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Anna Gavalda (Traducteur)
ISBN : 2842636449
Éditeur : Le Dilettante (31/08/2011)

Note moyenne : 4/5 (sur 212 notes)
Résumé :
Fils de paysan, William Stoner débarque à l'université du Missouri en 1910 pour y étudier l'agronomie. Délaissant ses cours de traitement des sols, il découvre les auteurs, la poésie et décide de se vouer à la littérature, quitte à décevoir les siens. Devenu professeur alors que la Première Guerre mondiale éclate, cet homme solitaire et droit traversera le siècle et les tumultes de sa vie personnelle avec la confiance de celui qui a depuis longtemps trouvé son refug... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
20 mars 2014
★★★★★
★★★★★
Ne vous laissez pas berner par la couverture, ce livre n'a pas été écrit par Anna Gavalda mais bel et bien par le brillant John Williams - auteur trop peu connu à mon goût -. Anna Gavalda, elle, n'en est que la traductrice ou, comme je me plais a appeler les traducteurs "un passeur de mots". D'ailleurs, je suis très heureuse qu'elle soit l'instigatrice de ce projet car il aurait été extrêmement dommageable pour nous, lecteurs, que cet ouvrage nous glisse entre les doigts et que nous passions à côté de cette superbe lecture, ouvrage que je considère réellement comme un chef-d'oeuvre. D'ailleurs, c'est pour cela que j'ai fait traîner ma lecture le plus possible (alors que je l'avais pratiquement terminé au bout de deux matinées de lecture) pour en savourer le plaisir jusqu'au bout et que je savais, qu'une fois terminé et même s'il m'arrivait de le relire un jour, je ne ressentirai plus jamais cette joie que j'ai eu en le découvrant et en tournant les pages pour savoir ce qu'il allait se passer derrière. Un ouvrage qui m'a pas moments fait penser au film puis à l'adaptation livresque qui en a découlé "Le cercle des poètes disparus".
Bref, parlons maintenant un peu de l'intrigue. Cette histoire se déroule au tout début du XXe siècle à l'Université du Missouri. William Stoner personnage qui a donné son nom au titre de ce livre, fils de fermiers, y ait rentré à l'âge de dix-neuf ans afin d'étudier les bases techniques de l'agriculture, en plus de s'instruire dans d'autres matières, afin, de pouvoir plus tard mieux aider son père, au durs travaux de la ferme et l'aider à améliorer leurs pratiques et ainsi, leur production. Ce qui devait n'être au départ qu'un court cursus universitaire se prolongea finalement bien plus que prévu tant Will (le diminutif de William, je suppose que vous l'aurez tous compris) se passionna pour la littérature anglaise et décida de changer complètement d'orientation. Cela, il le doit à l'un de ses professeurs qui lui donna ce goût-là et à ses deux camarades, David Masters (dit Dave) et Gordon Finch. Ils devinrent rapidement un trio inséparable jusqu'à ce que l'entrée des Etats-Unis s'engagent à leur tour dans la Grande Guerre et que, tous, jeunes et bien trop naïfs, eurent à faire des choix...
Voilà pour la première partie de l'histoire et je ne me risquerai certainement pas à vous en dire plus car ma critique risquerai de s'étendre sur des pages alors que parfois, un simple petit mot suffit à tout dire : Superbe !
L'écriture est fluide et limpide (certes, on ne peut jamais réellement juger d'après une traduction...dans ce cas-là, l'idéal serait de lire tous les ouvrage dans leur langue originale, ce que nous sommes bien entendus bien incapables de faire car nous ne pouvons absolument pas tous parler couramment toutes les langues mais seulement certaines), l'histoire entraînante et passionnée. Attention préparez vos mouchoirs mais c'est une lecture que je ne peux (excusez-moi d'insister) que vous recommander vivement !
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Commenter  J’apprécie          464
SMadJ
28 juillet 2014
★★★★★
★★★★★
L'écriture est racée, riche, élégante, d'une pureté absolue. Merci à Anne Gavalda pour cette magnifique traduction.
Roman publié en 1965, il reste d'une modernité folle. On pourrait le croire écrit de nos jours tant le style est actuel et percutant.
Ce livre va nous permettre de traverser toute la première moitié du XXème siècle américain, ses avancées, ses folies, ses modes, ses rites et ses deux guerres mondiales.... le tout vu par les yeux de William Stoner, personnage phare du bouquin.
Nous en aurons une vision plus lettrée qu'organique, plus intuitive que viscérale.
En effet, toute action ou événement passera sous le prime de l'université de lettres de Columbia, à travers le microcosme de quelques personnages.
Des points de vue donc. Mais intelligemment construits.
Néanmoins, ces événements auront une influence directe ou indirecte sur les modes de pensées de tout à chacun même si ce n'est pas le point central du livre.
Le livre va surtout nous conter l'histoire de William Stoner, de sa naissance à sa mort.
Jeune fermier à la base, il va très vite se passionner pour la littérature et lui donner sa vie. Un peu comme un moine se donne à Dieu. Et de sacrifices et d'offrandes il sera question tant sa vie sera un abandon quasi-christique à toutes formes de bonheur potentiel. Ses choix hasardeux et surtout ses positions non tenues pèseront sur son âme comme une enclume.
William Stoner est un personnage assez atypique. Plein d'abnégation et de renoncement, il est une figure sacrificielle au nom de la passion de la littérature.
Rentrant en littérature comme on rentre en guerre car à l'université de Columbia la littérature est un combat, âpre et ingrat.
Que l'on soit passeur ou receveur.
La beauté du roman tient beaucoup aussi à cette idée de transmission, de partage et d'amour des lettres.
Et d'ailleurs, John Williams a un talent fou, un maître des mots, un passeur du verbe. Certains passages sont magistralement écrits et résonnent de justesse et de beauté.
Paradoxalement ce livre ne parle pas au coeur, ne caresse pas l'âme mais vise l'intellect, la pensée. À la manière d'un Faulkner.
Ce qui empêche ce bouquin d'être une totale réussite pour ma part, plus sensible à l'émotion dégagée par des lignes ou par des personnages.
Question d'empathie.
Et il est dur d'en avoir pour ce personnage qui laisse la vie lui glisser dessus. Stoner n'est clairement pas un jouisseur.
Il ne livrera quasiment aucun combat, ni pour lui ni pour ceux qu'il aime laissant les fatalités, les épreuves et les contrariétés prendre le dessus sur sa recherche du bonheur, de l'amour, de l'épanouissement de sa famille.
Tout cela aura un prix et le lecteur sentira l'envie de le secouer pour qu'il essaie de changer son destin et prenne sa vie personnelle en main. Peine perdue. 3/5
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LiliGalipette
06 juin 2013
★★★★★
★★★★★
Il est rare qu'un roman étranger affiche en première de couverture le nom de son traducteur, d'autant plus à la même taille que celui de l'auteur et dans une couleur plus soutenue. Quand j'ai vu « traduit par Anna Gavalda », j'ai failli partir en courant, mais une petite admonestation personnelle m'a convaincue de laisser sa chance à ce livre qui ne m'avait rien fait. Et bien m'en a pris ! Anna Gavalda a traduit ce roman sans y glisser les tics et les tournures qui m'ont tant agacée dans les quelques romans que j'ai lus de cette auteure. Finalement, c'est un grand merci que j'adresse à la traductrice pour m'avoir fait découvrir ce roman de 1965 qui mérite d'être très largement connu. Mais venons plutôt au roman.
William Stoner est né en 1891 dans une famille de paysans pauvres. Dans l'espoir qu'il reviendra à la ferme mieux armé pour affronter une terre ingrate, ses parents l'envoient à l'université de Colombia, dans le Missouri, pour suivre un cursus en agriculture. Mais rapidement, le jeune Stoner se découvre un intérêt immense pour la littérature et il abandonne l'agriculture pour s'inscrire en licence de lettres. « Ses doigts malhabiles tournaient les pages avec le plus soin, terrifiés qu'ils étaient à l'idée d'abîmer ou de déchirer ce qu'ils avaient eu tant de mal à découvrir. » (p. 25) Stoner est loin d'être un génie, mais il finit par obtenir son doctorat et devient professeur au sein de l'université de Colombia.
Quand survient la Première Guerre mondiale, Stoner décide de ne pas s'engager. « On ne devrait pas demander aux professeurs de détruire ce qu'ils ont, leur vie durant, cherché à édifier. » (p. 54) Cette décision est la première d'une longue liste qui, pour être raisonnable, n'en est pas moins mauvaise puisqu'il la portera toute sa vie avec embarras. Survient Edith Bostwick, jeune fille de bonne famille, et voilà que Stoner s'enflamme et n'envisage plus la vie sans elle. le mariage est rapidement conclu, mais il tourne au vinaigre dès la première nuit. Toute la vie conjugale de Stoner sera alors marquée par le ressentiment et l'inimitié, et ces sentiments amers troubleront durablement l'unique enfant du couple.
Stoner n'a qu'une passion, le savoir. Il enseigne dans l'espoir d'être un passeur, mais une querelle avec un autre professeur entrave sa carrière. Une nouvelle fois, il se résigne et poursuit une vie universitaire studieuse et têtue, comme si le travail était sa seule planche de salut. « Pendant les vacances de Noël, […], William Stoner pris conscience de deux choses : d'une part l'importance et la place cruciale de sa fille dans son existence, d'autre part l'idée qu'il était possible, qu'il lui était possible de devenir un bon professeur. » (p. 152)
Époux raté, père meurtri et professeur frustré, Stoner est un personnage très émouvant qui semble programmé pour ne faire que les mauvais choix et pour battre en retraite quand on attendrait de lui qu'il se batte. « Tout ce qu'il l'émouvait, il l'abîmait. » (p. 153) Il n'a rien d'un lâche ou d'un looser, mais il est sans envergure et il ressent constamment une« absence à lui-même », comme si les évènements se déroulaient sans lui et sans qu'il marquât l'histoire. « Il avait quarante-deux ans. Il n'y avait rien devant qui le motivât encore et si peu derrière dont il aimait se souvenir. » (p. 245) Stoner n'a que la force des faibles, cette patience sans espoir qui permet d'attendre des jours meilleurs.
Quelle tendresse j'ai eu pour cet homme long et courbé, besogneux et habité par une passion désespérée des livres ! « Il n'avait jamais perdu de vue le gouffre qui séparait son amour de la littérature de ce qu'il était capable d'en témoigner. » (p. 152) Ce roman n'est pas flamboyant, il ne s'y passe finalement pas grand-chose, mais il développe une lente réflexion sur la vie de ceux qui ont besoin des livres. Avec l'histoire des États-Unis en filigrane – prohibition, krach boursier de 1929, pauvreté paysanne, modernisation –, la vie de Stoner n'est pas une pièce tragique, c'est une parabole. Amis des livres, ce roman est pour vous !
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joedi
01 mai 2015
★★★★★
★★★★★
Un livre coup de coeur ! le livre débute par une note de Anna Galvada expliquant le pourquoi elle a traduit cette oeuvre de John Williams : en lisant une interview de Colum McCann parue dans le quotidien anglais The Guardian dans laquelle McCann affirmait que ce roman était un grand oublié de la littérature américaine ... Merci Anna Galvada, j'ai adoré ce roman.
À la fin du livre, John Williams précise qu'il s'agit d'une fiction et qu'aucun des personnages ou des événements dépeints ne lui a été inspiré par la réalité connue à l'université, précision importante car j'ai réellement eu l'impression d'une autobiographie. Ce roman est la vie de William Stoner, fils d'un fermier du Missouri qui, ayant toujours eu de très bons résultats scolaires, a l'opportunité d'entrer à l'université du Missouri. Il commence ses études à la section agronomie, c'est pour ces études que son père a accepté de l'y envoyer. Lors d'un cours de littérature, il a la révélation de sa vocation future, devenir le professeur de littérature anglaise qu'il sera toute sa vie. John Williams raconte la vie de Stoner, une vie très riches en émotions diverses. À lire !
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horline
13 août 2012
★★★★★
★★★★★
William Stoner n'a rien du héros romanesque : toute sa vie il traversera les années tête baissée, se tiendra voûté sous le poids d'une vie sombre et ingrate, lourde de lassitude et de chagrin muet… et pourtant on se laisse prendre par la main de l'auteur qui nous promène sur le chemin d'un récit délicat et hors du temps, avec une voix particulière qui offre à cette vie passée sous silence une vibration unique.
Marié à une femme acrimonieuse, obligé de vivre dans un monde hostile, ce fils de fermier devenu professeur au sein de l'Université du Missouri mène une vie sans plaisir, mais sans heurt non plus. Doux et sensible, il apprivoise lentement les choses qu'il n'a pas apprises dans la ferme austère de son père lorsqu'il était enfant. Pour les choses et les comportements vulgaires qu'il ne peut appréhender, il trouve refuge auprès de ce qui l'a profondément révélé à lui-même : la littérature. Seul son amour des livres lui permet de conserver un air placide face aux mesquineries et aux rancunes tenaces qui le poursuivent toute sa vie durant.
C'est peut être cela qui rend ce personnage attachant. Un homme trop poli pour se plaindre, qui n'emploie jamais de phrases violentes ou implacables susceptibles de blesser autrui ou d'ébranler le cours de sa vie. Un homme qui a conservé la naïveté de sa jeunesse, la simplicité et la maladresse de sa pauvreté d'origine. Un homme digne qui refuse les querelles d'égo, l'arrogance du savoir et les manoeuvres de couloir. Bref, un homme animé par un profond « respect craintif et émerveillé ».
Mais c'est aussi la plume gracieuse et parfois naïve de John Williams qui magnifie ce destin fragile. On se laisse absorber par un texte coloré d'une tonalité profonde et grave qui saisit parfaitement les vicissitudes de la vie et les afflictions masquées. L'auteur se cache derrière une narration à l'empathie lointaine qui parvient à faire émerger de cette vie pleine de tristesse pudique quelques instants de bonheur et de tendresse lesquels apparaissent comme autant de séquences lumineuses et précieuses.

Le livre raconte un homme qui a vécu comme un étranger à sa propre vie, qui s'est parfois très (trop ?) rapidement abandonné à une impuissance silencieuse, une résignation discrète. Certains peuvent être tentés de considérer ce personnage comme lâche et faible. Et pourtant on s'émeut de la volonté de Stoner de s'accrocher à des valeurs humaines qui apparaissaient déjà au début du XXe dépassées.
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Les critiques presse (2)
Lexpress17 octobre 2011
Une magnifique plongée dans l'intimité d'un être qui n'a rien d'un héros spectaculaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama28 septembre 2011
Du mariage raté à la retraite forcée, le récit de son existence est une poignante chronique de la déception, un drame en mode mineur, illuminé par le passage de joies fugaces - une liaison amoureuse, la proximité d'un enfant -, peintes avec tant de délicatesse et de sobriété qu'elles en deviennent inoubliables.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
estrella_oscuraestrella_oscura06 octobre 2011

Bien qu'il fût censé apprendre des bases de grammaire et de composition écrite à un groupe de jeunes étudiants des plus hétérogènes qui soit, il était impatient et enthousiaste de s'atteler à cette mission qu'il abordait avec le plus grand sérieux. Il prépara ses cours pendant la semaine qui précédait la rentrée et ce premier travail de déchiffrage entrabâilla la porte du monde infini qui s'offrait à lui. Il comprenant le rôle de la grammaire et percevait comment, par sa logique même, elle permettait, en structurant un langage, de servir la pensée humaine. De même, en préparant de simples exercices de rédaction, il était frappé par le pouvoir des mots, par leur beauté, et avait hâte de se lancer enfin pour pouvoir partager toutes ces découvertes avec ses étudiants.

[...]

Mais pendant ces semaines loin d'Edith, il lui arrivait, lors de ses cours, de se laisser emporter par son sujet et de s'y perdre si intensément qu'il en oubliait ses doutes, ses faiblesses, qui il était et même les jeunes gens assis devant lui. Oui, il lui arrivait d'être tellement pris par son enthousiasme qu'il en bégayait. Il se mettait à gesticuler et finissait par délaisser complètement ses notes. Au début, il fut décontenancé par ces emportements comme s'il craignait de s'être montré trop familier avec les auteurs ou les textes qu'il vénérait et finissait toujours par s'excuser auprès de ses élèves, mais quand ils commencèrent à venir le voir à la fin des cours et que leurs devoirs manifestèrent enfin quelques lueurs d'imagination ou la révélation d'un amour encore hésitant, cela l'encouragea à continuer de faire ce que personne ne lui avait jamais appris.
Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s'était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l'afficher, prudemment d'abord, ensuite avec un peu plus d'audace et enfin... fièrement.

[...]

Quand il était très jeune, William Stoner pensait que l'amour était une sorte d'absolu auquel on avait accès si l'on avait de la chance. En vieillissant, il avait décidé que c'était plutôt la terre promise d'une fausse religion qu'il était de bon ton de considérer avec un septicisme amusé ou un mépris indulgent, voire une mélancolie un peu douloureuse. Mais maintenant qu'il était arrivé à mi-parcours, il commençait à comprendre que ce n'était ni une chimère ni un état de grâce, mais un acte humain, humblement humain, par lequel on devenait ce que l'on était. Une disposition de l'esprit, une manière d'être que l'intelligence, le coeur et la volonté ne cessaient de nuancer et de réinventer jour après jour.
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SMadJSMadJ26 juillet 2014
Au cours de sa quarante-troisième année, William Stoner apprit ce que d'autres, bien plus jeunes, avaient compris avant lui : que la personne que l'on aime en premier n'est pas celle que l'on aime en dernier et que l'amour n'est pas une fin en soi, mais un cheminement grâce auquel un être humain apprend à en connaître un autre.
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patrick75patrick7525 février 2015
Il entendit des rires au loin. Il tourna la tête. Un groupe d'étudiant étaient en train de couper par son jardin pour gagner du temps. Ils marchaient à grands pas. Il les vit très distinctement. Il y avait trois couples. Les jeunes filles étaient fines et gracieuses dans leurs robes légères et les garçons les regardaient avec une sorte d'émerveillement ravi et perplexe. Ils foulaient l'herbe, la touchaient à peine, n'y imprimaient aucune trace. Il les observa tandis qu'ils sortaient du cadre et l'écho de leurs rires insouciants continua de résonner longtemps après qu'ils se furent envolés.
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FRANGAFRANGA23 août 2012
Leur vie entière avait été sacrifiée à ce labeur accablant, leur volonté avait été brisée, leur intelligence pétrifiée et à présent, les voilà qui dépendaient de nouveau de cette terra à laquelle ils avaient déjà tout donné et qui, lentement, mois après mois, année après année, allait finir par les engloutir tout à fait. Lentement, mois après mois, année après année, l'humidité et la pourriture allaient attaquer les boîtes en sapin censées les protéger pour s'en prendre à leurs chairs avant de rogner les derniers vestiges de leur humanité. Ils allaient devenir une part insignifiante de cette ogresse acharnée à laquelle ils s'étaient sacrifiés quand ils n'étaient encore que des enfants.
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pyrouettepyrouette27 octobre 2013
Etrangère partout, avide de tendresse et de paix, cette sensibilité était obligée de vivre dans un monde où elle ne se sentait jamais chez elle et de se nourrir d'indifférence, de fureur et de bruits. Et comme il lui manquait ici-bas, parmi nous, dans cet endroit le plus improbable et le plus hostile qui soit, la sauvagerie requise pour combattre les forces brutales qui la tourmentaient, elle n'avait d'autre choix que de se retirer dans une sorte de quiétude intérieure.
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