Raconté de façon assez classique par le plus jeune des membres de la famille Friedrich, en quatre époques, de 1951 à 1994, dont l'une avant sa naissance, ce livre a tout d'une saga familiale, doublé d'un roman d'apprentissage, mais dans un cadre assez inhabituel, celui de la recherche scientifique sur les maladies mentales. Zach raconte de façon souvent très drôle, les relations entre les membres de sa famille, sa mère qui se sacrifie pour la carrière de son père, ses frères et sœurs, tous passablement perturbés, les maisons où ils ont vécu, la difficulté à grandir au sein de cette famille, mais surtout il tente de comprendre son père. Qu'est-ce qui a bien pu amener ce brillant psychologue et chercheur à souffrir de phases de catatonie, où il reste muet et imperméable à toutes sollicitations extérieures pendant de longues minutes ? Zach, dès son plus jeune âge, sent bien qu'il y a des non-dits dans le passé familial, et sa recherche, qu'il déroule sous nos yeux dès qu'il en a acquis une certaine compréhension, devient la nôtre.
J'ai eu quelques difficultés à entrer dans le livre au début, mais avec l'arrivée au bout d'une cinquantaine de pages, d'un groupe de perroquets multicolores en liberté, (si, si !) et surtout de Casper Padrak, étudiant surdoué mais émotionnellement fragile, tout s'est précipité, et est devenu de plus en plus fascinant.
Ce démarrage un petit peu lent ne doit pas vous détourner de ce roman à la fois original et touchant, la recherche sur la psychologie en toile de fond ne fait qu'ajouter à la profondeur de cette formidable histoire de famille comme seuls les américains savent les écrire.
Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-dirk-wittenborn-le-remed..