> L. Lenob (Secrétaire)
> Charles Palliser (Préfacier, etc.)

ISBN : 2859405526
Éditeur : Phébus (1998)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Ami et rival de Dickens, Wilkie Collins invente avec Pierre de lune le premier récit policier moderne, et donne au roman une nouvelle mission : dire et montrer ce qu'il est de bon ton de taire et de cacher. Borges, T. S. Eliot, Charles Palliser aujourd'hui, considèrent ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Passionlectures, le 19 novembre 2011

    Passionlectures
    Un magnifique diamant jaune, appelé Pierre de lune, a été dérobé en Inde par un colonel britannique en guise de butin en 1799. A sa mort, bien que brouillé avec sa soeur, Lady Julia Verinder, il lègue le diamant à la fille de celle-ci, miss Rachel Verinder. Mais le premier soir où Rachel le porte, en compagnie de ses cousins, Godfrey Ablewhite et Franklin Blake, tous deux épris de la jeune femme, le diamant disparaît dans la chambre même de Rachel. La police est amenée à mener l'enquête et, faute de pistes, l'inspecteur laisse la place au sergent Cuff, le plus fin limier du royaume. Quelques semaines plus tard, le diamant réapparaît à Londres. Il faudra près d'un an pour expliquer ce qu'il s'est réellement passé cette nuit-là. Franklin Blake décida alors de demander à quelques personnes d'écrire leurs souvenirs précis des principales scènes de l'intrigue, afin de la reconstituer en entier.
    Cette lecture faisait suite à celle de Drood, dans laquelle Dan Simmons revient à plusieurs reprises sur l'écriture de ce roman par Wilkie Collins. Je ne m'attendais pas à être surprise par l'histoire elle-même puisque j'en connaissais la fin (dont Wilkie Collins se vante sans cesse dans Drood), mais j'ai quand même été bien incapable pendant une grande partie du livre de dénouer les fils de l'intrigue ! J'ai retrouvé avec amusement l'odieux personnage de Miss Clack, une vieille bigote, dont Dan Simmons dit qu'il a été rédigé sous l'emprise de l'opium, puis celui d'Ezra Jennings, le généreux inconnu, qui intervient tout à la fin. Bref, j'ai lu ce roman à la lumière de Drood, et je n'ai pas du tout été déçue ! le scénario est effectivement original, tout comme la narration, qui est effectuée à la suite par des témoins de chaque période de l'histoire, dont Gabriel Betteredge, le régisseur de Lady Verinder, que j'ai trouvé charmant dans sa dévotion à sa maîtresse et à son Robinson Crusoé, dans lequel il puise plein de citations pour guider ces actes ! J'avais lu pas mal de choses, dans vos critiques et dans Drood, sur un autre personnage important, le fameux sergent Cuff, préfigurant Sherlock Holmes et Poirot, mais j'ai été un peu déçue par sa prestation… Bien qu'il fasse preuve d'un sens de l'observation et de la déduction intéressant, ce n'est pas lui qui dénouera l'affaire !
    Les relations qu'entretiennent les différents narrateurs introduisent de légères pointes d'humour puisqu'ils portent tous un jugement sur ce que les autres ont dit d'eux. Malgré cela, je pense que la langue est parfois un peu trop ampoulée et qu'il y a des longueurs, mais je mets cela sur le compte de la forme « feuilleton » dans laquelle écrivait Wilkie Collins : une fois le lecteur embarqué, il fallait lui faire acheter le plus de numéros possibles !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Titine75, le 26 novembre 2009

    Titine75
    Le colonel Herncastle a dérobé, lors de la prise de Seringapatam en 1799, un diamant appelé Pierre de lune. Cette pierre était incrustée dans le front de la statue du dieu hindou personnifiant la lune. D'une très grande valeur, elle était protégée par trois brahmanes qui se succédaient de génération en génération. La légende de La Pierre de lune dit : “Le dieu prédit de terribles catastrophes aux mortels présomptueux qui oseraient s'emparer de la pierre sacrée et à leurs descendants ; la malédiction fut écrite en lettres d'or sur les portes du temple.”
    A sa mort, le colonel Herncastle décide de léguer La Pierre de lune à sa nièce Rachel Verinder. Etant brouillé avec la mère de celle-ci, on imagine que le colonel veut attirer le mauvais sort sur sa famille. le soir de l'anniversaire de Rachel, son cousin Franklin Blake lui remet le précieux bijou. le lendemain matin, La Pierre de lune a disparu ! Qui a pu la voler dans le boudoir de Rachel ? Sont-ce les trois hindous que l'on a vu roder autour de la maison ? Les domestiques attirés par la taille du diamant ? Ou bien encore un membre de la famille ?
    Pierre de lune” a été écrit en 1868 par W. Wilkie Collins qui l'a fait paraître en feuilleton dans la revue “All the year around”. Cette forme de publication se ressent dans certains chapitres où le narrateur s'adresse directement au lecteur pour réveiller son attention ou accentuer le suspens : “Je vous en prie, soyez fort attentif ou bien vous ne vous y retrouverez plus du tout quand nous progresserons plus avant dans l'histoire. Oubliez enfants, dîner, emplettes, que sais-je encore ? (…) J'espère que la liberté que je prends en vous parlant de la sorte ne vous choquera nullement. De cette seule façon, il me semble, je puis captiver l'attention de mon aimable lecteur.” Ce dernier devait effectivement rester attentif puisqu'il ne pouvait avancer dans l'histoire qu'au rythme des publications du journal.
    W. Wilkie Collins invente avec “Pierre de lune” l'archétype de l'inspecteur qui m'a beaucoup fait penser à son successeur littéraire Sherlock Holmes. le sergent Cuff est un enquêteur intuitif, très observateur pour qui chaque détail est signifiant et peut changer le cours de ses recherches. Comme Holmes joueur de violon passionné, le sergent Cuff a un hobby loin du crime : les roses, ce qui donne lieu à de fréquentes altercations avec le jardinier de la famille Verinder ! Un dernier point commun entre Holmes et Cuff : leur réputation qui les précède et les entoure d'une aura de respect et d'admiration. “-Je commence à croire que nous verrons bientôt la fin de notre anxiété, dit-il, car si la moitié des histoires qu'on raconte sont vraies, le sergent Cuff n'a pas son pareil en Angleterre pour éclaircir les mystères les plus ténébreux.”
    Mais ce que j'ai trouvé de très intéressant dans “Pierre de lune” c'est que W. Wilkie Collins ne reste pas dans le roman policier classique. Tout d'abord, le sergent Cuff n'enquête pas sur un meurtre comme c'est souvent le cas dans les livres de Conan Doyle ou d'Agatha Christie. Il y aura bien une mort mais il s'agit d'un suicide. Ensuite le lecteur ne suit pas le sergent Cuff du début à la fin de son enquête. “Pierre de lune” est constitué de différents récits. Une fois l'affaire terminée, Franklin Blake a demandé aux différents témoins de l'affaire de raconter ce qu'ils ont vu. le sergent Cuff n'occupe donc pas tout le récit qui est fragmenté et reflète des personnalités différentes. W. Wilkie Collins force son lecteur à faire la part des choses dans les différents textes en fonction du narrateur. Cette diversité de points de vue apporte beaucoup au récit qui devient extrêmement vivant.
    W. Wilkie Collins en profite pour étudier la société victorienne en plaçant sa loupe sur les Verinder, grande famille aristocratique. L'auteur déplace les préjugés habituels. le voleur de diamant n'est pas forcément à chercher parmi les domestiques ou les couches inférieures de la société. Les apparences peuvent être trompeuses comme nous le montre le médecin Ezra Jennings détesté de tous à cause de son curieux physique et qui sera pourtant le héros de cette investigation. le vernis des bonnes moeurs se fendille chez Wilkie Collins pour montrer la noirceur des nantis.
    Pierre de lune” est une réussite comme, j'ai l'impression, tous les Wilkie Collins ! L'enquête est palpitante, extrêmement bien construite avec des rebondissements relançant à point nommé l'intérêt du lecteur. J'ai été totalement captivée par l'histoire de La Pierre de lune qui offre tout ce dont on peut rêver : du suspens, de la psychologie, des personnages attachants et un questionnement sur les moeurs de la société victorienne. du grand art.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 16 janvier 2009

    Lune
    En tant que "premier récit policier moderne", j'ai lu ce livre avec intérêt plus qu'avec passion. La construction du roman reprenant les témoignages des différents protagonistes est originale et relance l'histoire qui peut, à certains moments, paraître longue. J'ai apprécié le témoignage de Gabriel Betteredge qui nous parle, nous prend à témoin et nous conseille! Comme dans la "Dame en blanc", on retrouve les clichés de l'époque : suprématie anglaise, idées préconçues sur "l'étranger", faiblesse féminine, honneur poussé au paroxysme, amours déchirées, retrouvailles émouvantes, justice, lieux typiques... Quant à la peur dite "hitchcockienne", je ne l'ai pas ressentie. Des évidences se font jour au fur et à mesure du récit et les scènes d'amour sont du plus haut cocasse ainsi que la nuit au laudanum... C'est donc une lecture en dents de scie que j'ai faite : certains moments prenants, d'autres moins ou d'autres encore franchement d'un autre temps. C'est en acceptant de "jouer le jeu" que je suis parvenue à mener cette lecture jusqu'au bout. Cela dit, il ne s'agit que de mon avis et je peux comprendre les amateurs du genre qui le considèrent comme un chef d'oeuvre.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 11 septembre 2011

    soukee
    Pierre de lune est le premier roman de Wilkie Collins que j'ai lu. Et quelle découverte ! Je me suis laissée happer par cette intrigue à tiroirs. L'idée de génie de Collins est de confronter son lecteur à un crime - le vol de La Pierre de lune - et de ne pas proposer une narration surplombée par un narrateur unique mais de faire se succéder plusieurs narrateurs.
    En effet, ce sont les membres de la famille Verinder et leurs proches qui racontent tour à tour ce qu'ils ont vu au moment des faits et prennent en charge le récit. Or, en lectrice assidue de romans policiers, je ne suis jamais certaine de ce que je lis quand il s'agit d'un personnage qui raconte des faits dont il a été témoin. Tout le monde est suspect. le doute s'installe pour ne jamais repartir et la lecture s'étire en amenant toujours plus de questions. Où s'arrêtent les faits, où commencent les mensonges ? Et qui se dissimule derrière un masque ? Mystère...
    Wilkie Collins entraîne son lecteur dans cette histoire de vol riche en rebondissements portée par une plume protéiforme très intéressante. Selon le personnage qui prend en charge le récit, Collins lui attribue plus ou moins d'humour, de facilité à raconter, de digressions, etc. ce qui dynamise grandement la narration.
    Il y en a trop à dire, et pourtant, c'est difficile de ne pas gâcher la découverte de ce texte... Pierre de lune est un roman vraiment extraordinaire, que certains considèrent comme précurseur du roman policier moderne, dans lequel on se plonge avec délice. Impossible de reposer ce livre tant son pouvoir hypnotique vous happe dès les premières pages. Attendez-vous à du grand, à du très grand, si vous ouvrez ces pages.

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/10/21961296.html
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  • Par Well-read-kid, le 28 avril 2010

    Well-read-kid
    T.S. Eliot disait de ce livre qu'il s'agissait du premier vrai roman policier anglais. Collins, rival de Dickens, est en effet un monument de la littérature anglaise.
    Pourtant, lorsque l'on débute ce livre, avec le récit allègre et vif de Gabriel Betteredge, on oublie parfois que ce livre est sensé se passer en 1848, tant le style est plaisant et léger, du fait de la personnalité du vieux Betteredge. Un personnage tout à fait fascinant, le grand-père sympathique par excellence, qui vous abreuve de ces réflexions sur les femmes (à savoir, si votre épouse n'est pas inconstante dans ses agissements et humeurs, c'est que vous avez épousé un monstre !) et sur la vie en général.
    Avant tout, ce roman est un policier : le lecteur suspecte tout le monde (sauf le véritable coupable, évidemment) au fil de l'enquête, qu'il suit avec intérêt jusqu'à la révélation finale, étonnante. Récit à plusieurs voix, nous alternons entre le ton léger de Betteredge, le fanatisme religieux de cette idiote de Miss Clack (sa partie étant relativement ennuyeuse, je dois l'admettre) ou encore, le récit de Franklin, qui est plus ou moins le héros du livre, si l'on excepte, forcément ce maudit diamant.
    J'ai bien aimé cette lecture, en somme, bien que le livre soit parfois un peu indigeste, on a presque l'impression de passer une heure sur dix pages, seul reproche que je peux lui faire, car, entre une intrigue bien menée et des personnages hauts en couleur, le lecteur devrait être enchanté.

    Lien : http://well-read-kid.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par SALOMONI-Fabrice, le 11 janvier 2012

    La discussion avait commencé quand Mr Franklin avait avoué qu’il avait très mal dormi la nuit précédente. Le docteur lui avait alors conseillé de passer un sérieux examen médical et de prendre, en attendant, quelque remède pour calmer les nerfs. Mr Franklin se lança alors dans une comparaison entre les consultations médicales et l’expérience qui consiste à se déplacer à tâtons dans le noir – ce qui revenait au même à l’en croire.

    Avec un grand sens de la répartie, le docteur répliqua qu’il n’avait qu’a continuer à chercher le sommeil dans l’obscurité.

    Mon jeune maître, saisissant la balle au bond, raconta qu’on lui avait souvent parlé d’aveugles en conduisant d’autres, et qu’il comprenait maintenant ce que cela voulait dire. Ils continuèrent sur ce ton jusqu'à perdre tout contrôle d’eux-mêmes;

    Milady dut intervenir.
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  • Par SALOMONI-Fabrice, le 11 janvier 2012

    Une de nos invitées au diner était la très digne Mrs Threadgall, veuve d’un professeur. Cette bonne dame parlait continuellement de son mari, sans jamais préciser qu’il était mort ; elle pensait, je suppose, que tout les Anglais normalement constitués devaient le savoir.

    Or, pour combler un moment de silence, un des convives se mit à parler de l’anatomie humaine, sujet assez désagréable, à mon avis.

    Là-dessus, la bonne Mrs Threadgall déclara bien entendu que l’anatomie était une étude qui passionnait son mari à ses heures de loisirs, sans d’avantage préciser que celui-ci n’était plus de ce monde.

    La malchance voulut que le Dr Candy, assis en face d’elle et ignorant tout du professeur Threadgall, l’entendît. Etant l’homme le plus poli du monde, il saisit l’occasion de fournir maints renseignements qui pourraient aider le professeur dans ses passe-temps anatomiques.

    -L’amphithéâtre de médecine possède depuis quelques temps de remarquables squelettes, dit-il à hautes voix et content de lui-même. Je conseille au professeur, madame d’aller les voir, dés qu’il le pourra.
    On aurait entendu une mouche voler. Personne ne parlait, sans doute par respect pour la mémoire du professeur.

    Je me trouvais précisément à ce moment derrière Mrs Threadgall, à qui je versais discrètement un verre de vin blanc du Rhin. Elle baissa la tête et dit d’une voix presque imperceptible :

    -Mon cher mari n’est plus.

    Le Dr Candy n’entendît rien et, à mille lieues de soupçonner la vérité, reprit, plus empressé que jamais de se montrer poli :

    -Le professeur ignore peut-être que la carte de membre de l’université lui donne accès à l’amphithéâtre tous les jours, excepté le dimanche de dix heures du matin à quatre heures de l’après-midi.

    Mrs Threadgall plongea la tête jusque dans sa grimpe et d’une voix plus imperceptible encore :

    -Mon cher mari n’est plus, répéta-t-elle.

    Je lançais un coup d’œil significatif au docteur, Miss Rachel lui toucha le bras, Milady chercha également à attirer son attention du regard : rien n’y fit ! Il continuait à parler avec une cordialité que rien n’aurait pu interrompre.

    -Je serais enchanté, madame, d’envoyer ma carte au professeur si vous voulez bien me donner son adresse actuelle.

    -Son adresse actuelle, c’est la tombe, monsieur ! s’écria alors Mrs Threadgall gagné par la colère, d’une voix qui fit trembler tous les verres de la table. Le professeur est mort depuis dix ans !

    -Bonté du ciel ! s’écria le Dr Candy.
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  • Par litolff, le 31 août 2010

    Pas davantage que Rachel, je ne saurais expliquer l'extraordinaire rapidité de notre réconciliation. Le lecteur n'a qu'à se reporter aux périodes de sa vie où il fut lui-même le plus passionnément épris pour comprendre ce qui arriva quand Ezra Jennings eut fermé la porte et nous eut laissés seuls.
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  • Par litolff, le 30 août 2010

    Les gens du monde ont en général, suspendue au-dessus de leur tête, une épée terrible - je veux parler de l'oisiveté.Leur existence se passant le plus souvent à chercher autour d'eux une chose ou une autre à entreprendre, il est curieux de constater - surtout quand leurs goûts peuvent être qualifiés "d'intellectuels" - comme ils peuvent entreprendre à l'aveuglette des tâches vaines.
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  • Par SALOMONI-Fabrice, le 06 janvier 2012

    Voyez si elle mâche bien ses aliments, si elle pose en marchant un pied ferme sur le sol, et soyez sûr qu’ainsi tout ira bien ! Selina Goby était parfaite à ces deux égards, ce qui était un premier motif pour l’épouser.

    Mais j’avais une autre raison, purement liée celle-là à ma condition personnelle : tant que Selina était célibataire, sa nourriture et ses services me coûtait un somme rondelette chaque semaine ; devenue ma femme, elle ne pourrait plus me compter son entretien et ferait pour rien mon ménage.

    Tel était le point de vue d’où j’envisageai la chose : des économies agrémentées d’un zeste d’amour. Je fis part de ce projet à Milady, ainsi qu’il était de mon devoir, aussi simplement que je le l’était exposé à moi-même.

    -J’ai beaucoup pensé à Selina Goby, lui-dis-je et crois Milady, que cela me coûterait moins cher de l’épouser que de l’entretenir.

    Milady éclata de rire et déclara qu’elle ne savait pas ce qui devait la choquer le plus – mes propos ou mes principes ! Elle aimait les plaisanteries, je suppose, du genre de celles que l’on ne peut se permettre, à moins d’être une personne de qualité.
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