> Benjamin Legrand (Traducteur)

ISBN : 2253053406
Éditeur : Le Livre de Poche (2001)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 109 notes) Ajouter à mes livres
Le Bûcher des vanités Tom Wolfe devrait devenir aussi la coqueluche du public français, et son Bûcher des vanités la plus sinistre, la plus drôle, la plus juste des présentations de la vie new-yorkaise... Il s'avale avec un plaisir qui ne se dément pas. Nicole Zand, Le ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par FrancoisGe, le 15 avril 2012

    FrancoisGe
    Ce livre est, à mon avis, un des meilleurs de la littérature contemporaine. Avec ses descriptions précises qui partent dans tous les sens, Tom Wolfe nous présente au fil des pages les personnages mis en situation, mais pas seulement. L'auteur nous livre aussi et surtout un tour d'horizon complet des milieux professionnels tels qu'ils apparaissent dans la pratique, vus de l'intérieur. On suit les activités professionnelles du personnage principal, Sherman Mac Coy, vendeur d'obligations de Wall Street, les journées professionnelles des juges, des avocats, des policiers, des journalistes, des hommes politiques… Tout y passe, la description de leurs faits et gestes, mais aussi et surtout la cuisine interne, le pourquoi de leurs décisions, les petits arrangements entre « amis » qui alimentent la « Banque des services rendus » sans laquelle le système judiciaire se gripperait. À la manière De Balzac ou de Zola, Tom Wolfe nous décrit aussi les manières de s'habiller et surtout de parler – les accents – de tout ce petit monde selon qu'il soit de telle ou telle origine ou classe sociale.
    Au début du livre, on vit avec Sherman Mac Coy dans son appartement de Park Avenue et l'on rit de sa maladresse. La description de sa gaffe commise dans une cabine téléphonique, en bas de chez lui, alors que la pluie redouble d'intensité et que son chien tire comme un forcené sur sa laisse nous arrache des éclats de rire. Puis, peu à peu, on est attendri par cet homme engoncé dans sa petite vie bourgeoise qui essaie à la fois d'être un père modèle et d'exister aux yeux de son épouse et de sa maîtresse. Il s'est fabriqué un petit monde et ses mouvements sont réglés comme sur du papier à musique.
    Oui, mais voilà, par ambition, des hommes politiques, des acteurs du monde judiciaire et journalistique vont l'attraper dans leurs filets et le broyer sans complaisance. Et au fil des pages on se demande si Sherman Mac Coy le mérite vraiment ? Evidemment non. Et c'est pourquoi on souffre avec lui. le seul crime qu'il ait commis est de s'être perdu dans le bronx un jour qu'il revenait de chercher sa maîtresse de l'aéroport. Et, sous l'effet de la peur, de la peur panique, il saute de sa voiture, sa maîtresse prend le volant et dans un geste désespéré pour se sortir d'un mauvais pas imaginaire, sa maîtresse percute un jeune noir qui tombe dans le coma le lendemain. C'est elle qui conduisait. Oui, mais la victime a eu le temps de retenir une partie du numéro de la plaque minéralogique et c'est sa voiture à lui, Sherman Mac Coy.
    Et, à nouveau, on le voit s'empêtrer dans sa maladresse. Les Mercedes avec ce bout de numéro de plaque minéralogique se comptent par centaines à New York. Les policiers qui mènent l'enquête viennent le voir par routine. Mais Sherman Mc Coy les reçoit sur la défensive et cela éveille les soupçons des flics. Ensuite, tout s'enchaîne. La victime est un noir du bronx, un brave étudiant et le « coupable » un millionnaire de Wall Street qui l'a écrabouillé avec sa Mercedes et s'est enfui, le laissant sur le carreau. L'occasion est trop belle. L'affaire se transforme en un combat de classes, un combat de races. Et tout le monde va y trouver son compte : le prêtre local, les politiques, les juges, les avocats, tout le monde sauf Sherman Mac Coy qui, humilié dans un monde judiciaire trop féroce pour lui, cherche désespérément une marque de sympathie, un appui parmi tous ces gens qui ne pensent qu'au bénéfice qu'ils pourront tirer d'une affaire si emblématique. Même son avocat le dépouillera en lui faisant croire qu'il va l'aider à s'en sortir…
    On s'identifie pleinement à ce personnage parce que l'on n'a aucun mal à se mettre à sa place. N'importe qui, au volant de sa voiture, dans un moment de panique, dans une rue sombre, peut accélérer sans mesurer ni même être conscient des conséquences de ses actes. Et au fil des pages on se souvient de cette gaucherie de la cabine téléphonique du début. On le voit répéter encore et encore les erreurs d'un homme foncièrement bon, empêtré dans une situation qui le dépasse, abandonné par ses proches, criant au secours à sa manière en attendant toujours de voir la fin de ce cauchemar, comme si tout ceci ne pouvait pas vraiment lui survenir, lui le « Maître du monde » comme il aimait à se qualifier au début du livre, lui qui fait gagner des millions à sa banque d'un simple clic de souris d'ordinateur.
    Evidemment, tous ces événements personnels vont avoir des conséquences néfastes sur son activité professionnelle. Il va multiplier les erreurs et finalement tout avouer à ses supérieurs avant que le scandale n'éclate, attendant de voir ses « amis », ceux pour qui il a mobilisé tous ses efforts, le réconforter, l'appuyer, lui dire « tu peux compter sur nous ». Mais ces mots ne viendront pas. Et, à l'instar du milieu judiciaire, présenté comme fait d'atomes égoïstes et cruels, son mode professionnel le décevra aussi.
    Cette descente aux enfers prend du temps. Il faut tourner beaucoup de pages. D'aucuns diront que c'est trop lent et fermeront le livre. Paradoxalement, pour moi qui ai adoré le livre, cette lenteur m'a aussi été pénible. Et non pas parce qu'il ne se passait rien. Au contraire, il se passait trop de choses ! Et, m'ayant identifié totalement au personnage, j'ai souffert tous ces petits affronts, toutes ces humiliations, ce harcèlement constant des journalistes… Et c'est cette avalanche d'épreuves vécues en même temps par Sherman Mac Coy et par le lecteur qui fait, à mon sens, tout le caractère insoutenable mais magnifique de cette œuvre.
    On a aussi l'impression que Sherman souffre plus que nous ne souffrions nous même confrontés à la même situation. Parce que Sherman Mac Coy cumule les circonstances aggravantes : sa gaucherie, sa situation confortable, son destin qui s'est déroulé jusque là sans accroc et qui ne l'a pas préparé à se battre dans cette jungle impitoyable qu'il découvre dans la situation la plus incommode que l'on puisse imaginer. Il apparait comme le parfait coupable, riche et insouciant, coupable d'un fait qui sera exagéré pour en faire un exemple, pour démontrer qu'un homme blanc et riche ne peut pas impunément écraser un noir pauvre, l'abandonner à son sort, puis s'enfuir en toute impunité, comme si rien ne s'était passé.
    Et c'est ce qui est le plus paradoxal et le plus intéressant dans ce livre. C'est au nom de valeurs supérieures d'égalité et de justice que tous ces petits magouilleurs du monde judiciaire, politique, et journalistique le cloueront au pilori, lui qui finalement est le plus innocent, lui qui n'était même pas au volant de cette Mercedes noire, une nuit dans le bronx…

    Mon explication du titre :« Le bûcher des vanités », traduction littérale de « The Bonfire of the vanities ».

    Sherman Mac Coy est cloué au pilori, il est brûlé en place publique. À mon sens, ce sont les vanités des acteurs du monde judiciaire, politique et journalistique qui alimentent le feu du bûcher. Cet excellent titre est donc des plus appropriés.

    Les plus :

    - Descriptions des lieux, des professions vues de l'intérieur, des travers de tel ou tel groupe social (habillement, façon de parler, de se comporter, de penser).
    - Descriptions des personnages qui permettent au lecteur de s'y identifier totalement.
    - En une phrase, Tom Wolfe résume le paradoxe des situations. Exemple : « Donc, Sherman qui était venu pour virer son avocat lui signa un chèque de 75 000 $ ».
    - Beaucoup d'humour, on trouve même une blague !

    Les moins :

    - Des récapitulatifs de ce qui s'est passé jusque là présentés sous forme d'articles de journaux. Ils alourdissent le récit inutilement.
    - Après tant de pages, la répétition des expressions propres à l'auteur que l'on trouvait géniales en début de lecture finissent par lasser.
    - Quelques expressions galvaudées. Un problème de traduction ?

    Ma note : 10/10 Gros coup de coeur !
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The Bonfire of the vanities
    Traduction : Benjamin Legrand
    Cinq années séparent "Le bûcher des vanités", paru en 1987, de l'"American Psycho" de Brett Easton Ellis. Cinq années sans doute décisives dans la montée en extrêmisme de la violence aux USA puisque, derrière la critique au vitriol d'une certaine société, le roman d'Ellis est un authentique festival "gore." Pourtant, si l'on a déjà lu l'un des deux ouvrages, automatiquement, on ne peut que songer à lui en se plongeant dans l'autre.
    A la différence de Patrick Bateman qui vit complètement déconnecté du monde qui est le sien, Sherman Mc Coy, le héros du "Bûcher ...", ne boit pas (ou alors très peu), ne se drogue pas, ne participe à aucune orgie. Solidement ancré dans un monde dont il se croira longtemps l'un des Maîtres avant de s'apercevoir que tout cela n'est qu'illusions, Mc Coy se veut bon père et plutôt bon mari. A cette exception près qu'il a épousé une femme un peu plus âgée que lui, qu'il approche de la quarantaine et que la chair est faible.
    Il a donc pris pour maîtresse la femme d'un richissime financier de la Cinquième Avenue, Maria Ruskin, belle plante pas trop sotte née dans le Sud des Etats-Unis et qui s'exprime en conséquence avec cet accent chantant, bien propre à adoucir les syllabes anglo-saxonnes, qui - nous le savons tous depuis "Autant en emporte le vent" et Margaret Mitchell - est celui de la Caroline.
    Or, un soir qu'il va la chercher à l'aéroport alors qu'elle revient d'Europe, il rate une sortie pour rentrer sur Manhattan. Et voilà nos deux tourtereaux habillés sur mesure et chaussés de même à bord d'un coupé Mercédès haut-de-gamme au beau milieu du Bronx. La panique montant, ils tournent un peu en rond avant de repérer une rampe qui devrait les ramener sur la bonne voie. Et c'est alors que, devant eux, ils découvrent une roue de voiture abandonnée sur la chaussée. Sherman arrête sa voiture, descend pour dégager la route. Se dressent alors devant lui deux jeunes Noirs à qui le golden boy déboussolé prête immédiatement de mauvaises intentions. (Ce en quoi, on le verra plus tard, il n'avait pas tout à fait tort.)
    Pour ne pas être agressé, Sherman agresse mais le plus grave, c'est que, en manoeuvrant la voiture pour foncer droit devant eux, Maria, qui a pris le volant, heurte le deuxième Noir. Celui-ci s'étale et le drame peut commencer.
    La force de ce livre, qui était, je crois, un premier roman, c'est de dépeindre au lecteur un monde qui, de quelque côté qu'on le prenne, est fondamentalement truqué. Certes, Sherman est coupable de délit de fuite et de non assistance à personne en danger. Mais sa victime, qui omet de signaler la voiture qui a failli l'écraser aux infirmiers qui l'hospitalisent peu après pour un poignet cassé, se montre tout aussi lâche parce qu'elle craint d'apprendre ainsi à sa mère que, au moment de l'accident, elle se trouvait en compagnie d'un dealer bien connu des services de police.
    Et si le dealer en question finit par témoigner, ne vous y trompez pas : ce n'est pas par solidarité envers Henry Lamb, son frère de couleur, mais bel et bien parce que, coincé dans l'un de ses trafics, il espère que l'Attorney général se montrera clément envers lui s'il charge Mc Coy à mort.
    De même, le tapage orchestré autour de l'affaire Lamb-Mc Coy n'a rien à voir avec la soif de la justice. Ses fondements sont politiques : le maire de New-York, qui est blanc, s'est vu sifflé et conspué à Harlem, il a besoin de se refaire une santé tandis que le Procureur général, Abe Weiss, veut à tout prix être réélu à son poste. Parmi ses adjoints, Lawrence Kramer, qui nous apparaît tout d'abord comme assez sympathique, finit par se révéler le pire arriviste qui soit. Idem pour le journaliste britannique Peter Fallow qui, en perte de vitesse dans sa boîte, saute sur l'affaire pour reconquérir la confiance de son directeur - dont il finira d'ailleurs par épouser la fille. Quant au révérend Bacon, le pasteur noir qui lance l'affaire, il jongle trop avec l'argent pour s'affirmer aussi intègre et aussi désintéressé qu'il le prétend.
    Bref, en l'espace d'un peu plus de 900 pages en LP, Tom Wolfe empoigne son lecteur et le retourne comme une crêpe, avec une telle maestria qu'il se retrouve à l'épilogue prêt à soutenir Mc Coy et la seule personne qui défend encore la justice à ce moment là, le juge Kovitsky.
    Et pourtant, après le décès de Henry Lamb, vaincu par des intérêts politiques bien trop importants, Sherman Mc Coy sera définitivement immolé sur le bûcher de l'Opinion publique, cette entité monstrueuse qu'il est si facile de manipuler lorsque l'on détient les postes-clefs.
    En cette période de notre histoire où les medias marchent plus que jamais main dans la main avec les politiques, il faut lire "Le bûcher des vanités." ;o)
    _________________
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    • Livres 5.00/5
    Par snybril, le 18 août 2009

    snybril
    New York brûle-t-il ?
    Octobre 2008, la réalité rattrape et dépasse la fiction. L'économie mondiale anéantie par des années de spéculation et de vie à crédit. C'est bien tout le problème avec les crédits, il faut un jour les payer. Nous vivons des jours sombres qui montrent bien le danger d'une fuite en avant éternelle. On sent qu'avec la crise américaine, l'histoire tremble. Peut-être qu'une nouvelle page va se tourner. Ou peut être que les harpies d'un capitalisme abrutissant trouveront une autre solution pour endormir la population pour encore quelques années. Je ne suis pas devin, encore moins économiste et les hautes sphères de la finance internationale m'échappent. Je ne me hasarderais donc pas à établir un pronostic. Je me contenterais de parler du livre que j'ai lu à mon retour des Amériques. Le bûcher des vanités présente une analogie troublante avec la situation actuelle.
    Bien sur l'échelle du livre se veut plus restreinte, c'est la déchéance d'un homme qui s'étale pendant près de mille pages. C'est aussi sa chute du firmament de Wall Street, des salons dorés où les maîtres manipulent les puissants leviers qui font tourner le monde. Aujourd'hui il semblerait que ces maîtres du monde se retournent piteusement vers l'illusion honnie de l'état providence. le gouvernement fera tout pour sauver ces braves financiers, quitte à sacrifier un peu plus l'avenir du peuple. Dans ce beau pays de la liberté où les gens sont libres de travailler au fast food passé soixante dix ans, où les rues sont un toit normal pour les misérables, où les mères de famille sont obligées de cumuler les emplois sous payés pour pouvoir survivre.
    Enfin bref, ce n'est pas vraiment l'objet de mon propos. Dans Le bûcher des vanités, Tom Wolfe ne nous expose pas seulement la fragilité du capitalisme derrière son armure d'orgueil. Il détaille les rouages du pouvoirs. Pas seulement le pouvoir superficiel qui émane de la célébrité et du luxe. Ce monde de l'illusion dans lequel baigne le protagoniste principal du roman. le financier arriviste et talentueux de Wall Street va découvrir un autre pouvoir qui va le détruire. Un soir alors qu'il ramenait sa ravissante maîtresse chez lui, il va se tromper de route et se retrouver par malchance dans les quartiers malfamés du Bronx. Luttant pour s'enfuir d'un guet-apens, il va par mégarde écraser un noir. C'est alors que les rouages du pouvoir vont se mettre à le broyer. Les luttes d'influence terribles entre la communauté noire qui saisit le prétexte du racisme pour accuser une certaine justice blanche réputée aveugle, sauf quand il s'agit de protéger les siens. Justice qui pour se dédouaner et arranger les visées électorales ou amoureuses de ses personnels va mettre un excès de zèle à trouver l'homme de Wall Street et à briser ce symbole de l'intouchable. Entre les deux, le troisième pouvoir de la presse distribue les cartes et séduit ou punis ses favoris.
    En bref, c'est une oeuvre majeure que ce bûcher des vanités qui brûle consciencieusement tous les miroirs et artifices de la coquetterie pour montrer une vérité crue et douloureuse. Bien sûr le livre n'est pas exempt de défauts, notamment avec la manie de l'auteur qui cherche à restituer phonétiquement tous les bruits où même les accents des personnes. Bien sûr certains aspects psychologiques des personnages ne sont pas crédibles, bien sûr certaines allégories sont trop longues. Mais malgré tout et malgré sa longueur le livre se dévore d'une seule traite.
    Derrière ce monument, on découvre les facettes de la vie New Yorkaise dans toutes leurs complexités et leurs artifices.
    C'est l'une des meilleures surprises de l'année pour moi. Avec la découverte de Dennis Lehane comme auteur de chevet. Je recommande plus que chaleureusement pour ceux qui veulent découvrir la culture américaine, sulfureuse et fascinante.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2008/10/new-york-brle-t-il.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 13 août 2011

    Bigmammy
    Par ces temps de chaude bataille judiciaire à New York, il est utile de lire (ou de relire) le superbe roman de Tom Wolfe, qui n'est pas loin d'avoir exercé le don de prophétie.
    Qu'on en juge : un brillant trader de Wall Street, Sherman MacCoy, va un soir chercher sa maîtresse, la belle Maria à l'accent du Sud, à l'aéroport Kennedy. Rentrant vers Manhattan dans son beau coupé Mercèdes, il rate un embranchement et se perd dans le Bronx. Les amants se trouvent bientôt dans une impasse, où deux garçons noirs leur apparaissent menaçants. Maria prend le volant, et se dégage en heurtant l'un des deux gamins. En bonne sudiste, elle refuse d'appeler des secours, et d'aller avouer quoi que ce soit, et Sherman cède.
    Hélas, le jeune homme est gravement touché. Or sa mère n'est autre qu'une proche collaboratrice d'un prêcheur très politique, qui fait trembler le Maire de New York et le Procureur (élu) du Bronx, et manipule chaines de télévision et tabloïds en leur offrant des scoops saignants.
    Tout va basculer pour Sherman, accusé de mise en danger et de délit de fuite. le trader issu de Yale est incapable de se débrouiller dans un univers digne De Balzac ou Zola – Wolfe appelle un de ses personnages Lantier -, et plus encore de JéRome Bosch. Vous allez découvrir une des plus belles collections de salopards de toute la littérature. Mention spéciale pour Kramer, petit Procureur-adjoint haineux, Lopwitz, le patron hypocrite et indifférent de la prestigieuse Banque d'investissement Pierce and Pierce, Fallow, le journaliste anglais alcoolique, et Vogel, avocat agitateur qui vous rappellera quelqu'un.
    Au-delà de la mauvaise joie que peuvent vous procurer ces marionnettes, ce « Bûcher » vous ouvrira des abîmes d'inquiétudes sur notre société urbaine (Hackney et le 9-3 ne sont pas différents du Bronx) où les inégalités creusent la haine raciale.
    Pour ceux que ce pavé rebuterait, il y a bien un film, tourné en 1991 par Brian de Palma avec d'excellents acteurs, notamment Melanie Griffith dans le rôle de Maria, Tom Hanks dans celui de McCoy et Bruce Willis dans celui de Fallow. Mais, comparé au roman, il est très fade.
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    • Livres 5.00/5
    Par yokai, le 07 novembre 2011

    yokai
    C'est le premier livre de Tom Wolfe que je lis et quelle claque. le moins que l'on puisse dire c'est que l'on prend ce pavé de 900 pages en pleine figure. Les descriptions sont précises et font montre d'une grande lucidité et perspicacité de la part de l'auteur. Les dialogues sont terriblement efficaces, parfois drôles mais surtout sonnent vrai. Ce livre est le livre de New York des yuppies de Manhattan aux malfrats du Bronx. Toute une kyrielle de personnages se débat dans cette ville présentée comme LA ville du XXème siècle. Au fil de l'histoire, on sent bien que les destins des personnages vont finir par se croiser. On voit le terrible piège tissé par Tom Wolfe se mettre en place dans une mécanique implacable. Les fils de cette toile ne sont pourtant pas grossiers mais diaboliquement bien arrangés. On prend beaucoup de plaisir à les découvrir puis à les suivre pour voir les personnages s'agiter et glisser pourtant irrémédiablement vers cet abîme. On comprend peu à peu quel rôle va jouer chacun dans cette grande pièce dramatique.
    Le chien sait quand il est temps de se changer en animal et de se battreBizarrement et contrairement à certains ouvrages, le fait que l'on puisse deviner ce qu'il va se passer ne nuit pas du tout à l'histoire. Au contraire, ça ne fait que renforcer son intérêt. Au lieu d'y aller à l'aveuglette et de se faire mener on ne sait où par l'auteur, on le suit, on comprend ce qu'il fait, on acquiesce, on sourit avec connivence et souvent on applaudit.
    C'est une satire sociale, la lutte des classes, une nouvelle comédie humaine par celui qui admire et que l'on compare souvent à Balzac. Force est de constater qu'il a l'étoffe du grand romancier tant sa maîtrise de la narration et des dialogues est grande. Ne vous laissez pas effrayer par la taille impressionnante de ce livre et plongez-y tête la première sans hésiter. C'est l'un des mes plus gros coup de coeur.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2011/03/le-bucher-des-vanites-par-tom-wolf..
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Citations et extraits

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  • Par Scrap-girl, le 26 septembre 2010

    Tu veux qu'on se rappelle de toi pour quoi? Parce que tu avais un putain de manoir à Riverdales ou à Greenwich ou dans la vallée des Sauterelles? Ou parce que tu as créé une "différence"?
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