Sur le front franco-allemand, pendant la guerre de 1870, le hasard réunit deux jeunes Anglaises. Lorsqu’un obus frappe l’une d’entre elles l’autre décide aussitôt d’usurper son identité pour rompre avec un passé infamant et vivre enfin une vie meilleure. Au début, tout ... > voir plus
A la lecture de ce roman, on a l'impression d'assister à une pièce de théatre décrite , scène après scène avec minutie et force détails : avec une psychologie fine et nuancée, W. Collins dissèque à la manière de Jane Austen les mouvements du coeur et atermoiements des différents personnages et met en lumière avec brio et humour l'hypocrisie de la haute société victorienne et ses difficultés à admettre dans la bonne société une femme qui a "péché". W. Collins fait preuve d'un féminisme tout à fait contemporain et certains passages frappent par leur modernité (voir citation).
Mais que dites-vous ? Les Journaux seraient responsables de la guerre ?
- Entièrement responsables. Vous ne voyez donc pas clair dans l’époque qui est la nôtre ! est-ce que quiconque fait quoi que ce soit de nos jours- y compris se battre- sans souhaiter que cela soit mentionné dans la presse ?
Je souscrit à une œuvre de bienfaisance ; vous recevez un témoignage d’estime ; il fait un sermon en chaire ; nous subissons une injustice ; vous faites une découverte ; ils vont se marier à l’église.
Et je, il, nous, vous,, ils, tout le monde veut une seule et même chose : que cela figure dans les journaux. Les rois, les militaires, les diplomates, font- ils exception à la règle commune à l’humanité ?
Que non pas ! Je vous le dis tout net : si les journaux européens avaient tous décidé de ne pas faire le moindre cas de la guerre entre la France et l’Allemagne, j’ai la ferme conviction qu’il y a beau temps que cette guerre se serait arrêté faute d’encouragements.
Que la plume cesse de faire de la réclame pour le glaive, et je vois d’ici le résultat : pas de comptes rendus, pas de combats.
Vous ne voyez dont pas clair dans l’époque qui est la vôtre ! Est-ce que quiconque fait quoi que ce soit de nos jours - y compris se battre - sans souhaiter que cela soit mentionné dans la presse ? Je souscris à une œuvre de bienfaisance ; vous recevez un témoignage d’estime ; il fait un sermon en chaire ; nous subissons une injustice ; vous faites une découverte ; ils vont se marier à l’église. Et je, vous, il, nous, vous, ils, tout le monde veut une seule et même chose : que cela figure dans les journaux. Les rois, les militaires et les diplomates dont-ils exception à la règle commune de l’humanité ? Que non pas ! Je vous le dis tout net : si les journaux européens avaient tous décidé de ne pas faire le moindre cas de la guerre entre la France et l’Allemagne, j’ai la ferme conviction qu’il y a beau temps que cette guerre se serait arrêtée faute d’encouragement. Que la plume cesse de faire de la réclame pour le glaive, et je vois d’ici le résultat : pas de comptes rendus, pas de combats.