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> Marie-Odile Probst-Gledhill (Traducteur)

ISBN : 2877307573
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 86 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle in... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 07 février 2014

    darkmoon
    Magnifiquement structuré dans une apparente déstructure, Chinoises se construit au fils des différents récits qui s'imbriquent finement les uns dans les autres jusqu'à la reconstruction finale qui laisse un goût amer sur les doigts.
    Xinran a animé à la radio chinoise pendant plusieurs années (de 1989 à 1997), une émission où elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes. Durant cette période, Xinran a eu l'occasion de lire leurs nombreuses lettres, d'entendre leurs témoignages et de s'entretenir avec elles. Ce magnifique recueil est le résultat d'un travail de longue haleine. Xinran a parcouru la Chine de long en large, pour écouter ces femmes. D'autres récits lui ont été envoyés ou ont été enregistrés de manière anonyme sur le répondeur de la radio.
    Un jour, le vieux Chen dit à Xinran: «Xinran, vous devriez écrire tout cela. Écrire permet de se décharger de ce que l'on porte et cela peut aider à créer un espace pour accueillir de nouvelles façons de penser et d'écrire. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le cœur». Arrivée en Angleterre, c'est ce qu'elle décida de faire. Il en ressort un livre bouleversant, poignant, étonnant, émouvant, magnifique, inoubliable, incroyable... qui au travers de l'histoire de ces femmes, de toute classe sociale, de tout âge et de tout horizon, nous en apprend sur la place de la femme en Chine mais aussi sur la société de cet énorme pays en pleine mutation.
    Chinoises est un roman dont j'ai beaucoup de mal à parler. Je ne trouve pas les mots adéquats, forts, les mots parfaits pour exprimer tout mon ressenti. Les récits de ces femmes m'ont emporté sans ménagement. Il faut dire que la force de Chinoises réside dans sa capacité à allier une multitude d'émotions chez son lecteur, j'ai personnellement bouillonné de colère et d'indignation, ressenti le désarroi et la peine de ces femmes, et parfois éprouvé du dégoût pour la nature humaine. En quelques mots, Chinoises m'a littéralement fendu le cœur.
    Xinran, en laissant la parole à ces femmes, nous a permis de découvrir la fille, la maîtresse, l'amoureuse mais aussi la mère chinoise, comme on ne la soupçonnait pas. Et ce qui est admirable chez cette « femme chinoise », c'est qu'il n'y a jamais de haine ni de soif de vengeance, juste une envie de faire connaître ce qu'elle ressent et ce qu'elle vit.
    Il y a des livres, trop peu nombreux, où le système de notation perd tout son sens, car le maximum d'étoiles n'est pas assez.... Trop rares sont les livres qui proposent de telles émotions, de telles histoires, trop rares sont les livres ayant une telle âme que celui-ci. Chinoises. Un hommage en l'honneur de la femme chinoise, petit certes, comparé aux drames et sacrifices qu'elles ont dû vivre, mais qui permet de ne pas les oublier et de faire perdurer leurs histoires dans nos mémoires. Merci Xinran, infiniment…
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 16 novembre 2013

    LiliGalipette
    Pendant plusieurs années, Xinran a animé une émission de radio sur les ondes Chinoises. Pour la première fois dans l'histoire du journalisme de ce pays communiste, la parole était aux femmes. « J'ai été surprise de découvrir à quel point les histoires des femmes se ressemblaient tout en étant différentes. » (p. 168) L'ouverture de la Chine au monde a levé le voile sur les conditions de vie effroyables des femmes, toujours prises entre les traditions et les tabous, toujours soumises au terrible spectre de la honte. « Tout ce qui compte pour les Chinois, c'est de ne pas perdre la face, mais ils ne comprennent pas que leur face est liée au reste de leur corps. » (p. 291) Xinran rencontre des veuves, des orphelines, des mères meurtries et des femmes accusées à tort. La force dont elles font montre pour endurer la domination masculine et les préceptes communistes, ainsi que leur courage résigné ont forcé mon admiration tout en attisant une amère révolte dans mon cœur de lectrice. « J'espérais que ma douleur finirait par disparaître d'une façon ou d'une autre, mais comment faire disparaître ma vie ? Faire disparaître mon passé et mon futur ? » (p. 51)
    Cette lecture entre en résonnance avec Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck que j'ai lu très récemment, mais aussi avec Fleurs de Chine de Wei-Wei et Ma vie en rouge de Zhimei Zhang. « le tragique, c'est qu'autant de femmes intègrent ce jugement de ‘mauvaises femmes' que les hommes portent sur elles. » (p. 69) Xinran présente avec amertume plusieurs générations de femmes qui ont dû renier leur féminité et leur sensibilité pour se plier à un régime communiste où l'égalité confinait à l'absurdité : pour parvenir à une totale égalité entre les hommes et les femmes, il fallait surtout que les dernières acceptent sans broncher les désirs des premiers. « L'existence des femmes se justifie par leur utilité. » (p. 338)
    Outre les poignants témoignages qu'elle met en forme dans son ouvrage, Xinran présente le journalisme dans la Chine communiste et tout l'aspect administratif et protocolaire de cette activité hautement encadrée par le pouvoir. Gare au journaliste trop enthousiaste, il pourrait être accusé de subversion ou de trahison ! Mais Xinran s'est toujours sentie investie d'une mission simple et essentielle, celle de faire connaître ce qui est inconnu et de dévoiler ce qui est caché. Et tant pis pour l'adage chinois qui dit qu'« à la campagne, […] le ciel est haut et l'empereur est loin. » (p. 16) Pour Xinran, il n'est pas de contrée trop reculée ou d'histoires trop embarrassantes. Sans jamais heurter l'écueil du sensationnel ou du voyeurisme, elle présente avec pudeur des histoires très violentes et très douloureuses. À sa façon, elle rend justice aux femmes qui se sont confiées à elle et rappelle que l'égalité des sexes reste un idéal à double tranchant.
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    • Livres 5.00/5
    Par ssstella, le 06 janvier 2014

    ssstella
    Des témoignages émouvants, bouleversants, poignants, étonnants parfois.
    Ils mettent tous en lumière l'effrayante rudesse de la condition féminine en Chine des années 1970 à 90.
    Quelques uns sont si dramatiques qu'ils vous prennent le cœur, le malaxent et vous le rendent bien chiffonné.
    Un livre marquant !

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    • Livres 5.00/5
    Par chriskorchi, le 11 avril 2013

    chriskorchi
    La révolution culturelle a laissé des traces douloureuses, indélébiles. Parmi les nombreuses victimes de ces années noires, les femmes ont eu une place de choix : victimes de mariages forcés (il faut noter qu'il fallait demander l'autorisation au Parti pour se marier quand celui-ci n'était pas imposé), viols, familles dispersées, guerres et pauvreté, coutumes Chinoises qui pour nous semblent dater d'un autre siècle.
    Pour ce pays où le mâle est roi, recueillir ces témoignages relève déjà de l'exploit et cela n'a pas été sans difficulté pour l'auteur.
    La lecture de Chinoises m'a fendu le coeur : la condition féminine y étant décrite avec tellement de simplicité, de sincérité. Ce sont des témoignages, des histoires vraies et l'auteur a su, avec beaucoup de sobriété, se mettre au service de ces femmes et de leurs récits respectifs.
    Un roman qui nous invite à réfléchir sur notre propre condition de femme. Il nous invite aussi à se plonger (replonger ?) sur la révolution culturelle chinoise et les dégâts causés. J'ai maintenant une envie incontrolable d'approfondir le peu de connaissances que j'ai sur cette période de l'histoire.
    Je ne peux que recommander ce livre à toutes les femmes : il nous rappelle que nous avons un statut (même si les salaires des femmes sont toujours de manière générale inférieurs à ceux des hommes, ben oui Messieurs !), une vraie place, une reconnaissance dans nos pays occidentaux. Nous avons la chance de ne pas appartenir à nos époux, nous partageons leur existence en les aimant certes (ou pas) mais l'inverse est également vrai, nos époux ou compagnons ne nous appartiennent pas, ne sont pas une propriété. le reste est une question de valeur et de confiance mutuelle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    The Good Women Of China
    Traduction : Marie-Odile Probst
    C'est alors qu'elle animait à Pékin une émission radiophonique intitulée "Mots sur la Brise Nocturne" que Xinran - très joli nom qui signifie "Avec plaisir" - a eu l'idée de faire un livre avec quelques uns - car ils sont des milliers - des témoignages de femmes qu'elle recevait au studio. Objectif : prouver que, en dépit des énormes mutations subies par la société chinoise lors du XXème siècle, la condition de la femme n'a guère évolué.
    Xinran n'aura aucun mal à en convaincre ses lecteurs, à quelque sexe qu'ils appartiennent et sous réserve, bien sûr, qu'ils soient de bonne foi.
    Le document s'ouvre sur une jeune fille qui, à onze ans, peu après ses premières règles, fut violée par son père. Quand sa mère l'apprit, elle fut d'abord choquée mais, presque instantanément, traita sa fille comme un objet de sacrifice et n'évoqua plus l'inceste. Pour échapper à la brute, l'adolescente n'eut bientôt plus qu'un seul moyen : l'auto-mutilation ou les infections sciemment contractées qui avaient au moins le mérite de l'envoyer dans un univers protégé, celui de l'hôpital. Encore son père se débrouilla-t-il un jour s'y introduire et abuser d'elle alors qu'elle était sous perfusion ...
    La Chiffonnière, elle, est et restera une mère. Elle vit à Pékin, non loin des studios d'enregistrement de Xinran, dans une espèce de décharge où elle fouille la terre pour revendre au prix fort ce qu'elle y découvre. Elle s'est bâti une petite maison en carton, qui ne protège guère contre l'hiver. Mais, malgré sa misère, elle est toujours nette et sa façon de s'exprimer prouve qu'elle a reçu une excellente éducation. Xinran s'apercevra que cette femme a choisi ce mode de vie pour demeurer au plus près de son fils. Ce fils, elle l'a élevé toute seule et il est devenu un politicien en vue. Il s'est marié aussi et, pour préserver la bonne entente du couple, la mère s'est effacée. Elle regarde son fils aller et venir. De loin.
    Dans "Chinoises", vous rencontrerez aussi la Femme dont le mariage a été arrangé par la Révolution. Tout semble lui avoir réussi : elle a un mari haut gradé, deux enfants installés et de l'argent. Dans son enfance et son adolescence, elle a reçu une solide éducation. Elle aurait pu même aller vivre à l'étranger car ses parents étaient très libéraux. Mais, entraînée par l'enthousiasme de la jeunesse, elle a voulu rejoindre les troupes de Mao. Elle a été intégrée et puis un jour, on lui a dit : "Tu es prête à accomplir une mission : tu dois l'accepter." Elle accepte, les yeux fermés. Dans le village où elle atterrit, elle est accueillie en tant que secrétaire du colonel local. Mais le soir-même, le colonel la suit dans son lit et la viole. Plus tard, il l'épouse : mariage décidé par le parti.
    Enfin, je ne vous dirai rien de la petite fille qui perdit la raison sous la Révolution culturelle et des femmes de Colline Hurlante - le nom d'un village perdu. Lisez, vous verrez bien.
    "Chinoises", c'est tout cela et quelques histoires en plus. C'est écrit simplement et cela raconte des choses simples, tristes et malheureusement vraies. A l'aube du XXIème siècle, c'est même terrifiant.
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Citations et extraits

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  • Par darkmoon, le 12 février 2014

    Quand les hormones des hommes se déchainent, ils vous jurent un amour éternel. Cela a donné lieu à des milliers de pages de poésie à travers les siècles : un amour aussi profond que l’océan ou ce genre de choses. Mais les hommes qui aiment de cette façon n’existent que dans les histoires. Dans la réalité, ils se défilent en prétendant qu’ils n’ont pas rencontré la femme qui serait digne d’un tel amour. Ils se servent de la faiblesse des femmes pour les asservir, ils sont très forts pour ça. Quelques mots d’amour ou de compliments suffisent à rendre une femme heureuse pendant longtemps, mais tout ça n’est qu’illusion.
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  • Par darkmoon, le 07 février 2014

    Chers Papa et Maman,
    Pardonnez-moi, je ne peux pas continuer à vivre. Vous n’auriez pas dû me sauver. Il n’y a rien dans les souvenirs qui me reviennent que les choses qui s’écoulent autour de moi, et la cruauté et la violence de ces hommes. C’est tout ce qu’il me reste dans ce monde, et je ne peux pas vivre avec ces souvenirs tous les jours. Me souvenir est trop pénible, je m’en vais.
    Votre fille
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  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    Quelques dictons et proverbes qui émaillent ce bouquin ... comme tout bon livre chinois :



    Dans chaque famille, il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix.

    La première personne qui a mangé du crabe a dû aussi manger de l'araignée avant de se rendre compte que ce n'était pas bon.

    À la campagne, le ciel est haut et l'empereur est loin.

    L'argent rend les hommes méchants, la méchanceté rend les femmes riches.

    Les épouses des autres sont toujours mieux, mais les meilleurs enfants, ce sont les notres.

    L'eau porte le bateau, elle peut aussi le faire chavirer.

    Si vous vous tenez droit, pourquoi redouter que votre ombre soit tordue ?

    Le poulet dans se mangeoire a du grain, mais le pot à soupe n'est pas loin. La grue sauvage n'a rien, mais son monde est vaste.

    Il faut craindre les mains des hommes et la langue des femmes.



    Et pour finir, en guise de conclusion et de résumé :



    Les femmes sont comme l'eau et les hommes comme les montagnes.

    Les hommes ont besoin des femmes pour se former une image d'eux-mêmes - comme les montagnes se reflètent dans les rivières. Mais les rivières coulent des montagnes. Où est la bonne image ?
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  • Par BMR, le 15 novembre 2007

    [...] Ce matin-là, avant l'aube, j'ai été réveillée par un bruit étrange, un grondement et un sifflement, comme si un train était entré dans notre maison. [...] Tout est arrivé si vite. Je me suis traînée face au trou béant qui avait été l'autre moitié de ma maison. Mon mari et mes enfants s'étaient évanouis sous mes yeux. [...]

    Cela fait presque vingt ans maintenant, mais presque tous les jours à l'aube, j'entends un train qui gronde et qui siffle, et les cris de mes enfants. Parfois je suis si effrayée par ces sons que je me mets au lit très tôt et je glisse un réveil sous mon oreiller pour me réveiller avant. Quand il sonne, je m'assieds jusqu'à ce qu'il fasse jour, parfois je me rendors après quatre heures. Mais au bout de quelques jours de ce traitement, j'ai envie d'entendre ces bruits de cauchemar de nouveau, parce que j'y entends aussi les voix de mes enfants.
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  • Par Iluze, le 24 août 2010

    Je fais partie de ceux qui sont forts face aux autres, une soi-disant citadelle d'après les autres femmes, mais quand je me retrouve seule, je pleure toute la nuit : pour ma fille, mon mari, mon fils, et pour moi-même. Certaines personnes disent que le temps guérit tout, mais il ne m'a pas guérie, moi.

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