Je rêvais continuellement, durant mon adolescence au pensionnat, d'un adulte (mon prof de gym, l'un des peintres de l'école d'art où nous allions prendre des cours - qui s'occuperait de moi, devinerait mes pensées, anticiperait mes besoins (car je ne les aurais jamais exprimés et lui, s'il m'aimait, serait capable de lire en moi).
L'amour domestique - avec ses mélodrames adultères, ses compromis douillets, ses câlins asexués, ses prises de bec mesquines - me déplaisait précisément parce qu'il puait le possible, le faisable, ce que tout le monde faisait.