> Bernard Brugière (Préfacier, etc.)
> Marie-Claire Pasquier (Traducteur)

ISBN : 2070387410
Éditeur : Gallimard (1981)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 170 notes) Ajouter à mes livres
Les préparatifs d'une soirée, l'errance mentale d'un personnage énigmatique... C'est sur ces rares éléments d'intrigue que repose le récit d'une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Dans sa première oeuvre véritablement ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (24)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par bib_aulnay, le 24 janvier 2012

    bib_aulnay
    Mrs Dalloway : Conférence de Jean Delabroy le 19 janvier 2012 – Notes d'Edwige
    (références pages : édition Folio 2643)
    Un livre féminin, drôle et grave, une pierre précieuse dans l'histoire des formes romanesques (au même titre qu'Ulysse de Joyce : Dublin le 16/06/1904).
    Virginia Woolf (1882/1941) n'a pas eu le courage de peser sur son existence « j'entends à nouveau des voix et je ne le supporte pas » ; sa porosité maladive au monde lui donnait des hallucinations. le personnage de Septimus dans ce roman est chargé de toute cette proximité avec la folie. Il la porte pour en dégager Clarissa. Ce roman a été écrit quand elle avait 43 ans. Publié en 1925, il entre directement dans la littérature mondiale, comme un « laboratoire de formes romanesques ».
    Ulysse et MrsD ont des points communs sidérants comme le déroulé sur une seule journée en juin.
    . Ulysse est une construction conceptuelle. Joyce a construit une cathédrale, une architecture vissée au boulon près, en réquisitionnant toute l'histoire du monde.
    . MrsD est une économie de la fluidité. Ce roman a 30 ans d'avance sur le cinéma : travail sur le passage d'une réalité à une autre, préfigurant les plans continus cinématographiques. La fluidité synonyme de vitesse. L'air devient de l'eau, avec la répercussion sonore des cloches de BigBen (et de l'autre église avec un léger retard) qui donne une scansion au roman.
    Ce roman est drôle (comme l'oeuvre de Proust avec sa méchanceté sur les aspects mondains de sa société) mais grave aussi : c'est l'expérience philosophique du temps. Comment s'arracher à l'insignifiance , comment la transmuter en interrogation métaphysique sur le prix de la vie ?
    V.Woolf donne des coups brusques, comme on referme un accordéon en écrasant toutes ses notes dans un effet solennel (mot qu'elle emploie souvent) : c'est une virtuose de ce travail d'écrivain. Cf. p.167-170 « Un son l'interrompit ; un son frêle tremblotant, une voix .. …. Où dormait-elle la nuit ? »
    Virtuose dans sa manière de traiter l'espace, ce tout petit quartier de Londres, grâce à des objets tiers en mouvement : la voiture mystérieuse, puis l'avion. Autour de ces objets se greffent simultanément une série de personnages dont certains s'installent en puissance comme Septimus.
    Roman de l'incessant passage (jamais d'immobilité sauf certains cas précis (« il y avait un vide au cœur de la vie » p.99 ou p. 124 « Comme un nuage passe devant le soleil, .. et tombe sur l'esprit. le temps claque contre le mât. Là nous nous arrêtons. Là nous nous tenons debout. Rigide, le squelette des habitudes soutient seul la charpente humaine. Dans laquelle il n'y a rien, se dit Peter Walsh ; se sentant comme creusé, vidé de l'intérieur.) du monde moderne, VW a transformé la facture du roman, comme Apollinaire celle de la poésie
    (Zone – début :
    À la fin tu es las de ce monde ancien

    Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
    Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

    Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
    La religion seule est restée toute neuve la religion
    Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

    Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
    L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
    Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
    D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
    Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
    Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
    Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
    Portraits des grands hommes et mille titres divers
    ou Cendrars (Prose du transsibérien).
    L'art romanesque de VW est fondé sur le déplacement perpétuel (pas de fin).
    Son expérience sensible du temps est celle de Bergson (Nobel en 1927/mort en 41), que Deleuze est allé chercher pour comprendre la modernité.
    C'est dense, voire saturé, et c'est une danse perpétuelle.
    Mais les vides dans la ville sont à remplir : la fonction de l'avion. La ville est paranoïaque.
    Septimus incarne le pôle d'angoisse. L'avion vole au loin :
    « L'avion filait et s'éloigna jusqu'à n'être plus qu'une brillante étincelle ; une aspiration ; un concentré ; un symbole (se disait Mr Bentley, occupé à ..) de l'âme humaine ; de sa détermination, pensa Mr B., contournant le cèdre, à sortir de son corps, à sortir de chez lui,grâce àla pensée, à Einstein, à la spéculatio, aux mathématiques, à la théorie de Mendel – l'avion qui filait s'éloigna. »
    Nous avons le point de vue de l'avion et de la voiture, nous sommes toujours dans la séparation et dans le souhait de convergence qui n'existera jamais. Donc le projet de MrsD, raconter une soirée, CE moment d'être ensemble est une utopie, l'utopie de cette finalité jamais atteinte, l'utopie de rassembler toutes les existences en « une offrande » (p. 222)
    Elle utilise le recours au monologue, les véritables événements sont ceux des pensées, désirs, mémoire, de cœur. Ils ne s'inscrivent pas dans une réalité « La nourrice en gris … le voyageur solitaire … Rien n'existe en nous … Telles sont les visions …. Mais à qui le voyageur solitaire va-t-il adresser sa réponse ? »
    Les retrouvailles de MrsD et Peter Walsh, quand elle recoud sa robe, et qu'il sort la lame de son couteau, métaphore d'un combat de chevalerie, sont d'une drôlerie amoureuse incomparable : VW est au sommet de son art. Les paroles sont idiotes mais tout l'arrière-plan de désirs, d'attentes, de représentations dilate les non-dits. Cette dilatation du non-dit est le roman. Il n'y a pas d'événement.
    Tout le roman est ponctué de « comme » ou « comme si » formant une geste de l'interprétation, de comparaisons hypothétiques. Ils détournent le sens, ce sont des outils de l'activité mentale toujours interprétante, qui essaye d'accrocher une vérité quelconque (d'où leur effet déstabilisant).
    Roman de l'après-guerre, d'été magique, Appel de vie. La mort rôde. Septimus est castré : mutilé mental. MrsD est malade, le fils de Lady …. est mort à la guerre. Evans, le grand ami de Septimus est mort.
    MrsD est un roman urbain, futuriste, de guerre, et satiriste ! L'Angleterre surtout y est adorée, ridicule, multiple. L'art des silhouettes donne un cachet britannique irremplaçable (comme celle de Miss Kilman p 224). Mais c'est aussi un roman de la sensation (P.Walsh est trahi par ses pleurs « Cette sensibilité aux impressions, c'est ce qui l'avait perdu, sans aucun doute » p. 154) . Par le corps tout advient (Mais le corps subit des courants. La matinée et l'après-midi se rencontrent. p. 211) Il est la seule interface avec le réel du monde (les sensations). Et le monde mérite l'extra-sensibilité « Toutes les puissances déversaient leurs trésors » p.246. Vitalité essentielle à préserver.
    Mrs d'est l'histoire d'une femme dans le tournant de son existence, à 52 ans, avec sa robe à recoudre, emblème de l'âge :
    « pour elle, c'était terminé. le drap était bien tendu, et le lit étroit ». Cette phrase, au couteau, comme d'autres, sont bouleversantes / « Ah, si vous voyiez les jardins de Milan » dit-elle tout haut. Mais à qui ? » dit la femme italienne de Septimus. Quant à lui « La guerre lui avait servi de leçon … Il était passé à travers de tout et son destin était de survivre » p. 175, et « Tout ce qu'il lui donnait, à elle qui était si simple, .. c'était un os qu'il lui tendait » p 79 et qui a « perpétuellement le sentiment qu'il est très, très dangereux de vivre, ne fût-ce qu'un seul jour »
    Mrs d'est dans un procès perpétuel, vis à vis d'elle-même, de son snobisme, de son addiction à autrui. Elle est une mendiante d'autrui (faites moi vivre) : même son petit personnel lui permet d'être généreuse (p. 110)! « Elle avait un sens aigu de la comédie humaine, mais il lui fallait des gens, toujours des gens, pour le faire ressortir... » p. 164
    Et puis il y a Sally, devenue une bourgeoise douce, fière de ses cinq fils, qui a volé à Clarissa un baiser, geste – dévotion de l'amour éperdu. Ainsi est la vie dans ses fulgurances, et la lumière picturale tisse des liens entre les personnages, comme entre la fille de Clarissa et Septimus p.245/246 par l'intermédiaire des nuages « ils allaient et venaient, faisaient des signes, des signaux, les jeux de lumière et d'ombre … : telle est l'impression qu'avait Septimus allongé sur le sofa du salon. Il regardait L'or liquide briller puis se décolorer... «
    Et le mystère du lien entre Peter et Clarissa « On vous donnait une graine pointue, piquante, ingrate- la rencontre elle-même, souvent extrêmement douloureuse ; et pourtant dans l'absence, et dans les endroits les plus inattendus, elle fleurissait, elle s'ouvrait, elle répandait son parfum … Elle avait eu sur lui plus d'influence que qui que ce soit d'autre. … « mystère lié à cette partie de nous, invisible, mais qui survit … P. 264/265
    Ces graines, à la germination incommensurable, sont des trésors (le baiser de Sally a été une révélation) : on est proche ici de la définition de l'art.
    Et la mort entre dans la cérémonie : au fond « nous sommes semblables » le roman est écrit sur une arête /frontière qui la sépare de Septimus. Il cède au versant tragique d'exister dans son délire paranoïaque. Il veut accéder à la présence, ne pas être dans l'insignifiance.

    VW hait les gens de « la mesure » comme le médecin Sir W. Bradshaw, cette « brute au mufle rouge ». cf p. 194-195 « Dans le cabinet gris, … ces malades apprenaient l'étendue de leurs transgressions. … Il fondait sur eux ; il les dévorait. » ; elle hait les gens convertis à la morale (comme Mrs Kilman), à la sagesse, à la religion. Elle est dans l'attente d'un point mystique où tout converge, la vie, la mort.
    L'ambulance est aussi un passage « C'était cela la civilisation. … l'efficacité, l'esprit d'organisation … savoir trancher, renoncer aux grandes espérances... «
    « En tout cas la beauté » en cette soirée et ces portes ouvertes et le rideau jaune avec tous les oiseaux de paradis qui se gonfle , et tous ces gens qui montaient « ça y est, ils montaient » et tout ce snobisme, ah ces Anglais … le rythme s'accélère de toutes les futilités, potins, remarques, mais la mort fait irruption. « La mort était un défi. … Il y avait dans la mort une étreinte »
    et on pense à Bach (la passion), mourir instantanément de bonheur « Dieu : c'est assez »
    Ce livre unifie le « moi », la femme est jeune et vieille en même temps.
    IL est l'acceptation de l'éclaté. Il n'y a pas UN moi, comme le voudraient les médecins.
    L'éclaté : manifestation d'une présence, d' un moment.
    Sorte de paix (plénitude) dans l'offrande de cette soirée « je ne sais pas pour qui » : définition de la prière et protocole d'adoucissement du monde.
    Ce roman n'en finit pas d' arriver …

    A propos de Virginia et Mrs d': Lire « Les Heures » de Michael Cunningham
    et voir le film The Hours avec Meryl Streep, Julianne Moore, et Nicole Kidman.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 15 janvier 2009

    Lune
    La précision "chirurgicale" des descriptions peut donner une impression de froideur. Aucun espace n'est laissé au débordement émotionnel, ni du narrateur, ni du lecteur, puisqu'il s'agit de dévoiler et détailler une journée dont les heures s'égrènent, ponctuées par les cloches de Big Ben. Clarissa Dalloway nous entraîne dans un Londres mondain où les classes sociales sont très cloisonnées. Tout au long de ses occupations et rencontres, nous côtoyons une foule de personnages qu'elle croise ou qu'elle connait. Nous assistons à la "dissection" des sentiments et des pensées de chacun placé dans son contexte physique et moral (flash-back, lieu, vie autour du personnage considéré). Nous respirons l'air de cette Angleterre et de l'Union Jack, nous épions les intrigues, les arrivismes, les mal être ,les faiblesses, les déchirures, les snobismes, les lucidités de ces hommes et ces femmes ni plus ni moins meilleurs que d'autres, du réalisme et de la lucidité en somme. Nous devinons Virginia Woolf au détour de réflexions : la description du monde médical est édifiante, le suicide est évoqué (on ne peut s'empêcher de penser à ce qui se passera en 1941). Tout s'adresse à l'intellect et non au coeur. Il s'agit d'une analyse détaillée des heures d'une journée qui emporte mouvements, pensées, rencontres que l'on oublie ou qui se gravent selon l'importance qu'on leur donne. le Temps passe... différent, semblable, ardent, serein.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 28 février 2011

    zohar
    Après avoir lu ce magnifique roman, il y a quelques années; et, relu récemment. Je pense, personnellement, que Virginia Woolf fait partie de ces auteurs qu'il est essentiel d'avoir lus (tout comme Jorge Luis Borges ! Mais là n'est pas le propos…)
    La romancière possède le don et l'art de parler de soi sans s'épancher dans la logorrhée (la force de son écriture de l'intime vient de ce paradoxe). Et ce roman est l'exemple le plus frappant ! Il met en parallèle deux personnages principaux, Clarissa Dalloway et Septimus, qui sont en perditions dans les méandres de leurs regrets. Ils éprouvent le même désarroi devant la vacuité de leur existence et le vide de leur vie.
    La fêlure de l'âme, et l'angoisse du suicide sont les thèmes principaux de ce roman.
    Par extension, « Mrs Dalloway » est un autoportrait à double fond dans lequel on peut guetter, par ailleurs, les signes annonciateurs de sa noyade délibérée !).
    L'originalité du roman est qu'il s'intéresse davantage aux flux de consciences intérieures, tant psychologiques qu'émotifs de ses personnages, qu'à l'intrigue (la narration est morcelée et la chronologie n'est pas du tout linéaire). Autrement dit, nous vivons les évènements à travers leurs pensées et impressions.
    Cette technique d'écriture avant-gardiste, le procédé du monologue intérieur, a suscité une vive admiration de la part de Nathalie Sarraute qui fut la figure de proue du mouvement littéraire, le Nouveau Roman, dans Les années 1950.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par dreulma, le 24 septembre 2010

    dreulma
    Je suis complètement fascinée par l'écriture de Mme Woolf. La richesse descriptive fourmille d'ingéniosité au point d'en être hallucinatoire et dérangeante, tout en gardant une beauté irréelle, mouvante et hypnotique. De simples faits quotidiens prennent des proportions gigantesquement poétiques et psychologiques, ce qui, dans le cas du personnage clairement avoué par l'auteur comme étant un homme à la santé mentale fragile, semble logique, et ce qui l'est moins quand il s'agit des autres personnages soi-disant normaux. Ce livre est pour moi une réflexion sur la normalité, les gens les plus respectables sont-ils vraiment aussi solides que ce que les codes de notre société voudrait bien le faire croire ? Aucune méchanceté de la part de l'auteur, au contraire, une sensibilité qu'on ne peut imaginer autre que exacerbée pour être capable d'écrire avec autant de finesse éclatée, et partout au fil des pages j'ai ressenti une souffrance immense se cachant dans cet immense talent , pour finalement apprendre que Virginia souffrait probablement de troubles bipolaires... La joie de la lire m'est donc gâchée par l'idée des souffrances que cette femme a dû traversées, à une époque où ce diagnostic n'existait tout simplement pas, donc pas de traitements ... J'aurais souhaité que cette femme souffre moins, au prix de ne pas pouvoir la lire, car je ne peux imaginer une Mme Woolf guérie écrivant avec une telle virtuosité et une telle sensibilité . Ai-je tort ?
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 07 mars 2011

    chartel
    Ce premier succès de Virginia Woolf, "Mrs Dalloway", écrit dans Les années 1920, est digne des grandes œuvres de Proust ou Joyce. C'est de la grande littérature, un vrai travail d'artiste. L'intérêt n'est pas dans l'histoire à intrigue ; on peut dire, d'ailleurs, qu'il n'y en a pas. Il est dans le procédé narratif de Woolf. Une sorte de narrateur omniscient qui prendrait, au fur et à mesure des rencontres et des croisements, le point de vue de tel ou tel personnage. Cela permet de multiplier les regards et d'observer la palette des caractères de la haute bourgeoisie londonienne du début XXe. On arpente les coins les plus chics de la capitale anglaise, et l'on se plaît à lire la critique indirecte que Virginia Woolf a pu porter à cette classe prétentieuse et toute puissante, accumulant encore les richesses de son vaste empire colonial.
    Il nous parle tellement bien de l'histoire de cette ville, que je le conseillerais même pour ceux qui voudraient préparer un séjour à Londres et sentir, avant même de s'y trouver, cette atmosphère si particulière propre à cette ville.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

> voir toutes (28)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par chartel, le 03 février 2012

    Rigide, le squelette des habitudes soutient seul la charpente humaine
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par ZetaZeta, le 27 mars 2010

    C'était bien elle lorsque avec un certain effort, l'affirmation d'une certaine volonté d'être elle-même, elle rassemblait des parties éparses dont elle seule savait à quel point elles étaient incompatibles, et qu'elle composait, pour le monde et lui seul, un centre, un diamant, une femme assise dans son salon et vers laquelle on convergeait, qui rayonnait sans doute dans des vies sans lustre, un refuge, peut-être, accueillant aux solitaires ; elle avait aidé des jeunes gens, qui lui en avaient de la reconnaissance ; elle avait tenté de se montrer toujours la même, ne manifestant aucun signe de tous ces autres aspects d'elle - défauts, jalousies, vanités, méfiances -, comme là, maintenant, avec Lady Bruton qui ne l'invitait pas à déjeuner ; ce qui, se dit-elle (en se passant, finalement, un peigne dans les cheveux), est vraiment honteux ! Mais où était donc sa robe ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Irisa, le 18 juin 2009

    Et alors eut lieu le moment le plus exquis de sa vie ; alors qu'elles passaient devant une vasque en pierre remplie de fleurs, Sally s'arrêta ; elle cueillit une fleur ; elle l'embrassa sur les lèvres. C'était comme si le monde entier avait basculé la tête en bas ! Les autres disparurent. Elle était là, seule avec Sally. Et elle eut le sentiment qu'elle venait de recevoir un cadeau, enveloppé, qu'on lui avait dit de ne pas regarder - un diamant, quelque chose d'infiniment précieux, dans son papier et, tout en marchant avec Sally ( de long en large, de long en large ), elle le sortait de son emballage, ou alors ses feux perçaient à travers, et c'était une révélation, un véritable sentiment religieux.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par ay_guadalquivir, le 28 juillet 2010

    "La voiture n'était plus là, mais elle avait laissé une légère ondulation qui se propagea à travers les magasins de gantiers, de chapeliers, de tailleurs des deux côtés de Bond Street. Pendant trente secondes, toutes les têtes restèrent tournées dans la même direction - vers la vitrine. En train de choisir une paire de gants, les dames s'interrompirent. Entre le début et la fin de leur phrase, il s'était passé quelque chose. Quelque chose de si ténu, dans certains cas, qu'aucun instrument de mesure, fût-il capable d'enregistrer un séisme en Chine, n'aurait pu en recueillir les vibrations ; d'une plénitude impressionnante, pourtant, et suscitant une émotion collective ; car chez tous les chapeliers et tous les tailleurs, de parfaits inconnus échangèrent un regard et se mirent à penser aux morts ; au drapeau ; à l'Empire[...]. Car en disparaissant, l'agitation de surface déclenchée par le passage de l'automobile avait effleuré quelque chose de très profond."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 18 novembre 2009

    la paix descendait sur elle, le calme, la sérénité ... C'est ainsi que par un jour d'été les vagues se rassemblent, basculent, et retombent ; se rassemblent et retombent ; et le monde entier semble dire : "Et voilà tout", avec une force sans cesse accrue, jusqu'au moment où le coeur lui-même, lové dans le corps allongé au soleil sur la plage, finit par dire aussi : "Et voilà tout". Ne crains plus dit le coeur
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (14 votes positifs)

> voir toutes (16)

Videos de Virginia Woolf

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf


La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Mrs Dalloway par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (415)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz