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> Noël Dutrait (Traducteur)
> Liliane Dutrait (Traducteur)

ISBN : 2876785269
Éditeur : L'Aube (2000)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 135 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse "montagne de l'Âme". Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantast... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par bilodoh, le 01 décembre 2013

    bilodoh
    Je reviens d'un long voyage... dans « La montagne de l´âme », j'ai accompagné Gao Xingjian dans ses pérégrinations à travers les de la Chine.
    Ce n'est pas un voyage facile, on y rencontre des traditions et des légendes, souvent cruelles et sanguinaires, sans compter des démons intérieurs à affronter.
    Ce n'est pas un voyage touristique, mais un dépaysement assuré, tant par les beautés de la nature que par les réflexions philosophiques, sur la vie, la société, etc.
    Ce n'est pas un voyage de groupe, mais un texte à deux voix, au « je » et au « tu », passant constamment du yin au yang et renonçant toujours à s'attacher aux personnes rencontrées en chemin.
    Pour apprécier ce livre, il faut une certaine patience, car c'est un long voyage, long, comme des millénaires d'histoires qui s'écoulent doucement…
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 20 octobre 2013

    Missbouquin
    La Montagne de l'Âme est le roman qui a valu à Gao Xingjiang sa notoriété et son prix Nobel. C'est désormais un classique de la littérature universelle : un texte où l'auteur entraîne le lecteur dans un vertigineux voyage initiatique à travers la Chine des années 1980, entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle.
    « Toi », tu es parti à la recherche de la « Montagne de l'Âme », un lieu dont tu as entendu parler dans le train (lors d'une rencontre fortuite avec « moi », le narrateur qui est semble-t-il une figure de l'auteur lui-même). Tu rencontres une jeune fille qui te suit dans ton cheminement : une jeune fille brisée par la vie, dont le lecteur ne saura pas vraiment ce qu'elle devient, si tu l'as laissée tomber, si elle s'est tuée ou si elle est simplement partie. « Moi », je me suis promené de parc naturel (avec les pandas) en temples bouddhistes et de centres culturels en ermitages taoïstes. Écrivain qui ne peut publier, j'ai marché, comme toi, un peu au hasard, mais seul, allant de rencontre en rencontre.
    Cette phrase est le résumé parfait de ce roman, si un tel résumé peut exister pour un texte dense de 700 pages qui explose toutes nos habitudes de lecture : deux personnages masculins identifiés seulement par le "tu" et le "je", qui se sont rencontrés au début du roman, et dont on soupçonne ensuite qu'il s'agit de la même personne : pas de noms, peu de toponymies, pas de descriptions physiques; un mélange des genres. Est-ce un conte ? des fables ? un voyage initiatique ? Un voyage historique ? A un moment du texte, le narrateur imagine les attaques que pourrait mener un critique littéraire qui ne sait comment classer ce texte : "réunir des récits de voyage, recueillir des bribes d'histoires et des notes au fil du pinceau, mélanger de la théorie à l'essai. [...] des fables qui ne ressemblent guère à des fables, quelques chants ou romances populaires avec en plus quelques histoires de fantômes créées de bric et de broc" ! Ce passage, d'introspection de l'auteur lui-même, est d'ailleurs parfaitement réussi !
    Au final, malgré tout ça, c'est un texte parfaitement homogène, avec ce fil conducteur qu'est la quête du narrateur de cette mystérieuse Montagne de l'Âme : mais est-ce une quête d'identité ? la quête de la beauté ? la connaissance absolue ? la volonté de l'autobiographie ? Un peu tout à la fois sûrement …
    Mais il ne serait rien sans la langue qui la sous-tend : une langue moderne, épurée, musicale, presque envoûtante, qui coule parfaitement à la lecture, une fois surmonté le choc initial ! D'ailleurs, la musique et les chansons sont centrales dans l'œuvre : le "je" est à la recherche de différentes formes de chansons populaires, "des chants qui partent de l'âme", qui lui font appréhender le mode de vie de chaque village dans lequel il s'arrête, qu'il soit campagnard, montagnard ou autre, Même si ces traditions ont tendance à se perdre …
    Tout cela sur fond historique, avec un communisme qui s'est insinué de partout, mais qui a été parfois dilué par des mythes ou des traditions plus ou moins inventées. Ce roman a d'ailleurs été publié à un moment où les écrivains se sont libérés du joug communiste, à la fois sur le fond et sur la forme. Il est également nourri des voyages de l'auteur, contraint lui-même par la censure, et qui lui a permis de renouer avec la nature et de découvrir la Chine rurale. Il a émigré en France en 1988 et c'est d'ici qu'il a publié La Montagne de l'Âme (il est d'ailleurs citoyen français depuis 1998).
    Un texte donc déstabilisant, qui est loin de livrer toutes ses clés à la première lecture (et, je le soupçonne, pas non plus à la deuxième ou troisième), et qui se termine d'ailleurs par un aveu d'incompréhension …
    « Je ne sais pas que je ne comprends rien, je crois encore que je comprends tout […] le mieux, c'est de faire semblant de comprendre. Faire semblant de comprendre, mais en fait ne rien comprendre. En réalité, je ne comprends rien, strictement rien. C'est comme ça.» Un écho à mon sentiment à la fin de cette lecture : enchantée oui, je l'étais, mais en réalité, je n'ai pas tout compris … ;) (mais n'est-ce pas l'essence de la littérature, de poser des questions sans réponses ?)


    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/10/14/la-montagne-de-lame-g..
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    • Livres 5.00/5
    Par Walken, le 13 janvier 2013

    Walken
    Guidés dès la première phrase par le narrateur qui s'exprime le plus souvent par le "tu", nous partons à la découverte d'une Chine sortant de la Révolution culturelle, un pays devenu à la fois schizophrénique et atteint d'Alzheimer qui à l'instar de ses habitants, a perdu son âme, ses repères, ses traditions, son humanité.
    Gao Xingjian nous fait entreprendre avec lui, en témoin privilégié, ce voyage initiatique qui nous mènera à la redécouverte de l'âme chinoise, à la spiritualité, à l'harmonie avec la nature, autant qu'à la quête de beauté, de sensualité et d'amour charnel.
    Avec un style épuré, poétique, envoûtant, parfois théâtral au travers de dialogues incisifs, l'auteur nous invite donc à une longue marche dans la campagne chinoise, à la recherche d'une mystérieuse montagne de l'âme, un lieu intemporel, presque inaccessible, promesse d'une réconciliation retrouvée entre le corps et l'esprit, source d'un questionnement personnel sur la compréhension du monde, des rapports humains et sur le sens à donner à sa propre vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par simeon, le 03 mars 2014

    simeon
    Livre hors normes qui défie les lois du genre. Est-ce un roman? un essai? un livre de voyage? qui en sont les personnages? incarnés uniquement par des pronoms personnels. Il y a aussi de la poésie et des chants populaires chinois, des allusions historiques chinoises.
    Un homme dans un train échange quelques mots avec son voisin, ce dernier lui parle de La Montagne de l'âme, il ne connait pas cet endroit et aimerait s'y rendre, cependant personne n'a l'air de vraiment l'aider pour y parvenir, cette montagne existe-t-elle? ou n'est-elle qu'une métaphore?
    Un des personnages est écrivain, il est à la recherche d'une nature primitive, un autre est photographe ou ethnologue, il va chercher à enregistrer des chants folkloriques, ils vont faire des rencontres. L'important n'est pas le voyage mais le chemin symbolique pour aller à la recherche de soi, de son histoire.
    On va se perdre dans cette lecture, comme ses personnages insaisissables et aussi son auteur qui a mis sept années pour en venir à bout. Cette perte de repères est grisante, l'écriture est magnifique, c'est sans aucun doute un des livres que je mettrai dans mon panthéon personnel. Un ouvrage complexe, déroutant, troublant mais tellement attachant, cinq étoiles sans aucune hésitation.

    Si vous voulez vous faire une idée de ce livre, je vous conseille les formidables podcasts de France Culture:
    http://www.babelio.com/auteur/Gao-Xingjian/2871/podcasts
    Une mise en scène radiophonique sublime qui donne du corps au livre, par ses silences, son rythme et sa musique nous plonge au cœur de ce livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 03 octobre 2012

    nathalie_MarketMarcel
    Un livre étrange, sans doute trop long, mais qui ne prend ses qualités que sur la longueur… 600 pages composées de chapitres très courts, où alterne un narrateur au « je » et un narrateur au « tu », qui ne sont qu'une seule et même personne, qui cherche à mieux se connaître en se parlant à soi-même, en mettant à nu son intériorité et sa faiblesse. Les deux sont à la recherche d'une mystérieuse Montagne de l'âme, on ne sait pas bien pourquoi.
    La première impression est celle d'un apaisement. Nous allons sur les routes de Chine, chez les campagnards, dans les forêts, au bord des fleuves, au rythme des histoires de sorcières et de brigands. Progressivement, un malaise s'installe, face à ce narrateur, un peu perdu dans la vie.
    La Chine de cette période est un pays en mille morceaux : le passé lointain a été détruit par la Révolution culturelle mais la plupart des personnages ont été enfants pendant ces années troubles, voire ont grandi en camps de rééducation, et leurs souvenirs d'enfance sont ceux de la guerre. le début du boom économique est à nouveau en train de tout faire disparaître : les temples, les pandas, les forêts anciennes, les paysages (le barrage des Trois Gorges est souvent mentionné) et les lieux de l'enfance.
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Citations et extraits

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  • Par PhilippeMaurice, le 17 juillet 2012

    Ici, ni lichens, ni bosquets de bambous-flèches, ni buissons, les larges espaces entre les arbres rendent la forêt plus claire et la vue porte loin. Et, au loin, une azalée d'une blancheur immaculée, élancée et pleine de grâce, provoque un irrépressible enthousiasme par son extraordinaire pureté. Elle grossit au fur et à mesure que j'approche. Elle porte de grosses touffes de fleurs aux pétales encore plus épais que ceux de l'azalée rouge que j'ai vue plus bas. Des pétales d'un blanc pur qui n'arrivent pas à se faner jonchent le sol au pied de l'arbre. Sa force vitale est immense, elle exprime un irrésistible désir de s'exposer, sans contrepartie, sans but, sans recourir au symbole ni à la métaphore, sans faire de rapprochement forcé ni d'association d'idées : c'est la beauté naturelle à l'état pur.
    Blanches comme la neige, luisantes comme le jade, les azalées se succèdent de loin en loin, isolées, fondues dans la forêt de sapins élancés, tels d'insaisissables oiseaux invisibles qui attirent toujours plus loin l'âme des hommes.
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  • Par joedi, le 19 juillet 2014

    Fuxi, le luth a fabriqué
    Nügua, l'orgue à bouche a inventé.
    Grâce au yin le langage est né
    Grâce au yang le son est né.
    La fusion du yin et du yang l'homme a engendré,
    Quand l'homme est né, la voix est apparue,
    Quand la voix est née, les chants sont apparus,
    Quand ils ont été nombreux, des recueils on rassembla.
    À l'époque, les livres expurgés par Confucius
    Dans un désert ont été perdus,
    Le premier volume par le vent jusqu'au ciel a été soufflé
    Et c'est alors qu'est né l'amour entre le Bouvier et la Tisserande.
    Par le vent, le deuxième volume dans la mer fut poussé,
    Pour épancher son âme, le vieux pêcheur l'a récupéré et l'a chanté.
    Le troisième volume dans les temples par le vent fut poussé,
    Les bonzes bouddhistes et les moines taoïstes, les soutras ont chanté.
    Le quatrième volume dans les rues du village est tombé,
    Filles et garçons leur amour ont chanté.
    Le cinquième volume dans les rizières est tombé,
    Les chants des montagnes, les paysans ont entonné.
    Le sixième volume, c'est cette "Chronique des ténèbres",
    Pour chanter l'âme des défunts, le maître de chant l'a récupéré.
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  • Par catherinemasson, le 15 avril 2014

    Un soir glacial, au cœur de l 'automne. Une épaisse et profonde obscurité noie l'étendue chaotique originelle, le ciel et la terre, les arbres et les rochers se fondent, la route est invisible, tu ne peux que rester sur place sans pouvoir dégager tes pieds, le buste penché en avant, les bras étendus pour tâtonner dans cette nuit noire, tu entends bouger, mais ce n'est pas le vent, c'est l'obscurité dans laquelle il n'y a plus ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni lointain ni proche, ni aucun ordre déterminé, tu te fonds totalement dans ce chaos, tu sais seulement que ton corps possède un contour, mais même ce contour s'estompe peu à peu dans tes pensées, une lueur monte à l'intérieur de toi, comme le feu solitaire d'une bougie dans l'obscurité, sa flamme dégage de la lumière mais pas de chaleur, une lumière glaciale qui emplit ton corps, déborde ses contours, ces contours que tu conserves en pensée, tes deux bras se resserrent pour préserver ce feu, cette conscience glaciale et transparente, tu as besoin de cette sensation, tu t'efforces de la protéger, devant toi apparait la surface tranquille du lac, et, sur l'autre rive, se dressent des bosquets d'arbres, des arbres qui ont perdu leurs feuilles, et d'autres, pas encore complètement dépouillés, des peupliers sveltes où restent accrochées quelques feuilles jaunes, des jujubiers d un noir métallique où seules une ou deux feuilles jaune pâle tremblent au vent, des arbres à suif pourpres clairsemés, semblables à des volutes de brouillard à la surface du lac, aucune vague, seulement des reflets, nets et brillants, aux couleurs chatoyantes, du rouge , au pourpre, à l'orangé, au jaune tendre, au vert foncé, au brun gris, au blanc de lune, sur plusieurs niveaux, tu réfléchis intensément, puis soudain les couleurs disparaissent pour se fondre en d'innombrables nuances de gris, de noir et de blanc foncé ou clair, comme une vieille photo défraîchie, seules les ombres restent nettes, au lieu de dire que tu es sur terre, mieux vaut dire que tu es dans un autre espace, tu observes la propre image de ton cœur en retenant ton souffle, tout est si calme, le calme te rassure, tu as l'impression qu'il s'agit d'un rêve, qu'il ne faut pas t'inquiéter, mais tu ne peux t'en empêcher, justement parce que le calme est trop parfait, un calme exceptionnel.
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  • Par joedi, le 19 avril 2014

    Le sentier longe une forêt d'arbousiers, mais ce n'est pas la saison des fruits. Lorsqu'ils seront mûrs, impossible de savoir où tu seras. Les arbouses attendent-elles les hommes ? Ou bien les hommes attendent-ils les arbouses ? Voilà un problème métaphysique qui peut connaître d'infinies solutions. Jamais les arbouses ne changeront et l'homme restera toujours le même. On peut dire aussi que les arbouses d'une année ne sont pas les mêmes que celles de l'année suivante, et que l'homme d'aujourd'hui n'est pas le même que celui d'hier. La question est de savoir lequel est le vrai, celui d'hier ou celui d'aujourd'hui. Et comment fixer les critères de jugement ? Laisse les métaphysiciens parler de métaphysique et occupe-toi seulement de ton chemin.
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  • Par joedi, le 18 avril 2014

    Allez vous baigner dans les eaux de la richesse !
    Imprégnez-vous des eaux de la prospérité !
    Les eaux de la richesse vous donneront un enfant,
    dans les eaux de pluie un fils naîtra,
    tels les petits poissons, les jeunes
    se pressent chez le maître tambour
    neuf cornes de vin ils boivent
    pour le sacrifice ils prennent le riz
    le vin ils répandent à terre
    priant le dieu du Ciel de l'accepter
    priant le dieu de la Terre de le manger
    le maître tambour brandit sa hache,
    les ancêtres tirent leurs épées
    franchissant les générations,
    qu'ils soient éternels
    sa propre mère on se rappelle
    pour creuser une paire de bambous,
    pour fabriquer des tambours ...

    Il chante à tue-tête jusqu'à l'épuisement.

    (grande cérémonie de sacrifice aux ancêtres) pages 330-331
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