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Marie-Odile Probst-Gledhill (Traducteur)
ISBN : 2877307573
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
Myriam303 février 2016
  • Livres 4.00/5
J'avis beaucoup aimé Funérailles Célestes, de Xinran, l'année dernière. Il relatait l'histoire d'une femme qui avait vécu plusieurs dizaines d'années au Tibet, isolée du reste du monde. Elle avait recueillie ce témoignage parmi tant d'autres pour son émission de radio sur les femmes chinoises.
Chinoises, contrairement à Funérailles Célestes qui est très beau, très descriptif, est une suite, donc, de témoignages anonymes ou non reçus entre 1989 et 1997.
Xinran est journaliste pour une radio dépendante du Parti, donc surveillée et éventuellement censurée. Malgré ça, elle parvient à recueillir et diffuser ces récits parfois insoutenables de ces femmes qui ont subi, et subissent encore, la tradition chinoise de la femme soumise et qui ont vécu l'oppression de ces années de communisme.
Certaines nées de familles cultivées, puissantes, d'autres dans la pauvreté la plus totale, mais toutes liées par cette même expérience du viol, du mariage arrangé, du mépris, de la violence verbale et physique. Certaines en sont devenues folles, d'autres ont accepté et mené leur vie dans l'ombre.
Chaque récit est différent - Xinran y dévoile elle-même la vie de sa propre mère - et pourtant tous nous parlent de ces vies écrasées, niées, au fil des siècles, que ce soit dans une campagne encore très arriérée (où les femmes "s'utilisent" parfois par plusieurs frères, où elles se vendent ou s'échangent) ou dans les villes prospères et nouvellement capitalistes, où l'argent et la beauté est un atout majeur pour un mari ambitieux.
Xinran a l'art, la patience, la douceur pour exorciser ces femmes de ces drames pour les faire témoigner. La deuxième étape, l'écriture du livre, se fera ensuite lorsqu'elle s'installe à Londres, désireuse de vivre une autre vie mais de témoigner du véritable sort des femmes chinoises au monde occidental.
Par ces témoignages, et en transition les efforts et frustrations des journalistes en butte à la censure, tout un pan de l'histoire chinoise est à nouveau dévoilé.
Il faut le dire, cette représentation de la Chine est profondément déprimante...
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darkmoon
darkmoon07 février 2014
  • Livres 5.00/5
Magnifiquement structuré dans une apparente déstructure, Chinoises se construit au fils des différents récits qui s'imbriquent finement les uns dans les autres jusqu'à la reconstruction finale qui laisse un goût amer sur les doigts.
Xinran a animé à la radio chinoise pendant plusieurs années (de 1989 à 1997), une émission où elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes. Durant cette période, Xinran a eu l'occasion de lire leurs nombreuses lettres, d'entendre leurs témoignages et de s'entretenir avec elles. Ce magnifique recueil est le résultat d'un travail de longue haleine. Xinran a parcouru la Chine de long en large, pour écouter ces femmes. D'autres récits lui ont été envoyés ou ont été enregistrés de manière anonyme sur le répondeur de la radio.
Un jour, le vieux Chen dit à Xinran: «Xinran, vous devriez écrire tout cela. Écrire permet de se décharger de ce que l'on porte et cela peut aider à créer un espace pour accueillir de nouvelles façons de penser et d'écrire. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur». Arrivée en Angleterre, c'est ce qu'elle décida de faire. Il en ressort un livre bouleversant, poignant, étonnant, émouvant, magnifique, inoubliable, incroyable... qui au travers de l'histoire de ces femmes, de toute classe sociale, de tout âge et de tout horizon, nous en apprend sur la place de la femme en Chine mais aussi sur la société de cet énorme pays en pleine mutation.
Chinoises est un roman dont j'ai beaucoup de mal à parler. Je ne trouve pas les mots adéquats, forts, les mots parfaits pour exprimer tout mon ressenti. Les récits de ces femmes m'ont emporté sans ménagement. Il faut dire que la force de Chinoises réside dans sa capacité à allier une multitude d'émotions chez son lecteur, j'ai personnellement bouillonné de colère et d'indignation, ressenti le désarroi et la peine de ces femmes, et parfois éprouvé du dégoût pour la nature humaine. En quelques mots, Chinoises m'a littéralement fendu le coeur.
Xinran, en laissant la parole à ces femmes, nous a permis de découvrir la fille, la maîtresse, l'amoureuse mais aussi la mère chinoise, comme on ne la soupçonnait pas. Et ce qui est admirable chez cette « femme chinoise », c'est qu'il n'y a jamais de haine ni de soif de vengeance, juste une envie de faire connaître ce qu'elle ressent et ce qu'elle vit.
Il y a des livres, trop peu nombreux, où le système de notation perd tout son sens, car le maximum d'étoiles n'est pas assez.... Trop rares sont les livres qui proposent de telles émotions, de telles histoires, trop rares sont les livres ayant une telle âme que celui-ci. Chinoises. Un hommage en l'honneur de la femme chinoise, petit certes, comparé aux drames et sacrifices qu'elles ont dû vivre, mais qui permet de ne pas les oublier et de faire perdurer leurs histoires dans nos mémoires. Merci Xinran, infiniment…
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Dixie39
Dixie3904 mai 2015
  • Livres 5.00/5
Chinoises de Xinran fait partie de ces livres dont on se dit qu'il faut les lire, mais dont on repousse toujours la lecture parce qu'on sait que ce qu'ils racontent va nous bousculer, nous affliger une fois de plus et nous ramener à une réalité que nous n'avons pas toujours envie de ressasser.
Xinran est journaliste et a animé en Chine une émission de radio, novatrice, si j'osais je dirais "révolutionnaire" mais le terme est pour le moins galvaudé dans ce pays. Sous haute surveillance, elle donne la parole aux femmes sur l'antenne et mène en parallèle une enquête pour découvrir ce qui anime les chinoises : en quoi elles croient, qu'elles sont leurs espérances et leurs vies. Elle reçoit, au fil des émissions de plus en plus de témoignages bouleversants et de courriers qui sont pour certains, des appels au secours.
"Dans Mots sur la brise nocturne, je m'efforçais d'ouvrir une petite fenêtre, un tout petit trou, où les gens pourraient pleurer et respirer après l'atmosphère chargée de poudre de fusil des quarante années précédentes."
Alors on la suit, au fil de ses rencontres, de ses doutes et questionnements personnels sur sa propre histoire et sa propre réalité de femme dans ce pays où l'homme est roi et la femme n'est rien. Les témoignages sont bouleversants et la force, l'abnégation de ces femmes sans commune mesure. J'ai ressenti la même émotion à la lecture de "la fin de l'homme rouge" de Sveltana Alexievitch dans lequel elle nous livre également des témoignages de femmes russes.
Les choses évoluent doucement, presque imperceptiblement, et pour cause : "La Chine a une très longue histoire derrière elle, mais cela fait très peu de temps que les femmes ont pu devenir elles-mêmes et que les hommes ont commencé à les connaître vraiment."
Le poids des traditions est tellement présent, la place de la femme dans la société chinoise, comme dans beaucoup d'autres, est tellement "verrouillée", maillon dénigré, insignifiant et pourtant si essentiel que sa libération (qui n'est somme toute que la reconnaissance de ses droits et de son égalité) ne peut aller sans une déconstruction totale de la société à laquelle elle appartient. Déconstruction déjà bien amorcée par un développement économique exponentiel, que les dirigeants politiques essaient désespérément de maintenir compatible avec l'asservissement et le contrôle des populations en rêvant d'assurer l'expansion mondiale de leurs puissances (et pas seulement économique).
Est-ce la peur de cette déconstruction qui menace un équilibre millénaire où les hommes ont le "bon rôle" au sein d'une tradition qu'ils ont tout intérêt à maintenir qui expliquerait ce renforcement de l'étau, cette volonté renouvelée de l'asservissement de la femme, sous couvert de respect, dans beaucoup de pays où lui est réservée le même sort, et actuellement confrontés au bouleversement de "la mondialisation" ?
Ou n'est-ce que la conséquence logique de tout système totalitaire où les premières victimes sont toujours les femmes et les enfants (les hommes n'étant en rien épargnés non plus, même si leur sort semble toujours plus enviable) ?
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Hyelana
Hyelana24 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Lu dans le cadre de mes études il y a quelques années, Chinoises m'a permis de découvrir des facettes de la Chine que je ne connaissais pas encore. Témoignages et interview recueillies par Xinran nous font partager la vie de plusieurs chinoises issues de toutes les classes sociales et de toutes les générations. Bien que j'ai pu découvrir d'autres facettes de la femme chinoise depuis (entre autres que dans un couple chinois, l'homme ne dirige que lorsqu'il y a d'autres personnes présentent, pour ne pas perdre la face, sinon c'est madame qui décide de tout) ce livre nous montre tout de même plutôt bien que la vie de la femme chinoise de nos jours est un défi quotidien.
Sans être un coup ce coeur, ce livre reste très touchant, étonnant, percutant, bref il ouvre l'esprit et les yeux à des choses que l'on ne connait peut-être pas, et en plus il se lit très bien.
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LiliGalipette
LiliGalipette16 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
Pendant plusieurs années, Xinran a animé une émission de radio sur les ondes chinoises. Pour la première fois dans l'histoire du journalisme de ce pays communiste, la parole était aux femmes. « J'ai été surprise de découvrir à quel point les histoires des femmes se ressemblaient tout en étant différentes. » (p. 168) L'ouverture de la Chine au monde a levé le voile sur les conditions de vie effroyables des femmes, toujours prises entre les traditions et les tabous, toujours soumises au terrible spectre de la honte. « Tout ce qui compte pour les Chinois, c'est de ne pas perdre la face, mais ils ne comprennent pas que leur face est liée au reste de leur corps. » (p. 291) Xinran rencontre des veuves, des orphelines, des mères meurtries et des femmes accusées à tort. La force dont elles font montre pour endurer la domination masculine et les préceptes communistes, ainsi que leur courage résigné ont forcé mon admiration tout en attisant une amère révolte dans mon coeur de lectrice. « J'espérais que ma douleur finirait par disparaître d'une façon ou d'une autre, mais comment faire disparaître ma vie ? Faire disparaître mon passé et mon futur ? » (p. 51)
Cette lecture entre en résonnance avec Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck que j'ai lu très récemment, mais aussi avec Fleurs de Chine de Wei-Wei et Ma vie en rouge de Zhimei Zhang. « le tragique, c'est qu'autant de femmes intègrent ce jugement de ‘mauvaises femmes' que les hommes portent sur elles. » (p. 69) Xinran présente avec amertume plusieurs générations de femmes qui ont dû renier leur féminité et leur sensibilité pour se plier à un régime communiste où l'égalité confinait à l'absurdité : pour parvenir à une totale égalité entre les hommes et les femmes, il fallait surtout que les dernières acceptent sans broncher les désirs des premiers. « L'existence des femmes se justifie par leur utilité. » (p. 338)
Outre les poignants témoignages qu'elle met en forme dans son ouvrage, Xinran présente le journalisme dans la Chine communiste et tout l'aspect administratif et protocolaire de cette activité hautement encadrée par le pouvoir. Gare au journaliste trop enthousiaste, il pourrait être accusé de subversion ou de trahison ! Mais Xinran s'est toujours sentie investie d'une mission simple et essentielle, celle de faire connaître ce qui est inconnu et de dévoiler ce qui est caché. Et tant pis pour l'adage chinois qui dit qu'« à la campagne, […] le ciel est haut et l'empereur est loin. » (p. 16) Pour Xinran, il n'est pas de contrée trop reculée ou d'histoires trop embarrassantes. Sans jamais heurter l'écueil du sensationnel ou du voyeurisme, elle présente avec pudeur des histoires très violentes et très douloureuses. À sa façon, elle rend justice aux femmes qui se sont confiées à elle et rappelle que l'égalité des sexes reste un idéal à double tranchant.
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Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
darkmoondarkmoon12 février 2014
Quand les hormones des hommes se déchainent, ils vous jurent un amour éternel. Cela a donné lieu à des milliers de pages de poésie à travers les siècles : un amour aussi profond que l’océan ou ce genre de choses. Mais les hommes qui aiment de cette façon n’existent que dans les histoires. Dans la réalité, ils se défilent en prétendant qu’ils n’ont pas rencontré la femme qui serait digne d’un tel amour. Ils se servent de la faiblesse des femmes pour les asservir, ils sont très forts pour ça. Quelques mots d’amour ou de compliments suffisent à rendre une femme heureuse pendant longtemps, mais tout ça n’est qu’illusion.
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darkmoondarkmoon07 février 2014
Chers Papa et Maman,
Pardonnez-moi, je ne peux pas continuer à vivre. Vous n’auriez pas dû me sauver. Il n’y a rien dans les souvenirs qui me reviennent que les choses qui s’écoulent autour de moi, et la cruauté et la violence de ces hommes. C’est tout ce qu’il me reste dans ce monde, et je ne peux pas vivre avec ces souvenirs tous les jours. Me souvenir est trop pénible, je m’en vais.
Votre fille
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Dixie39Dixie3904 mai 2015
Ils me considéraient moi aussi comme un objet de mépris. C’est de leur père qu’ils ont appris comment traiter les gens et en obtenir ce qu’on veut ; ils ont adopté son comportement comme un moyen de réaliser leurs ambitions. J’ai essayé de leur enseigner à être bons, en me servant de mes idées et de mon expérience, avec l’espoir que l’amour et les soins maternels les changeraient. Mais ils jugeaient de la valeur d’une personne selon son statut social, et la réussite de leur père leur prouvait que c’était lui le modèle à imiter. Si mon propre mari ne me considérait pas comme digne de respect et d’amour, quelle chance avais-je avec mes enfants ? Ils croyaient que je n’étais bonne à rien.
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Dixie39Dixie3903 mai 2015
Depuis les lointaines sociétés matriarcales, les Chinoises ont toujours eu un statut inférieur. Elles étaient considérées comme des marchandises, elles faisaient partie des biens qu’on se partageait comme la nourriture, les ustensiles et les armes. Par la suite, on leur a permis de pénétrer dans le monde des hommes, mais elles ne pouvaient exister qu’à leurs pieds – entièrement dépendantes de la bonne ou mauvaise humeur des hommes.
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Dixie39Dixie3901 mai 2015
Par la suite, les policiers m’ont demandé pourquoi j’avais risqué ma vie pour un sac.
Tremblante et avec des élancements de douleur, je leur ai expliqué :
— Il y avait mon livre dedans.
— Un livre ! s’est exclamé un policier. Un livre est-il plus important que votre vie ?
Bien sûr, la vie est plus importante qu’un livre. Mais à plus d’un titre, mon livre était ma vie. Il contenait toutes les vies de ces Chinoises dont je voulais témoigner, des années de mon travail de journaliste. Je savais que je m’étais comportée de façon stupide : si j’avais perdu le manuscrit, j’aurais pu essayer de le reconstituer. Toutefois, je n’étais pas sûre que j’aurais pu trouver la force de traverser une seconde fois les sentiments intenses que l’écriture de ce livre avait soulevés en moi. Revivre les histoires de ces femmes que j’avais rencontrées avait été douloureux ; mettre en ordre mes souvenirs, trouver les mots justes pour les exprimer, avait été plus difficile encore. En défendant mon sac, je défendais mes sentiments et ceux des Chinoises. Ce livre était la somme de tant de choses que je n’aurais pu, une fois perdues, les retrouver.
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