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Jacques Martin (II) (Traducteur)
ISBN : 2702135862
Éditeur : Calmann-Lévy (17/12/2004)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 29 notes)
Résumé :
4ème de couverture :
« Mais il semblait que, derrière le grand incendie du ciel, il vit quelque chose : il voyait ce qui chaque soir s'était révélé à lui plus nettement Peut-être pouvait-on appeler cela l'éternité de la vie. »

Ce grand ciel embrasé qui sert de toile de fond à Missa sine nomme, c'est l'Allemagne vaincue de 1945, l'Allemagne « année zéro » qui survit dans les décombres.

Dans un château dont il a hérité mais qui e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
GrandGousierGuerin
10 janvier 2016
★★★★★
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Un monde de cruauté, de terreur a disparu laissant dans sa fuite des traces de cendres et de sang. Il faudra du temps pour reconstruire ces villes et ces paysages mais encore plus les coeurs.
Le long du chemin avance un homme habillé de l'ancien uniforme des réprouvés. A sa vue, les passants sont surpris puis saisis d'effroi en reconnaissant cet homme qu'on croyait mort, dont la mort aurait simplifié les choses et dont la survie est perçue comme une accusation de leur lâcheté d'avoir accepté ce que l'homme avait combattu.
Ce chemin le mène devant un portail monumental surmonté d'un blason en partie brisé. Derrière se trouve la demeure de ses ancêtres, de son enfance qui est réquisitionnée pour l'heure. Point de place pour lui ici. Il poursuit donc son chemin en direction des marais, vers la maison du forestier où il retrouve ses deux frères, connus auparavant comme les trois petits barons, inséparables et possédant un talent remarquable en musique qu'ils mettent en pratique dans l'étude de fugues au violoncelle.
A chaque frère revient un mérite, un don qu'il mettra en oeuvre pour sauver leur peuple, leurs gens, leur offrir la rédemption même s'ils doivent pour cela être trahis, battus et laissés pour mort.
Point ne sert de poursuivre le résumé de ce récit car il n'est qu'accessoire à la mise en valeur symbolique de la rédemption où seule la nature reste sans tâche, pure notamment dans l'austérité des marais.
Roman riche en symbole sur la rédemption d'une Allemagne nazie au lendemain de la défaite, c'est un livre à lire, qu'on se doit de proposer aux autres en cadeau ou en lecture commune.
Et je m'interroge à savoir pourquoi ce roman n'a finalement que peu d'écho dans mes amis lecteurs, pourquoi il est si difficile de le trouver en librairie, pourquoi ne fait-il pas partie des indispensables sur le sujet ?
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JAsensio
05 mai 2011
★★★★★
★★★★★
Sans doute faudrait-il, à celui qui, angoissé ou bien railleur, nous demande ce que peut, encore, la littérature, se contenter de tendre un exemplaire de Missa sine nomine d'Ernst Wiechert. Ce roman, le dernier de l'écrivain, publié en 1950 (1), semble émettre, à notre époque de bavardage, de vitesse, de meurtres anodins ou de masse (mais également anodins dans leur caractère technique, industriel), de catastrophes et de ténèbres rampantes, une étrange lumière, crépusculaire, torve peut-être, salvatrice toutefois. La littérature, du moins quand elle est grande, plutôt que de nous offrir quelque consolation illusoire, cette drogue pour jeune fille, peut nous intimer l'ordre de nous tenir debout face à celui qui nous met en joue. Ce n'est sans doute pas le moindre paradoxe de cet office sans nom qu'est le très beau roman de Wiechert de nous appeler sans hésitation et nous commander de nous lever pour faire face. Nous appeler par nos prénom et nom, pas pour défier les bourreaux par une force, supposée juste, opposée à une autre force, sordide et malveillante, mais nous appeler pour nous ordonner de sortir de notre caveau où, pensions-nous comme un malheureux Ugolin prisonnier d'une bibliothèque, les pages des meilleurs livres étaient une chair peu nourrissante. Toute oeuvre d'art réelle est, pardonnez-moi ce mot aussi laid que long, résurrectionnelle ou, pour le dire d'un autre auquel Jean Cayrol donna une beauté inquiétante, nocturne et peut-être, on nous l'a suffisamment répété, interdite après Auschwitz, lazaréenne.
Lien : http://stalker.hautetfort.co..
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda03 mai 2016
Le mince rais de lumière que la lune, sur son déclin, jetait par la petite fenêtre devint plus long et plus pâle. Il parcourut lentement le sol en terre battue puis atteignit le pied de la couche improvisée auprès de l'âtre. Là, il s'évanouit. Les deux frères restèrent les yeux tournés dans cette direction, même lorsqu'il n'y eut plus rien à voir, que la nuit de cette pièce plongée dans les ténèbres. Le silence était aussi grand que devant un mort gisant.
Erasme fut le premier à n'y plus tenir.
-- Tu ne dors pas, frère ? demanda-t-il.
-- Non, répondit Amédée, tout bas.
Leurs deux voix avaient, elles aussi, quelque chose d'irréel, dans l'obscurité de cette pièce, où aucun cœur ne semblait battre. Elles paraissaient sortir des profondeurs de cette terre, qui étalait son silence autour de la maison. C'étaient des voix comme on en entend la nuit, au-dessus des marais, des voix d'enlisés. Le voyageur attardé s'arrête alors pour prêter l'oreille, frissonnant sous la traînée de brouillard qui caresse le front.
p 35 édition Calmann Lévy septembre 1991
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nadejdanadejda24 mai 2011
Les hommes voulaient toujours quelque chose, ils ne cessaient de tendre la main vers le corps ou vers le coeur. Les herbes et les oiseaux ne voulaient rien de lui. Ils restaient dans leur univers. Il pouvait le traverser, comme on traverse l'eau. Cette eau se refermait derrière lui et ne gardait aucune trace. Et c'est ainsi, sans laisser de trace qu'il voulait désormais s'en aller sur la terre.
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PiertyMPiertyM14 novembre 2014
Il viendra un jour où les hommes découvriront tout d'un coup qu'il leur manque quelque chose et que cela se trouve derrière eux et non point en avant.
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litolfflitolff23 mai 2010
Et peut-être le baron Amédée était-il celui qui regardait la vie en face avec le plus d'espoir, quand il s'attardait le soir sur le pas de sa porte, où il avait poussé son vieux fauteuil tout tailladé. Il n'avait pas perdu une femme ni des enfants, mais d'eux tous, c'était lui qui avait vu de plus près la violence, la hache et le visage méconnaissable de l'homme. C'était lui qui avait été le plus profondément déçu et le plus profondément humilié. Peut-être aussi le plus haï.
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nadejdanadejda24 mai 2011
Il était seul. Le temps était sans doute venu, où l'homme devrait apprendre à être seul. La terreur lui avait enseigné sa solitude. Toutes les mains qui l'avaient protégé jusqu'alors avaient péri, toutes les consolations, toutes les certitudes. L'homme s'était montré capable des dernières scélératesses. Il était devenu assassin, sans colère, sans intérêt profond. Assassin par jeu, avec le sourire. Et de l'autre côté étaient les victimes. Entre les deux, il n'y avait rien.
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