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ISBN : 2081264250
Éditeur : Flammarion (2012)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un verbe exprime en français l'un des secrets de notre être et
l'une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe,
c'est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre,
c'est en effet renaître, retrouver le sentiment d'être vi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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  • Par panakry, le 30 avril 2012

    panakry
    Du nouveau sous le soleil. Les arbres refleurissent, annonçant la perspective d'une renaissance : « Chaque année, sans se lasser, le merveilleux printemps raconte à nouveau l'histoire de cette résurrection », notait Vladimir Jankélévitch dans son Traité des vertus. Loin d'être convenue, fleur bleue, cette éclosion printanière doit être prise au sérieux, elle qui se donne comme « la figure cosmique, annuelle, saisonnière, de notre propre destin ». Nous sommes tour à tour glacés et réchauffés. Pleins de joie ou de mélancolie. Tous maniaco-dépressifs ? Revivre. Eprouver nos blessures et nos ressources, magnifique livre du philosophe Frédéric Worms, tombe à pic en ces premiers jours d'avril. Inaugurant une nouvelle collection des éditions Flammarion, Sens propre — aux côtés d'un autre volume, Chanter. Reprendre la parole, de Vincent Delecroix —, l'essai parvient à saisir avec une certaine majesté l'oscillation constitutive de la vie et de l'époque. le sentiment d'être tantôt assailli par la nostalgie, convaincu que tout est déjà passé, dépassé, et tantôt gonflé d'oxygène, débordant d'énergie, comme si tout était encore à venir.
    Un simple mot étrange, ambigu, exprime ces secrets revirements de l'existence : le verbe « revivre », ici érigé en titre. Revivre au sens de la répétition obsédante, du ressassement — revivre un traumatisme, par exemple —, mais aussi au sens de nouveau départ, de la disparition de la souffrance, du sou­lagement — je revis, ouf ! La blessure et la ressource. le passé et l'avenir. L'un et l'autre se télescopent dans notre présent, dont le propre est de nous tirer, toujours en même temps, vers l'avant et vers l'arrière : « Revivre nous apprend ce que vivre signifie », écrit l'auteur sans ambages. « Comme si la vie avait un sens, d'en avoir deux, et, dans sa tension entre les deux, de pouvoir perdre ou retrouver ce sens », résume-t-il.
    C'est la mobilité fondamentale de l'existence qui intéresse le philosophe. Spécialiste d'Henri Bergson, Frédéric Worms sait que le temps est invention, et la durée, créatrice. Rien n'est jamais figé pour l'homme, doué d'une capacité de résilience et de transformation exceptionnelle : « Des images mobiles et motrices affluent de nouveau dans l'esprit comme le sang sur le visage qui avait blêmi » ; « la poitrine se libère et le cœur respire [...]. Nous revoyons des amis, nous recommençons à rêver, à jouer, à créer, à contempler, à aimer »... En mouvement lui aussi, comme amoureux de son sujet, à la fois précis et ému, l'auteur papillonne dans la philosophie, la littérature, la poésie, l'histoire et le cinéma. Il recueille ainsi le sucre des Fraises sauvages, de Bergman. Et fait son miel de la Vita nova, de Dante, du phénomène de la reprise chez Kierkegaard, de l'éternel retour de Nietzsche, ou encore de l'image du phénix chez Bachelard, cet oiseau magique qui renaît de ses cen­dres, déployant les ailes d'un mythe du renouvellement de soi.
    En définitive, Frédéric Worms en appelle dans Revivre à une philosophie entendue comme une pratique, une manière de vivre, dans la lignée de Pierre Hadot. Directeur du Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine à l'Ecole normale supérieure, à Paris, Worms est aussi très sensible à la question du soin, du Care. de même que le sujet, en revivant, entre en relation avec les autres après avoir été isolé, séparé de lui-même, de même la philosophie commence vraiment « quand la vie devient relation à la vie ». Il y a là une profonde exigence sociale, morale, politique. N'oublions donc pas de revivre.
    Le 14/04/2012
    Juliette Cerf - Telerama n° 3248
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    • Livres 3.00/5
    Par maylibel, le 07 mars 2013

    maylibel
    Que signifie revivre ? C'est ressentir un bien-être salutaire, au point d'avoir l'impression de renaître. Mais cela peut aussi signifier ressasser un évènement douloureux, que l'on ne parvient pas à surmonter. C'est ce paradoxe qu'examine le philosophe Frédéric Worms dans cet ouvrage où il examine ces expériences qui s'imposent malgré nous, puis les mesure à l'épreuve de notre vie, de notre époque, avant de les reprendre « pour servir une tâche de transformation, peut-être un art de vivre ». Les quatre parties du livre, elles-mêmes découpées en bref chapitres, composent un chemin de réflexion lucide et pourtant lumineux.
    Un livre qui invite à s'interroger, à réfléchir.
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 11 avril 2012
    En définitive, Frédéric Worms en appelle dans Revivre à une philosophie entendue comme une pratique, une manière de vivre, dans la lignée de Pierre Hadot. Directeur du Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine à l'Ecole normale supérieure, à Paris, Worms est aussi très sensible à la question du soin, du Care.
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Citations et extraits

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  • Par aleatoire, le 04 septembre 2012

    Se hisser au-dessus de soi suppose que l'on "assure" chaque palier atteint, comme font les alpinistes chevronnés pour éviter la dégringolade. Image réelle du "progrès" ? Un pas, une prise, un palier, puis tout ce qu'il faut pour ramener le corps et son équipage, toute cette lourdeur, et encore planter les pitons, surveiller l'orage, préparer le bivouac, car le froid et la nuit vont venir, être sûr, enfin, que le pas est fait, celui-ci, pour aujourd'hui. Celui qui a fait aussitôt après le pas de trop, le pas de l'ange, on voit encore la trace de sa chute ; il a dévissé, non sans entraîner avec lui la fragile humanité pleine de courbatures et de vertiges qui le suivait dans sa route, cet émouvant cortège de réfugiés et de pionniers qui traverse l'histoire.
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  • Par Piling, le 14 août 2012

    Nous rejouons incessamment certaines scènes passées, certaines expériences douloureuses, et la mort ou, comme le dira Winnicott, "l'effondrement", n'est pas pour nous quelque chose à venir, mais, étrangement, quelque chose qui a déjà eu lieu. Mais nous répétons aussi quelque chose qui va avoir lieu, et qui, en étant ainsi répété, se crée, et même dont chaque répétition est déjà une création. Voyez notre orchestre intérieur. Vous ne vous contentez pas de le préparer pour le grand soir du grand concert devant le grand public. Mais déjà, entre vous, lorsque vous lui dites de se concentrer sur une mesure difficile, vous inventez quelque chose de définitif que vous reprendrez par la suite. C'est en fait le concert qui sera une répétition, l'intégrale de toutes les répétitions, ou du moins de tous les moments de surprise et de bonheur survenus dans les répétitions, avec encore quelque chose de plus, comme dans chaque répétition, qui est en fait une création.
    Ce n'est pas là une métaphore.
    Chaque instant de notre vie nous voit réellement répéter sur la scène du monde, avec d'autres acteurs, des drames à la fois partagés et uniques. Mais parce que l'autre répétition (destructrice) guette, ces répétitions (immédiatement créatrices) vont plus loin encore dans nos vies que celles qui sont protégées dans l'écrin des salles de spectacle, de la mise en scène et de l'art. Elles jouent d'emblée pour d evrai. Elles doivent inclure en elles un effort pour s'opposer à ce qui, d'une manière ou d'une autre, les menace.

    Dès lors, ce n'est pas tant la vie et la mort qui s'opposent, faut-il même dire Éros et Thanatos, mais une destruction – qui ne vient pas seulement du dehors – et une création – qui n'est pas seulement intérieure, mais qui rayonne aussitôt, depuis nous, entre nous, et au-dehors de nous.
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  • Par aleatoire, le 04 septembre 2012

    C'est le matin que l'on revit, et peut-être n'est-ce pas une image convenue qui associe le sommeil, non pas seulement à la mort, mais à la nuit, à ses ombres et ses fantômes. Le petit matin les dissipe, l'aube fraîche après les frayeurs, la levée d'écrou. Ainsi revivre est simple. Ce n'est pas le "sublime", bien au contraire, c'en est l'antidote. Tout à coup, un verre d'eau, une chanson que l'on fredonne, font s'évanouir les spectres. Avez-vous encore un doute, sortir dehors et marcher suffira, rencontrer les autres qui vont, qui vaquent, une sorte de certitude des mouvements et des fins, communicative. Une tâche attend, doit être reprise, le monde semble prêt à accueillir nos actions.
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  • Par maylibel, le 07 mars 2013

    Ce n’est […] pas un bonheur supposé durable et sans histoire qui s’opposera à l’épreuve toujours différente du malheur dans l’histoire. Ce seront bien plutôt toutes les histoires qui seront tissées et teintées de cette double expérience absolue du malheur et de la joie arrivant à chaque fois de manière individuelle, quoique répondant à une structure universelle, qu’il appartient à la philosophie de penser, comme il appartient à l’art de la décrire ou de la raconter. Les plus grands romans connaissent tous ces pointes extrêmes d’un côté comme de l’autre […].

    (p. 280)
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Vidéo de Frédéric Worms

Nuit des idées - Frédéric Worms .
Frédéric Worms « Penser à l?autre » La pensée est un sport de combat. Qui est l?autre ? Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/dossier/debats_publics_pourquoi_des_penseurs_en_temps_de_crise-65165843.html Notes de Musiques : Casetofoane/Electromagnetic/04 Enel. Free Music Archive.








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