Toujours d'actualité (bien que réédité plusieurs fois) ce livre nous parle de l'impossible pardon et du cas de conscience auquel a été confronté l'auteur(aujourd'hui décédé) lorsqu'appelé au chevet d'un SS mourant qui avait participé à l'extermination d'un village sous les flammes, il a été incapable de pardonner. Simon Wiesenthal prisonnier alors dans un camp de travaux forcés passait chaque jour devant les tournesols, ces fleurs du soleil (dont il a fait le titre de ce livre-témoignage)qui illuminaient le cimetière militaire des assassins de ceux qui avaient tout alors que d'autres pourrissaient dans des ghettos.Le destin l'a désigné lui pour recueillir l'ultime confession.
Devenu par la suite un célèbre chasseur de nazis mais hanté par son refus de pardon il s'est demandé s'il n'avait pas franchi la ligne de déshumanisation, la haine par rapport aux bourreaux le privant de liberté de jugement.
La deuxième partie de cet ouvrage concerne les réponses de plusieurs personnalités du monde philosophique, politique, religieux, quant à savoir a t il eu tort ou raison? et Peut on pardonner l'impardonnable?
Le débat reste ouvert!
Deux cas de figures possibles se présentent à Simon Wiesenthal alors en camp de travail forcé durant la deuxième guerre mondiale alors qu'il est appellé au chevet d'un mourant pour recueillir ses dernières confessions.
Ou il le considère comme un jeune de vingt ans enrolé de force par les nazis et soumis à leur controle psychique et à l'effet de groupe pour perpréter un meurtre où on l'a manipulé alors qu'auparavant dans sa famille il a toujours été un brave garçon
Ou il le condamne pour avoir participé à la tuerie massive par le feu de tout un village
Il va choisir la deuxième solution car pour lui le pardon est impossible et hanté toute sa vie par cette décision alors qu'il est devenu lui même un célèbre chasseur de nazis, il écrira ce livre pour sans doute comprendre sa propre pensée et se donner l'absolution en la confrontant dans la deuxième partie du livre à celle de personnalités de tous bords.
Et nous dans un tel cas qu'aurions nous fait si nous étions passés jour après jour près de ces fleurs du soleil épanouies qui fleurissaient en paix dans un cimetière nazi sans pouvoir les cueillir en hommage aux notres, les vraies victimes?
Voilà vraiment le questionnement de ce livre bouleversant. Qu'est ce qui fait qu'un jour l'humain se déshumanise? Et peut on lui pardonner alors?
Je sais dit le malade, qu'à chaque seconde des hommes meurent par milliers. La mort est partout maintenant, elle n'est ni rare, ni extraordinaire. Je me suis résigné à mourir bientôt.Mais avant, je voudrais parler de quelque chose dans ma vie qui me torture. Sinon, je ne pourrai pas mourir tranquille.
Et brusquement, j'envie les soldats morts. Je leur envie ces fleurs du soleil qui les relient mystérieusement au monde. Je leur envie ces papillons qui visitent leurs tombes. Moi, aucune fleur de soleil ne m'attend. Je finirai dans une fosse commune à peine refermée, jeté sur un amas de cadavres et d'autres s'empileront sur moi.
"Je suis en train de crever me dit il et personne ne peut m'aider et personne ne s'en soucie"Il se tut quelques secondes, puis rajouta résigné:"J'ai vingt-deux ans"