capricieuse, dans la ferme qu'il a hérité de ses parents, et où il travaille en solitaire pour survivre, bien loin des agitations de la ville - et de la vie. Et même si, parfois, il se surprend à rêver d'ailleurs, à rêver à de nouveaux horizons et à un avenir neuf, il est bien conscient que, comme ses aïeux avant lui, il est enchaîné à son destin de fermier et condamné à mener cette vie misérable et peu enrichissante. Mais dans cette ambiance morose survient un bouleversement heureux et malheureux à la fois, l'arrivée dans le foyer des Frome de la jeune et lumineuse Mattie, parente de Zénobia, pauvre et esseulée depuis la disparition de ses parents et engagée, par charité et par pitié, comme servante pour la ferme (bien qu'elle ne brille pas pour ses talents de bonne à tout faire). C'était sans compter les sentiments qu'elle allait faire naître dans le coeur d'Ethan, qui tombe profondément amoureux de la nouvelle venue. Mais Zénobia, jalouse, compte bien rétablir l'ordre dans son foyer, et surtout préserver son mariage qui ne tient qu'à un fil, tandis qu'Ethan, qui sent naître en lui de nouveaux sentiments et de nouveaux espoirs, semble résolu à s'affranchir d'un piètre destin qui n'est pas le sien, et espère bien ne pas laisser filer son bonheur, qui prend ici les traits de la douce et délicate Mattie.
    Je ne nie pas qu'"Ethan Frome" est une lecture agréable. Mais quand on connaît l'immense talent d'Édith Wharton - auteure que j'admire depuis la découverte éblouissante de "Chez les heureux du monde" et du "Temps de l'innocence" - on en attend beaucoup, c'est pourquoi je ressors de cette courte lecture quelque peu déçue. Oui, l'histoire est plutôt sympathique à suivre, oui le récit présente des qualités certaines notamment par ses belles et réalistes descriptions, oui le style et la plume d'Édith Wharton sont, comme toujours, impeccables; mais je n'ai pas retrouvé dans ce livre la magie des mots, le tourbillon émotionnel, la puissance romanesque et poétique qui animent les autres oeuvres de l'auteure. De plus, j'ai longtemps trouvé les personnages assez creux et peu intéressants alors que, plus encore que l'intrigue, ils sont souvent la force des romans d'Édith Wharton - ce qui est peut être aussi la faute du format court qui ne m'a pas laissé le temps de les apprécier comme je l'aurais voulu. Tout de même, je dis longtemps, car - enfin ! - arrive le dénouement, et heureusement qu'il y a ce magnifiquement tragique et cruel dénouement ! C'est grâce à ce final que les masques tombent, les imperfections humaines sont alors brillamment misent en lumière, et c'est seulement ici que toute la substance des protagonistes, et par là même de l'intrigue, se révèle. Les derniers chapitres sont d'ailleurs ceux qui se lisent le mieux et avec le plus d'intérêt, et ce sont les seuls qui ont su mobiliser mon attention toute entière. Dommage que ce coup d'éclat ait été trop tardif pour m'enthousiasmer vraiment.
    C'est donc avec un petit pincement au coeur, l'âme en peine et la main fébrile que je ne mets que 3 étoiles à un Édith Wharton, car il faut admettre qu'hormis son final, "Ethan Frome" ne m'aura pas vraiment marqué, et je doute d'en garder longtemps le moindre souvenir. Néanmoins, je ne regrette pas de l'avoir lu, car j'ai tout de même passé un bon moment de lecture; mais aux amoureux des grandes oeuvres d'Édith Wharton, je conseillerais plutôt les deux titres cités plus haut, à savoir "Chez les heureux du monde" et "Le temps de l'innocence": eux vous subjugueront là où "Ethan Frome" vous divertira seulement.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 29         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 31 mars 2013

    missmolko1
    Edith Wharton nous livre ici une histoire courte mais qui ne peut laisser ses lecteurs indifférents. Il s'agit ici d'un huis clos, dans une ferme à l'écart d'un village qui durant les mois d'hiver est plutôt isolée. Il y a donc au fils des pages une certaine tension et des sentiments forcément décuplés car les personnages sont coupés du monde.
    Ethan Frome est un homme froid et bourru, et dès les premières pages on apprend qu'il a été victime d'un accident, il porte d'ailleurs une grosse cicatrice sur le visage. Puis, le lecteur remonte le temps pour découvrir son histoire. Sa vie est pleine de regrets, de malheurs. Il a perdu ses parents très jeune, vit dans la pauvreté et enfin il est marié à Zenobia, une femme vraiment difficile, qui dépense sans compter pour des médicaments contre des maladies imaginaires.
    C'est la qu'arrive Mattie la cousine de Zenobia, elle vient vivre sous leur toit à l'âge de 20 ans après avoir perdu ses parents. Ethan et Mattie vont être très attirés l'un vers l'autre et attisé la jalousie de Zenobia.
    C'est donc une histoire de ménage a trois qui se déroule au fil des pages. Un amour très pure puisqu'il ne se passera rien entre Ethan et Mattie, mais même sans parole, ces deux là s'aiment d'un amour très fort et c'est pour le lecteur une évidence.
    On y découvre un Ethan sensible et malheureux car prisonnier de sa vie et de sa femme.
    Beaucoup de critiques disent que la quatrième de couverture révèle toute l'histoire pour ma part le résumé ne me révélait rien de la fin (j'avais une édition numérique). J'ai donc trouvé cette fin vraiment tragique car je ne m'attendais pas du tout à ça. Je n'en dirais pas plus car si vous n'avez pas encore lu ce court roman, fait-le sans lire le résumé!
    Pour ma part c'est un vrai coup de coeur. Il y a longtemps que je voulais lire Edith Wharton, c'est maintenant chose faite et je compte très vite continuer a découvrir ses écrits.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 29         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par patrick75, le 12 juillet 2015

    patrick75
    C'est un roman à désespérer de l'amour, pessimiste, où les égoïsmes et les conventions prennent une place prépondérante. C'est un roman où les silences sont plus éloquents que les paroles.
    Une sorte de huis-clos où edith Wharton entre les lignes, semble dénoncer de son écriture précise, les moeurs et les conditions sociales de son époque.
    Elle nous fait plonger dans une littérature d'un autre âge, où le talent était un préambule nécessaire à l'écriture.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 avril 2012

    LiliGalipette
    À Starkfield, petite ville du Massachusetts que l'hiver enclave dans des congères et un froid mordant, Ethan Frome vit tant bien que mal de sa scierie et de sa ferme. Son épouse, Zenobia, est de nature souffreteuse et acariâtre et dépense sans compter les quelques ressources du maigre foyer en potions et en médicaments. La seule joie d'Ethan, c'est la présence de la jolie Mattie Silver, la cousine de Zenobia. La jeune fille aide aux tâches ménagères et elle offre une oreille amicale à Ethan.
    Peu à peu, Ethan et Mattie se découvrent une attirance coupable, et Zenobia ne manque pas de le remarquer. Celle que l'on croyait faible se révèle une redoutable garce, machiavélique et sans coeur. « Zenobia, bien que doutant du savoir-faire de la jeune fille, fut tentée par la liberté qu'elle aurait de la trouver en défaut sans courir grand risque de la perdre. » (p. 75) Alors qu'Ethan et Mattie jouent à être un couple le temps d'une soirée, l'épouse qui se croit bafouée est bien décidée à se débarrasser de cette encombrante cousine et à remettre son époux au pas. Mais après des années de soumission, quelque chose bouillonne dans le sang d'Ethan. « Il était bien trop jeune, trop vigoureux, trop plein de vivante sève pour accepter aussi aisément la ruine de ses espoirs. Fallait-il qu'il consumât toutes ses années auprès d'une femme aigrie et geignarde ? » (p. 149) L'issue, nécessairement, sera brutale.
    Le gros défaut de ce livre, dans l'édition que j'ai choisie, c'est sa quatrième de couverture qui dévoile TOUTE l'histoire. Ce que je croyais être l'introduction est en fait la conclusion. Ce résumé très maladroit m'a privée de toute la tension qu'Edith Wharton est si habile à installer dans ses romans. Je n'ai pas vu l'arc se tendre puisque je savais déjà où la flèche était tombée et qui elle avait blessé. (C'est une métaphore, OK ? Je ne suis pas en train de vous raconter la fin !)
    Le procédé narratif n'est pas très original : le narrateur arrive à Starkfield, il rencontre Ethan Frome et il s'interroge sur cet étrange personnage. Ensuite, il ne lui faut que mettre un pied dans la maison du personnage pour le récit se déploie tout seul. le narrateur ne revient qu'à la fin, pour la conclusion.
    Voilà deux points négatifs, mais le roman est en fait très bon. Il se déroule loin des fastes new-yorkais que l'auteure a dépeints dans le temps de l'innocence ou Chez les heureux du monde. Ce n'est pas non plus la bourgeoisie campagnarde qu'elle présente dans Été. Dans les trois précédents romans, l'environnement est favorable, mais c'est la société qui ne l'est pas, entité mauvaise et perverse. Dans Ethan Frome, la nature est hostile et pauvre et la société est presque inexistante : le drame se noue à huis clos, entre un couple mal marié et une jeune fille innocente. Mais la victime n'est pas Mattie, du moins pas uniquement. C'est surtout Ethan Frome, personnage éponyme qui souffre doublement ainsi que le révèle la fin du roman. Zenobia est la main du malheur, on le sait dès le début puisqu'elle est présentée sans aménité.
    Edith Wharton signe encore un grand roman et mérite plus que jamais des compliments pour la peinture qu'elle fait des sentiments humains et des méchancetés des coeurs. À la lire, on désespère un peu du bonheur, mais on sent toute l'honnêteté de ses propos. Il ne me reste qu'à dénicher l'adaptation cinématographique, avec Liam Neeson (ah ! Liam…) dans le rôle-titre, pour poursuivre le plaisir de la lecture.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique


Critiques presse (2)


  • Actualitte , le 24 septembre 2014
    Vous allez découvrir un roman superbe, une histoire merveilleusement contée, une vie en cette fin de XIXème siècle dont la dureté n'a d'égale que la rigueur de l'hiver, un village qui regarde la rue derrière ses volets clos et s'empresse de taire l'indicible, l'inavouable [...].
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Telerama , le 09 juillet 2014
    Une centaine de pages suffit à la romancière pour déployer sa tragédie, inscrite dans le paysage désolé d'un Massachusetts comme en proie à une glaciation éternelle. C'est âpre, funeste, poignant – on en ressort tout à la fois inconsolable et ébloui.
    Lire la critique sur le site : Telerama

> voir toutes (20)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par missmolko1, le 30 mars 2013

    Cette aube d'hiver était transparente comme du cristal. Le soleil se lavait tout rouge dans un ciel pur. A l'orée du bois les ombres s'étalaient, profondes et bleues. Pa delà la scintillante blancheur des champs, les futaies lointaines s'estompaient en masses vaporeuses.

    Frome aimait cette heure matinale, si paisible. A mesure que ses muscles s'assouplissaient pour la tâche quotidienne et que ses poumons aspiraient à longs traits l'air de la montagne, sa pensée devenait plus lucide.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation

  • Par missmolko1, le 29 mars 2013

    Son silence, il est vrai, n'avait rien d'hostile. Je finis par comprendre que cet homme était habitué à vivre dans une solitude morale trop profonde pour qu'on pût facilement pénétrer jusqu'à lui. Cet état, je le présumais, ne résultait point essentiellement de ses malheurs, que je devinais tragique : il était surtout la conséquence de tous ces hivers rigoureux passés à Starkfield...

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par vilvirt, le 30 avril 2012

    Il avait toujours été plus sensible que les gens de son entourage aux beautés de la nature ; ses études, malgré leur interruption prématurée, avaient donné une forme à cette sensibilité, et, même aux heures les plus malheureuses de son existence, les champs et le ciel lui avaient toujours parlé d'une voix souveraine et profonde.

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation

  • Par Zazette97, le 18 janvier 2012

    Il semblait faire partie du muet paysage mélancolique, être l'incarnation de sa désolation glacée, tout ce qui en lui était chaleureux et sensible amarré ferme sous la surface; mais il n'y avait rien d'inamical dans son silence.
    Je sentais simplement qu'il vivait dans un isolement moral trop profond pour qu'on y eût accès fortuitement, et j'avais l'impression que cette solitude n'était pas seulement le fruit de son sort, quelque tragique qu'il pût être, mais qu'elle recélait le froid, accumulé couche après couche, de maints hivers à Starkfield. p.27
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par LiliGalipette, le 07 avril 2012

    « Il était bien trop jeune, trop vigoureux, trop plein de vivante sève pour accepter aussi aisément la ruine de ses espoirs. Fallait-il qu’il consumât toutes ses années auprès d’une femme aigrie et geignarde ? » (p. 149)

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

> voir toutes (25)

Videos de Edith Wharton

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Edith Wharton


Julie Wolkenstein Traduire "Ethan Frome" d'Edith Wharton
Julie Wolkenstein Traduire Ethan Frome, d'Edith Wharton éditions P.O.L : Où JUlie Wolkenstein tente de dire pourquoi elle a eu envie de traduire Ethan Frome ...











Sur Amazon
à partir de :
6,90 € (neuf)
1,09 € (occasion)

   

Faire découvrir Ethan Frome par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (279)

> voir plus

Quiz