Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes)
Journal intégral : 1915-19414Ajouter à mes livres
Virginia Woolf a quinze ans lorsqu'elle trace les premières lignes de son Journal. Après de nombreuses interruptions, elle en reprend l'écriture en 1915, et le tiendra jusqu'à son suicide en 1941. C'est l'ensemble de cette période captivante que couvre ce volume alors q... > voir plus
je note tout cela pour les babéliennes et les babéliens :
pour apporter de l'eau à leur magnifique moulin (de Pologne,
de Don Quijote, de Pagnol, et de partout ailleurs)
Je vois bien qu'il faudrait presque tout noter des 1552 pages et mes petits doigts agiles ne me suivent plus ; un recours : lire ce journal, ce que je vous souhaite.
Considérant que mes oreilles sont restées vierges de musique depuis plusieurs semaines, je pense que le patriotisme est une émotion basse. ... On a joué l'hymne national et un cantique et je n'ai constaté qu'une absence totale d'émotion chez moi comme chez les autres. Si les Anglais parlaient ouvertement de WC et de fornication peut-être seraient-ils remués par des émotions unvierselles. Les choses étant ce qu'elles sont, toute incitation à vibrer en commun est irrémédiablement gâchée par les pardessus et manteaux de fourrures qui s'interposent. Je commence à abhorrer mon espèce, surtout après avoir considérer les visages dans le métro. Vraiment, je trouve plus agréable de regarder du boeuf cru ou des harengs saurs.
Et voilà qu'aujourd'hui, le poids qui me pesait sur le crâne m'a été brusquement enlevé.
Je suis capable de penser, de raisonner, de suivre une idée
et de me concentrer.
Peut-être est-ce le début d'un nouveau jaillissement.
Peut-être le dois-je à ma conversation avec L. hier soir.
J'essayais d'analyser ma dépression
d'expliquer comment mon cerveau est harcelé
par ce conflit intérieur entre deux types de pensée :
la pensée critique et la pensée CREATRICE,
et combien je suis épuisée par la lutte, les heurts,
l'incertitude extérieurs à moi.
Ce matin, je me sens la tête fraîche et tranquille p 950
p 840 J'ai besoin de solitude, j'ai besoin d'espace ; j'ai besoin d'air. J'ai si peu d'énergie.
J'ai besoin d'être entourée de champs nus, de sentir mes jambes arpenter les routes ;
besoin de sommeil et d'une vie tout animale.
Mon cerveau est trop actif.
Voici mes résolutions pour les trois mois qui viennent, premier tour de piste de l'année (1931) :
D'abord, n'en prendre aucune. Ne pas s'engager.
Ensuite, défendre ma liberté et me ménager ;
ne pas m'obliger à sortir mais rester plutôt seule à lire tranquillement ...
Mener les Vagues à bonne fin
Ne pas me soucier de gagner de l'argent.
En ce qui concerne Nelly, (la bonne) maîtriser mon exaspération en me persuadant bien que rien ne mérite que l'on cède à l'exaspération.
Si Nelly recommence à m'exaspérer : la renvoyer.
Puis ... enfin, la résolution qui vient en tête est la plus importante :
s'abstenir de toute résolution.
p 859
Maintenant, il s'agit de vivre avec ENERGIE et décision,
EPERDUMENT.
Expédier chaque journée avec autorité.
Presser le mouvement.
Sentir chaque jour comme une vague qui se jette
contre vous.
Ne pas perdre son temps et ses forces à hésiter
sur ceci ou cela, mais faire avec décision
ce qui se présente ;
Acheter un manteau, des meubles ...
C'en est fini des hésitations et des regrets.
Voilà comment il convient de mener ma vie maintenant
que j'ai 48 ans :
lui donner de plus en plus d'intérêt et de COULEUR à
mesure que je vieillis.
tout cela est bien joli mais qu'est-ce que ça devient
quand Nelly tombe malade et doit se faire opérer des reins ?
La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2 Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com