"
Les Lettres" est une nouvelle de la romancière américaine
Edith Wharton, première femme à avoir reçu le Pulitzer pour son roman "
Le Temps de l'innocence ".
A Paris, Lizzie West donne des cours à domicile à la jeune Juliette, fille de Vincent Deering, un peintre américain dont elle finit par s'éprendre.
Des sentiments réciproques lient Juliette et Vincent mais il est marié. Tous deux se voient dès lors en cachette jusqu'à ce que l'épouse de Vincent décède précipitamment.
Le peintre veuf doit alors se rendre aux Etats-Unis afin de régler les affaires de sa défunte épouse mais promet d'écrire à Juliette tout le temps qu'il sera parti.
Au début, les échanges entre les tourtereaux se veulent des plus romantiques mais un jour, Vincent ne donne plus signe de vie.
Prise de panique, Juliette continue à lui écrire quelques temps jusqu'à se faire une raison : il ne lui répondra pas.
3 ans plus tard, alors que Juliette a hérité d'une coquette somme d'argent et semble prête à se marier, Vincent revient dans sa vie.
Juliette se montre inflexible, prétendant qu'elle a tourné la page. Or, le coeur a ses raisons que la raison n'a pas...
Pour moi qui suis si fervente du genre, quelle ne fut pas ma déception en apprenant que cette nouvelle n'était pas, comme le titre me l'avait fait croire, épistolaire.
Ca m'apprendra à m'emballer sans feuilleter le livre, chose que je fais souvent mais pas encore systématiquement.
Je me suis assez vite dit durant ma lecture que "
Les Lettres" de Wharton était une nouvelle semblable à la "
Lady Susan" de
Jane Austen, non parce qu'il s'agit également d'une oeuvre de jeunesse (ce n'est pas le cas) mais bien parce que cette nouvelle semble également donner le ton et préfigurer les grandes oeuvres qui firent la renommée de l'auteure.
Et comment ne pas penser à "
Jane Eyre" (sorti 60 ans plus tôt) de
Charlotte Brontë en découvrant une trame pour ainsi dire identique. Une femme de modeste condition donne des cours à domicile à une jeune fille pas très douée et tombe amoureuse du père. Mais l'homme est marié. Pas pour longtemps car son épouse décède. S'en suit une période de chagrin et d'errance avant que l'homme ne revienne la bouche en coeur.
Au-delà de cette large similitude, j'ai trouvé que "
Les Lettres" bénéficiait d'une tournure beaucoup moins romanesque que "
Jane Eyre". Je ne spoilerai pas la fin mais bon pour moi le sens du sacrifice a ses limites hein Lizzie!
Quant au style, il manquait selon moi d'élégance en regard de la prose anglaise.
Cela dit, je me rends compte que le court format de cette nouvelle ne doit pas être tout à fait étranger à mon jugement. Comme c'est le cas dans bon nombre de nouvelles, les événements s'enchaînent très vite et la psychologie des personnages y est peu développée. Même constat pour ce qui est de la critique sociale présente en filigrane, tout ça était un peu trop rapidos pour moi...
Dans ce cas-ci, le lecteur "zappe"de l'histoire d'amour au départ puis à l'absence et au retour de Vincent Deering. Ces transitions sont un peu frustrantes, surtout lorsqu'on a lu le foisonnant "
Jane Eyre" et qu'on ne peut s'empêcher d'envisager la comparaison.
Malgré ce qui a été dit plus haut, j'ai tout de même aimé cette nouvelle que je considère comme un préambule au reste de l'oeuvre de Wharton, oeuvre que j'ai toujours autant envie de découvrir !
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