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ISBN : 2253168688
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Dès février 1941, à la tête du corps expéditionnaire chargé du pillage, le Reichsleiter Rosenberg se rue à Amsterdam et confisque la bibliothèque de Spinoza conservée dans la maison de Rijnsburg.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 30 mars 2014

    lehane-fan
    Belle découverte que le Problème Spinoza.
    J'y suis rentré à reculons, la philo et moi n'ayant jamais été soudé comme les six doigts de la main. Puis s'installe très rapidement une trame brillante et insolite. le portrait croisé de deux hommes que tout oppose. Spinoza, homme fort de son intégrité intellectuelle en perpétuelle quête de bonheur, du bonheur dans son plus simple appareil, et qui n'hésitera pas à s'opposer aux principes fondateurs de tout un peuple, le sien, au risque de s'aliéner toute la communauté. Parallèlement l'on découvre le Reichleiter Rosenberg totalement déboussolé à l'idée qu'un petit juif ait pu être porté au pinacle par Goethe qu'il admire par-dessus tout, Hitler excepté. Véritable éminence grise du Nazisme, Rosenberg n'aura de cesse de se construire et d'évoluer au sein de l'appareil d'état, quémandant douloureusement la caresse servile d'un führer qui l'utilise plus qu'il ne l'apprécie. Deux portraits forts et complexes tout aussi passionnants qui méritent le détour pour peu qu'on en accepte le postulat de départ...
    L'auteur a bossé le sujet et cela se sent d'entrée de jeu. L'évolution sociétale néerlandaise du XVIIe décrite conjointement à celle d'une Allemagne balbutiant encore ses gammes Hitlériennes participe grandement à l'intérêt d'un tel ouvrage pouvant sembler rébarbatif de prime abord. L'intrigue vous happe littéralement. La vulgarisation philosophique passionne au point de vouloir pousser plus avant le sujet ultérieurement.
    Original et racé, le Problème Spinoza a tout d'un très grand roman qui interpelle tout en suggérant plusieurs pistes personnelles. Que demander de plus ?

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 14 mai 2012

    ivredelivres
    Le nouveau roman d'Irvin Yalom est dédié à Spinoza, un génie s'il en fut et ça tombe vraiment bien car il est sans doute le philosophe à qui je porte la plus grande admiration. Mais Irvin Yalom ne se contente pas d'un roman biographique car son texte a deux versants et le second est dédié à la vie d'un des hommes les plus terribles du siècle : Alfred Rosenberg qui fut à l'origine de l'idéologie nazie prônant la supériorité de la race aryenne et l'antisémitisme et qui un jour eut à faire avec Spinoza et plus spécialement sa bibliothèque.
    Une face lumineuse et une face obscure.
    La face lumineuse d'abord : Irvin Yalom nous propulse dans l'Amsterdam du XVII ème siècle dans les boutiques qui jouxtent la Synagogue. Il nous fait faire la connaissance de Bento Spinoza (ou Baruch ou Benedictus) et nous le montre étudiant déjà érudit, promis aux plus hautes fonctions, mais ... il y a un mais de taille, Spinoza est à quelques jours de son excommunicationou Herem, par les rabbins de la Synagogue d'Amsterdam.

    Le Herem prononcé le 27 juillet 1956 est infamant et définitif :
    « Nous excluons, chassons, maudissons et exécrons Baruch de Spinoza »
    Il est non seulement exclu mais les rabbins attirent sur lui les foudres divines
    « Qu'il soit maudit pendant son sommeil et pendant qu'il veille. Qu'il soit maudit à son entrée et qu'il soit maudit à sa sortie. Veuille l'Éternel ne jamais lui pardonner. Veuille l'Éternel allumer contre cet homme toute Sa colère et déverser sur lui tous les maux mentionnés dans le livre de la Loi : que son nom soit effacé dans ce monde »
    Et pour la mise au ban soit totale :
    « Qu'il ne lui soit rendu aucun service et que personne ne l'approche à moins de quatre coudées. Que personne ne demeure sous le même toit que lui et que personne ne lise aucun de ses écrits. »
    Baruch Spinoza a bien des tords, il a ouvertement mis en cause le contenu de la Torah, son origine divine, il s'interroge : avec qui les enfants d'Adam et Eve se sont-ils mariés ? Comment Moïse pouvait-il écrire sur sa propre mort ? La Torah ne serait-elle pas un conte à dormir debout et la vérité de Dieu ne serait-elle pas ailleurs ?
    La face obscure est celle d'Alfred Rosenberg, étudiant qui vers 1910 se passionne pour les thèses de Houston Chamberlain sur la prétendue supériorité de la race aryenne, ayant tenu un discours antisémite virulent il est sommé de s'expliquer devant la direction et se voit contraint de faire un travail sur les écrits de Goethe et sur l'admiration que le « Génie allemand » porte à Spinoza.
    Ce pensum Alfred Rosenberg s'en acquitera mais cela n'aura pas l'effet escompté par ses professeurs. La trajectoire d'Alfred Rosenberg va définitivement s'infléchir vers le mal.
    Irvin Yalom tresse un récit passionnant de bout en bout, le portrait de Spinoza et son parcours qui aboutit à une Ethique de la joie se dévore littéralement. La vie et la pensée de Spinoza nourrissent le livre et même s'il s'agit ici d'une simplification de la pensée du philosophe, celle-ci est habile et juste.
    Les ruptures occasionnées par le texte sur Rosenberg sont l'occasion de s'interroger sur la nature du mal, sur son inéluctabilité. Quelque chose ou quelqu'un aurait-il pu empêcher cet homme de devenir un des plus grands criminel ?
    Cette construction en deux volets est très réussie et les liens entre les deux récits très efficaces.
    On retrouve ici le meilleur de Yalom, sens du récit, écriture prenante, originalité du propos, bref un très très bon livre.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/05/08/le-proble..
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    • Livres 5.00/5
    Par indira95, le 13 mars 2014

    indira95
    Un livre intelligent et raffiné qui me permettrait de comprendre la pensée de Spinoza (comme beaucoup j'ai abandonné au bout de deux pages son Ethique, j'en ai encore des suées), le tout sous forme de roman pseudo-biographique… oui ça existe vrai de vrai et on le doit à Irvin Yalom. Attention, attendez-vous à un déluge de compliments car j'ai tout aimé, absolument TOUT ! de l'écriture en passant par l'histoire, les personnages, la morale, le rythme… TOUT ! Je mets un 19/20 (oui c'est mon côté tatillon) à ce roman qui a pris le parti d'imaginer (à partir de détails biographiques tout de même), un pan de la vie de Baruch Espinoza, le fameux philosophe Hollandais (et juif) du XVIIe siècle et celle d'Alfred Rosenberg, théoricien de la pensée nazie, farouche antisémite. Deux hommes qu'à priori tout oppose si ce n'est que pour son malheur, Alfred Rosenberg éprouvait une admiration sans bornes pour le philosophe. D'où un épineux problème de conscience : admirer un intellectuel juif et se sentir proche de la pensée d'une race jugée « inférieure » et « nuisible », est-il compatible avec son idéal aryen, celui qu'il incarne et défend avec tant de hargne et de conviction ? Soyons francs, cette idée de départ m'a tout de suite séduite. Alterner le jour et le nuit, la raison pure et la déraison c'était excitant et cela a parfaitement fonctionné du début jusqu'à la fin, sans aucune fausse note ni essoufflement. Les joutes verbales et philosophiques des deux personnages ont été un vrai plaisir de lecture, rythme et fond qui ont fait chauffer ma cervelle peu encline à la philosophie !
    Je pourrais donner moult raisons pour lesquelles j'ai adoré ce roman (mais je pourrais écrire un roman alors refrénons-nous pardi !). Je me concentrerai sur certaines. Tout d'abord, Irvin Yalom n'est jamais tombé dans le cliché ou la facilité : d'un côté le gentil Spinoza (qui on l'apprend s'est caractérisé par un égoïsme farouche au nom de ses principes, préférant se couper de sa famille, les « isoler » au sein de la communauté juive plutôt que de renoncer à ses idéaux) ou le très méchant Rosenberg (qui bien que loin d'être un saint, était aussi et avant tout un pauvre type méprisé par les grands dignitaires nazis - Hitler le premier). Il me faut aussi ajouter que grâce à notre auteur, j'ai enfin compris les aspirations de Spinoza (qui l'eut crû) : la religion et ses dogmes tels qu'enseignés par les religions du livre sont irraisonnables et absurdes et de fait sont impossibles. Il ne s'agit que de mythes créés de toutes pièces par des hommes tout ce qu'il y a de plus mortels pour contrôler les peuples et non la véritable parole divine. J'ai enfin pu appréhender la richesse de sa pensée et ses fondements, le tout mis en lumière au moment où rejetant les dogmes du Judaïsme, Spinoza est mis au ban de la société juive d'Amsterdam, frappé d'un Hérem, c'est-à-dire l'excommunication à vie, combat de la raison pure contre le poids de la communauté et de ses croyances superstitieuses. Quant à Alfred Rosenberg, bien qu'ignoble dans sa bêtise et sa haine, Irvin Yalom en fait un personnage tourmenté et peu sûr de lui, recherchant en permanence l'approbation des autres ; l'assentiment et l'amour d'Hitler étant son but et obsession ultimes, un mirage.
    Si avec tout ça vous hésitez encore je n'y comprends rien! Et pourtant, un roman intelligent, accessible, original, très bien écrit et enlevé, que demander de plus ?

    Lien : http://livreetcompagnie.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par tilly, le 30 avril 2012

    tilly
    Ce roman m'a retournée, au sens "polar" du terme retournement.
    Pourtant au début je me sentais très forte : il n'allait pas me la faire à moi, cet américain faiseur de romans historico-philosophico-psychanalytiques à forts tirages dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à aujourd'hui.
    A propos de retournement, j'avais d'ailleurs commencé ma lecture à l'envers, par les annexes à la fin du livre, sorte de "how to", de "making of", fort intéressantes et bien faites. J'avais donc lu :
    “J'ai voulu écrire un roman qui aurait pu se produire. En restant aussi proche que possible des événements historiques, je me suis servi de mon expérience professionnelle de psychiatre pour imaginer le monde intérieur de mes protagonistes, Bento Spinoza et Alfred Rozenberg. Afin de donner accès à leur âme, j'ai inventé deux personnages, Franco Benitez et Friedrich Pfister, et toutes les scènes les impliquant relèvent, naturellement de la fiction. ”
    Mais bon, entre un roman historique et moi, cela a rarement été le coup de foudre, alors j'étais plutôt sceptique sur ce grand écart que proposait l'auteur entre les époques (trois cents ans), et les personnalités (le philosophe juif excommunié, le nazi). Deux bios romancées pour le prix d'une... méfiance !
    D'ailleurs dès les premières lignes du début du roman je ricanais déjà : Irvin Yalom y décrit les rues d'Amsterdam en 1656 où ouvriers et artisans se régalent de casse-croûtes au hareng arrosés de gin. Quoi, du gin ? Je l'avoue, je suis allée vérifier aussi sec dans l'encyclopédie libre.
    Au temps pour moi : l'alcool de genévrier dit gin est bien apparu aux Pays-Bas... au XIVe siècle !
    Au temps pour moi : ce gros roman est un tourne-pages habile et passionnant d'un bout à l'autre. Évidemment, il s'agit d'une forme de vulgarisation philosophique et historique, mais l'auteur la revendique telle. Irvin Yalom ne cherche pas à réécrire l'histoire. Sans verser dans l'uchronie, le romancier imagine que le cours de l'Histoire aurait pu changer si la névrose d'un grand criminel nazi avait été traitée... par la philosophie !
    Au temps pour moi : la construction du roman, qu'on pourrait trouver systématique et répétitive, est terriblement efficace : de courts épisodes alternés qui font avancer en parallèle les histoires de Spinoza et de Rozenberg, avec à chaque fois une fin en suspens, rappel subliminal de la technique éprouvée des meilleures séries télévisées américaines.
    Donc au final, une lecture très étonnante, intelligente et agréable. Un sujet totalement original, à la fois distrayant et instructif. Bien traduit.

    Lien : http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2012/04/e-l..
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 20 novembre 2012

    meyeleb
    Plus qu'un roman, ce livre est une somme de connaissances impressionnantes sur la philosophie de tous les temps et l'histoire de l'Allemagne des années 20 à l'époque de la montée du nazisme. Dense, il nécessite une lecture plutôt appliquée si l'on veut comprendre ce qui relie les principaux personnages dont nous suivons la vie en parallèle, à savoir Spinoza lui-même et Rosenberg. Un va et vient entre deux époques assez éloignées, mais toutes deux soumises à l'intolérance, où la pensée philosophique va permettre de s'élever au-delà des dissensions. Ce roman est un plaisir gourmand pour l'esprit!
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 02 octobre 2012

    J'use du terme Nature" dans un sens particulier. Je ne désigne pas par ce mot les arbres ou les forêts, l'herbe ou l'océan, ni tout ce qui n'est pas produit par la main de l'homme. Je désigne par ce mot tout ce qui existe : le nécessaire absolu, l'unité parfaite. Par "Nature", je fais référence à ce qui est infini, unifié, parfait, rationnel et logique. C'est la cause immanente de toutes choses. Et tout ce qui existe, sans exception, se conforme aux lois de la Nature. Donc quand je parle de l'amour de la Nature, je ne parle pas de l'amour que vous portez à votre femme ou à votre enfant. Je parle d'une autre sorte d'amour, d'un amour intellectuel. En latin, je l'appelle Amor dei intellectualis.
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  • Par luocine, le 28 juillet 2012

    Les rituels de notre communauté n'ont rien à voir avec la loi divine , rien à voir avec le bonheur, la vertu, l'amour , et tout en revanche avec la paix civile et le maintien de l'autorité rabbinique.

    La Torah comporte deux types de lois : il y a une loi morale, et il y a les lois qui visent à garder à Israël son unité en tant que théocratie indépendante. Malheureusement les Pharisiens , dans leur ignorance , n'ont pas compris cette distinction et ont pensé que l'observation des lois de l’État se confondait avec celle de la morale , quand ces lois n'étaient en fait destinées qu'au maintien du bien public au sein de la communauté. Elles n'avaient pas pour but d'instruire les juifs , mais de les maintenir sous contrôle . Il y a une différence fondamentale dans l'objectif de chacun de ces deux types de lois : l'observation d'un cérémonial vise uniquement a la paix civile , quand l'observation de la loi divine ou morale conduit à la félicité .
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  • Par Cath36, le 30 septembre 2012

    Bien des fois, Alfred a envisagé d'approfondir ces idées, d'entreprendre des recherches dans les bibliothèques, mais jamais il n'a mené la réflexion à son terme. Penser, vraiment penser, est une tâche tellement ardue, c'est comme de déplacer de lourdes malles dans le grenier. Au lieu de cela, Alfred est plutôt devenu un adepte de l'enfouissement. Il se divertit. S'adonne à de nombreuses activités. Surtout, il se persuade que la force de ses convictions dispense de la nécessité de mener des investigations.
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  • Par Missbouquin, le 04 mai 2014

    "Dites moi, croyez vous en un Dieu tout-puissant?En un Dieu parfait? Qui se suffit à lui même ?… Alors vous en conviendrez, par définition un être parfait qui se suffit à lui même n’a pas besoins, ni d’insuffisances, ni de souhaits , ni de volontés.
    Alors, poursuit Spinoza, je suggère qu’il n’y a pas de volonté de Dieu en ce qui concerne le comment, ni même le pourquoi le glorifier. Donc permettez moi d’aimer Dieu à ma façon. "
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  • Par lehane-fan, le 26 mars 2014

    Je ne crois pas que le questionnement soit une maladie. L'obéissance aveugle sans questionnement est la maladie.

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