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Critiques sur La Promenade au phare (14)


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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 18/12/2011


    Le phare, cette balise permettant d'aborder des eaux plus calmes, se retrouve dans les trois axes principaux de La Promenade au phare de Virginia Woolf dont la prose sensible et poétique crée une aquarelle aux reflets lumineux changeants dans le contexte vacancier des Nouvelles Hébrides battues par Les Vagues et le vent.
    Le cadre est une immense maison délabrée où gravitent une famille de huit enfants et plusieurs amis ou connaissances.
    Le phare "blanc sur l'eau bleue", peint de loin et de façon très réaliste par Lily Briscoet est déjà dans les lieux sous forme allégorique. Mrs Ramsay "des étoiles dans les yeux,des voiles dans les cheveux,parée de cyclamens et de violettes des bois" incarne le bonheur éclairant de ce havre de douceur et de paix. Charles Ramsay, son époux, philosophe, fier de sa beauté rayonnante, puise dans ses yeux l'assurance de son génie (ne le considère-t-elle pas comme "le plus grand métaphysicien"?). Elle est lumineuse pour ses enfants ("Voici l'être qu'il nous faut"). Elle est "aile d'argent" pour les uns, elle "porte le flambeau de sa beauté" pour les autres.
    Sa mort et celle de deux de ses enfants sera tempête, mais cette promenade Au Phare réalisée concrètement quelques dix ans plus tard dans une balade en bâteau sera renaissance (par l'acceptation des deuils subis),passation de pouvoirs (d'un père austère à un fils en quête d'approbation), liberté (arc-en-ciel qui soudain percerait la grisaille de la brûme environnante).
    Beaucoup d'éléments de la vie de l'auteur (lieu de vacances,figure paternelle du philosophe lointain et admiré, mère parfaite disparue trop tôt,milieu bourgeois et intellectuel) se retrouvent dans cet ouvrage.
    J'ai aimé les images extrêmement poétiques qui déferlent à chaque coin de phrase comme Mrs Ramsay; beauté presque surnaturelle, panier au bras, ombrelle déployée, qui file, ondoyante et sereine,à travers les dunes vertes, "pays lunaire et inhabité des hommes"; figure de proue de cette ile-navire tenant bon la barre à travers le temps.
    J'ai aimé le ressac des mots "chute monotone des vagues sur la plage", le "roulement cadencé des pensées", le rythme psalmodié entrecoupé de vers de Tennyson.
    J'ai aimé les "sens avivés", le regard intense de Lily Briscoet captant "la pulsation de la couleur qui inonde le golfe de bleu", son évolution qui, malgré son insignifiance, retranscrira l'émotion entre conception et réalisation de son tableau pour imposer sa vision et entraîner le lecteur dans l'art pictural du XIX° siècle marqué par le passage d'un simple réalisme à un impressionisme inspiré.
    Virginia Woolf auteur phare de la littérature anglaise, influencée par Proust et Joyce,appréciée pour ses envolées lyriques et l'émergence de ses voix intérieures laisse sous-entendre, dans La Promenade au phare, une série d'interrogations sur la vie,l'amour,l'art,la lutte contre la fuite du bonheur et le dépassement du deuil qu'elle clot par l'espoir.
    Une vision moins angoissée que celle de Mrs Dalloway, roman dans lequel transparaît sa propre fêlure puisqu'elle se suicidera par la suite et Entre les actes dans lequel son souhait prémonitoire "Puisse l'eau me recouvrir" se réalisera malheureusement.
    Les grands poétes sont-ils des dépressifs entrainés par leur propre vertige ?

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



  • Par Kittiwake le 03/09/2011


    Promenade dans les méandres de la pensée, et vanité de la destinée seront les préambules de cette promenade Au Phare.
    Dans la première partie, les personnages nous font partagés leurs monologues intérieurs, ceux qui constituent le bruit de fond de notre pensée, constitués de ruminations des événements passées, d'analyses en boucle de scènes vécues ou imaginaires ou de supputations à propose d'un futur plus ou moins proche, nous interdisant de vivre l'instant présent. La maitresse de maison est le pilier de cette assemblée, et sous des dehors apparemment solides et stables est la reine des ratiocinations. Autour d'elle gravitent famille et amis : son mari, philosophe tourmenté, conscient d'avoir atteint ses limites (la lettre Q), très centré sur lui-même, un ami, référence culturelle de service, les enfants, dont l'un ne rêve que du phare, une peintre trop sensible au jugement extérieur et dont le féminisme n'est qu'embryonnaire.

    Tout ce petit monde, bien incarné s'évanouit avec la disparition de sa pièce maitresse, et c'est la nature et son entropie qui prend la barre : c'est l'effondrement de ce microcosme, transcrit en insistant sur la rapidité de cette déliquescence, et que l'on visualise clairement, comme au cinéma lorsque les images sont accélérées. C'est le déroulement inéluctable des saisons, les destinées individuelles ne sont alors que des anecdotes : «La maison était abandonnée ; la maison avait été désertée. elle était abandonnée comme un coquillage sur une dune, qui va s'emplir de grains de sables maintenant que la vie l'avait quitté»

    Puis la maison ressuscite, à seule fin semble-t-il d'achever ce que la mort avait laisser en suspens, cette promenade Au Phare, même si elle n'est plus désirée. Ce pèlerinage doit avoir lieu. On y participe dans le bateau avec les passagers et de l'extérieur : Lili la peintre suit la progression de l'embarcation, en proie à ses démons.

    C'est une lecture qui demande de l'attention : les phrases sont longues et travaillées. On retrouve l'ambiance de «Mrs Dalloway» et à de nombreuse reprises les pensées attribuées aux différents personnages semblent bien surgir de l'univers intérieur de l'auteur. On y voit poindre l'angoisse et l'imminence de la folie.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



  • Par keisha le 10/01/2010


    Après L'art du roman qui m'avait enthousiasmée, j'étais mûre pour me lancer dans la lecture d'un roman de Virginia Woolf et avais sollicité les avis de blogueuses averties; conclusion: Mrs Dalloway devait attendre un peu.

    Monsieur et Madame Ramsey sont installés pour l'été dans une grande villa sur la côte, à quelque distance d'une ile ou s'élève le fameux phare du titre. Dans une première partie où Madame Ramsey est quasi omniprésente, est en balance une promenade Au Phare, "s'il fait beau demain". Madame Ramsey tricote, s'occupe de la bonne marche de la maison, préside un dîner, joue les marieuses.
    Sans crier gare, dans une deuxième partie extraordinaire, la maison est abandonnée pendant dix ans aux éléments, aux animaux et à la végétation. A trois reprises, en passant, le destin de trois personnages est révélé brusquement. Les femmes de ménage reviennent, la vie va reprendre.
    Enfin en troisième partie, La Promenade au phare longtemps différée a enfin lieu, cependant que leur hôte Lily Briscoe vient à bout de son tableau.
    Evidemment ce n'est pas l'histoire qui est essentielle, n'est ce pas?

    Je me suis laissée bousculer par le style de Virginia Woolf. Oh rien de très difficile à suivre. On passe d'un personnage à l'autre, d'une action, d'une bribe de dialogue, à des réflexions, parcourues de réminiscences. Les personnages dansent une sorte de ballet sous nos yeux. Au fil des pensées une autre s'impose, disparaît, revient. Une ironie très très subtile parcourt le texte. C'est surtout une lecture d'impressions, baignée de poésie, et mine de rien chaque personnage peut montrer plusieurs facettes et être rendu sympathique. du grand art!

    Conclusion? I survived my first Virginia Woolf, et je vais continuer. C'est un grand moment dans la vie d'un lecteur d'être encore étonné par une sublime découverte.

    Lire la suite: http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-promenade-au-phare-41330093.html#ixzz0cClaj1YY


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-promenade-au-pha..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par zohar le 30/03/2011


    A première vue, rien ne semble émerger de ce roman où l'intrigue est banale, et où il ne se passe presque rien, mais que soulèvent, pourtant, des émotions auxquelles il n'est pas facile de résister.
    Dans « La Promenade au phare », c'est à travers la conscience chaotique des personnages (et que le langage tente d'articuler de façon ordonnée) que nous vivons les évènements.

    Le roman se présente comme un diptyque à l'intérieur duquel la romancière nous plonge dans un de ses thèmes favoris : le temps !
    Le premier tableau narre la famille Ramsay et ses huit enfants en vacances sur une île (au large de l'Ecosse) avec la vue qui s'offre au loin sur un phare. A la promesse faite à l'un de ses fils (à la veille de la Grande Guerre), Mrs Ramsay décide d'aller y faire une petite excursion. Mais, à cause du temps et des évènements, cette promenade ne se fera que dix années plus tard.
    S'ouvre ainsi le deuxième tableau où La Promenade au phare aura, effectivement, lieu mais avec son noir cortège de deuils : la guerre a éclaté avec son convoi de larmes, et dans la famille Ramsay, deux des enfants sont morts dont un tué au combat, et Mrs Ramsay, elle-même est passée de la vie à trépas!
    Aux instants de quiétudes partagés (dans le premier volet, dix ans plus tôt), il ne reste plus que des souvenirs flous, et des fantômes fuyants (dans le second volet, dix ans plus tard).
    Le temps fuit inexorablement et laisse sur son chemin des empreintes qui ont un arrière goût de cendres sur la langue. Virginia Woolf inclut toujours les instants fugitifs dans la part d'éternité : la vie vous donne un sursis puis reprend sans répit !
    Au-delà d'une solide construction au regard de la composition du récit: les écarts temporels, l'alternance de points de vue narratifs, etc.
    Tout le charme du livre se trouve dans l'utilisation d'une prose (à la fois musicale et poétique) comme en retrait d'elle-même, à force de retenue ! Peut –être, pour mieux nous baigner dans les pensées et les perceptions des personnages.
    Par rapport au langage, son langage(Virginia Woolf) acquiert,ici, une sorte de précision « visuelle », concernant les descriptions de paysages et des personnages.
    Les «évocations visuelles » résonnent dans toute l'œuvre, à travers le temps et l'espace où, par un jeu de miroir, la romancière y met toute sa sensibilité littéraire, et « Art-istique » (nous lisons ce roman comme si l'auteur peignait devant nos yeux, à chaque mot lu, à chaque page tournée…). Ici, c'est le regard des personnages (et bientôt celui du lecteur) qui crée des mondes et des songes. Ne dit-on pas «…que l'importance soit dans le regard, non dans la chose regardée !... » (A.GIDE, in, Les nourritures terrestres).

    « La Promenade au phare » rassemble tous les thèmes essentiels de V.W : la mort, la fascination de l'eau, les instants éphémères et fugitifs, et le temps qui est traité ici de long en large.
    Il n'y a pas de solution définitive à l'angoisse, à moins qu'on ne se dépouille de tout désir, ce qui ne peut arriver qu'à l'extrême fin de la vie. Telle est l'idée principale de ce roman.
    Ici, V.Woolf analyse méticuleusement les effets, mais fait silence sur les causes. Et, c'est ce silence qui doit être médité.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par 270778 le 14/07/2010


    Quand un simple projet de promenade Au Phare cristallise toutes les désillusions, les peurs, rancoeurs et désirs inassouvis des membres d'une famille et de son entourage proche ... on est dans un chef d'oeuvre de Virginia Woolf, ou plutôt devrais-je dire un de ses nombreux chef d'oeuvre. Roman sur l'art (la souffrance de Lily, peintre qui n'arrive jamais à fixer sur la toile la richesse du tableau qu'elle a dans la tête), la conscience du temps qui s'écoule (dans la lignée de Proust, auteur adoré par Woolf et qui lui donnait même des complexes), mais aussi sur l'amour, l'enfance et la mort.
    Dans ce très beau roman écrit à 45 ans et qu'elle considérait elle-même comme son livre le plus réussi, Virginia Woolf rend également un hommage à peine détourné à sa mère disparue à travers le personnage de Mrs Ramsay : c'est elle le vrai phare du livre, lumineuse et bienveillante.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par Heureuse le 23/11/2010


    J'ai essayé de le lire mais je n'ai pas dépassé les 10 pages. L'écriture m'est absolument insupportable. Dommage car elle a pas mal d'amateurs et je sens que je rate quelque chose.
    Mais pas grave non plus...

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par patacaisse le 14/07/2010


    Je pense que c'est le livre que j'ai mis le plus de temps à lire de toute ma carrière de lectrice. Ce livre raconte les vacances au bord de mer d'une famille et de leurs amis. Tout les personnages sont décrits finement au niveau psychologique. Tout le récit est fait de subtulité, d'introspection, d'observations des personnages. ...


    Lien : http://patacaisse.wordpress.com/2010/07/14/vers-le-phare-de-virginia..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 0.00/5
    Par vda le 14/04/2010


    Virginia Woolf, par son écriture, le flottement de son fil narratif de personnage en personnage parvient réellement à écrire quelque chose de l'intime, de la pensée personnelle des êtres, de leur propre flottement entre l'être qu'ils sont et celui que le moule de la civilisation voudrait leur voir les voir revêtir.
    La visite Au Phare n'aura pas lieu du vivant de Mrs Ramsay, mais bien des années plus tard, après sa mort, soumise à l'impérieux désir de Mr Ramsay. Deux journées s'opposent dans le roman, l'une sous l'égide de la mère, douce et persuasive, certaine du rôle dévolu à son sexe, la seconde sous celle du père, flottant entre assurance et demande impérieuse de la sympathie des femmes. Toutes deux perçue à travers une mosaïque de pensées appartenant aussi bien aux adultes qu'aux enfants présents, aussi bien aux protagonistes de premier plan qu'aux personnages sans action tels Lily Briscoe, vieille fille et peintre.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Fab le 28/05/2008


    Roman assez court qui donne une bonne idée du style de l'auteur britannique.
    Sans être profondément autobiographique, Vers le phare contient de nombreuses références à l'enfance de Virginia Woolf.

    Lire l'intégralité de cette critique sur mon blog : http://carnetdunelectrice.over-blog.com/article-18755742.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par AmandineMM le 12/08/2011


    Une lecture qui fut longue et pénible, surtout au début, mais que j'ai enfin achevée. le roman est divisé en trois parties inégales: plus ou moins 160 pages, 20 pages et 80 pages. le roman commence avec La fenêtre où se trouve Mrs Ramsay autour de laquelle gravitent les autres personnages. Cette première partie se déroule pendant une seule (et interminable) journée. Les faits qui s'y déroulent sont mineurs, presque insignifiants ; ce qui est raconté n'est pas des actions, mais les pensées et le point de vue des personnages les uns sur les autres. La narration n'est jamais "neutre", mais toujours prise en charge par le regard de l'un ou de l'autre. Les transitions entre les différents regards ne sont d'ailleurs pas explicitement marquées, ce qui est assez déconcertant au début et ne facilite guère la lecture. A l'issue de cette première journée, le temps passe: la maison est déserte et à l'abandon pendant plusieurs années, les uns mourant et d'autres survivant. C'est cette partie que j'ai personnellement préféré: on ne se sent plus accablé par les innombrables et futiles pensées de chacun, la nature reprend ses droits, ce qui donne lieu à de magnifiques descriptions. Malheureusement, cela ne dure pas plus d'une vingtaine de pages: les personnages restants reviennent et se déroule à nouveau une journée pendant laquelle ils font cette expédition Vers le phare promise au début du roman. Leurs pensées sont autant tournées vers les autres que vers les absents, mais toujours subsiste cette difficulté à communiquer qui les caractérise tous. le roman se clôt par la touche finale posée par la peintre sur son tableau: elle a enfin compris ; moi pas: le sens de ce roman, des liens et relations entre ces personnages m'échappe toujours et ne me laisse qu'une sensation d'ennui et d'inutilité.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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