> Jean-Jacques Pauvert (Préfacier, etc.)

ISBN : 2842710185
Éditeur : La Musardine (1998)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
En 1972, à la Bibliothèque noire de Régine Deforges, Le Nécrophile paraissait dans la presque totale indifférence. Seuls quelques journalistes remarquèrent l'incroyable, l'élégant et le très immoral objet littéraire qui ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 29 février 2008

    Woland
    Née en 1920 à Nantes, Gabrielle Wittkop-Ménardeau s'est suicidée en 2002, choisissant, dit-elle, "de mourir comme j'ai vécu : en homme libre."
    "Le Nécrophile", texte au demeurant fort bref, est la première de ses oeuvres que je lis. Ecrire qu'il s'agit là d'un texte dérangeant est faible, très, très faible. En gros, cela raconte, sous forme d'un journal, les "amours" d'un antiquaire nécrophile avec les cadavres qu'il va enlever aux cimetières. Tout lui est bon : hommes, femmes et même enfants. le passage où il dépeint sa "rencontre" avec un nourrisson mort-né enseveli avec sa mère est indescriptible. Car, à la nécrophilie, s'ajoutent insidieusement la bisexualité (ce qui n'est pas un crime) et la pédophilie (qui l'est bel et bien). A ceci près que Lucien, Le Nécrophile, est évidemment incapable de passer à l'acte avec un être vivant.
    Attention : il n'y a ici nulle complaisance. C'est étonnant, même difficilement concevable et pourtant c'est ainsi. Lucien porte en lui très peu du personnage sadien (même si l'on songe bien entendu au "Divin Marquis" lorsqu'on lit ce roman) en ce sens que la violence lui est étrangère. Pas question pour lui d'agir comme le faisait le sergent Bertrand : il n'est que douceur et délicatesse et, lorsque les nécessités de la nature le contraignent à rendre ses amants et ses maîtresses à la Seine, il lui arrive de pleurer devant ce traitement, pour lui barbare, qu'il est bien obligé de leur infliger.
    Nulle grossièreté, nulle vulgarité non plus dans le style, qui glisse et coule comme celui d'un Villiers de l'Isle-Adam ou d'un Edgar Poe. Simplement, comme elle est appartient au XXème siècle, Wittkop peut se permettre d'être plus explicite qu'ils ne l'étaient. Tout en effet est dépeint dans ses moindres détails. En dépit de ce tout et bien qu'il soit obligé de s'"accrocher" trois ou quatre fois, pris d'un début de nausée, le lecteur, fasciné et cherchant à comprendre, poursuit jusqu'au bout son étonnant chemin de misère où la notion de morale n'est pas même remplacée par celle de l'immoralité.
    Pareille lecture n'est pas à recommander à n'importe qui. (A la fin du texte, si vous y parvenez, vous penserez peut-être ce que j'ai pensé - non sans soulagement : "Dieu merci ! maintenant, on incinère !" ...) Alors que, dans Sade, on se rend très vite compte que certaines choses sont impossibles, tout ici - sauf peut-être l'incroyable chance qui accompagne Le Nécrophile dans les cimetières parisiens - peut s'accomplir en toute logique. Avec cela, Wittkop ne juge pas : elle constate et tout laisse à penser - y compris la dédicace - qu'elle a connu une personne ressemblant comme un frère à son héros.
    A noter que, dans l'édition Régine Desforges, le texte est suivi de "Nécropolis", un court essai sur la nécrophilie et ses "dérivés" comme le nécrosadisme, la nécrophagie, etc ... Tout cela très sobre et, je le répète, sans complaisance.
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    • Livres 3.00/5
    Par Colette, le 06 août 2011

    Colette
    Le Nécrophile... déjà le titre indique l'univers macabre dans lequel on va être immergé.
    La lecture de ce court roman m'a été assez dérangeante je dois l'avouer. En effet, l'auteur nous décrit les perversions sexuelles du narrateur, en allant parfois jusqu'à des détails écœurants sur des odeurs, des bruits ou sur ce que perçoit le personnage pendant ses actes.
    Les premières pages nous livrent déjà un aperçu sur ce que sera la suite. Sauf que l'auteur décrit toujours des situations de plus en plus morbides...
    Certains passages du livre sont marquants. Mais l'auteur ne décrit pas simplement des scènes macabres. Même si l'on découvre peu de choses sur le narrateur au fil de l'histoire, on parvient à saisir, à un certain degré, ce que recherche le narrateur à travers la nécrophilie.
    C'est un personnage fasciné par la mort, habité par une immense tristesse de se livrer à des amours éphémères.
    Je conseille la lecture de ce livre puisque je pense que l'on en garde forcément des souvenirs quel que soit le degré d'appréciation.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Yourievitch, le 02 janvier 2011

    Yourievitch
    Deux seuls auteurs ont à ma connaissance oser parler de nécrophilie : Bukoswki et gabrielle.
    Quant bukoswki parle d'actes pédophiles déchargeant la fougue et l'appétit sexuel de deux hommes en manque de sensation. Gabrielle parle d'un vrai pédophile, un homme qui aime les mort, qui ne se satisfait pas juste par eux mais qui vit de eux, qui se nourrit de leurs essences. Quel courage d'avoir oser parler de cela.
    Un regard différent, qui serpente du monstre criminelle vers un être en souffrance.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Colette, le 06 août 2011

    Tandis que je me glissais dans cette chair si froide, si douce, si délicieusement étroite qu'on ne trouve que chez les morts, l'enfant a brusquement ouvert un œil, translucide comme celui d'une pieuvre et, dans un épouvantable borborygme, a rejeté sur moi le flot noir d'un mystérieux liquide.
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  • Par Colette, le 06 août 2011

    Solitaires, nous ne sommes même pas le lien entre la vie et la mort. Il n'y a pas de lien. Car la vie et la mort sont unies à jamais, indissociables comme l'eau mélangée au vin.
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  • Par Colette, le 06 août 2011

    Toujours cette vieille et aberrante confusion entre deux êtres aussi foncièrement opposés que le vampire et le nécrophile, entre le mort qui se nourrit des vivants et le vivant qui aime les morts.
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  • Par Erzuli_Capote, le 25 mars 2012

    "Henri, mort de la scarlatine à l'âge de six ans - mais je n'attrape jamais la moindre maladie - est un brave petit bonhomme. Il a un vrai corps pour jouer avec, pour jouir avec, encore que jeux et jouissance doivent se dérouler sur les surfaces externes. Cet enfant est si étroit qu'il m'a fallu renoncer à des délices plus profondes, sous peine de nous blesser tous deux. C'est en vain que j'ai tenté les diverses techniques dont j'avais eu la naïveté de croire certaines infaillibles. Mais, tel qu'il est, Henri est succulent. L'intérieur de ses cuisses, légèrement concave, permet l'union presque parfaite. Comme il est malheureusement déjà très avancé, je sais ne pas pouvoir garder cet enfant pendant bien longtemps."
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  • Par Erzuli_Capote, le 25 mars 2012

    "J'ai dû passer plus de deux heures à nettoyer le lit et à laver la petite fille. Cette enfant vomisseuse d'encre putride à véritablement la nature de la pieuvre. Pour l'instant, elle semble avoir dégorgé tous ses venins, sagement étendue sur les draps. Son sourire faux. Ses petites mains aux petits ongles. Sans cesse une mouche bleue - venue je ne sais d'où - se pose et se repose sur ses cuisses. Cette petite fille a très vite cessé de me plaire. Elle n'est pas de ces morts dont j'ai chagrin à me séparer comme on déplore de devoir quitter un ami. Elle avait certainement un vilain caractère, j'en jurerais."
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