> Marie-Odile Probst-Gledhill (Traducteur)

ISBN : 2877307573
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle in... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    The Good Women Of China
    Traduction : Marie-Odile Probst
    C'est alors qu'elle animait à Pékin une émission radiophonique intitulée "Mots sur la Brise Nocturne" que Xinran - très joli nom qui signifie "Avec plaisir" - a eu l'idée de faire un livre avec quelques uns - car ils sont des milliers - des témoignages de femmes qu'elle recevait au studio. Objectif : prouver que, en dépit des énormes mutations subies par la société chinoise lors du XXème siècle, la condition de la femme n'a guère évolué.
    Xinran n'aura aucun mal à en convaincre ses lecteurs, à quelque sexe qu'ils appartiennent et sous réserve, bien sûr, qu'ils soient de bonne foi.
    Le document s'ouvre sur une jeune fille qui, à onze ans, peu après ses premières règles, fut violée par son père. Quand sa mère l'apprit, elle fut d'abord choquée mais, presque instantanément, traita sa fille comme un objet de sacrifice et n'évoqua plus l'inceste. Pour échapper à la brute, l'adolescente n'eut bientôt plus qu'un seul moyen : l'auto-mutilation ou les infections sciemment contractées qui avaient au moins le mérite de l'envoyer dans un univers protégé, celui de l'hôpital. Encore son père se débrouilla-t-il un jour s'y introduire et abuser d'elle alors qu'elle était sous perfusion ...
    La Chiffonnière, elle, est et restera une mère. Elle vit à Pékin, non loin des studios d'enregistrement de Xinran, dans une espèce de décharge où elle fouille la terre pour revendre au prix fort ce qu'elle y découvre. Elle s'est bâti une petite maison en carton, qui ne protège guère contre l'hiver. Mais, malgré sa misère, elle est toujours nette et sa façon de s'exprimer prouve qu'elle a reçu une excellente éducation. Xinran s'apercevra que cette femme a choisi ce mode de vie pour demeurer au plus près de son fils. Ce fils, elle l'a élevé toute seule et il est devenu un politicien en vue. Il s'est marié aussi et, pour préserver la bonne entente du couple, la mère s'est effacée. Elle regarde son fils aller et venir. De loin.
    Dans "Chinoises", vous rencontrerez aussi la Femme dont le mariage a été arrangé par la Révolution. Tout semble lui avoir réussi : elle a un mari haut gradé, deux enfants installés et de l'argent. Dans son enfance et son adolescence, elle a reçu une solide éducation. Elle aurait pu même aller vivre à l'étranger car ses parents étaient très libéraux. Mais, entraînée par l'enthousiasme de la jeunesse, elle a voulu rejoindre les troupes de Mao. Elle a été intégrée et puis un jour, on lui a dit : "Tu es prête à accomplir une mission : tu dois l'accepter." Elle accepte, les yeux fermés. Dans le village où elle atterrit, elle est accueillie en tant que secrétaire du colonel local. Mais le soir-même, le colonel la suit dans son lit et la viole. Plus tard, il l'épouse : mariage décidé par le parti.
    Enfin, je ne vous dirai rien de la petite fille qui perdit la raison sous la Révolution culturelle et des femmes de Colline Hurlante - le nom d'un village perdu. Lisez, vous verrez bien.
    "Chinoises", c'est tout cela et quelques histoires en plus. C'est écrit simplement et cela raconte des choses simples, tristes et malheureusement vraies. A l'aube du XXIème siècle, c'est même terrifiant.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 15 novembre 2007

    BMR
    Xinran c'est un peu la Ménie Grégoire de la Chine, pour ceux qui s'en souviennent (de Ménie Grégoire).
    Journaliste et animatrice d'une émission de radio, elle recueille les témoignages de femmes. De femmes de Chine. De Chinoises, donc.
    De ses enquêtes et témoignages, elle en tirera ce bouquin. Parce que le Vieux Chen lui a dit : «Xinran, vous devriez écrire tout cela. Écrire permet de se décharger de ce que l'on porte [...]. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur».
    Résultat, c'est notre coeur à nous qui se fendille un peu à cette lecture.
    Parce que c'est tout simplement effarant : comment peut-on vivre cela ? comment peut-on faire vivre cela ?
    On se croirait au Moyen-âge, au mieux au siècle dernier (enfin, l'avant-dernier).
    Mais non, toutes ces histoires ont été recueillies entre ... 1970 et 1990 !
    Tout est dit : au lecteur aussi, il faudra quelques jours pour s'en remettre, même si la distance du livre de papier et de la lointaine Chine rend les choses heureusement moins vraies.
    C'est la dure condition féminine qui est donnée à lire ici. La terrible condition des femmes Chinoises de la fin de ce siècle (le dernier, cette fois) alors que la Chine est en train de s'ouvrir et qu'il est désormais possible de parler. Un peu.
    Il est question d'inceste, de viols, d'ignorance et de misère sexuelle, de mariages arrangés (par le Parti, on n'est plus au Moyen-âge !), de séparations entre mère et fille, tout cela sur le fond de l'histoire toute récente de la Chine.
    Et notamment les drames nés pendant les terribles années de la Révolution Culturelle.
    L'écriture est sobre et simple (Xinran est journaliste) entièrement au service de ces histoires crues, dures et vraies, qui se suffisent à elles-mêmes.
    La plus belle (sans doute parce que c'est la seule qui met en cause une catastrophe naturelle et non pas la noirceur humaine) est celle du tremblement de terre [extraits].
    Ouf. Il faut avoir le coeur bien accroché pour aller au bout de cette douzaine d'histoires (comme autant de petites nouvelles, de petits reportages) et découvrir derrière ces épouvantables tranches de vie, la vie justement, la force vive qui a permis à ces femmes de traverser ces épreuves, d'y survivre ... et de les raconter.
    Pour finir sur une note un peu plus légère, on relèvera quelques dictons et proverbes qui émaillent ce bouquin ... comme tout bon livre chinois.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lene, le 04 août 2008

    Lene
    Xinran dans ce bouquin nous fait partager plusieurs morceaux de la vie des femmes Chinoises. Les histoires sont multiples mais dans chacune d'elle il y a beaucoup d'émotions et de souffrances. Ce livre m'a touché mais paradoxalement j'ai eu du mal à m'attacher à toutes ces femmes : j'avais davantage l'impression d'être spectatrice. En y réfléchissant j'y ai trouvé deux raison : la première est que c'est un monde très éloigné de ce que je vis et la deuxième c'est que lorsque je lisais l'histoire de chacune des femmes, j'avais davantage l'impression de lire des nouvelles (or je m'attache difficilement aux personnages des nouvelles en raison de l'absence de longueur). Cependant, j'ai quand même beaucoup aimé ce très beau livre et vous encourage à le lire lire !
    http://bookslene.over-blog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Fanyoun, le 07 mars 2009

    Fanyoun
    Comme noté dans mon article sur Les Funérailles célestes, Xinran est une journaliste qui animé une émission de radio en Chine pendant 8 ans. A Londres depuis 1997, elle exerce maintenant la noble profession d'enseignante comme professeur d'études orientales et africaines.
    Ce roman a été publié en anglais courant 2002 et le titre original est The Good Women in China. La traduction française date de 2003 (traductrice Marie-Odile Probst). Vous constaterez en lisant cet article que ces dates ont leur importance. Chinoises est le récit de témoignages de femmes recueillis pendant ces années radiophoniques.
    La révolution culturelle a laissé des traces douloureuses, indélébiles. Parmi les nombreuses victimes de ces années noires, les femmes ont eu une place de choix : victimes de mariages forcés (il faut noter qu'il fallait demander l'autorisation au Parti pour se marier quand celui-ci n'était pas imposé), viols, familles dispersées, guerres et pauvreté, coutumes Chinoises qui pour nous semblent dater d'un autre siècle.
    Pour ce pays où le mâle est roi, recueillir ces témoignages relève déjà de l'exploit et cela n'a pas été sans difficulté pour l'auteur.
    La lecture de Chinoises m'a fendu le coeur : la condition féminine y étant décrite avec tellement de simplicité, de sincérité. Ce sont des témoignages, des histoires vraies et l'auteur a su, avec beaucoup de sobriété, se mettre au service de ces femmes et de leurs récits respectifs.
    Un roman qui nous invite à réfléchir sur notre propre condition de femme. Il nous invite aussi à se plonger (replonger ?) sur la révolution culturelle chinoise et les dégâts causés. J'ai maintenant une envie incontrolable d'approfondir le peu de connaissances que j'ai sur cette période de l'histoire.
    Je ne peux que recommander ce livre à toutes les femmes : il nous rappelle que nous avons un statut (même si les salaires des femmes sont toujours de manière générale inférieurs à ceux des hommes, ben oui Messieurs !), une vraie place, une reconnaissance dans nos pays occidentaux. Nous avons la chance de ne pas appartenir à nos époux, nous partageons leur existence en les aimant certes (ou pas) mais l'inverse est également vrai, nos époux ou compagnons ne nous appartiennent pas, ne sont pas une propriété. le reste est une question de valeur et de confiance mutuelle.
    Je mets cependant en garde le lecteur : Attention, lecture bouleversante qui laisse des traces.

    Lien : http://fanyoun.over-blog.net/article-28693070.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par keisha, le 31 mai 2009

    keisha
    Xinran est née en 1958 et durant plusieurs années a présenté à la radio chinoise une émission nocturne intitulée Mots sur la brise nocturne. Son désir etait de mieux connaître et faire connaître les femmes Chinoises, leur passé, leurs problèmes, leur vie familiale et professionnelle. Elle a reçu d'innombrables lettres, et par ailleurs les auditrices pouvaient enregistrer des messages et intervenir à l'antenne. Tout ceci en faisant bien attention à ne pas choquer les autorités Chinoises.
    Elle a aussi donné des cours à l'université en tant qu'intervenante extérieure et a parcouru son pays pour participer à des congrès ou pour des reportages.
    Autant le dire, certaines histoires sont très très dures. Xinran elle même a du mal à écouter le récit des souffrances endurées par certaines femmes et pourtant son propre passé qu'elle nous révèle dans un ou deux chapitres n'est pas tout rose...
    Beaucoup de ces histoires tragiques se sont déroulées sur fond de Révolution culturelle et on prend conscience que bien des destins ont été brisés à cette époque, particulièrement entre 1966 et 1976 : familles séparées, parents accusés d'espionnage et emprisonnés, enfants maltraités car appartenant à des familles aisées, envoi à la campagne d'intellectuels.
    On découvre aussi le monde des étudiantes, des chiffonnières. Des femmes qui ont perdu leurs enfants lors d'un tremblement de terre. Celle qui a perdu la raison. Les viols, les divorces. L'extrême pauvreté de paysannes. Les drames derrière une apparente réussite sociale.
    Xinran est partie en 1997 à Londres. Son livre est paru en 2003.
    Malgré la dureté des témoignages relatés ici, il faut lire ce livre. J'ignore si la situation a évolué depuis qu'il a été écrit, mais nul doute que le passé pèse encore lourd chez certaines et que la vie des paysannes est restée difficile.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-30942539.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    [...] Ce matin-là, avant l'aube, j'ai été réveillée par un bruit étrange, un grondement et un sifflement, comme si un train était entré dans notre maison. [...] Tout est arrivé si vite. Je me suis traînée face au trou béant qui avait été l'autre moitié de ma maison. Mon mari et mes enfants s'étaient évanouis sous mes yeux. [...]

    Cela fait presque vingt ans maintenant, mais presque tous les jours à l'aube, j'entends un train qui gronde et qui siffle, et les cris de mes enfants. Parfois je suis si effrayée par ces sons que je me mets au lit très tôt et je glisse un réveil sous mon oreiller pour me réveiller avant. Quand il sonne, je m'assieds jusqu'à ce qu'il fasse jour, parfois je me rendors après quatre heures. Mais au bout de quelques jours de ce traitement, j'ai envie d'entendre ces bruits de cauchemar de nouveau, parce que j'y entends aussi les voix de mes enfants.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    Quelques dictons et proverbes qui émaillent ce bouquin ... comme tout bon livre chinois :



    Dans chaque famille, il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix.

    La première personne qui a mangé du crabe a dû aussi manger de l'araignée avant de se rendre compte que ce n'était pas bon.

    À la campagne, le ciel est haut et l'empereur est loin.

    L'argent rend les hommes méchants, la méchanceté rend les femmes riches.

    Les épouses des autres sont toujours mieux, mais les meilleurs enfants, ce sont les notres.

    L'eau porte le bateau, elle peut aussi le faire chavirer.

    Si vous vous tenez droit, pourquoi redouter que votre ombre soit tordue ?

    Le poulet dans se mangeoire a du grain, mais le pot à soupe n'est pas loin. La grue sauvage n'a rien, mais son monde est vaste.

    Il faut craindre les mains des hommes et la langue des femmes.



    Et pour finir, en guise de conclusion et de résumé :



    Les femmes sont comme l'eau et les hommes comme les montagnes.

    Les hommes ont besoin des femmes pour se former une image d'eux-mêmes - comme les montagnes se reflètent dans les rivières. Mais les rivières coulent des montagnes. Où est la bonne image ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Iluze, le 24 août 2010

    Je fais partie de ceux qui sont forts face aux autres, une soi-disant citadelle d'après les autres femmes, mais quand je me retrouve seule, je pleure toute la nuit : pour ma fille, mon mari, mon fils, et pour moi-même. Certaines personnes disent que le temps guérit tout, mais il ne m'a pas guérie, moi.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    [...] Bonsoir, amis de la radio, vous écoutez "Mots sur la brise nocturne". Mon nom est Xinran, et je débats en direct avec vous du monde des femmes. De dix à douze tous les soirs, vous pouvez vous mettre à l'écoute de la vie des femmes, des battements de leurs coeurs et écouter leurs histoires.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    [...] Il ne me restait qu'à demander à la directrice Ding si elle acceptait que je l'interroge. Elle a acquiescé, mais m'a suggéré de patienter jusquau jour de la fête nationale avant de revenir la voir. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu :

    - Mon histoire ne sera pas longue, mais la raconter va me rendre malade pendant plusieurs jours. J'aurai besoin de temps pour m'en remettre».
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Chinoises par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (62)

> voir plus

Quiz