> Catherine Orsot-Naveau (Traducteur)
> Camille Laurens (Préfacier, etc.)

ISBN : 2757823078
Éditeur : Points (2011)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Vouée à une vie de femme au foyer, Katherine est fiancée à l'écrivain William et la perspective de ce mariage fait le bonheur de ses parents. Elle n'arrive cependant pas à nier ses sentiments pour Ralph, modeste avocat, qui la co... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par chroniquesassidues, le 16 novembre 2011

    chroniquesassidues
    Nuit et jour de Virginia Woolf, c'est un peu Santa Barbara : on y découvre quatre personnages confrontés à leurs sentiments qui varient sans cesse entre amour et amitié. Mary Datchet, qui travaille dans une association pour le droit de vote des femmes, est amoureuse de Ralph Denham, jeune avocat, qui est amoureux de Katherine Hilbery, qui est fiancée, sans l'aimer, à William Rodney, qui, lui, l'aime. Ouf. Au fil du roman, les couples se font et se refont, au gré des saisons.
    Ce serait pourtant très réducteur de résumer le roman de Virginia Woolf ainsi. L'auteure y développe plusieurs thèmes dont :
    - le mariage : une femme est-elle obligée de se marier, même sans amour, à la différence des hommes qui peuvent vivre seuls ? Katherine Hilbery, sans doute le personnage le plus intéressant de ce roman, est issue d'une famille aisée, petite-fille d'un grand poète et condamnée à servir le thé tous les jours dans le salon de sa mère, à qui elle apporte son aide pour la rédaction de la biographie de l'illustre grand-père. Mais Katherine rêve de tout autre chose :"Elle ne voulait épouser personne. Elle voulait partir, seule, de préférence dans une lande nordique désolée, pour étudier les mathématiques et l'astronomie.". Et parce qu'elle veut quitter la maison familiale, elle est prête à se marier sans amour avec William Rodney, un de ses très proches amis. le but d'une vie de femme doit-elle être obligatoirement le mariage ?
    - le féminisme et la question du travail féminin : Mary Datchett travaille pour une association qui milite pour le droit de vote des femmes. Indépendante et moderne, elle fait passer son travail avant tout, même avant son amour pour Ralph Denham qui vient parfois la perturber, ce dont elle se sent très coupable. Elle est active et convaincue de la nécessité pour une femme de travailler. Elle renoncera d'ailleurs à l'amour, pour son travail et la cause qu'elle défend. Cette réflexion sur le féminisme m'est apparue peu aboutie, et donc peu convaincante. le personnage de Mary Datchett n'est pas sympathique, trop ancré dans le réel, et peu romanesque.
    Il s'agit du deuxième roman de Virginia Woolf, publié en 1919, et donc six ans avant le splendide Mrs. dalloway. Certes, j'ai été transportée et Virginia Woolf est maitresse dans l'art de laisser vagabonder les pensées de ces personnages, mais le roman reste très classique dans sa construction et le manque d'action se ressent parfois durement. On sent très bien l'influence de Jane Austen (que j'adore) dans les relations entre les personnages, les dialogues etc. Il y a aussi de l'humour dans ce roman, notamment à travers le personnage de Mrs. Hilbery, la mère de Katherine, un peu excentrique et désinvolte. Mais Nuit et jour est avant tout mélancolique et alterne les passages de profonde tristesse, voir de désespoir, avec des moments plus gais, moins sérieux. C'est peut-être là une explication du titre, la vie qui s'écoule jour après jour, entre ombre et lumière.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 10 mai 2011

    ivredelivres
    Comparé aux romans de la pleine maturité : La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway et bien sûr Au Phare, ce roman ci est encore marqué par un certain classicisme mais je le dit sans grande conviction, parce que s'y dessine déjà tout le talent de Virginia Woolf pour faire sentir une atmosphère, pour décrire les lieux. Ses convictions féministes, sa volonté d'une indépendance, le refus des conventions sociales de son milieu, tout est déjà là en prémices, on devine déjà l'auteur d' Une chambre à soi, la romancière capable de nous faire pénétrer dans l'esprit des personnages, leurs émotions, leurs pensées.
    Elle est présente dans les deux personnages féminins : Mary Datchet la suffragette aux origines modestes, fière de son indépendance, rompant avec un milieu familial qui lui réserve la place habituelle de la femme et Katherine Hilbery qui appartient à la bonne société et qui vit dans une famille un peu écrasée par la figure du grand-père poète comme la tribu Stephen vécu à l'ombre de Leslie Stephen
    Il est temps que je sois un peu plus précise sur la trame du roman
    « Une comédie mélancolique » dit Hermione Lee la biographe de Virginia Woolf, une comédie à quatre personnages, un chassé-croisé amoureux.
    L'héroïne principale, Katherine Hilbery, issue de la bonne société edwardienne, est la petite fille de Richard Alardyce véritable icône de la poésie de son temps qui jouit d'une célébrité qui se déverse aussi sur la famille au point de pousser Katherine à participer à la rédaction de la biographie du grand poète car « il fallait démontrer de façon irréfutable que son aïeul était un très grand homme ». Il y a de l'orgueil chez Katherine, une conscience aïgue de la position privilégiée de sa famile.
    Elle se fiance à William Rodney poète lui-même, elle ne ressent aucune passion amoureuse pour lui, c'est un choix sage et réfléchi, son rêve secret est d'étudier les mathématiques, elle ne se sent aucune disposition pour la poésie ni la littérature, il y a en elle une volonté farouche de se démarquer de sa famille, de sa mère qui était « la dernière personne à qui elle désirait ressembler »
    Quand elle rencontre le beau Ralph Denham avocat issu d'un milieu modeste, elle est ébranlée dans ses certitudes et d'un seul coup l'amour dont elle rêve a la « splendeur d'un flot tumultueux »
    Ralph l'idéaliste est subjugué, mais conscient du fossé qui les sépare, tellement épris de Katherine qu'il est incapable de voir l'amour que lui porte Mary Datchet.
    Tout est réuni pour la romance mais on est chez Virginia Woolf et le combat va s'engager pour chaque personnage entre son idéal, ses désirs, son obéissance aux moeurs de la société et ses convictions.
    Virginia Woolf n'est jamais loin derrière ses personnages. Mary et Katherine représentent à coup sûr les deux facettes de la personnalité de l'auteur. Une volonté d'indépendance et un respect des conventions par un mariage sans passion véritable.
    La description de l'appartement de William Rodney est plus qu'un simple cadre, il ressemble de très près à l'appartement que le couple Woolf occupa à Clifford's Inn
    Les lieux où Virginia Woolf place les héros, sont les lieux qui lui sont chers : Ralph à Highgate, Katherine à Cheyne walk, leur rencontre à Kew Gardens.
    "Nuit et jour" reçut de la critique un accueil élogieux sauf de Katherine Mansfield qui sans doute blessée par le succès de son amie et rivale en littérature, eut la plume très acide à l'égard du roman.
    Si vous aimez Virginia Woolf vous aimerez la découvrir à ses débuts.
    Ce que Virginia Woolf dit de ce livre dans son Journal
    « A mon avis Nuit et jour est un livre plus mûr, mieux achevé, plus satisfaisant que La Traversée des Apparences, et cela se comprend. Sans doute me vaudra-t-il l'accusation de fignoler des émotions qui n'ont vraiment aucune importance. »


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/04/28/nuit-et-j..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 19 avril 2012

    chartel
    "Nuit et jour" est le deuxième roman de Virginia Woolf. On peut donc y trouver quelques imperfections, notamment dans sa structure un peu trop théâtrale. Les personnages y prennent souvent des poses affectées, se déplaçant tels des acteurs sur un plateau, rendant les scènes quelque peu artificielles. Mais déjà, la douceur du rythme woolfien fait mouche. Les lentes et incessantes oscillations des vagues de sa prose emportent le lecteur dans ce récit interrogeant le sentiment amoureux. Après la lecture de "Mrs Dalloway", "Nuit et jour" confirme le génie littéraire de Woolf (peut-être que la traduction de Catherine Naveau dans cette collection Signatures des éditions Points-Seuil y est-elle pour quelque chose ?). L'écriture de Woolf donne à voir le monde à travers les sensations de chaque personnage, surtout Katherine et Ralph, deux jeunes gens candides confrontés et perturbés par la surcharge émotive de l'amour. Elle montre la capacité qu'ont les êtres humains à vivre non pas à travers la réalité matérielle du monde mais en se racontant des histoires, en se plongeant dans la fiction. Katherine et Ralph, amoureux l'un de l'autre, se posent la même question : Est-ce que je l'aime pour ce qu'elle (ou il) est vraiment ou pour ce qu'elle (ou il) représente à mes yeux ? le sentiment amoureux n'est-il pas un besoin de se raconter une histoire ?
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par maylibel, le 13 mai 2012

    maylibel
    Ils sont quatre jeunes adultes à évoluer dans l'Angleterre du début du XXème siècle : Katherine, dont le grand-père est un célèbre poète, étouffe dans le carcan que lui impose son éducation. William est son fiancé. Ralph est un jeune avocat pauvre, qui travaille pour faire vivre sa famille. Et leur ami Mary est une suffragette. Virginia Woolf nous fait partager quelques mois de leur vie, analysant avec finesse la valse de leurs sentiments. "Nuit et jour", publié pour la première fois en 1919, n'est que son deuxième roman. Elle y évite les clichés pour décrire avec une rare intelligence la vie de ces jeunes gens, leurs hésitations, leurs volte-face, le poids des convenances. Son écriture très soignée nous donne la sensation de partager les petits événements qui jalonnent leur vie, de suivre leurs pensées au fur eet à mesure qu'elles se forment… Ils ne se passent rien de bien exceptionnel dans "Nuit et jour", et pourtant c'est un roman passionnant, qui gagne assurément à être découvert. Il est d'autant plus dommage que l'édition Points/Signatures (dont la couverture est par ailleurs très jolie) soit parsemée d'agaçantes coquilles, qui ont un peu diminué mon plaisir de lecture.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 15 août 2011

    MarianneDesroziers
    Bien que n'appréciant pas spécialement la romancière Camille Laurens ─ la faute certainement à Pierre Jourde qui la qualifie de « bibliothécaire de C.D.I. » (ce qui est un brin méprisant pour les documentalistes) dans « La Littérature sans estomac » ─ je dois reconnaître que sa préface à cette réédition de « Nuit et jour » de Virginia Woolf est particulièrement réussie. La preuve que lire et aimer de bons écrivains peut donner des ailes…
    Il est en effet nécessaire de replacer ce roman dans la bibliographie de Virginia Woolf : entre « La Traversée des apparences », son premier roman publié qui connut un certain succès et « La Chambre de Jacob » avec lequel Woolf trouve vraiment son style. C. Laurens rappelle aussi que Katerine Mansfield comparait (avec raison) « Nuit et jour » à « Orgueil et Préjugés» de Jane Austen. En effet, nous suivons les états d'âme de personnages féminins représentant les différentes facettes de Virginia Woolf : Katherine, jeune femme de bonne famille qui s'apprête à se marier sans amour, Mary, suffragette convaincue obsédée par la vérité et qui refuse de se plier aux conventions sociales de l'Angleterre édouardienne, et Cassandra la plus jeune des trois, vive et intelligente, en admiration devant sa cousine Katherine.
    La suite sur le blog :
    http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/08/nuit-et-jour-de-virginia-woolf-points.html

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/08/nuit-et-jour-de-..
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Citations et extraits

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  • Par sarasvati, le 29 août 2010

    p.266/She thought of three different scenes; she thought of Mary sitting upright and saying 'I'm in love - I'm in love'; she thought of Rodney losing his self-consciousness among the dead leaves, and speaking with the abandonment of a child; she thought of Denham leaning upon the stone parapet and talking to the distant sky, so that she thought him mad. Her mind, passing from Mary to Denham, from William to Cassandra, and from Denham to herself - if, as she rather doubted, Denham's state of mind was connected to herself - seemed to be tracing out the lines of some symmetrical pattern, some arrangement of life, which invested, if not herself, at least the others, not only with interest, but with a kind of tragic beauty. She had a fantastic picture of them upholding splendid palaces upon their bent backs. They were lantern-bearers, whose lights, scattered among the crowd, wove a pattern, dissolving, joining, meeting again in combination. Half forming such conceptions as these in her rapid walk along the dreary streets of South Kensington, she determined that, whatever else might be obscure, she must further the objects of Mary, Denham, William, and Cassandra. The way was not apparent. No course of action seemed to her indubitably right. All she achieved by her thinking was the conviction that, in such a cause, no risk was too great; and that, far from making any rules for herself or others, she would let difficulties accumulate unsolved, situations widen their jaws unsatiated, while she maintained a position of absolute and fearless independence. So she could serve the people who loved.
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  • Par AnneH, le 20 février 2011

    En descendant Charing Cross Road, elle se posa une foule de questions. Cela lui ferait-il quelque chose, par exemple, d'être écrasée par cet omnibus? À vrai dire, non, pas du tout. D'avoir une aventure avec cet homme peu engageant, planté devant l'entrée du métro? Non plus. Tout lui était indifférent. La souffrance, sous une forme ou une autre, lui faisait-elle peur? Non, la souffrance ne comptait pas.
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  • Par chroniquesassidues, le 16 novembre 2011

    Je pensais à Katherine. Il y a quelque chose qu'elle ne comprend pas à propos du travail. Elle n' a jamais eu besoin de travailler. Elle ne sait pas ce que c'est que travailler. Moi-même, je ne l'ai su qu'assez tard. Mais c'est ce qui nous sauve, j'en suis sûre.
    - Ne pensez-vous pas qu'il existe autre chose que le travail ? demanda-t-il hésitant.
    - Rien sur quoi l'on puisse compter, répondit-elle. [...] Que serais-je devenue si je n'étais pas obligée d'aller au bureau tous les matins ? Des milliers de personnes vous diront la même chose - des milliers de femmes. C'est le travail qui m' sauvée, Ralph, pas autre chose.
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  • Par chartel, le 17 avril 2012

    Elle le sentait qui essayait de rassembler laborieusement des fragments de foi auxquels manquait l’unité des formules façonnées par les anciens croyants. Ensemble ils explorèrent cette région mystérieuse où l’inachevé, l’inaccompli, le non-écrit, le non-retour s’unissent dans une ronde fantomatique pour revêtir l’apparence de la plénitude.
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  • Par MarianneDesroziers, le 27 juillet 2011

    Jamais les voix ne sont aussi belles qu'en hiver, à la tombée du jour, quand les lignes du corps s'estompent et qu'elles semblent s'élever du néant avec une intonation intime si rare en plein jour.
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La chronique de Gérard Collard - Virginia et Vita 2
Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Albin Michel En 1927, Virginia Woolf et son mari éditeur Léonard vivent à Monk's House dans la campagne du Sussex. Elle vient de publier "La Promenade au phare" et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire. Vous pouvez commander "Virginia et Vita" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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