> Émile Daurand Forgues (Traducteur)

ISBN : 2859406255
Éditeur : Phébus (1999)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Nul doute que Wilkie Collins n’ait donné avec Sans nom (1862) l’un de ses plus intraitables chefs-d’oeuvre : celui en tout cas qui privera le mieux de sommeil le lecteur assez téméraire pour s’y plonger, pour s’y perdre. De tous ses romans, celui que préférait Dickens… ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 28 juin 2011

    Kittiwake
    Tout semble idéal lorsque nous faisons connaissance avec Madeleine et Norah Vanstone, jeunes filles issues d'une famille aisée et cultivée, et promises à un avenir sans nuage. Un secret dans le placard va venir faire surface et bouleverser ce paysage idyllique, et ce sera le début d'une descente aux enfers pour nos héroïnes.
    Le talent de Wilkie Collins est tel que l'on se plonge avec passion dans ce roman fleuve (900 pages !) : on ne s'ennuie pas une minute, tant l'auteur maitrise l'art du suspens. L'histoire se déroule à une rythme insensé, il n'y a pas de page qui ne vous tienne en haleine : une apparente accalmie dans les péripéties sera suivie d'un rebondissement qui transforme les destinées des personnages (et ce de façon toujours crédible)
    L'étude des personnages est minutieuse et parfaitement en accord avec l'intrigue : point de fatalité ni de prédestination : le destin des jeunes filles est moins le fait des événements extérieurs que la conséquence de leurs faits et gestes. On s'attache dès le début à Madeleine, sur qui repose l'histoire : sa vivacité, son anticonformisme sont d'emblée séduisants. Puis sa pugnacité et sa volonté sans limite nous font croire en elle, et espérer même lorsque tout espoir semble perdu.
    Un mot sur le contexte : le roman témoigne de hiérarchisation figée des milieux sociaux de l'Angleterre victorienne, aussi rigide que le système des castes en Inde. le point de vue est un peu moins étroit que chez Jane Austen, qui ne décrit que son milieu, et l'on pressent que l'auteur est plutôt en désaccord avec cette conception de la valeur humaine fondée sur la naissance plus que sur le mérite

    C'est un sujet en or pour un film. Je n'ai pas réussi à incarner Madeleine sous les traits d'une actrice connue : peut-être en raison de la précision du portrait….
    Téléchargé sur http://gallica.bnf.fr/
    Lu sur Sonyreader PRS 505
    Lecture commune de l'été sur http://www.bibliofolie.com/

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 08 septembre 2011

    jostein
    Sans nom et sans héritage, c'est ainsi que demeurent deux jeunes soeurs anglaises, Norah et Magdalen. La loi et la réalité de la vie les laissent ainsi dépossédées de leurs biens.
    De caractères différentes, les deux soeurs vont réagir différemment, sans jamais mettre en cause l'amour mutuel qu'elles se vouent.
    Wilkie Collins va ainsi nous raconter avec force de détails, la façon dont chacune va prendre en main son destin.
    En alternant les récits et les intermèdes où l'on peut lire des échanges de correspondance entre les protagonistes, Wilkie Collins dépeint la vie londonienne de la fin du XIXe tant du côté des bourgeois que de la misère de la rue.
    Ses personnages sont assez typés avec Mr Wragge, le scélérat bonimenteur, Noël Vanthome, le fils disgracieux, malingre et ingénu ou la mégère Virginie Lecount.
    J'ai un peu retrouvé l'atmosphère du théâtre de Molière, la société anglaise de Jane austen ou la misère de Dickens.
    L'auteur excelle dans le détail et dans les successions d'évènements. le hasard fait souvent bien les choses et l'on s'étonne de certains détails. Mais la longueur et la précision du texte permettent de s'attacher à la personne de Magdalen, mi-ange, mi-démon. Quoique l'on tente, le destin s'accomplit.
    Sans regretter la lecture de ces 800 pages, parce que l'on passe un bon moment avec suspense, joies et peines, il reste toutefois peu de choses de cette lecture si ce n'est une pittoresque peinture de la société anglaise du XIXe.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-sans-nom-83708447.h..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par itzamna, le 23 juillet 2011

    itzamna
    Lorsque je me suis engagée dans cette lecture commune proposée par Bibliofolie, je ne pensais pas en venir à bout. En tout cas pas si facilement. Les 829 pages d'une écriture dense et d'une prose des plus classiques, se sont pourtant succédées avec une fluidité stupéfiante. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de lire un texte d'une si grande qualité ! C'est là que l'on réalise vraiment l'écart avec un Mazetti ou un Foenkinos ! Je n'ai rien contre eux et j'ai pu prendre plaisir à lire ce type de littérature, mais il faut la remettre à sa place parfois. Et ce "Sans nom" de W. Wilkie Collins est une magistrale leçon ! [...]

    Lien : http://itzamna.over-blog.fr/article-sans-nom-w-wilkie-collins-799870..
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    • Livres 2.00/5
    Par Alienor, le 30 août 2010

    Alienor
    L'action de ce roman débute en 1846, dans la campagne anglaise. La famille Vanstone mène une existence paisible et heureuse dans son domaine de Combe-Raven, se sachant à l'abri du besoin. Norah et sa sœur Magdalen ont grandi entourées de parents aimants, et sont à l'âge où l'on songe à se marier. Mais ce tableau idyllique ne va pas tarder à s'assombrir, et c'est une lettre mystérieuse qui va marquer le début d'un enchaînement d'événements qui vont bouleverser le merveilleux ordonnancement de cette vie simple et sans ombre.
    La suite sur mon blog...

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Citations et extraits

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  • Par itzamna, le 23 juillet 2011

    C'était une soirée monotone et sans air. La mer se taisait à l'est, majestueuse et grisâtre, dans un repos absolu. La ligne de l'horizon se noyait, invisible, dans les profondeurs brumeuses du ciel ; immobiles sur l'onde paresseuse, les nefs oisives prenaient je ne sais quels airs de fantômes ; au sud la haute muraille bordant la tranchée maritime, et la massive tour ronde perchée sur le monticule herbu, opposaient aux regards une barrière sombre et lui fermaient toute perspective. A l'ouest, une traînée rouge du soleil couchant faisait resplendir l'extrême limite des cieux, norcissait la silhouette des arbres qui frangeaient les marges lointaines du grand marécage intérieur et changeait ses petites flaques d'eau brillante en flaques de sang.
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  • Par itzamna, le 23 juillet 2011

    Il n'était nullement affecté par la physionomie sévère et le langage acéré de Miss Garth. La proposition qu'elle lui adressait le soulageait, tout simplement ; il le laissait voir avec la plus engageante franchise. Cette fois, l'oeil vert prit l'initiative et incita l'oeil brun à exprimer, lui aussi, un retour de sérénité. Le coin des lèvres se retroussa de plus belle ; par un mouvement rapide, l'homme glissa son parapluie sous son bras et tira de son habit un gros portefeuille noir démodé. Il en sortit un crayon et une carte de visite, hésita, réfléchit un instant, puis traça rapidement quelques mots sur la carte qu'il remit aussitôt à Miss Garth, avec l'empressement le plus civil.
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  • Par itzamna, le 24 juillet 2011

    En apparence, mon système peut sembler compliqué ? poursuivit le capitaine. A tout prendre, pourtant, c'est la simplicité même. Je me borne à éviter les erreurs dans lesquelles tombent les praticiens vulgaires. Cela revient à dire que je ne plaide jamais pour moi-même et que je ne m'adresse jamais aux gens riches, deux fatales méprises, que commettent en permanence les praticiens de second ordre. Les gens modestes peuvent avoir parfois de généreuses impulsions en matière d'argent ; les gens riches jamais.
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  • Par itzamna, le 23 juillet 2011

    Accablée par ses efforts d'intelligence, Mrs Wragge ne poursuivait plus que dans ses rêves la confection de sa fameuse omelette. Sa tête penchait d'un côté, son corps de l'autre. Un doux ronflement lui échappait. De temps en temps une de ses mains, soulevée en l'air, agitait une poêle chimérique et retombait, avec un faible choc, sur le livre de cuisine étalé en son giron. Au bruit de la voix conjugale, elle se dressa debout en sursaut et, l'intelligence encore endormie mais les yeux tout grands ouverts, elle fit face au capitaine.
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  • Par jostein, le 08 septembre 2011

    Norah était arrivée au but que toute l'adresse, toute l'obstination, toute l'audace de sa sœur, n'avaient pu faire atteindre à celle-ci. Ouvertement, honorablement, en vertu d'un amour réciproque, Norah était devenu la femme de celui à qui était échu l'argent représentant la propriété de Combe-Raven, et c'était l'intrigue même ourdie par Magdalen pour recouvrer cette fortune qui avait amené l'incident devenu la cause première de leur hymen (page 811)
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