ISBN : 2742763015
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Elle a seize ans, elle vient de mourir. Allongée sur un tatami, elle voit deux hommes arriver et offrir de l'argent à ses parents. Par-delà la mort, elle observe alors ce qu'il advient de son corps vendu à la science.
Eichi et Sone se retrouvent par hasard. Voisi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par fleurdusoleil, le 06 décembre 2011

    fleurdusoleil
    A travers ces deux récits, Akira Yoshimoura nous ouvre une porte sur les rites funéraires japonais. Rassurez-vous de suite, il n'est pas question de longues descriptions des rituels anciens, mais plutôt une mise en situation du parcours sinueux des âmes.
    Écrits à la manière de contes macabres, mais pas morbides, nous suivons le chemin d' âmes en peine.
    La jeune fille suppliciée sur une étagère aborde le repos de l'âme. La jeune fille, âgée de seize ans, meurt subitement d'une pneumonie aigüe. Sa famille étant plus que modeste, prend la décision de vendre son corps à la science. Elle est donc rapidement emmenée à l'hôpital pour le prélèvement d'un grand nombre de ses organes ( voir plus...). Elle n'a donc pas eu droit à la cérémonie traditionnelle funéraire importante pour l'âme des défunts. Selon le rite, l'âme doit être accompagnée, à l'aide de gestes et de mots précis, pour accomplir le chemin vers la réincarnation. Si les différentes étapes ne sont pas suivis correctement, l'esprit ne quitte pas le monde des vivants. Il reste près de son enveloppe corporelle et refuse la mort. La jeune fille va donc se retrouver coincée et vivre toutes les manipulations subit par son corps. Elle verra toutes les étapes de la dissection et ne trouvera jamais le repos...
    Le sourire des pierres est plus ancré sur les tourments de l'âme des vivants et la quête du repos par la mort.
    Sone et Eichi étaient amis d'enfance. Au décès de son père, Sone quitte le quartier de son enfance et disparait pendant de longues années. En mourant, le père de Sone laisse une grande blessure dans l'âme de son fils. Il faut dire que sa mort n'a pas été naturelle. Il s'est suicidé en entrainant dans son geste désespéré, sa jeune maîtresse. Sone est hanté par cette fuite dans la mort.
    Lorsqu'à l'université Eichi retrouve son ami, il ne le reconnait pas. Il le trouve très étrange, mystérieux. Mais il le fréquente quand même en espérant ne pas faire une grosse erreur. Quand Sone se présente à la sœur aînée de Eichi, une jeune femme bannie par sa belle famille pour cause de stérilité, c'est trop tard. Eichi se rend compte de la fatalité de cette rencontre.
    La poésie et l'émotion se dégagent de ces récits. Étrange me direz-vous ! La mort n'est pas un sujet prêtant à l'émotion ! Tout l'art de Akira Yoshimura réside dans son écriture. Il mêle la douceur et la douleur pour troubler ses lecteurs. Il est vrai que le Japon est l'emblème de la dignité et de la humilité. Cela ce ressent dans ce recueil.
    Je tiens particulièrement à souligner le travail de traduction remarquable. L'empreinte japonaise est retranscrite de manière excellente. Je ne suis pas une grande adepte de la littérature japonaise, mais le Japon est un pays que j'aime beaucoup. Leurs traditions, leur mode de pensée...est un exemple pour moi.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/12/la-jeune-fille-supplicie..
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 05 mars 2012

    le_Bison
    Elle vient de mourir. A peine 16 ans, une vie mal entamée, une maladie aussi soudaine qu'expéditive lui ôte son dernier souffle.
    Sa mère, qui ne veut pas travailler, occupe son temps à peindre des masques. La misérable vend le corps à peine refroidi de sa propre fille, sa seule fille, à l'hôpital du coin.
    Akira Yoshimura, avec un certain détachement, et beaucoup de détails parfois à la limite du supportable, nous entraîne sur des chemins que je n'osais même pas imaginer. Toute vie a abandonné ce joli corps de jeune femme. Pourtant, son esprit demeure et assiste, sans souffrance, mais avec une conscience exacerbée, à la lente déchéance de son propre corps, à sa mutilation lente et réglée. On voudrait qu'il se produise quelque chose, que ce cadavre dont l'humanité échappe à tous, sauf au lecteur, se réveille, reprenne vie...
    Une nouvelle fois, Yoshimura m'aura entraîné au plus près de la misère humaine, la plus banale, la plus commune. Ici, la mort s'empare d'un jeune être. Ce corps, cette enveloppe charnelle ne représentent plus rien, à peine un sujet d'expérience ou de formation pour les étudiants en médecine. C'est dans l'ordre des choses, dans l'ordre de la vie.
    Ému par cette lecture, je réalise l'impermanence de notre vie dans ce monde : sujets à la mort, sujets au passage, à la brièveté. Mais sujets aussi à l'oubli... comme « La Jeune Fille Suppliciée sur une Étagère »...
    Dans « le Sourire des Pierres », seconde nouvelle du bouquin, la mort revient, hante le récit, sous tous ses visages, brutal ou banal.
    La mort prend même une telle emprise sur le jeune Sone qu'elle devient sa raison d'être. Pire encore. Sone prend le contrôle de la vie des autres, ceux qui en souffrance laissent leur vie glisser, glisser.
    Il les entraîne au bout du chemin, toujours le même.
    Ce même chemin que Sone a parcouru une fois de trop, dans ce cimetière où il jouait pendant son enfance avec son ami Eichi.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par sassenach, le 03 avril 2012

    sassenach
    Une jeune fille de 16 ans vient de mourir mais elle continue à observer ce qui se passe autour de son corps, comment celui-ci est emmené par deux hommes en échange d'une enveloppe donnée à ses parents, et son arrivée dans un endroit où d'autres personnes vont commencer à prélever des morceaux sur son corps désormais inutile …
    Eichi, étudiant à l'université, rencontre par hasard sur le campus Sone, un ancien ami d'école. Celui-ci lui propose alors de gagner un peu d'argent facilement et rapidement en toute légalité. Comme Eichi et sa soeur sont orphelins depuis un moment et que sa soeur a été répudiée par sa belle-famille parce qu'elle ne peut pas avoir d'enfant, Eichi accepte de suivre Sone dans une île voisine ...
    Le thème du club lecture étant la littérature asiatique, je suis allée piocher le seul titre que j'avais dans ma PAL (autant en profiter !) et qui y trainait depuis presque une dizaine d'années. Je ne me rappelais d'ailleurs plus qu'il s'agissait d'un recueil de deux nouvelles mais je sais que je l'avais acquis pour la première nouvelle vu que cela traitait de l'utilisation des corps après la mort. La jeune fille décédée est donc destinée à servir la science, à être autopsiée par des étudiants et l'histoire tourne autour de ce sujet mais si l'auteur s'attache à décrire les nombreux prélèvements, il ne s'attarde pourtant pas sur les détails. Mais malgré mon intérêt pour le sujet, j'ai trouvé cela lassant et surtout à la limite du glauque dans l'attitude des vivants qui gravitent autour de la jeune fille décédée. La fin aussi ne donne pas une vision très agréable de la mort et laisse une sensation de malaise ! Quant à la deuxième histoire, la mort tient aussi un rôle important, avec des parents décédés, des cimetières et autres thèmes tout aussi macabres. J'ai préféré les personnages de cette nouvelle, même s'ils sont loin d'être tous sympathiques et le mystère qui entoure Sone donne envie d'en savoir plus. L'ambiance m'a paru flirter souvent avec le fantastique mais quand on découvre la fin, j'ai trouvé qu'on revenait vers la réalité pure et dure et surtout peu encourageante … il semble que l'auteur mette en scène des personnages qui manquent parfois singulièrement de sentiments pour les autres !
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 18 avril 2012

    Nina
    Le titre de ce livre avec cette magnifique photo conjuguée avec le thème de ces récits : ambiance japonaise garantie !!!
    Le premier récit :
    La jeune fille suppliciée sur une étagère :
    Mieko vient de mourir. Au moment où sa respiration s'est arrêtée, ses sens se sont affutés. Elle peut voir et entendre tout ce qui se passe autour d'elle. Mieko est devenu un esprit.
    C'est ainsi que l'ont suit Mieko qui raconte les derniers évènements de sa vie de « jeune fille morte » avant d'être incinérée.
    C'est évidemment morbide, puisque Mieko est au première loge de sa propre mort. elle raconte tout. D'abord, l'indifférence et l'avarice de ses parents qui l'ont laissée mourir plutôt que d'appeler un docteur. La dissection de son corps que ses parents, sans état d'âme aucun, ont vendu à la science. le comportement des hommes dont certains un peu voyeurs, quand ils vont regarder, évaluer puis découper cette jeune fille afin de prélever les parties demandés. « Et qui choque beaucoup l'esprit de Mieko ».
    Cette nouvelle est écrite dans un style clair et vif. C'est réglé comme du papier à musique, on veut savoir la fin !!! Est-ce un rêve ? Il va se passer quelque chose de réaliste. Et bien non ! L'esprit de Mieko est toujours là. Au fil des pages, il raconte les différentes étapes de la transformation de son corps mort. L'irréalisme de cette histoire s'oppose à l'extrême réalité de la mort. La mort banalisée par le découpage d'un être humain pour les progrès de la science. La mort qui est un commerce comme un autre.
    L'auteur a réussi la prouesse de faire de l'humour avec un sujet grave. Humour noir garanti. En effet, j'ai « presque ri » à certains passages comme celui où l'ont met les cendres de Mieko dans l'urne : « l'intérieur du vase était tiède et confortable. Certains os émettaient encore un bruit léger semblable au cri du ver de terre. » (extrait de la page 68).
    Le 2ème récit : le sourire des pierres.
    Ce récit aussi est sur le thème de la mort.
    Enfant, Sone va vivre une période traumatique avec le suicide de son père et de sa maitresse. C'est lui aussi qui va découvrir le cadavre d'une jeune femme qui s'est suicidé dans le parc ou il jouait avec ses copains. Ces morts étranges vont laisser un certain marque indélébile dans le cerveau du jeune garçon.
    Un jour, Eichi reconnaît Sone son ami d'enfance sur le campus de son université. Il est content de retrouver ce copain dont il avait perdu le contact, depuis les problèmes de sa famille. Eichi lui demande de ses nouvelles, ce premier contact est un peu froid mais il en amène d'autres. Jusqu'au jour où Sone fait une étrange proposition à Eichi. Et c'est ainsi que le jeune homme comprend que son ami est hanté par la mort et par le suicide d'une façon irrémédiable.
    Un récit fascinant, qui permet d'aborder certaines coutumes liés à la mort, qui parle des cimetières japonais.
    J'ai aimé une nouvelle fois l'écriture de Akira Yoshimura qui m'avait déjà beaucoup impressionné avec son roman "Liberté conditionnelle".

    Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/article-la-jeune-fille-supplici..
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    • Livres 4.00/5
    Par Julie87, le 25 août 2009

    Julie87
    LA JEUNE FILLE SUPPLICIEE SUR UNE ETAGERE:
    Malgré un sujet assez morbide, je trouve que l'auteur a réussi à garder de la fraîcheur dans son style, dans la façon dont il exprime ce que cette jeune fille voit tout ce qui est fait à son corps. On pourrait presque ressentir de la sérénité. La fin est assez surprenante, du moins je ne pensais pas que ça se terminerait de cette façon.
    LE SOURIRE DES PIERRES:
    Cette deuxième partie met un peu de temps à se mettre en place. J'ai d'abord trouvé le début sans intérêt, ensuite on comprend qu'il a toute son importance pour la suite. De nouveau, l'auteur nous fait passer par divers sentiments, principalement l'inquiétude. La fin prend une tournure qu'on envisage pendant notre lecture, idée qu'on laisse finalement tomber...
    D'une manière générale, j'ai apprécié cette découverte. Je savais que les asiatiques ont une vision des choses et une façon de vivre différentes de la nôtre et j'ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers, ici morbide mais allégé par l'écriture de l'auteur.
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Citations et extraits

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  • Par estrella_oscura, le 13 février 2012

    A partir du moment où la respiration s'est arrêtée, j'ai soudain été enveloppée d'air pur, comme si la brume épaisse qui flottait alentour venait de se dissiper pour un temps.
    Je me sentais aussi fraîche que si l'on m'avait baigné le corps tot entier dans une eau limpide et pure.
    Je m'apercevais que mes sens étaient tellement affûtés que c'en était étrange.
    A travers la fenêtre brillaient des toiles d'araignées couvertes de gouttelettes, tendues comme des hamacs entre l'auvent de la maison et celui de l'autre maison derrière, et qui m'éblouissaient
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  • Par Katiouchka, le 24 janvier 2011

    Alors que mon regard, curieusement, était limité aux parois du cercueil et plus loin à la carrosserie de la voiture, le spectacle de l'impasse mouillée par la pluie, étrangement clair, me semblait frais et transparent, comme vu à travers les parois d'un aquarium dont on aurait tout juste changé l'eau.
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