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> Bernard Brugière (Préfacier, etc.)
> Marie-Claire Pasquier (Traducteur)

ISBN : 2070387410
Éditeur : Gallimard (1981)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.84/5 (sur 387 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les préparatifs d'une soirée, l'errance mentale d'un personnage énigmatique... C'est sur ces rares éléments d'intrigue que repose le récit d'une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Dans sa première oeuvre véritablement ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 16 décembre 2012

    peloignon
    Il ne se passe rien dans ce livre.
    C'est-à-dire, pour être honnête, qu'il ne s'y passe presque rien. C'est qu'en effet, on y prépare et on y participe à une vague soirée mondaine. Ce qui n'est pas rien, peut-être, mais on admettra tout de même que ce n'est pas trop loin de l'être.
    Et pourtant, on s'en fou complètement de la vacuité de la trame romanesque de ce chef-d'œuvre, car ce qui s'y passe de vraiment intéressant, c'est une véritable révolution littéraire!
    C'est qu'il y a déjà eu un temps où les femmes n'avaient pas le droit d'écrire! Aussi fou que cela puisse paraître aujourd'hui, Elles devaient alors se cacher pour leurs publications derrière le nom d'un homme quelconque ou prendre un pseudonyme. Et même lorsque l'inique interdiction disparût, l'écriture a continuée à être dominée par les tendances à la linéarité et à la logique propre au masculin.
    Et voilà que soudainement, brusquement (du moins pour mon humble personne), on trouve ici l'écriture d'une femme qui se déploie telle qu'elle existe et pense réellement dans sa féminité. On tombe sur une pensée qui vous saute au visage, qui vous fait rêver, qui vous ennuie aussi parfois, mais toujours pour rebondir encore mieux et raviver d'avantage votre intérêt au passage suivant. Partout, les fils s'entrecroisent sans se perdre, ou enfin, peut-être qu'ils se perdent parfois, mais qui sait s'ils ne perdent rien pour attendre? Après tout, on ne suit Mrs Dalloway que quelques heures et on ne la suit que dans la mesure où on y parvient vraiment.
    Le tout m'a complètement enchanté, amusé et séduit. Je me suis senti comme en conversation avec une jolie femme intelligente, piquante d'imagination, d'ironie et d'espièglerie qui ne me laisse pas le temps d'en placer une.
    Oui! Je t'écoute ma chère! Oui! Je t'écoute!
    Mes yeux, pétillants aux rythmes des charmants feux d'artifices de ton esprit ne te le prouvent-ils pas amplement?
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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 02 avril 2012

    mariech
    Une journée dans la vie de Clarissa Dalloway .
    Virginia Woolf est une exploratrice de l'âme humaine , c'est un roman intimiste qui nous parle de l'Angleterre en 1923 , de la bourgeoisie et des conventions de l'époque .
    C'est une journée bien particulière pour Clarissa , en effet ce jour là , elle va revoir son premier amour , qui a voyagé pendant cinq ans ; et elle apprendra ce jour là , la mort par suicide d'un ami .
    Virginia Woolf livre beaucoup d'elle même dans ce roman , en effet toute sa vie ,elle a souffert de troubles dépressifs assez graves et a fini par se suicider . Un magnifique roman , plein de sensibilité .
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    • Livres 5.00/5
    Par GeraldineB, le 25 février 2013

    GeraldineB
    Je reviens d'un voyage extraordinaire. Un voyage en Virginia. Il y a eu un avant Mrs Dalloway. Il y aura un après mais tout ce que je lirai désormais viendra se heurter à cet amour-là. Oui, à cet amour-là, car c 'est bien d'amour dont il s'agit et peut-on dire pourquoi l'on aime?
    Ne cherchez pas d'histoire dans Mrs dalloway car d'histoire il n'y en a pas! Je l'ai cherchée pourtant et le roman a bien failli me tomber des mains vers la page 50 tant j'étais déroutée qu'il ne s'y passe rien. Et puis, soudain, comme dans ces images qu'il faut fixer longtemps pour que nous apparaisse un monde en 3 D, j'ai plongé dans cet univers foisonnant et fascinant: le monde de Virginia! L'écriture est magnifique, d'une sensibilité et d'une poésie que je n'avais jamais rencontré jusque-là. Elle y décrit le souffle du vent dans les arbres et je sentais ce vent sur ma joue, je sentais les parfums de l'écorce. Mrs dalloway fut pour moi avant tout un voyage sensoriel, je l'ai lu comme on rêve, l'esprit ouvert à toutes les sensations.
    Mais plus encore ce livre est un merveilleux hymne à la féminité. Mrs dalloway, c'est Virginia, c'est moi, c'est ma mère, c'est ma soeur, c'est toutes les femmes à la fois, c'est leur douleur et leur espoir qui est raconté là.
    Je me souvenais de l'avoir lu pendant mes études. Il m'avait ennuyée et à présent je comprends pourquoi. Il y a un temps pour lire Mrs Dalloway. Il faut avoir senti la colère et le désir de vie gronder en soi. Et puis plus tard avoir senti, sur ses épaules, tout le poids des regrets. Il faut avoir aimé, il faut avoir pleuré, et trouvé enfin l'apaisement.
    Ce livre, j'aurais aimé ne jamais le finir, et j'ai tout fait pour en prolonger la lecture, relisant plusieurs fois les mêmes passages et revenant sans cesse en arrière...
    "Malgré tout, qu'à un jour succède un autre jour; mercredi, jeudi, vendredi, samedi. Qu'on se réveille le matin; qu'on voie le ciel; qu'on se promène dans le parc; qu'on rencontre Hugh Whitbread; puis que soudain débarque Peter; puis ces roses; cela suffisait. Après cela, la mort était inconcevable...l'idée que cela doive finir; et personne au monde ne saurait comme elle avait aimé tout cela; comment, à chaque instant..."
    Oui, peut-on toujours dire pourquoi l'on aime? J'ai aimé Mrs dalloway pour sa beauté et pour la grâce.

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 03 septembre 2012

    Ellen-R
    Mrs Dolloway fait partie de ces très rares romans qui vous font regretter de ne pas l'avoir lu plus tôt.
    Virginia Woolf y soigne aussi bien la forme que le fond. La forme ? Une longue introspection respectant l'unité théâtrale du temps (une journée), mais aussi du lieu (Londres) et, pourrait-on dire, de l'action s'il y en a une (en l'occurrence il s'agit de "sonder" un personnage, Clarissa, et son rapport au monde). Et voilà d'ailleurs qui nous donne le fond du roman. Mais ce serait trop simple et ce roman assez court est néanmoins extraordinairement compliqué. Il faut dire que la structure narrative est complexe : on passe souvent d'un personnage à un autre alors que les différents points de vue se croisent, le plus souvent autour d'un micro-évènement commun qui sert de révélateur à la convergence de ces consciences isolées. le monde réel vu comme le grand "liant" de tous ces univers intérieurs.
    Et pourtant rien n'est obscur en dépit de cette complexité, tout est lumineux. C'est qu'au travers d'une écriture qu'il est facile de qualifier de poétique, l'auteur sait peindre son monde à la façon des pointillistes : de nombreux détails, des thèmes et des impressions a priori très éloignés se rassemblent par le miracle de l'écriture; et prennent corps, formant une unité inextricable. Ici sont réunis l'ironie, la satire, l'humour, la fantaisie, le fantastique, la folie,... L'auteur raconte avec beaucoup d'élégance l'envers du décor de cette bourgeoisie londonienne en apparence lisse.
    Ce livre est frémissant de sensibilité. Une lecture que je qualifierais d'indispensable.
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    • Livres 3.00/5
    Par bib_aulnay, le 24 janvier 2012

    bib_aulnay
    Mrs Dalloway : Conférence de Jean Delabroy le 19 janvier 2012 – Notes d'Edwige
    (références pages : édition Folio 2643)
    Un livre féminin, drôle et grave, une pierre précieuse dans l'histoire des formes romanesques (au même titre qu'Ulysse de Joyce : Dublin le 16/06/1904).
    Virginia Woolf (1882/1941) n'a pas eu le courage de peser sur son existence « j'entends à nouveau des voix et je ne le supporte pas » ; sa porosité maladive au monde lui donnait des hallucinations. le personnage de Septimus dans ce roman est chargé de toute cette proximité avec la folie. Il la porte pour en dégager Clarissa. Ce roman a été écrit quand elle avait 43 ans. Publié en 1925, il entre directement dans la littérature mondiale, comme un « laboratoire de formes romanesques ».
    Ulysse et MrsD ont des points communs sidérants comme le déroulé sur une seule journée en juin.
    . Ulysse est une construction conceptuelle. Joyce a construit une cathédrale, une architecture vissée au boulon près, en réquisitionnant toute l'histoire du monde.
    . MrsD est une économie de la fluidité. Ce roman a 30 ans d'avance sur le cinéma : travail sur le passage d'une réalité à une autre, préfigurant les plans continus cinématographiques. La fluidité synonyme de vitesse. L'air devient de l'eau, avec la répercussion sonore des cloches de BigBen (et de l'autre église avec un léger retard) qui donne une scansion au roman.
    Ce roman est drôle (comme l'oeuvre de Proust avec sa méchanceté sur les aspects mondains de sa société) mais grave aussi : c'est l'expérience philosophique du temps. Comment s'arracher à l'insignifiance , comment la transmuter en interrogation métaphysique sur le prix de la vie ?
    V.Woolf donne des coups brusques, comme on referme un accordéon en écrasant toutes ses notes dans un effet solennel (mot qu'elle emploie souvent) : c'est une virtuose de ce travail d'écrivain. Cf. p.167-170 « Un son l'interrompit ; un son frêle tremblotant, une voix .. …. Où dormait-elle la nuit ? »
    Virtuose dans sa manière de traiter l'espace, ce tout petit quartier de Londres, grâce à des objets tiers en mouvement : la voiture mystérieuse, puis l'avion. Autour de ces objets se greffent simultanément une série de personnages dont certains s'installent en puissance comme Septimus.
    Roman de l'incessant passage (jamais d'immobilité sauf certains cas précis (« il y avait un vide au cœur de la vie » p.99 ou p. 124 « Comme un nuage passe devant le soleil, .. et tombe sur l'esprit. le temps claque contre le mât. Là nous nous arrêtons. Là nous nous tenons debout. Rigide, le squelette des habitudes soutient seul la charpente humaine. Dans laquelle il n'y a rien, se dit Peter Walsh ; se sentant comme creusé, vidé de l'intérieur.) du monde moderne, VW a transformé la facture du roman, comme Apollinaire celle de la poésie
    (Zone – début :
    À la fin tu es las de ce monde ancien

    Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
    Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

    Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
    La religion seule est restée toute neuve la religion
    Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

    Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
    L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
    Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
    D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
    Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
    Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
    Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
    Portraits des grands hommes et mille titres divers
    ou Cendrars (Prose du transsibérien).
    L'art romanesque de VW est fondé sur le déplacement perpétuel (pas de fin).
    Son expérience sensible du temps est celle de Bergson (Nobel en 1927/mort en 41), que Deleuze est allé chercher pour comprendre la modernité.
    C'est dense, voire saturé, et c'est une danse perpétuelle.
    Mais les vides dans la ville sont à remplir : la fonction de l'avion. La ville est paranoïaque.
    Septimus incarne le pôle d'angoisse. L'avion vole au loin :
    « L'avion filait et s'éloigna jusqu'à n'être plus qu'une brillante étincelle ; une aspiration ; un concentré ; un symbole (se disait Mr Bentley, occupé à ..) de l'âme humaine ; de sa détermination, pensa Mr B., contournant le cèdre, à sortir de son corps, à sortir de chez lui,grâce àla pensée, à Einstein, à la spéculatio, aux mathématiques, à la théorie de Mendel – l'avion qui filait s'éloigna. »
    Nous avons le point de vue de l'avion et de la voiture, nous sommes toujours dans la séparation et dans le souhait de convergence qui n'existera jamais. Donc le projet de MrsD, raconter une soirée, CE moment d'être ensemble est une utopie, l'utopie de cette finalité jamais atteinte, l'utopie de rassembler toutes les existences en « une offrande » (p. 222)
    Elle utilise le recours au monologue, les véritables événements sont ceux des pensées, désirs, mémoire, de cœur. Ils ne s'inscrivent pas dans une réalité « La nourrice en gris … le voyageur solitaire … Rien n'existe en nous … Telles sont les visions …. Mais à qui le voyageur solitaire va-t-il adresser sa réponse ? »
    Les retrouvailles de MrsD et Peter Walsh, quand elle recoud sa robe, et qu'il sort la lame de son couteau, métaphore d'un combat de chevalerie, sont d'une drôlerie amoureuse incomparable : VW est au sommet de son art. Les paroles sont idiotes mais tout l'arrière-plan de désirs, d'attentes, de représentations dilate les non-dits. Cette dilatation du non-dit est le roman. Il n'y a pas d'événement.
    Tout le roman est ponctué de « comme » ou « comme si » formant une geste de l'interprétation, de comparaisons hypothétiques. Ils détournent le sens, ce sont des outils de l'activité mentale toujours interprétante, qui essaye d'accrocher une vérité quelconque (d'où leur effet déstabilisant).
    Roman de l'après-guerre, d'été magique, Appel de vie. La mort rôde. Septimus est castré : mutilé mental. MrsD est malade, le fils de Lady …. est mort à la guerre. Evans, le grand ami de Septimus est mort.
    MrsD est un roman urbain, futuriste, de guerre, et satiriste ! L'Angleterre surtout y est adorée, ridicule, multiple. L'art des silhouettes donne un cachet britannique irremplaçable (comme celle de Miss Kilman p 224). Mais c'est aussi un roman de la sensation (P.Walsh est trahi par ses pleurs « Cette sensibilité aux impressions, c'est ce qui l'avait perdu, sans aucun doute » p. 154) . Par le corps tout advient (Mais le corps subit des courants. La matinée et l'après-midi se rencontrent. p. 211) Il est la seule interface avec le réel du monde (les sensations). Et le monde mérite l'extra-sensibilité « Toutes les puissances déversaient leurs trésors » p.246. Vitalité essentielle à préserver.
    Mrs d'est l'histoire d'une femme dans le tournant de son existence, à 52 ans, avec sa robe à recoudre, emblème de l'âge :
    « pour elle, c'était terminé. le drap était bien tendu, et le lit étroit ». Cette phrase, au couteau, comme d'autres, sont bouleversantes / « Ah, si vous voyiez les jardins de Milan » dit-elle tout haut. Mais à qui ? » dit la femme italienne de Septimus. Quant à lui « La guerre lui avait servi de leçon … Il était passé à travers de tout et son destin était de survivre » p. 175, et « Tout ce qu'il lui donnait, à elle qui était si simple, .. c'était un os qu'il lui tendait » p 79 et qui a « perpétuellement le sentiment qu'il est très, très dangereux de vivre, ne fût-ce qu'un seul jour »
    Mrs d'est dans un procès perpétuel, vis à vis d'elle-même, de son snobisme, de son addiction à autrui. Elle est une mendiante d'autrui (faites moi vivre) : même son petit personnel lui permet d'être généreuse (p. 110)! « Elle avait un sens aigu de la comédie humaine, mais il lui fallait des gens, toujours des gens, pour le faire ressortir... » p. 164
    Et puis il y a Sally, devenue une bourgeoise douce, fière de ses cinq fils, qui a volé à Clarissa un baiser, geste – dévotion de l'amour éperdu. Ainsi est la vie dans ses fulgurances, et la lumière picturale tisse des liens entre les personnages, comme entre la fille de Clarissa et Septimus p.245/246 par l'intermédiaire des nuages « ils allaient et venaient, faisaient des signes, des signaux, les jeux de lumière et d'ombre … : telle est l'impression qu'avait Septimus allongé sur le sofa du salon. Il regardait L'or liquide briller puis se décolorer... «
    Et le mystère du lien entre Peter et Clarissa « On vous donnait une graine pointue, piquante, ingrate- la rencontre elle-même, souvent extrêmement douloureuse ; et pourtant dans l'absence, et dans les endroits les plus inattendus, elle fleurissait, elle s'ouvrait, elle répandait son parfum … Elle avait eu sur lui plus d'influence que qui que ce soit d'autre. … « mystère lié à cette partie de nous, invisible, mais qui survit … P. 264/265
    Ces graines, à la germination incommensurable, sont des trésors (le baiser de Sally a été une révélation) : on est proche ici de la définition de l'art.
    Et la mort entre dans la cérémonie : au fond « nous sommes semblables » le roman est écrit sur une arête /frontière qui la sépare de Septimus. Il cède au versant tragique d'exister dans son délire paranoïaque. Il veut accéder à la présence, ne pas être dans l'insignifiance.

    VW hait les gens de « la mesure » comme le médecin Sir W. Bradshaw, cette « brute au mufle rouge ». cf p. 194-195 « Dans le cabinet gris, … ces malades apprenaient l'étendue de leurs transgressions. … Il fondait sur eux ; il les dévorait. » ; elle hait les gens convertis à la morale (comme Mrs Kilman), à la sagesse, à la religion. Elle est dans l'attente d'un point mystique où tout converge, la vie, la mort.
    L'ambulance est aussi un passage « C'était cela la civilisation. … l'efficacité, l'esprit d'organisation … savoir trancher, renoncer aux grandes espérances... «
    « En tout cas la beauté » en cette soirée et ces portes ouvertes et le rideau jaune avec tous les oiseaux de paradis qui se gonfle , et tous ces gens qui montaient « ça y est, ils montaient » et tout ce snobisme, ah ces Anglais … le rythme s'accélère de toutes les futilités, potins, remarques, mais la mort fait irruption. « La mort était un défi. … Il y avait dans la mort une étreinte »
    et on pense à Bach (la passion), mourir instantanément de bonheur « Dieu : c'est assez »
    Ce livre unifie le « moi », la femme est jeune et vieille en même temps.
    IL est l'acceptation de l'éclaté. Il n'y a pas UN moi, comme le voudraient les médecins.
    L'éclaté : manifestation d'une présence, d' un moment.
    Sorte de paix (plénitude) dans l'offrande de cette soirée « je ne sais pas pour qui » : définition de la prière et protocole d'adoucissement du monde.
    Ce roman n'en finit pas d' arriver …

    A propos de Virginia et Mrs d': Lire « Les Heures » de Michael Cunningham
    et voir le film The Hours avec Meryl Streep, Julianne Moore, et Nicole Kidman.
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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 18 juin 2009

    Et alors eut lieu le moment le plus exquis de sa vie ; alors qu'elles passaient devant une vasque en pierre remplie de fleurs, Sally s'arrêta ; elle cueillit une fleur ; elle l'embrassa sur les lèvres. C'était comme si le monde entier avait basculé la tête en bas ! Les autres disparurent. Elle était là, seule avec Sally. Et elle eut le sentiment qu'elle venait de recevoir un cadeau, enveloppé, qu'on lui avait dit de ne pas regarder - un diamant, quelque chose d'infiniment précieux, dans son papier et, tout en marchant avec Sally ( de long en large, de long en large ), elle le sortait de son emballage, ou alors ses feux perçaient à travers, et c'était une révélation, un véritable sentiment religieux.
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  • Par ay_guadalquivir, le 28 juillet 2010

    "La voiture n'était plus là, mais elle avait laissé une légère ondulation qui se propagea à travers les magasins de gantiers, de chapeliers, de tailleurs des deux côtés de Bond Street. Pendant trente secondes, toutes les têtes restèrent tournées dans la même direction - vers la vitrine. En train de choisir une paire de gants, les dames s'interrompirent. Entre le début et la fin de leur phrase, il s'était passé quelque chose. Quelque chose de si ténu, dans certains cas, qu'aucun instrument de mesure, fût-il capable d'enregistrer un séisme en Chine, n'aurait pu en recueillir les vibrations ; d'une plénitude impressionnante, pourtant, et suscitant une émotion collective ; car chez tous les chapeliers et tous les tailleurs, de parfaits inconnus échangèrent un regard et se mirent à penser aux morts ; au drapeau ; à l'Empire[...]. Car en disparaissant, l'agitation de surface déclenchée par le passage de l'automobile avait effleuré quelque chose de très profond."
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  • Par ZetaZeta, le 27 mars 2010

    C'était bien elle lorsque avec un certain effort, l'affirmation d'une certaine volonté d'être elle-même, elle rassemblait des parties éparses dont elle seule savait à quel point elles étaient incompatibles, et qu'elle composait, pour le monde et lui seul, un centre, un diamant, une femme assise dans son salon et vers laquelle on convergeait, qui rayonnait sans doute dans des vies sans lustre, un refuge, peut-être, accueillant aux solitaires ; elle avait aidé des jeunes gens, qui lui en avaient de la reconnaissance ; elle avait tenté de se montrer toujours la même, ne manifestant aucun signe de tous ces autres aspects d'elle - défauts, jalousies, vanités, méfiances -, comme là, maintenant, avec Lady Bruton qui ne l'invitait pas à déjeuner ; ce qui, se dit-elle (en se passant, finalement, un peigne dans les cheveux), est vraiment honteux ! Mais où était donc sa robe ?
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  • Par Unity, le 26 janvier 2013

    Comme il doit faire beau à la campagne, dit-elle, luttant, comme Mr Whitaker lui avait dit de le faire, pour surmonter cette rancune qu'elle avait contre le monde entier, ce monde qui l'avait méprisée, qui s'était moqué d'elle, qui l'avait rejetée, ce monde qui avait commencé à lui infliger cet affront - un corps ingrat dont la vue indisposait les gens. Elle avait beau de coiffer du mieux qu'elle pouvait, son front ressemblait toujours à un oeuf, blanc, dégarni. Aucun vêtement ne lui allait, quoiqu'elle achète. Pour une femme, bien sûr, cela voulait dire ne jamais rencontrer le sexe opposé. Elle ne serait jamais la première dans le coeur de quelqu'un. Récemment, il lui était arrivé de penser que la seule chose qui comptait pour elle, c'était ses petits plats, son petit confort, son dîner, son thé ; sa boule d'eau chaude le soir. Mais il fallait lutter. Vaincre. Avoir foi en Dieu. Mr Whittaker avait dit que son existence avait un sens. Mais personne ne savait combien elle souffrait ! Il avait dit, en montrant du doigt le crucifix, que Dieu, lui, le savait. Mais pourquoi fallait-il qu'elle souffre, elle, alors que des femmes comme Clarissa Dalloway passaient à travers les gouttes ?
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  • Par brigetoun, le 18 novembre 2009

    la paix descendait sur elle, le calme, la sérénité ... C'est ainsi que par un jour d'été les vagues se rassemblent, basculent, et retombent ; se rassemblent et retombent ; et le monde entier semble dire : "Et voilà tout", avec une force sans cesse accrue, jusqu'au moment où le coeur lui-même, lové dans le corps allongé au soleil sur la plage, finit par dire aussi : "Et voilà tout". Ne crains plus dit le coeur
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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