Ce que j'adore avec mon Orizon, c'est aller fureter dans le catalogue de Bookeen pour dénicher des récits fantastiques inédits sous format papier. Ils ne sont pas chers et je fais parfois de belles découvertes.
Par-delà l'océan de Nicolas B.Wulf est un de ceux-là. Il attire d'autant plus l'œil qu'il a une très belle couverture. Autant dire que ce court roman piraterie, un peu plus que mâtiné de fantasy, ne pouvait pas espérer mieux que de tomber entre les mailles de Numeriklivres. Car, à n'en pas douter, seuls les micro éditeurs papiers lui auraient donné sa chance et, si la reconnaissance critique aurait peut-être été là, les ventes non. Avec le numérique, c'est un tout autre circuit de distribution/diffusion qui s'offre et nombre de lecteurs, comme moi, n'hésite pas à revenir sur les "anciens titres" sans se soucier de la nouveauté et de la dernière mode.
Par-delà l'océan est un récit d'aventure pur jus se déroulant dans un univers de fantasy cohérent, sans doute car l'auteur a puisé son inspiration dans le monde réel plutôt de d'inventer n'importe quoi (on reconnaîtra facilement Hyspan un royaume typé "européen" et en Ocyn un mixte entre la Chine et le Japon). Tout s'enchaîne vite et on n'a pas le temps de s'ennuyer. Il y a des monstres, de l'exotisme, des combats épiques et des duels entre bateaux. le style est bon, les descriptions claires même pour ceux qui ne connaissent rien à la marine. J'ai apprécié l'introduction de passage épistolaire en début de chapitre, qui permet de mieux connaître Filhip, père du héros, personnage omniprésent dans l'intrigue et pourtant décédé à ce moment là. Arrivé à la fin du roman, je n'ai eu qu'une envie : connaître la suite.
Cependant,
Par-delà l'océan donne parfois au lecteur le sentiment que tout est précipité. Bien entendu, ce sont les personnages secondaires qui en souffrent le plus. Ainsi, j'aurais aimé que le personnage du corsaire soit un peu plus développé (je n'ai pas eu le temps de le craindre ou, à l'inverse, de le plaindre), tout comme celui du Mousse. En fait, j'aurais aimé que l'on s'attarde un peu plus sur les sentiments des différents protagonistes. Par sentiment, je n'entends bien sûr pas "sentimentalisme" (pitié non !). Simplement, ils paraissent parfois un peu effacés et on a l'impression que le récit est très détaché de leurs états d'âmes. Bien sûr, je ne dis pas qu'il aurait fallu passer 50 pages là-dessus mais le rythme du récit n'aurait pas souffert s'ils avaient été un peu mieux caractérisés par l'ajout de passages au moment opportun. C'est, vraiment, le seul défaut que j'ai trouvé à l'histoire.
Ceci dit, ce n'est que le premier court roman (ou novella) de Nicolas B.Wulf (qui a tout de même publié quelques nouvelles à côté). L'auteur a un potentiel évident et ne peut que s'améliorer. Autant dire que je vais suivre de près son actualité. Et c'est la preuve, si était besoin, que les éditeurs numériques ne sont pas des éditeurs "poubelle" et qu'ils se soucient vraiment de la qualité.
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