ISBN : 2070369218
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 221 notes) Ajouter à mes livres
"J'ai formé le projet de te raconter ma vie." Sur son lit de mort, l'empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner "audience à ses souvenirs". Très vite, le vagabondage d'esprit se structure, se met à suiv... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    LiliGalipette
    Ce qui commence comme une lettre à un jeune ami devient rapidement le récit d'une vie. L'empereur romain Hadrien, fils de Trajan, livre sous la plume de Marguerite Yourcenar ses mémoires et une certaine philosophie. Se dévoile un vieil homme malade au crépuscule de son existence. « Il est difficile de rester empereur en présence d'un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d'homme. » (p. 11) S'il est empereur, Hadrien n'en est pas moins humble et c'est sans aménité qu'il considère son existence : « quand je considère ma vie, je suis épouvanté de la trouver informe. » (p. 41)
    Il revient sur sa jeunesse, ses études et ses années de soldat et de magistrat. On découvre alors chez l'homme un goût pour les plaisirs simples et un certain dénuement. Loin du faste qui illustra ses prédécesseurs, Hadrien se veut l'empereur de la simplicité et de la paix. « Je m'efforce que mon attitude soit aussi éloignée de la froide supériorité du philosophe que de l'arrogance du César. » (p. 64) Attaché à la Grèce et particulièrement à Athènes, il n'a de cesse d'introduire une élégante modestie dans toute chose. « La paix était mon but, mais point du tout mon idole : le mot même idéal me déplairait comme trop éloigné du réel. » (p. 144) Plutôt que de conquérir et de dévaster, Hadrien se veut bâtisseur : sous ses ordres s'érigent temples et villes, pour la grande gloire de l'empire romain.
    Hadrien était aussi homme et soumis aux passions. Son bel amour est un jeune homme, presqu'un enfant. Antinoüs est grec et incarne l'idéal amoureux de l'empereur. « Je n'ai été maître absolu qu'une seule fois et que d'un seul être. » (p. 226) L'empereur se révèle alors sensuel et sensible. Sous ses mots, la simplicité exulte et le raffinement amoureux n'est jamais si précieux que quand il s'accompagne d'un éternel attachement.
    Ses derniers mots sont courageux : « Tâchons d'entrer dans la mort LES YEUX OUVERTS. » (p. 423) Ils sont aussi prophétiques : sous la plume de Marguerite Yourcenar, l'homme restera vivant pour longtemps. Qu'il est bon d'écouter cet empereur et de suivre sa pensée sage. Tiré d'un oubli de pierre et de poussière, exhumé des manuels et des fresques, Hadrien resplendit une nouvelle fois. Et avec lui, c'est l'empire romain qui se relève un instant de ses ruines, c'est une civilisation qui redresse la tête face au temps et qui clame qu'elle n'est pas perdue.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 22 décembre 2011

    Aline1102
    Une visite à Hermogène, son médecin, vient d'apprendre à l'empereur Hadrien sa mort prochaine, d'une maladie de coeur.
    Hadrien commence alors la rédaction d'une lettre à Marc-Aurèle. Il y relate sa vie, son régne, ses passions; mais aussi ses défauts. Il raconte aussi à Marc-Aurèle la civilisation romaine, telle qu'un empereur romain fasciné par la Grèce peut la percevoir. Car Hadrien a passé beaucoup de temps chez les Grecs, ce qui a sans doute contribué à faire de lui l'homme qu'il est devenu.
    Honnête envers lui-même tout comme envers son correspondant, Hadrien avoue aussi ses faiblesses, telle que sa passion pour Antinoüs et la douleur que la mort de celui-ci lui a infligé.
    Comment parler d'un roman aussi magistral que celui-ci? Difficile, mais je vais essayer.

    Le récit, écrit en "je" donne vraiment l'impression que c'est Hadrien lui-même qui s'exprime, et non l'auteure. Mieux encore, au fil du texte, l'on oublie que c'est à Marc-Aurèle que l'empereur s'adresse: le lecteur est attiré dans l'esprit d'Hadrien jusqu'à avoir l'impression qu'il lui parle de son existence, qu'il lui permet de pénétrer dans son intimité, lui qui fut l'un des César. On se sent également transporté à son époque, ) tel point qu'il est difficile, une fois le livre refermé, de revenir dans la réalité.
    Peut-être ce sentiment est-il voulu par Marguerite Yourcenar, qui écrit à propos de ces "Mémoires":
    "Portrait d'une voix. Si j'ai choisi d'écrire ces Mémoires d'hadrien à la première personne, c'est pour me passer le plus possible de tout intermédiaire, fût-ce de moi-même. Hadrien pouvait parler de sa vie plus fermement et plus subtilement que moi."
    Yourcenar dit également, à propos de l'écriture de ce récit, commencé dans les années 1920:
    "En tout cas, j'étais trop jeune. Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. (...)." C'est aussi vrai pour la lecture de ce roman. Il ne faut absolument pas attendre d'avoir quarante ans pour le lire, puisque cela reviendrait à se priver inutilement d'un moment de pur bonheur. Mais il faut en tout cas attendre d'avoir atteint la maturité nécessaire pour apprécier un récit qui n'est pas spécialement facile à lire.
    Car les Mémoires d'hadrien sont assez compliquées. Mélangeant la poésie et l'histoire, le texte aborde également de nombreuses considérations politiques de l'époque traitée. L'empereur va même jusqu'à nous faire partager certaines de ses réflexions les plus philosophiques. Il est donc compliqué d'y accrocher lorsqu'on est trop jeune pour comprendre les nombreuses idées et théories développées par Marguerite Yourcenar dans son portrait de cet "homme presque sage".
    Car Hadrien est sage. Lucide aussi, quant au devenir de l'empire romain, dont il sait qu'il finira par disparaître. Et il est surtout sage et lucide envers sa propre existence et sa propre fin. Ainsi, dès le début du récit, il se réconcilie avec ce corps malade qui est le sien.
    Dès les premières pages du récit, Yourcenar parvient à montrer un Hadrien courageux, ferme et honnête. le reste du roman donne la même impression. Malgré ses erreurs et ses défauts, dont il parle d'ailleurs sans tabous, Hadrien reste tout du long cet homme face auquel on se sent faible et minuscule.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 18 avril 2010

    Couperine
    Autant annoncer de suite la couleur, ce livre, que j'avais lu au lycée, m'a marquée, pour plusieurs raisons: le style, tout d'abord, avec cette fluidité stylistique qui ne nous fait pas lâcher cette œuvre. L'histoire ensuite. Il fallait quand même avoir de l'idée pour faire cette fausse autobiographie de l'Empereur Hadrien. Fausse, certes, mais sacrément réaliste tout de même, et c'est bien là qu'est le paradoxe ! Yourcenar s'était bien documentée et a fait un travail de recherches que je salue. J'ai commencé à connaître Yourcenar par ce livre. Me faire adhérer à la vie d'un Empereur Romain tient de l'exploit.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 12 septembre 2007

    chartel
    Après la lecture complète de cette fausse autobiographie de l'empereur Hadrien (remarquablement formulée et poétisée par la langue de Marguerite Yourcenar) je ne trancherai pas définitivement sur mes impressions de lecture, puisqu'elles ont évolué au cours du temps. Car les débuts furent laborieux et difficiles. Il a fallu que je m'adapte à cette riche écriture, pleine d'un vocabulaire d'érudit. On sent que l'auteur était une grande intellectuelle savamment documentée sur cette période historique et sur ce personnage. Je me suis accroché coûte que coûte à ce roman « historique », ne voulant pas lâcher une œuvre si connue dans le monde littéraire. De plus, l'histoire en elle-même ne me passionnait pas. Enfin, après un long travail de patience, comme je sais le faire, on me le dit souvent ça doit être vrai, j'ai pris goût aux récits de campagnes de cet homme parcourant l'empire, de la Bretagne à l'Egypte, de l'Espagne au Pont-Euxin. Et j'ai enfin été séduit par la remarquable finesse et le jeu subtil de Marguerite Yourcenar, qui n'hésita pas à doter Hadrien de pouvoirs visionnaires.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par Aela, le 17 février 2011

    Aela
    Elle fut la première femme élue à l'Académie française en 1980. le livre "Les Mémoires d'hadrien" lui ont valu en 1951 une renommée mondiale immédiate. Dans cette oeuvre Marguerite Yourcenar recrée les souvenirs de l'empereur Hadrien mort il y a dix-huit siècles. Elle explore le monde antique à travers la conscience d'un homme.
    Le livre s'appuie sur une extraordinaire documentation, le roman historique reconstitue l'univers de la Rome impériale confrontée à la menace barbare qui se dresse aux frontières.
    On réagit vivement lorsque nous recevons les confidences d'Hadrien, son amitié pour Plotine, la femme de Trajan, son désespoir lors du suicide d'Antinoüs, son favori.
    Nous participons aux décisions de gestion de l'empire et nous sommes émus lorsque Hadrien nous parle de la mort, de l'amour, de l'amitié..
    Un livre historique et philosophique, à lire et à relire, pour se laisser pénétrer aussi par ce vocabulaire si riche et recherché.
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    « Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts. » (p. 423)
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  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    « Il est difficile de rester empereur en présence d’un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d’homme. » (p. 11)
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    « Je m’efforce que mon attitude soit aussi éloignée de la froide supériorité du philosophe que de l’arrogance du César. » (p. 64)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    « La paix était mon but, mais point du tout mon idole : le mot même idéal me déplairait comme trop éloigné du réel. » (p. 144)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 30 janvier 2012

    « La fiction a du bon : elle prouve que les décisions de l’esprit et de la volonté priment les circonstances. » (p. 52)
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