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ISBN : 235178085X
Éditeur : Gallmeister (2015)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Pike n'est plus l'effroyable truand d’autrefois, mais il a beau s'être rangé, il n’en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory qui l'aide à combattre ses démons du mie... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 18 septembre 2013

    caro64
    Les Editions Gallmeister nous avaient jusque là habitué à des très bons romans ayant pour cadre les grands espaces américains comme Sukwann Island de David Vann, ou encore les très bons polars de Craig Johnson. Changement de décor, avec Pike, de Benjamin Whitmer, elles nous offrent un remarquable polar urbain où l'on patauge dans la neige noire au milieu de gaz d'échappement… Une couverture noire, pour un vrai roman noir, très noir !
    Dans une ancienne vie, Douglas Pike a été tour à tour homme de main pour la mafia locale, toxicomane, videur de boîte de nuit, alcoolique ou encore passeur de clandestins à la frontière mexicaine. Aujourd'hui, il répare des maisons dans un coin reculé des Appalaches accompagné de Rory, un jeune homme à peine sorti de l'enfance et qui rêve de devenir boxeur professionnel. Tous les deux sont poursuivis par un passé qu'ils tentent d'oublier mais qui va brutalement les rattraper de la plus inattendue des façons. Lorsque Sarah la fille de Pike est retrouvée morte des suites d'une overdose, ce dernier se retrouve responsable de Wendy, une fillette de douze ans, dont il ignorait l'existence. Pike a oublié pendant de longues années sa fille mais il n'accepte pas son décès. La thèse de l'overdose lui semblant plus que suspecte, il décide de se rendre à Cincinnati. Accompagné de son acolyte, il va écumer les bas-fonds de cette ville, de bars glauques en squats de junkie et lieux de prostitution, à la recherche d'une réponse. Quand Derrick Krieger, flic violent et pourri jusqu'à la moelle commence à tourner autour de Wendy, les vieux démons se réveillent.
    Ce premier roman est une redoutable excursion dans les entrailles de l'Amérique urbaine des années Reagan dans ce qu'elle a de plus violent et sordide. Pas un personnage ne rachète l'autre. Un ramassis de brutes alcooliques, de pervers violents, d'êtres corrompus ou estropiés. Ils ont en commun une incapacité chronique à éprouver le moindre regret ou sentiment. La notion de rédemption, d'amour ou de pardon leur est étrangère. Accablés par une multitude de démons, survivre d'un jour à l'autre est leur unique préoccupation. Ce premier roman dont chaque mot suinte la noirceur et la violence sans complaisance, est construit avec intelligence, mêlant habilement lyrisme et réalisme. Une très sombre et tragique histoire qui se dévore en quelques jours et qui ne laisse pas intact. Elle semble annoncer un grand auteur. A suivre.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 07 août 2015

    lehane-fan
    Pike est ce qu'il convient d'appeler un garçon un brin caractériel.
    Enfin était, car il semble s'être rangé des bagnoles.
    Vivotant de petits boulots occasionnels, cet ancien truand tente de gérer ses anciens démons du mieux qu'il le peut.
    Pourtant, il suffirait de pas grand-chose pour que la lave qui coule dans ses veines n'explose une nouvelle fois car comme le disait si talentueusement le poète :
    ♫On a vu souvent
    Rejaillir le feu 
    De l´ancien volcan 
    Qu'on croyait trop vieux♪
    (AC/DC, live at La Chapelle-sur-Erdre, 1824).
    Une fille overdosée et une petite-fille fraichement découverte sur les bras plus tard, c'est un Pike limite sous pression que nous retrouvons, fin prêt à en découdre avec cette pourriture qui semble tourner dangereusement autour de Wendy, la seule famille lui restant désormais.
    Décidement, j'aime énormément cette collection NeoNoir de chez Gallmeister.
    Elle s'affirme, au gré des parutions, comme étant un gage de qualité persistant .
    Pike justifie pleinement cette nouvelle réputation.
    Outre l'histoire crasseuse au possible, Pike, c'est avant tout une galerie de personnages truculente.
    Whitmer vous balance les pires saloperies avec un tel détachement, une telle maestria, qu'à l'annonce d'une énième hausse d'impôts assortie de la parution imminente du dernier Céline Dion, vous lui diriez encore merci en lui baisant les pieds. C'est dire la faculté du mec à faire passer une pilule basiquement imbouffable.
    Le bonhomme fait dans le sordide avec la grâce et l'élégance d'une danseuse étoile gavée au Nutella et au saindoux. On a fait l'impasse sur les tripes, trop gras pour l'entrechat...
    Une plume acide à l'ironie mordante, il n'en faut pas plus pour prendre son pied, enfin son genou vu la souplesse qui me caractérise, et dévorer cette petite perle immorale de chez NeoNoir le grand.
    Encore !
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 24 août 2015

    marina53
    Douglas Pike était de la mauvaise graine. Mais ne l'est plus aujourd'hui. Bien qu'il se soit rangé et ait abandonné son boulot de truand pour troquer un peu de tout et n'importe quoi, son passé le rattrape souvent. Dans cette ville enneigée et crasseuse de Cincinnati, dans ses quartiers mal famés où les prostituées et les dealers se côtoient, les nouvelles vont vite. Aussi, dès lors que sa fille Sarah, qu'il a abandonnée il y a des années et dont il est sans nouvelles, meurt d'une overdose, Dana, une pute et une amie de cette dernière, le retrouve bien vite. Accompagnée, qui plus est, de Wendy, sa petite-fille. Avec l'aide de son associé Rory, un boxeur qui rêve de gloire et de médailles, il va devoir s'improviser papy. Mais avant cela, il tient à comprendre la mort de sa fille et recherche alors les personnes qui l'ont côtoyée... Ce qui risque de déplaire à Derrick Krieger, flic corrompu jusqu'à la moelle, qui règle ses comptes à sa manière.
    Des pervers, des putes, des drogués et des corrompus dans cette ville aux ruelles sombres et mal famées, aux squats fumeux et aux bars peu fréquentables. Bienvenue à Cincinnati! Ville d'une noirceur implacable où ne luit aucune once d'espoir ou de rédemption. Benjamin Withmer nous offre un roman noir à l'ambiance crasseuse, poisseuse et malsaine. Pike et Derrick, ces anti-héros rugueux, déchirés et malmenés par la vie, vont se livrer bataille sans merci dans ces ruelles enneigées. Gare à tous ceux qui oseraient se mettre sur leur route. de courts chapitres qui apportent un certain rythme, une écriture à la fois violente, poétique et noire et des personnages à couteaux tirés font de cette sombre histoire un roman redoutable et efficace.
    Pike...Faut pas trop le chercher!
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    • Livres 3.00/5
    Par SMadJ, le 15 mai 2015

    SMadJ
    Pike n'est pas un rigolo, Pike n'est pas un tendre. Pike n'est pas un humaniste.
    Fallait pas tuer sa fille, les gars. Pas qu'il y était attaché. Pas qu'il la fréquentait. Pas qu'il s'y intéressait. Mais sur le principe quand même, y a des choses qui se font pas. Et en plus, il se retrouve garde-chiourme de sa p'tite fille. Ah là oui, ils l'ont vraiment mis en colère. Et il ne va pas faire de quartier. Y a de l'ingénu qui va souffrir. Car quand Pike fâché, Pike toujours faire ainsi (notez la subtile référence au capitaine Haddock dans le génialissime Tintin et le Temple du Soleil).
    Benjamin Whitmer est un orfèvre de la phrase. Celle qui fait mouche. Celle qui tue. Celle qui casse. À la Brice de Nice mais en plus Dark. C'est à dire que quand il casse, le Whitmer, les gens meurent vraiment ou prennent cher et c'est pas que par des vannes.
    Enchaînant les perles dans un collier de vicissitudes, Whitmer nous régale.
    Alternant rires et rictus déformés, par tant de vices dans la gente humaine, le nihilisme est à son comble. Ici les hommes sont des salopards, les femmes des putes. Et pis c'est tout.
    Chez Whitmer, les miroirs sont sombres aux reflets sales et ne renvoient que dégoûts, amertumes et déceptions.
    En revanche, les personnages sont d'or, brillamment écrits, de petites pépites lustrées. Des destins brisés, des lendemains contrariés. Une fuite en avant avec pour seule issue : le mur.
    Ce qui sauve le lecteur de la dépression, c'est cette écriture aiguisée, ce sens du rythme dans le mot, cette saveur particulière qui dessine des sourires sur l'estomac. Et fait glousser comme un dindon au beau milieu d'une page presque toutes les pages.
    Allez, on se met dans l'ambiance :
    "- Merde je suis aimant. J'entretiens sa pelouse. Je la tonds. Je la garde humide.
    Rory le fixe.
    - Je laboure son lopin. Je débroussaille son petit jardin de derrière.
    - Encore une comme ça, dit Rory, et je t'abats."
    - C'est possible de manger ? demanda Pike.
    - C'est possible. (Il fait un geste du menton par-dessus son épaule.) On a trois mexicains dans la cuisine.
    - On mange pas les mexicains.
    Si le style est à tomber et les personnages croquants/craquants, l'intrigue est la petite faiblesse du bouquin. L'histoire tourne vite en rond et sa résolution est lapidaire voire expéditive mais finalement on s'en fout. Redonnez- moi un p'tit noir, un Whitmer de préférence !3,5/5
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    • Livres 3.00/5
    Par Laurence64, le 30 décembre 2012

    Laurence64
    Entre Nanticote et Cincinnati, la neige n'est que bouillasse. Toujours sale, elle se défait comme la vie de tous les protagonistes. Une neige hésitante sur la forme à adopter, jamais immaculée. Chez Whitmer, point de tapis blanc et duveteux, ni d'aimables flocons dansant dans la nuit.
    De Nanticote à Cincinnati, le ciel ressemble à du vomi. Les étoiles s'éteignent dans la lumière jaune des réverbères, les immeubles s'émiettent tels des quignons rances, l'air est aussi irrespirable que dans l'Enfer de Dante, les peaux se décollent des os sous les armes de poing, les yeux pleurent du sang, la vie n'offre rien. La minceur du quotidien pourrit la moelle de celle qui est restée à la marge de l'histoire. Cynisme d'un épilogue qui n'espère rien.
    A travers une intrigue minimaliste, Benjamin Whitmer ébauche une peinture plus noire que noire des squats de junkies, des relais routiers sordides, de la ville prisonnière de sa déréliction et des hommes suant la violence, la came, l'alcool. C'est crasseux et graisseux. Ca poisse de corruption, ça dégoutte de bêtise. C'est violent comme un film de Tarentino.
    Dans la menace d'étouffement, dans l'excès des rires toujours métalliques et rouillés, dans cette humanité qui ne vaut pas la corde pour la pendre, on aurait voulu en savoir un peu plus sur le méchant des méchants, Derrick Krieger ou tout au moins sur ses motivations . Benjamin Whitmer ratisse une enquête qui n'en est pas une, prétexte à un portrait désespéré des oubliés du rêve américain. Mais entre trop et pas assez. Chaque personnage n'est qu'ébauché. Leur sang coule, rouge et vicié mais leur étoffe est presque aussi fine que la trame du roman qui les abrite.
    Avec toute cette neige qui ne cesse de mousser sur le bitume, ils auraient mérité des habits plus épais, mieux coupés.
    Au second roman de Whitmer?
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 07 septembre 2012
    Benjamin Whitmer, qui a sans doute avalé du Jim Thompson en lait en poudre, est un conteur magnifique, cinglant, pur, qui réussit, au bout de la nuit, à traquer la lumière qui va venir réchauffer ces corps affamés de vi
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 25 août 2015

    Il est possible de tellement s’éloigner du lieu d’où l’on vient que tout retour est impossible. Tout vrai retour. On peut briser tous les ponts avec le passé, il suffit d’être prêt à s’amputer d’un bout de soi-même que l’on ne craindra pas de regretter le reste de sa vie.

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  • Par marina53, le 24 août 2015

    Une fois sobre, faut toujours faire ce qu'on a dit qu'on ferait quand on était bourré.C'est comme ça qu'on apprend à fermer sa gueule.

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  • Par marina53, le 24 août 2015

    Il y a certaines choses avec lesquelles on peut apprendre à vivre. Pour la plupart des autres, c'est impossible.

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  • Par marina53, le 24 août 2015

    La meilleure façon de foutre en l'air sa vie, c'est d'essayer d'être autre chose.

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  • Par Cath36, le 14 juillet 2013

    C'est un nuage. C'est comme l'obscurité rendue palpable, comme le ciel qui descend. Comme le Dakota du Sud, quand il ne pouvait s'empêcher de rouler. Il se faisait des croque-monsieur à la poêle, sur un feu, au bord de la route. Dormait dans la voiture. Passait ses journées à fixer les hautes herbes de la prairie, à regarder paître les cerfs à queue noire et les antilopes. A écouter les coyotes hurler à la lune. Soleil qui se lève le matin comme une crue montant jusqu'au sommet des aiguilles, dévalant les ravins en torrents d'eau sanglante. Pulsation de la glaise et de l'argile : le soleil se hisse dans le ciel en pompant. Enfer aux flammes éteintes, paysage lavé, emporté par chaque pluie. Monde nouveau à chaque nouvel orage, toujours identique à lui-même. Rouler et rouler encore, boucler une énième fois le même trajet circulaire sans quitter la grand-route jusqu'à ce que chaque pic et chaque ravin soit gravé au fer rouge dans son esprit.
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