> Josée Kamoun (Traducteur)

ISBN : 202097181X
Éditeur : Editions du Seuil (2009)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Par une tiède nuit de printemps, la porte-fenêtre à deux battants est ouverte. Le vieux docteur Friedrich serre son revolver dans son poing: il avait pourtant cru entendre un bruit... Mais de quel passé viendrait-il, ce visiteur nocturne. Animé de quelles intentions ? W... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Mia, le 21 octobre 2010

    Mia
    Roman passionnant dont la trame de fond évoque la découverte et l'avènement de substances psychotropes utilisées en médecine psychiatrique dans l'Amérique des années 50.
    Le mot "Pharmacie" vient du grec Phamakon qui signifie à la fois remède et poison. Voilà l'univers du psychotrope et son évolution esquissée au travers de l'histoire d'une famille américaine des années 50, dont le pères est psychologue et chercheur en psycho-pharmacologie.
    Beaucoup de finesse dans l'écriture et de bons mots, un humour assez particulier et décalé qui s'exprime par exemple dans cette réplique révélatrice :
    "- Tu sais, le pire, dans le fait d'avoir notre père pour père, c'est qu'on ne peut pas prendre un antidépresseur sans penser à lui."
    Roman très touffu qui dès le 1er chapitre projette déjà le lecteur dans un univers où la matière posée pourrait alimenter un roman à elle toute seule, tant la créativité imagée de l'auteur est riche.
    Derrière l'histoire romancée, on prend conscience de la portée dévastatrice de ces décennies où l'on cherchait (le cherche-t-on encore?) à encapsuler le bonheur et l'impact de ces médicaments dont les effets sur le cerveau n'étaient de loin par toujours mesurés. Des décennies qui ont donné jour à des générations de toxicomanes avec les dommages collatéraux qui les accompagnent.
    Le rêve américain sous mescaline, zimelidine ou chlorphéniramine... instructif et exaltant!
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    • Livres 4.00/5
    Par guika, le 13 août 2009

    guika
    Cette saga familiale a pour cadre les États-Unis du début des années 50 jusque la fin des années 90. le père, Will Friedrich, chercheur en psychologie, débute une carrière universitaire au moment des premières expérimentations sur les antidépresseurs et autres substances chimiques, pour «traiter» les maladies de l'âme. Il va mettre au point un psychotrope efficace avec l'aide d'une collègue psychanalyste. Mais si ce pharmakon (remède et poison) favorise dans certains cas un accomplissement personnel spectaculaire, c'est au prix d'un effet secondaire lourd de conséquence: la transformation d'un gentil garçon, un peu inhibé, en tueur paranoïaque.
    On va suivre pendant près d'un demi-siècle l'itinéraire de Will et de sa famille. On va surtout découvrir comment, tout au long de ces années, le boulet d'une culpabilité mal assumée, difficile à avouer va empoisonner les rapports de Will avec les autres membres de sa famille.
    Pour être honnête, il faut presque se forcer dans les premières pages, tant la prose paraît fade et maladroite, et le contenu anecdotique. Pourtant, la persévérance dans la lecture de ce pavé sera bientôt récompensée. Une fois passée la mise en place laborieuse des personnages et de l'action, c'est du bon, du très bon qui nous attend. On est dans le sillage des Franzen, Eugenides, on devine derrière l'ombre tutélaire d'Irving. L'auteur nous mène sur cette ligne de crête difficile à suivre, entre burlesque et tragique. Chaque éclat de rire engendre immédiatement un zeste d'acidité. On se reconnaît forcément dans cette description au vitriol des rapports familiaux, sans que cela ne soit jamais gâcher par une quelconque visée moralisatrice.
    C'est un excellent moment de lecture.

    Lien : http://arnivi.blogspot.com/2009/08/dirk-wittenborn-le-remede-et-le-p..
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 27 juillet 2010

    kathel
    Raconté de façon assez classique par le plus jeune des membres de la famille Friedrich, en quatre époques, de 1951 à 1994, dont l'une avant sa naissance, ce livre a tout d'une saga familiale, doublé d'un roman d'apprentissage, mais dans un cadre assez inhabituel, celui de la recherche scientifique sur les maladies mentales. Zach raconte de façon souvent très drôle, les relations entre les membres de sa famille, sa mère qui se sacrifie pour la carrière de son père, ses frères et sœurs, tous passablement perturbés, les maisons où ils ont vécu, la difficulté à grandir au sein de cette famille, mais surtout il tente de comprendre son père. Qu'est-ce qui a bien pu amener ce brillant psychologue et chercheur à souffrir de phases de catatonie, où il reste muet et imperméable à toutes sollicitations extérieures pendant de longues minutes ? Zach, dès son plus jeune âge, sent bien qu'il y a des non-dits dans le passé familial, et sa recherche, qu'il déroule sous nos yeux dès qu'il en a acquis une certaine compréhension, devient la nôtre.
    J'ai eu quelques difficultés à entrer dans le livre au début, mais avec l'arrivée au bout d'une cinquantaine de pages, d'un groupe de perroquets multicolores en liberté, (si, si !) et surtout de Casper Padrak, étudiant surdoué mais émotionnellement fragile, tout s'est précipité, et est devenu de plus en plus fascinant.
    Ce démarrage un petit peu lent ne doit pas vous détourner de ce roman à la fois original et touchant, la recherche sur la psychologie en toile de fond ne fait qu'ajouter à la profondeur de cette formidable histoire de famille comme seuls les américains savent les écrire.



    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-dirk-wittenborn-le-remed..
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 10 mai 2011

    Kittiwake
    A travers cette saga sur 3 générations d'une famille américaine ordinaire, c'est l'évolution d'une société qui se dessine, et qui échappe à tout contrôle individuel.
    Les enfants ne reproduiront pas le modèle parental, aussi solidement construit soit-il.
    L'intrigue se noue autour d'un personnage hors norme en partie responsable du destin de cette famille.
    Une histoire bien menée, même s'il persiste un secret mal élucidé. Peut-être sans importance.
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 05 janvier 2011

    zembla
    Le professeur de psychologie Will Friedrich pense avoir découvert le médicament miracle pour les maladies mentales.
    Mais pour prouver ses dires il doit le tester sur des êtres humains et il pense avoir trouver le cobaye idéal avec Casper Padrag, adolescent surdoué mais mal dans sa peau. Mais a cause des effets secondaires du médicaments,telle la créature de Frankestein, celui va échapper au contrôle du professeur Friedrich et il va se retourner contre lui.
    Voila un résumé (le mien) qui ne résume en fait qu'une toute petite partie du livre tant ce livre est d'une très grande richesse. Ce livre est en fait la vie de la famille Friedrich de 1951 a 1992, une vie que le professeur voudrait que ses enfants réussissent mieux que la sienne même si pour cela il doit se les aliéner. Et cette tragie comédie est écrite au vitriol mais avec un humour décapant qui m'a fait pensé aux romans de John Irving (surtout "Le monde selon Garp" et Hotel New Hampshire"). C'est un livre sur la famille très réussit, très dense, drôle mais aussi très sombre.
    Ma note 8/10 pour ce roman irvingnien.

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 27 juillet 2010

    À présent, il se trouvait au bar du club des professeurs, s'étant prescrit une bière, et il s'appliquait à penser à « des choses agréables », comme aurait dit sa mère ; en d'autres termes, il tentait de se remonter le moral avant de reprendre le tram pour rentrer chez lui. Il se sentait contagieux. À l'écoute de lui-même sans être égocentrique, il ne voulait pas voir son humeur chagrine contaminer les siens.

    Puisqu'il n'avait pas les moyens d'offrir ce qu'il aurait voulu à ses enfants, il allait leur fabriquer quelque chose qu'ils n'oublieraient pas de sitôt, un objet mémorable, un de ces souvenirs qu'il aurait bien voulu avoir lui-même. Il irait à la scierie, achèterait du bois, des clous, des petites charnières en laiton, de la colle, et il leur construirait une maison de poupée. Ce serait surtout un cadeau pour les filles, mais ses deux fils, deux et trois ans, étaient trop petits pour se sentir court-circuités ou émasculés par ce choix. Oui, une magnifique maison de poupée, à deux étages, avec des fenêtres assez vastes pour pouvoir y glisser une petite main, et des planchers amovibles, pour que sa progéniture perçoive les trois dimensions et développe sa représentation de l'espace.

    Mais le docteur Friedrich n'avait pas construit la moitié de sa maison de poupée dans sa tête qu'il commença à la démolir : il voyait ses filles se la disputer le matin de Noël, son fils Jack s'étouffer avec l'un des petits arbres en plastique qu'il aurait plantés devant. Jack portait tout à la bouche, et la semaine précédente il avait

    failli s'étrangler avec une bille d'agate.

    Méditant toujours sur la boîte où il se trouvait enfermé lui-même, l'esprit du docteur abandonna la maison de poupée et tenta de tromper sa mélancolie en se construisant un avenir tout neuf. Rien ne l'empêchait de quitter Yale. Pourquoi ne pas exporter son doctorat de psychologie dans une branche où il paierait mieux : la publicité ?
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  • Par Mia, le 21 octobre 2010

    Sur le trajet, il se prit à méditer qu'il est difficile de savoir ce qu'on pense quand on ne sait pas ce qu'on ressent. A moins que ce ne soit l'inverse... Une seule certitude : l'incertitude.
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  • Par ginger, le 16 août 2010

    Il est difficile de penser à deux choses en même temps, surtout quand l'une des deux est: suis-je fou?
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  • Par Mia, le 21 octobre 2010

    A présent je sais pourquoi j'aime être malheureux; le bonheur quel boulot!
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