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> Serge Quadruppani (Traducteur)

ISBN : 2864246880
Éditeur : Editions Métailié (2009)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"1775. Dans la vallée mohawk, non loin de la frontière canadienne, un monde baptisé Iroquirlande, où les six tribus iroquoises ont tissé des liens de sang avec des Écossais et des Irlandais, voit avec inquiétude ses terres ancestrales menacées par l’avidité des colons q... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 3.00/5
    Par AurorA, le 26 août 2009

    AurorA
    " Les rayons du soleil harcelaient le groupe, une lumière de sang filtrait dans la fôret." (première phrase)

    8 septembre 1755. Nouveau monde. La guerre franco-anglaise fait rage. Rassemblés sous l'égide de Sir William Johnson, commissaire des affaires indiennes, les peuples de la longue maison se battent pour l'empire britannique.
    A la mort de ce chef charismatique, en 1774, les relations des indiens avec les colons ne font que se dégrader: vol de bétail, de terres, insultes. Les nations iroquoises, partagées entre le souvenir de Sir William, la terre de leurs ancêtres et leur serment d'allégeance au Père anglais, décident d'envoyer des émissaires à Londres. Joseph Brant dit Thayendanega, Peter son neveu qui est aussi le fils de Sir William et de Molly dont les songes révèlent l'avenir, Philip Lacroix dit Ronaterihonte le guerrier de légende amateur de Shakespeare et Guy Johnson, gendre de William et nouveau commissaire des affaires indiennes, sont du voyage. A travers leur regard et leur épopée, c'est l'avenir de la nation indienne et des soubresauts de l'histoire qui se jouent.

    "Tandis qu'il assistait à la progression du cortège, Philip eut une vision: Londres étendue au monde entier. Unique énorme excroissance, faite d'immeubles et de tours dressés, des habitats délabrés, des esplanades théâtrales, des fontaines et des jardins, un dédale de ruelles où le soleil n'arrivait jamais. Un monde bâti, mis au travail, pavé, dallé, étayé; un monde en construction, stratifié, ruineux, marcescent; un monde de lumières artificielles et de beaucoup de ténèbres, salut d'un petit nombre et condamnation pour la majorité: la noble ville de Londres et de Westminster." (p274)

    Pourtant, comment arrêter l'histoire en marche? Comment enrayer la soif d'indépendance des colons? Comment conserver ses rêves et l'essence même des peuples indiens quand le frère se dresse contre le frère?

    "Les silhouettes devinrent vagues, jusqu'à disparaître derrière le rideau de pluie." (dernière phrase)
    Saga historique, conte, longue élégie, Manituana raconte ce que nous savons d'un point de vu inédit: celui des vaincus, des sans-terres, des trahis. On trouve ça et là des passages d'une poésie folle, le ton se fait tantôt grave, tantôt léger, et si certains passages sont plus faibles que d'autres, on suit avec passion et crainte ces personnages de légende: Molly qui entend la terre respirer, et l'herbe pousser, son fils Peter qui joue du violon avec dans les yeux le mal du pays, Thayendanega qui d'interprète deviendra chef de guerre, et Esther, jeune fille devenue femme trop tôt et dont le regard porte loin... La langue elle-même est source de jeu: langue vivante (irlandais, écossais...) mais aussi langue d'écrivain avec l'utilisation de l'argot qu'Anthony Burgess prête aux voyoux d'Orange mécanique.

    Un premier volet salué par la critique et les prix en Italie (Prix Sergio Leone 2007, Prix Salgari du roman d'aventure 2008) qui nous emmène, de 1755 à 1783, au loin, vers cette Amérique que l'on ne raconte pas dans les manuels d'histoire.

    Manituana de Wu Ming, Métailié, 20 août 2009.
    Wu Ming 's Copyleft:
    «La reproduction totale ou partielle de l'œuvre ainsi que sa diffusion par voie télématique sont autorisées, sous condition de fins non commerciales et de reproduction de la présente mention.»


    Lien : http://surmesetageres.over-blog.fr/article-34276594.html
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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneL, le 26 avril 2013

    MarianneL
    Wu Ming est le nom de plume d'un collectif de cinq auteurs italiens dont «Manituana», publié en Italie en 2007, est le troisième roman.
    Récit ambitieux, c'est d'abord un superbe roman historique couvrant la période de la guerre d'indépendance (1775-1779).
    L'histoire des États-Unis est en général présentée sous forme de clichés exaltant les valeurs de l'Amérique. Ici, au contraire, Manituana nous dévoile le rôle actif des Indiens dans cette guerre, nous raconte ce conflit du côté des vaincus, les indiens Iroquois alliés à la couronne d'Angleterre, ainsi que les conséquences désastreuses de la colonisation et de ce conflit pour la vie et la civilisation indiennes.
    Malgré la dimension de fresque historique, les chapitres sont courts et incisifs, les personnages profonds et palpables, tels Molly Brant, conductrice du peuple Mohawk habitée des rites de son peuple et de rêves prémonitoires, et Philip Lacroix – Ronaterihonte, dit « le Grand Diable », chasseur et guerrier redoutable pétri de littérature européenne.
    Roman à la fois flamboyant et intime, la destruction du monde des Iroquois de Manituana a de fortes résonances avec l'histoire, les intolérances et les guerres contemporaines.
    "On dit que le scalp est l'essence de l'homme. Mais, moi, je dis que l'essence de l'homme, c'est le fusil. La partie la plus intime du fusil est creuse, vide. L'âme de l'homme est insaisissable, imprenable. Sans le fusil, tu n'es qu'un animal comme un autre, en lutte pour manger."
    «Tandis qu'il assistait à la progression du cortège, Philip eut une vision : Londres étendue au monde entier. Unique énorme excroissance, faite d'immeubles et de tours dressés, des habitats délabrés, des esplanades théâtrales, des fontaines et des jardins, un dédale de ruelles où le soleil n'arrivait jamais. Un monde bâti, mis au travail, pavé, dallé, étayé ; un monde en construction, stratifié, ruineux, marcescent ; un monde de lumières artificielles et de beaucoup de ténèbres, salut d'un petit nombre et condamnation pour la majorité : la noble ville de Londres et de Westminster.»
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 17 mars 2013

    Charybde2
    L'indépendance des Etats-Unis du côté des vaincus, dans le meilleur roman historique récent...
    Avec "Manituana" en 2007 (publié en français en 2009 - dans la remarquable Bibliothèque Italienne animée chez Métailié par Serge Quadruppani), le collectif d'écrivains italiens Wu Ming renouvelait l'exploit de "Q" (en français, "L'Œil de Carafa") : construire un roman historique au souffle puissant, rigoureusement documenté, parfaitement orchestré, présentant de vrais personnages qui ne soient pas de fugitives caricatures, tout en s'attachant à mettre à jour "l'envers du décor", de l'histoire communément acceptée, du "récit des vainqueurs".
    Ici, loin du XVIème siècle de la Réforme et de la Contre-Réforme en Europe (qui était l'objet de "L'Œil de Carafa"), les Wu Ming nous emmènent en Amérique du Nord, à la veille de la guerre d'Indépendance qui donnera naissance aux États-Unis. Adoptant en détail le point de vue de colons humanistes et fidèles à la Couronne britannique, et de leurs amis amérindiens préférant un souverain lointain et relativement bienveillant à des colons et marchands ô combien présents, et en quête incessante de terres, d'esclaves et de profits, ils nous livrent une vision crédible, documentée et décapante des mythes fondateurs des treize Colonies, loin en effet des réécritures solennelles qui en seront effectuées par la suite. Avec un "morceau de bravoure" indéniable et une authentique fête du langage, lorsqu'une ambassade iroquoise ira affronter Londres, ses splendeurs et ses bas-fonds, pour être reçue à la cour du roi George...
    Poursuivant au fond des buts proches de ceux d'un Vollmann dans "Central Europe" ou d'un Claro dans "CosmoZ", avec des moyens entièrement différents, les Italiens chantres du "New Epic" réussissent à nouveau un grand moment d'histoire des vaincus, et nous donnent peut-être le meilleur roman historique de ces dernières années. Travail salutaire et jouissif à la fois, bien servi aussi par une traduction impeccable de Serge Quadruppani.
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  • Par de, le 09 octobre 2011

    de
    Nord-Amérique, colonie anglaise et révolte des colons, dans la vallée du fleuve Mohawk, la grande maison et les six nations. Il était une fois…
    Voici un somptueux roman d'aventures, au temps de la création des futurs Etats-Unis, mêlant indiens, colons, sujets de la couronne. de précieux portraits d'êtres humains, hommes (Joseph Brant Thayendanega, Philip dit Le Grand diable) et femmes (Molly, Esther), acteurs et actrices dans un monde en rupture.
    De petits chapitres denses, une écriture lyrique pour des fragments d'existence entre salons aristocratiques, voyage à Londres, forêts et combats. Un métissage des mots. Devenir et résistances.
    « Il commença à parler, en veillant à ce que les phrases sortent de sa bouche comme une eau sale à rejeter. Mais il avait beau s'appliquer, l'arrière goût restait attaché à sa langue. »
    Une lecture sous l'angle des vaincus de la colonisation.
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Citations et extraits

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  • Par AttrapeReves, le 27 novembre 2009

    Boire de l'eau signifiait absorber le flux dégoutant qui courait dans les tuyauteries souterraines en bois d'orme, exposées à toutes sortes de saletés, peut-être aussi à ce qui remontait de la Tamise, purin contaminé par toute l'ordure de Londres et de Westminster. Outre les excréments humains, dans ces eaux étaient dilués les acides, les minéraux et les poisons des officines et des manufactures. Sans parler des carcasses d'animaux et d'hommes, et des rejets de baignoires, des cuisines et des urinoirs.
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  • Par de, le 06 octobre 2011

    Il commença à parler, en veillant à ce que les phrases sortent de sa bouche comme une eau sale à rejeter. Mais il avait beau s’appliquer, l’arrière goût restait attaché à sa langue

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