> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264039221
Éditeur : 10-18 (2005)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Dans son deuxième roman, l'auteur d'Eureka Street décrit avec une concision clinique les derniers jours d'un vieil homme, Manfred, qui souffre d'un certain nombre de douleurs : physiques - qu'il refuse de confier aux médecins et dont McLiam Wilson évoque les effets avec... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 28 mai 2012

    carre
    Manfred attend que la grande faucheuse vienne le chercher, son temps est compté. La vie de Manfred c'est une existence ratée, la séparation d'Emma la femme aimée quittée par ce qu'il la violentait, et qu'il revoit pourtant régulièrement sur le banc d'un square, un homme qui a mis son coeur en hiver toute sa vie, incapable d'éprouver la moindre émotion dans la tristesse comme dans la joie.
    McLiamWilson réussit à nous troubler entre empathie et peur, car si Manfred est un sale type, c'est aussi un homme marqué par la honte et les remords.
    Après le remarqué et remarquable "Eureka Street", l'écrivain irlandais signe un roman à l'écriture sèche, clinique, tendu à l'extrème. Les fantômes de Manfred et d'Emma ont mis à mal leur amour, que Manfred à détruit de la plus lache des façons. Un homme qui attend la mort comme une délivrance, pour expier ces péchés. Un roman remarquable de complexité, sombre, glacial comme une pluie irlandaise.
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 30 mars 2012

    lehane-fan
    - Jurgen , wer ist am apparat ?
    - Das ist Manfred !
    Voilà les seuls souvenirs qu'il me reste de mes studieuses années d'Allemand et allez placer ça dans une conversation vous , coton , coton ! Il en est désormais un autre qui risque de m'habiter beaucoup plus longtemps : La douleur de Manfred ,
    Manfred est vieux . Manfred est seul . Manfred va mourir ( ah oui , le personnage principal s'appelle Manfred mais les plus perspicaces d'entre vous l'auront peut-etre subodoré ; ) . Moralement , Manfred a baissé pavillon depuis pres de 20 ans . A classer entre la chiffe et la serpillére . Physiquement , il subit un calvaire journalier , refusant tout traitement qu'il considere au mieux comme pouvant le maintenir vainement à flot quelque temps , au pire comme capable de lui voler une souffrance qu'il estime n'avoir que trop mérité ! Car ce tourment est sien . Il l'espére , le chérit , le nourrit tel le Gollum avec son précieux . Ce trésor qui lui lacere la chair , lui déchire les entrailles , le tue à petit feu , c'est la juste récompense d'une vie de violence conjugale qu'il offrit à Emma , l'amour de sa vie . Ses minutes sont tourment , ses heures sont remord , ses jours sont pénitence . La honte le ronge un peu plus chaque jour . Il a fait de la contrition sa compagne attitrée , du repentir sa nouvelle philosophie . Il perçoit sa déchéance comme un chatiment expiatoire et l'accepte comme tel . Pourtant , Manfred ne veut pas mourir , il veut juste ne plus vivre,,,
    La douleur de Manfred parut en 2003 sous la plume acérée d'un jeune écrivain Irlandais : Robert McLiam Wilson . Et le moins que l'on puisse dire , c'est que le fonds de l'Eire effraie !
    De prime abord , ce personnage attire une sympathie évidente . Petit vieux au crépuscule de sa vie qui ne tend désormais que vers une nuit éternelle . Perclu de douleurs qu'il se refuse à combattre , l'on en vient presque à admirer ce " héros "  qui a choisi de mourir plutot que de devenir l'énieme cobaye d'une industrie pharmaceutique qu'il abhorre . Manfred est touchant . C'est également ce qu'a du se dire , dans un autre registre , sa femme Emma qu'il frappa , brutalisa , tabassa quotidiennement , brisant inlassablement sa chair , son essence et la défigurant un peu plus chaque jour . La séparation fut inévitable et pourtant , cet homme persiste à appeler régulierement au téléphone une femme qui toujours l'écoute sans dire un mot ; une femme qui toujours assiste à leurs rendez-vous mensuels sans lui autoriser un seul regard...Volonté exacerbée de dématerialiser " l'objet " de tant de haine , la cristallisation de tant de violences...
    Comment expliquer ce terrible dechainement journalier de fureur ? Couché Adolf !L'absence d'amour d'une mere exclusive , une guerre psychologiquement dévastatrice , une jalousie maladive ou bien encore un terrible secret tu par une épouse enfermée dans son insondable douleur personnelle , fardeau omniprésent d'expériences concentrationnaires inoubliables ? Les raisonnements sont multiples , les pardons inexistants...
    Bizarrement , l'on se prend d'affection pour cet homme sursitaire et ce , malgré son effroyable conception maritale . Affection sans doute légitimée par une inéluctabilité sous-jacente . Que dire d'Emma dont la vie n'aura été qu'un cri muet , une inextinguible peine du corps et de l'ame...
    Cet Irlandais possede l'art et la maniere de vous emporter malgré la gravité du sujet . Des descriptions puissantes de la décrépitude , de la dégénerescence physique d'un etre qui se sait condamné . du calvaire prégnant de cette femme aimée , adorée malgré tout . L'amour / haine n'est jamais bien loin...L'auteur alterne la déchéance présente avec le douloureux passé d'un type qui a juste raté sa vie , qui n'a jamais su vraiment aimer . Ni sa famille , ni sa femme , ni son fils...
    L'écriture est belle et puissante . Elle vous happe méchamment , faisant du lecteur un voyeur et un complice impuissant ne pouvant s'empecher , cependant , de vouloir découvrir l'évolution finale de ces deux tragiques destinées . Manfred est passé à coté de sa vie , comptant alors sur une mort exemplaire qui lui fera un ultime pied de nez....
    Alors écoute moi bien petit canaillou de McLiam Wilson , je ne peux dire ou ni quand mais nul doute qu'un jour nous nous retrouverons et je sais à l'avance que la rencontre sera belle . Beeeelle , beeeelle , couché Quasimodo !
    La douleur de Manfred : douloureusement séduisant...
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 24 novembre 2011

    mariech
    Manfred est devenu un vieillard sans s'être rendu compte du temps qui passe . Un jour dans le métro , il rencontre un jeune couple , la jeune fille lui rappelle sa femme au temps de sa jeunesse , c'est à ce moment qu'il voit qu'il inspire du dégoût au jeune homme qui croit qu'il regarde sa fiancée , Manfred aussi a été un jeune mâle orgueilleux qui ne supportait pas les regards des vieux sur sa trop jolie femme .
    A part quelques souvenirs du temps trop court du bonheur au début de son mariage avec Emma , Manfred n'a jamais été heureux , il y a quelque chose en lui de réfractaire au bonheur . Il a perdu l'amour de sa femme , il n'a jamais su aimer son fils , il ne sait pas se réjouir d'être bientôt grand -père ...
    Robert Mc Liam Wilson nous livre un roman magistral , très différent D'Eureka Street mais aussi beau . Description minutieuse de la montée de la violence dans le couple mais malgré tout pleine d'humanité . Il est dès lors impossible de juger Manfred .
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    'est un livre ...lourd . Pas facile à lire car il parle d'un vieil homme qui va mourir et de ce mal qui le ronge contre lequel il ne veut pas se battre .Pire même ,il le chouchoute ,arrive même parfois à en sourire .
    Pourquoi ?
    De quelle douleur sagit il même si celle ci ,bien apparente est bien réelle ,quelle autre douleur cache t elle ?
    En fait , dans la vie de Manfred , ce n'est pas la douleur qui manque : les douleurs ,les malheurs ,les echecs .
    On suit Manfred tout au long de son agonie et c'est parfois du niveau d'un constat clinique. Il nous emmène dans son passé ,dans son histoire .Petit à petit on comprend ce que Manfred veut maintenant quitter .Il y a qqs scènes très dures et en même temps très belles .Très intenses . Parfois ,j'ai eu du mal à comprendre son manque d'ampathie pour le monde , son absence de sensibilité mais peu à peu tout s'éclaire , tout s'emboite .
    C'est un beau livre mais à lire qd ça va bien dans la tête LOL
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sharon, le 12 avril 2012

    Sharon
    Depuis combien d'années n'ai-je pas lu de romans de Robert McLiam Wilson ? Trop. J'avais sans doute aussi peur d'être déçue, après avoir adoré Eureka Street. Bien au contraire, ce roman est tout aussi réussi, et qui plus est, il parle de plusieurs thèmes difficiles.
    Il parle, il raconte, il ne juge pas, mais en aucun cas il ne justifie les actes de Manfred. Toute l'histoire est raconté de son point de vue, les chapitres alternent entre le présent morose de Manfred, et les retours en arrière. Après une enfance et une adolescence pendant lesquels il est témoin de la mésentente de ses parents, des échecs de son père et de la montée de l'antisémitisme, Manfred subit l'épreuve de la guerre et devient témoin des pires choses dont l'être humain est capable. Il ne sait pas que d'autres vivent pire encore, en Europe.
    Il se marie, il devient père, mais comme il a été incapable d'aimer réellement ses parents et ses frères, il est incapable d'aimer sa femme, de lui montrer, et les coups pleuvent. McLiam Wilson ne nous fait pas de cadeaux - et pourquoi en ferait-il ? - et s'étend longuement sur les conséquences physiques de ses coups. Les plaies, les meurtrissures, les hématomes, les cassures jalonnent le corps d'Emma. Son silence effarant est sa dignité.
    J'aimerai en dire plus sur les causes de ce silence, sur les conséquences aussi de sa parole, je ne voudrai surtout pas gâcher votre lecture en en dévoilant trop.
    Je dirai simplement : âme sensible, préparez-vous au pire de ce que l'homme peut offrir.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-la-douleur-de-manfred..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par carre, le 28 mai 2012

    Pour celui qui a souffert toute la nuit, l’aube est toujours décevante.
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  • Par mariech, le 24 novembre 2011

    La première fois que Manfred frappa Emma , il eut le sentiment du début de quelque chose . Pour lui comme pour elle , ce fut comme si tous les deux tâtaient l'eau . Ils comprirent alors qu'il y avait plus à infliger et à supporter . Un nouveau secret s'ouvrit entre eux .
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  • Par Sharon, le 12 avril 2012

    - Saviez-vous que j'étais juif ? demanda-t-il.
    Le sourire de Garth grandit jusqu'à occuper tout son visage.
    - Saviez-vous que j'étais noir ?
    Manfred éclata d'un grand rire, d'un très grand rire.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par mariech, le 24 novembre 2011

    Il ne désirait pas vraiment la mort , il mourrait d'envie d'être débarrassé de la vie .
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par bacoltrane, le 15 mars 2008

    c'est dans les rapports entre Emma et Manfred que se noue le roman : pourquoi un mari bat-il sa femme bien aimée ?
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