Médée, selon le mythe, c'est la femme cruelle et sanguinaire qui n'a pas hésité à tuer son frère et trahir son père pour les beaux yeux de l'étranger Jason. Nièce de la terrible sorcière Circé,
Médée est redoutable. Gare à celui qui la trahirait ! Assoiffée de sang, elle devient, à jamais dans nos mémoires, la mère infanticide afin de se venger de l'infidélité de Jason.
Ce mythe n'a-t-il pas été écrit par des hommes,
Euripide et Sénèque ?
Christa Wolf nous donne dans son livre une toute nouvelle vision de cette femme.
Et si
Médée avait été la victime de l'incompréhension et de la misogynie corinthienne?
Reprenons depuis le début:
Médée, belle princesse de Colchide, instruite et indépendante s'enfuit avec l'homme qu'elle aime. Arrivée à Corinthe, elle n'est plus qu'une étrangère, la hautaine
Médée, celle qui n'est pas comme les Corinthiennes. Elle ne fait rien comme les autres, avec ses croyances, ses allures de grande dame, sa beauté dérangeante et ses cheveux trop longs...
Dans cette réécriture du mythe de
Médée particulièrement bien ficelée, les hommes ne sont pas les tragiques victimes des dieux, mais bien les proies de leurs jalousies, de leur irrémédiable ignorance et de leur absence de tolérance. Cette histoire de
Médée devient une tragédie moderne dont la catharsis ne suffira sans doute pas à purger celle que nous vivons aujourd'hui :
La haine de l'étranger, de celui qui ne nous ressemble pas...
Médée, réhabilitée, devient sous la plume de l'auteure allemande la victime et non le bourreau…
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