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> Pascal Aquien (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080710745
Éditeur : Flammarion (2000)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 219 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dernière pièce d'Oscar Wilde, "L'Importance d'être constant" brille des feux d'un langage habité par la grâce: s'y manifestent la puissance et la modernité de la réflexion de l'auteur sur la fiction, mais aussi son inventivité subversive et satirique, son esprit généreu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 09 décembre 2014

    Nastasia-B
    Dans L'Importance D'Être Constant, Oscar Wilde revisite et revitalise la longue tradition théâtrale du quiproquo, je dirais " à l'italienne ". C'est une comédie légère et vive, comme l'étaient ses aînées de la Commedia del'Arte, mais où les arlequins sont des dandys anglais et où le caustique des répliques rappelle plus Tchékhov que Goldoni.
    La pièce est fondée sur un jeu de mots, qu'on a réussi à restituer tant bien que mal en français mais qui doit manifestement poser quelques problèmes dans certaines langues. En anglais le mot " earnest " évoque évidemment la constance, mais également la sincérité, la fidélité, l'honnêteté, la fiabilité, le sérieux. C'est à la fois un nom et un adjectif et cela résonne étrangement comme le prénom Ernest. En français, les traducteurs ont trouvé la petite pirouette du " constant " mais dont l'effet sonore et sémantique est différent.
    Vous avez compris que tout du long de cette comédie en quatre actes, Wilde va jouer sur l’ambiguïté de ce mot car, les deux protagonistes principaux, Jack et Algernon, deux dandys célibataires jouisseurs de l'aristocratie britannique de la fin du XIXème utilisent un procédé similaire pour s'extraire des impératifs familiaux et/ou mondains.
    Algernon s'est créé un ami fictif, Bunbury qui est toujours plus ou moins mourant et qu'il doit absolument aller visiter, tandis que Jack, qui est orphelin et qui n'a donc pas de famille très proche, utilise quant à lui un frère imaginaire et débauché prénommé... eh oui !, Ernest, c'est-à-dire Constant dans la version française.
    Que ce soit Bunbury ou Constant, le prétexte est surtout utilisé soit pour échapper à des obligations que les jeunes hommes jugent assommantes, soit, et c'est manifestement le cas le plus fréquent, pour aller conter fleurette à quelque charmante demoiselle sans espoir de lendemain.
    Or, bien conscients de l'infidélité réciproque de leur ami, aussi bien Jack qu'Algernon commencent à voir rouge lorsqu'ils s'aperçoivent que l'un s'intéresse un peu trop à la cousine de l'autre et que ce dernier s'intéresse quant à lui à la pupille du précédent.
    Nous avons donc droit à une construction parfaitement symétrique et croisée très artificielle, d'ailleurs, de plus en plus artificielle à mesure qu'on s'avance dans la pièce, ce qui, fait suffisamment rare pour être mentionné, n'est absolument pas gênant. On voit arriver les choses gros comme un camion, mais c'est manifestement fait exprès.
    Oscar Wilde semble se ficher éperdument que sa pièce ait l'air crédible ou pas, c'est un divertissement qu'il souhaite, c'est placer des bonnes répliques, c'est imprimer un style, c'est se faire plaisir tout en nous faisant plaisir.
    Le seul hic, pour Jack, c'est qu'il a eu la légèreté de prétexter autour de lui qu'il se rendait au chevet de son frère Constant et, parallèlement, pour ne jamais trop s'engager auprès des femmes, il s'est fait passer auprès de Gwendolen qu'il aime maintenant vraiment, comme étant également Constant.
    Sachant qu'en plus le rusé Algernon ne recule devant aucun stratagème pour pouvoir approcher Cecily, la pupille de Jack, il est fort possible que lui aussi se fasse passer pour Constant. D'où l'importance du titre pour la bonne intelligence de la pièce.
    En somme, un bon divertissement, avec quelques passages assez drôles, quelques piques lancées ici ou là de la part de Wilde à la société de son temps, quelques petits coups de pieds dans les fourmilières et puis c'est tout car cette pièce n'a probablement pas beaucoup d'autres ambitions cachées. Faire parler d'elle à l'époque, choquer un petit peu ses contemporains, faire le buzz comme on dirait aujourd'hui, mais de là à y percevoir une critique sociale forte et structurée, c'est justement tout ce que l'auteur semblait ne pas vouloir être " sérieux " (earnest). Mais ce n'est bien entendu que mon avis, c'est-à-dire, très peu de chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par Under_The_Moon, le 13 mai 2014

    Under_The_Moon
    Cette pièce de théâtre est la plus célèbre qu'Oscar Wilde ait écrite, et c'est aussi l'une de ses deux Oeuvres les plus célèbres. Quand on pense qu'Oscar Wilde a été condamné aux travaux forcés trois mois après la première de la pièce, et que sans le vouloir, il y a "prophétisé" sa fin tragique à Paris !
    On y trouve un bon nombre de ses citations les plus célèbres, ainsi que son célèbre "esprit".
    Prise au premier degré, on pourrait dire que c'est une pièce dans la même veine que " Les Précieuses ridicules" de Molière, dans le sans où Oscar Wilde fait ici une critique sévère de la société victorienne de la fin du 19ème siècle. A plusieurs reprises il dénonce le caractère extrêmement superficiel de ces gens de la "bonne" société et le fait que ces derniers se prennent très au sérieux - ils en deviennent alors ridicule. le titre en anglais joue sur cette sonorité (entre "Ernest", le prénom et "earnest" qu'on peut traduire par "sérieux") car TOUT dans cette pièce n'est qu'une vaste farce ! Des codes de conduites aux "amis imaginaires" des protagonistes masculins.
    Wilde en profite au passage pour se moquer des discours romantiques et des femmes- entre autre.
    Alors oui, on se moque beaucoup dans cette pièce, et cela fait bien sourire, mais dans le deuxième acte, l'auteur en fait un peu trop pour se moquer des femmes. D'accord, les jeunes filles rêvent de romance et les inventent allant parfois jusqu'à prétendre qu'elles sont réelles, mais ça devient vite lassant. Si sur scène, l'énergie de bons acteurs fait passer ces scènes comme une lettre à la poste, avec la simple lecture du texte, c'est une autre affaire… Quant au dénouement qui tombe un peu trop bien… Là aussi, je trouve qu'elle passe bien mieux avec le jeu de bons acteurs ou comédiens.
    Mais soyons sérieux : le théâtre est fait pour être vu et non pour être lu !
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    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 22 juillet 2013

    missmolko1
    Voila une pièce de théâtre comme je les aime : on ne s'ennuie pas un instant car l'on passe d'un rebondissement a un autre. L'humour est omniprésent et les quiproquos ainsi que différents jeux de mots m'ont fait vraiment rire.
    L'intrigue m'a bien plu aussi, il s'agit deux deux hommes qui tombe éperdument amoureux de deux femmes et leur font croire qu'il s'appelle Constant puis, un mensonge en entrainant un autre, la situation devient vite ingérable.
    Je ne connaissais que l'auteur irlandais a travers différents extraits du Portrait de dorian gray que j'ai pu étudié au cours de ma scolarité mais j'ai été conquise. Ici il s'agit d'un exercice très différent mais très réussi.

    L'humour british sert a se moquer de la société de l'époque et de tout ces mariages d'intérêt. le personnage de Lady Bracknell en est l'exemple type. C'est elle qui donne son consentement ou non pour les mariages et on voit très bien comment elle choisit les prétendants pour sa fille ou son neveu! En tout cas les personnages sont tous très bien travaillés :
    - John ou Jack est plutôt gentleman avec sa fiancée Gwendolen mais il a aussi une face cachée qu'il endosse sous l'identité de son frère.
    - Algernon est drôle, j'ai aimé son cynisme dans le premier acte.
    - Cecily est une jeune fille qui m'a plu aussi. J'ai trouvé que pour l'époque et pour une jeune fille elle a un sacré culot!
    J'aimerai beaucoup voir une adaptation sur scène car a mon avis ça vaut son pesant d'or! Je vous recommande aussi vivement la lecture car c'est une valeur sur et vous passerez forcement un bon moment.

    Lien : http://missmolko1.blogspot.ie/2013/07/limportant-detre-constant.html
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    • Livres 4.00/5
    Par picaflor, le 17 octobre 2011

    picaflor
    Il faut sans doute être né anglais pour parvenir à transformer une intrigue passablement boulevardière en un florilège d'humour qui suscite le sourire presque à chaque page...
    On ne saurait trop recommander de déguster en V.O. ce petit divertissement savoureux comme un demi-muffin grillé enduit de marmelade d'orange, d'autant que la langue de cette pièce ne présente pas de difficulté particulière.
    Would you like some more tea?
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    • Livres 4.00/5
    Par Carnetdalex, le 07 mai 2012

    Carnetdalex
    Ce fut une lecture courte et joyeuse. J'avais peur de m'y attaquer en version originale mais l'anglais y est si pur et parfait que ça a été très simple. Dans cette pièce de théâtre nous sommes au carrefour de la comédie, de la farce et du théâtre de l'absurde. Histoire d'amour dans la haute société anglaise, succession de quiproquos, et surtout l'ironie et le cynisme de Wilde font de cette œuvre un petit bijou d'humour. le titre même éclaire toute la pièce et symbolise cette double interprétation qu'il faut constamment faire des évènements. Sous jacente, la critique de ce que devrait être une bonne œuvre littéraire et une bonne dose de misogynie avec ces personnages féminins qui se présentent comme cultivées mais qui sont en fait totalement absurdes et illogiques ! Un classique agréable en somme que je conseille vraiment de lire.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 17 décembre 2014

    LADY BRACKNELL : J'ignore s'il y a quelque chose de particulièrement stimulant dans l'air de cette partie du Hertfordshire, mais le nombre de fiançailles qui s'y font me paraît être considérablement supérieur à la moyenne.

    Acte IV.

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  • Par Nastasia-B, le 16 décembre 2014

    JACK : Ce sont des sottises. Tu dis sans cesse des sottises.
    ALGERNON : Mon cher, il est bien plus intelligent de dire des sottises que d'en écouter, et c'est également beaucoup plus rare, en dépit de ce que peut dire tout un chacun.
    JACK : Je ne t'écoute pas. Je suis incapable de t'écouter.
    ALGERNON : Oh, ce n'est que de la fausse modestie.

    Acte III.
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  • Par Nastasia-B, le 15 décembre 2014

    JACK : Puis-je te demander, Algy, ce que tu as l'intention de faire ?
    ALGERNON : Rien du tout. C'est ce que j'essaie de faire depuis dix minutes, et tu ne cesses de faire ton possible pour me détourner de mes activités.

    Acte III.

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  • Par Nastasia-B, le 14 décembre 2014

    CHASUBLE : Vous étudiez l'économie politique, Cecily ? De nos jours, l'éducation des jeunes filles est une chose extraordinaire. J'imagine que vous n'ignorez rien des relations entre le capital et le travail ?
    CECILY : J'ai bien peur de ne rien savoir du tout. Tout ce que je connais a trait aux relations entre le capital et l'oisiveté... et ce ne sont que mes observations personnelles. Je crois donc qu'elles sont fausses.
    MISS PRISM : Cecily, on croirait entendre parler les socialistes ! Et vous savez, j'imagine, à quoi mène le socialisme ?
    CECILY : Oh, oui, Miss Prism, il mène à une conception rationnelle du vêtement. Et je pense que si une femme s'habille rationnellement, alors on la traite rationnellement. Et elle le mérite bien.

    Acte II.
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  • Par Nastasia-B, le 14 décembre 2014

    JACK : Ce beau gâchis, c'est, je suppose, ce que tu appelles du bunburysme ?
    ALGERNON : Exactement, et c'est un merveilleux exemple de bunburysme. Le plus merveilleux de toute ma carrière.
    JACK : Eh bien, tu n'as rigoureusement pas le droit de venir bunburyser ici.
    ALGERNON : C'est absurde. On a le droit de bunburyser là où on en a envie. Tout sérieux bunburyste sait cela.

    Acte III.
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