> Léo Dilé (Traducteur)
> Edwin Oldfather Reischauer (Préfacier, etc.)

ISBN : 2290300543
Éditeur : J'ai Lu (2000)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 124 notes) Ajouter à mes livres
"Le sabre perça l'air avec le bruit sec d'une corde d'arc, et un cri foudroyant remplit l'espace vide...
Un énorme soleil rouge jaillit en flammes au-dessus du Higashiyama... Fasciné, vibrant de vie, Musashi le regardait monter...
Son sang parut sur le poi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 07 mars 2012

    Bigmammy
    « La durée d'une vie n'est qu'un intervalle insignifiant dans le cours infini du temps. »
    Ainsi s'exprime le héros de cette épopée en forme de succession de courts épisodes, le célèbre ronin itinérant Miyamoto Musashi, à la veille d'affronter un combat qu'il pense mortel, et qui cherche la Voie du sabre (ou Kendo) à travers le Japon du début du XVIIème siècle.

    La pierre et le sabre est le premier des deux volumes de ce roman basé sur l'histoire d'un célèbre escrimeur, Miyamoto Musashi (1584-1645) dont l'auteur Eiji Yoshikawa fit une figure nationale à travers un feuilleton paru entre 1935 et 1939 dans l'Asachi Shimbun. 859 pages dans l'édition française, indispensables pour effleurer l'âme japonaise, ses principes et ses valeurs, en se remémorant aussi l'état d'esprit des jeunes soldats de l'empereur nippon à la veille du second conflit mondial.

    Une succession d'aventures où s'inscrit progressivement l'image du japonais contemporain, dont l'idéal est la maîtrise de soi, la force intérieure, la symbiose avec la nature. Au début, un jeune colosse venu d'un village de campagne, mal dégrossi, violent, que l'on trouve parmi les cadavres de la fameuse bataille de Sekigahara. Takezo va partir sur les routes pour s'affronter avec des adversaires supérieurs à lui, d'abord en technique, puis en nombre. Avec son allure menaçante, son kimono court, son hakama (pantalon de combat à plis), ses deux sabres, son regard fou, il ne se fait pas que des amis.

    Mais ses rencontres – c'est fou ce qu'il retrouve par hasard ses amis comme ses ennemis souvent dans ses pérégrinations, spécialement sur les multiples ponts du pays – le font progresser sans cesse dans la Voie qu'il s'est tracée. En particulier le moine Zen Takuan, qui le forcera à une retraite de trois ans pour étudier et ainsi devenir meilleur.

    On le retrouve alors avec un nouveau nom, Musashi, une nouvelle fortitude, il a acquis l'étoffe du héros.

    Des combats époustouflants – en particulier un lourd combat nocturne dans la neige - de belles jeunes filles, de sages conseillers, des traitres.

    Les personnages vont par couple : les bons génies (Takuan et Jotaro), les veules et victimes-nées (Matahachi – Akemi), les suffisants violents, parfois traitres (Kojiro – Seijuro), les vieilles sorcières (Osugi – Oko) entourent le couple d'amants chastes Musashi et Otsu.

    Tout pour captiver l'attention des lecteurs. Pas étonnant qu'aujourd'hui l'histoire ait été transposée en un seinen manga intitulé « Vagabond ». Mais les 120 millions d'exemplaires de ce roman ne comptabilisent pas cette édition plus populaire.

    Pour moi qui suis une fervente admiratrice des estampes d'Hiroshige, les paysages du Japon sont d'une beauté sans limite. Cependant, je me suis tout de même moins régalée qu'à la lecture de la trilogie de Dale Furutani, je l'avoue ....
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    • Livres 2.00/5
    Par jsgandalf, le 28 mai 2012

    jsgandalf

    Quand j'ai acheté ce livre j'était vraiment excité, j'allais vivre une vie de rônin aventureux, allant de combats au sabre en soirées avec les geisha. C'est vrai j'était jeune, mais cela fait toujours du bien un livre ou on se laisse aller. Quel ne fut pas ma déception non pas à cause de l'histoire ou de la façon d'écrire, mais à cause des nom, j'étais incapable de faire la différence, de me souvenir qui avait fait quoi. Vous imaginé le dilemme : lire un livre sans savoir qui est qui ou bien l'abandonner lâchement, baissé les bras. Je vais décevoir mais la je n'ai pas tenu. Par contre je suis tenace et un jours je m'y remettrai à ce classique de la littérature populaire japonaise du 20ème siècle.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Skarn-sha, le 10 février 2012

    Skarn-sha
    L'auteur nous offre une version romancée de la vie de Miyamoto Musashi (autre façon de prononcer son véritable nom : Takezo), samouraï célèbre ayant réellement vécu au 17ième siècle.
    L'histoire débute juste à la fin de la grande bataille de Sekigahara, à laquelle Takezo et son ami Matahashi survivent de justesse et se réfugient chez Oko et Akemi.
    Rétabli, Takezo rentre dans son village sans Matahashi, celui-ci ayant préféré fuir avec une autre femme que de rejoindre Otsu, sa fiancé.
    Sa jeunesse tumultueuse, le barrage forcé à la frontière pour revenir dans son pays et sa culpabilité passive dans la désertion de Matahashi lui valent son rejet par les membres de son village.
    Guidé de façon aussi originale que douteuse par le moine errant Takuan, il deviendra Musashi et consacrera alors sa vie à la recherche de l'accomplissement personnel par le biais de la voie du samouraï.
    Il parcoure le Japon afin de défier les plus grandes écoles pour améliorer son art et donner un véritable sens à sa vie.
    Au travers de la quête de Musashi, de nombreux personnages historiques sont présentés, restituant un peu plus nettement l'histoire dans son contexte historique.
    Certains personnages du livre sont méprisables, d'autres sont ambiguës, certains particulièrement attachants mais tous sont dépeint avec un charisme certain.
    A la manière des romans de capes et d'épées occidentaux, l'action et les combats prennent évidement une part importante du livre.
    Cependant, contrairement aux chevaliers qui défendent la veuve et l'orphelin (et surtout les princesses) pour atteindre la renommé, le parcours du samouraï est intérieur, à la recherche du geste parfait et de sa propre maîtrise.
    Toujours dans la recherche de ce geste parfait, Musashi s'intéresse également au travail des artisans et artistes comme le potier. Ces professions serviront ultérieurement de références à Musashi pour étayer ses théories dans le Gorin no sho (Traité des cinq roues).
    Malgré le fait que Musashi soit le samouraï le plus célèbre au monde, le personnage n'y est pas invincible. Ses plus grandes forces ne sont pas sa taille, ni ses solides épaules mais son sang-froid devant des situations périlleuses et son sens méthodique de la préparation au combat, que soit pour un duel ou un combat contre de multiples adversaires
    L'enchaînement des passages d'actions, de dialogues et de descriptions est très fluide et peint un Japon d'une toute beauté.
    La violence décrite dans ce livre y est assez relative. Certes, le sang coule à flot. Dans des combats au sabre, il serait difficile d'être réaliste en faisant autrement, mais l'auteur ne fait pas dans la démesure en détaillant les dégâts causés.
    Une petite chose m'a intrigué. Malgré la superficie du Japon, les personnages principaux ne cessent de se rencontrer entre eux, de se séparer pour ensuite se retrouver inopinément quelques pages plus loin. Bien que j'ai trouvé cela un peu téléphoné, cela n'a ne retire rien à la qualité de l'histoire.
    Au final, c'est un livre passionnant, d'une portée nettement supérieure à celle d'un roman d'aventure. Car, au travers de ses combats, Musashi entraîne le lecteur dans un parcours initiatique, celui du bushido.
    A lire absolument pour tout amateur de la culture nippone.

    Lien : http://lombredeskarnsha.blogspot.com/2012/02/la-pierre-et-le-sabre.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par vanillabricot, le 29 juillet 2008

    vanillabricot
    Alala qu'est ce que ça a été bon!
    Presque 3 semaines que j'étais accrochée à ce bouquin de plus de 800 pages matin et soir dans le train. Et pour expliquer un peu mon état d'esprit :c'était vraiment dur de l'abandonner, j'en ai même loupé ma station plusieurs fois.

    C'est l'histoire romancée de Musashi Miyamoto, figure emblématique du samourai au Japon, ayant vécu au 17e siecle.
    Musashi (Takezo de son vrai nom) a 17 ans quand il part participer à la grande bataille de Sekigahara qui verra triompher le camp adverse: les Tokugawas.
    Rejeté par son village il decide alors de consacrer sa vie à son sabre et de suivre la voie du samourai.
    Ce livre est une grande saga ou son personnage est lié à de nombreux autres (historiques pour la plupart).
    Mais il s'agit avant tout de la quête de Musashi pour atteindre une parfaite maitrise de son art et de soi.
    Alors avant toute chose: je suis totalement amoureuse de Musashi! (désolée Bibi!)
    Il est beau, il est fort, il est ultra stylé (mais non c'est pas lui sur la pochette du livre).
    Bon il fait visiblement pas bon être amoureuse de lui (il aime un peu trop son sabre!) mais pas grave, je l'aimerai sans fin!
    Ensuite c'est un livre au style très agréable à lire. On dévore littéralement les pages sans s'en rendre compte.

    L'histoire, certes romancée, de réels personnages historiques permet de se construire une petite culture de référence, ce qui, pour une inculte comme moi est non négligeable...
    On y découvre le Japon traditionnel au quotidien: arts, thé, religion... ce qui le rend très riche culturellement parlant.
    On découvre des petits trucs marrant comme par exemple que le jeu Pierre/Papier/Ciseaux que je croyais bien traditionnel de nos cours d'école occidentales est en fait un très vieux jeu chinois (ensuite importé au Japon et bien bien plus tard exporté en Europe )

    De plus, ce bouquin nous plonge totalement dans l'esprit sans concession du samourai et c'est passionnant et abhérant à la fois.
    Pour finir, de ces 800 pages il n'y a pour moi, rien à jeter! Pas de longueurs, que du condencé, que du bon.
    Pour toutes ces raisons ce livre atteint la belle note de 5/5: chef d'oeuvre
    ET la bonne nouvelle dans tout ça c'est que....c'est pas fini:
    J'attaque le deuxième et dernier tome demain
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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 31 octobre 2011

    johaylex
    On dit d'ordinaire que Musashi est le "d'Artagnan japonais".
    Ce premier tome (suivi par "La Parfaite lumière") narre l'apprentissage de la maîtrise de soi d'un jeune homme fougueux.
    Cette quête est d'autant remarquable que, par sa force, rien ne devrait lui résister, et rien ne lui résiste...à part lui-même.
    Aux ferrets de la Reine Anne et des complots de Richelieu, Rochefort, de Milady, c'est-à-dire de l'affrontement entre d'Artagnan et le monde, Yoshikawa décrit au contraire le domptage de ce qui pourrait opposer le héros à l'univers, le domptage de son monde intérieur.
    Bien sûr, il y a des scènes de bataille, il y a de la bravoure, mais il y a surtout la recherche du geste parfait, non pas en tant que technique, mais en tant qu'art de vivre.
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Citations et extraits

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  • Par purplevelvet, le 05 novembre 2010

    Arrivé au sommet d'une falaise, il laissa tomber à terre son chapeau de vannerie, et s'assit. De là, il dominait toute la ville de Kyoto. Tandis qu'il était assis, les bras autour des genoux, une ambition simple, mais puissante, gonfla son jeune coeur.
    - Je veux que ma vie ait de l'importance. Je le veux parce que je suis un être humain.[..]
    Il songeait à Oda Nobunaga et à Toyotomi Hideyoshi, à leur idéal d'unification du japon, et aux nombreuses batailles qu'ils avaient livrées à cette fin. Mais il était clair que le chemin qui menait à la grandeur ne passait plus par la victoire dans les batailles. Aujourd'hui les gens ne voulaient que la paix dont ils avaient eu si longtemps soif.[...)
    "Il s'agit d'une ère nouvelle, se disait-il. J'ai devant moi le restant de mes jours. Je suis venu trop tard pour suivre les traces de Nobunaga ou Hideyoshi, mais je n'en puis pas moins rêver de conquérir mon propre monde. Nul ne saurait m'en empêcher. Même ce ^porteur de palanquin doit avoir un ambition quelconque."
    Durant un moment, il chassa de son esprit ces idées pour essayer d'envisager sa situation de manière objective. Il possédait son sabre, et la Voie du Sabre était celle qu'il avait choisie. Peut-être était-il bel et bon d'être un Hideyoshi ou un Ieyasu, mais l'époque n'avait plus besoin d'homme de ce talent particulier. Ieyasu avait tout bien mis en ordre; plus besoin de guerre sanglantes. A Kyoto qui s'étendait aux pieds de Musashi, la vie avait cessé d'être une affaire pleine de risques.
    Pour Musashi, l'important désormais serait son sabre et la société autour de lui, puisque son art du sabre était lié à son existence d'être humain. En un éclair d'intuition, il fut heureux d'avoir trouvé la relation entre les arts martiaux et ses propres idéeaux de grandeur" (p 190/191)
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  • Par MademoizelleLulu, le 25 juin 2009

    Otsu commença d'éprouver une étrange et intense mélancolie chaque fois qu'elle se trouvait seule dans sa chambre. Elle s'en demandait la raison : la solitude n'avait rien de nouveau pour elle. [...] La solitude, songeait-elle, est pareille à la faim ; elle ne se trouve pas à l'extérieur, mais à l'intérieur de soi. En souffrir, se disait-elle, c'est éprouver qu'il vous manque quelque chose, quelque chose d'absolument nécessaire...
    Si seulement, elle avait un ami ! Elle n'en avait pas besoin de beaucoup ; un seul qui la connût bien, quelqu'un sur qui elle pût s'appuyer, quelqu'un de fort et de totalement digne de confiance. Voilà ce qu'elle désirait, si ardemment qu'elle ne savait plus à qui se vouer.
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  • Par GabySensei, le 11 juillet 2011

    L'homme véritablement brave est celui qui aime la vie, qui la chérit comme un trésor qu'une fois perdu l'on ne peut jamais retrouver. Musashi savait bien que vivre, c'est plus que se borner à survivre. Le problème était de savoir comment imprégner sa vie de signification, comment assurer que sa vie lancerait jusque dans l'avenir un vif rayon de lumière, même s'il devenait nécessaire de renoncer à cette vie pour une cause. Si Musashi parvenait à réaliser cela, la durée de son existence -vingt ans ou soixante-dix- importait peu. La durée d'une vie n'est qu'un intervalle insignifiant dans le cours infini du temps.
    (P 777)
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  • Par Pchabannes, le 30 octobre 2011

    “D’énormes cloches bourdonnaient sur un rythme lent et majestueux marquant la fin des ténèbres et le début de la lumière. Cent-huit coups pour les cent-huit illusions de la vie, chaque coup appelant les hommes et les femmes à réfléchir sur la vanité de leur existence.”
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  • Par GabySensei, le 08 juillet 2011

    Le moine Takuan:

    "Connaître quelque chose veut dire l'expérimenter concrètement. Un livre de cuisine ne supprimera pas votre faim."
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