Dans cet essai, au style si ludique, où se croisent les vocables de la rhétorique, de la philosophie, de la biologie, de la chimie... l'auteur n'a pas voulu donner un panorama complet et objectif de la littéraure Latino-américaine, mais nous invite plutôt à en suivre quelques pistes, à travers les portraits de ses figures tutélaires. Ainsi, il nous mène sur les pas de l'avant-garde qui eut de l'autre côté de l'atlantique un impact si particulier, dans des villes où s'étaient mêlées de façon précaire des populations du monde entier, où les gratte-ciel, qui émergeaient, semblaient côtoyer une nature encore primitive, dans un monde qui commençait à se globaliser. On suit donc les traces du modernisme de
Rubén Dario, du créationnisme de Vicente
Huidobro, de la poésie de César Vallejo. On découvre ensuite celle de
Pablo Néruda, toute imprégnée de son enfance passée dans les forêts australes, aux pluies diluviennes, terres de cataclysme, terres des origines d'où germent les mythes, de tremblements et de raz de marée sur les côtes du pacifique. Chez
Octavio Paz, ce qui surprend, c'est la puissance d'un syncrétisme, entre une langue, l'espagnol du siècle d'or, lequel avait un héritage venu de Rome et de la Grèce, de la renaissance et du baroque, et la pierre de soleil des dieux aztèques. On découvre aussi le fantastique faisant irruption dans une trame réaliste de
Julio Cortazar, les labyrinthes (lesquels ne sont pas non plus sans rappeler les civilisations pré-colombiennes), si érudits et d'inspiration métaphysique, de
Jorge Luis Borges, le réalismo magico qui trouvera son extention avec Gabriel Garcia marquez, à travers une nature à l'étonnant pouvoir de création et de décomposition.
Ce livre est donc une excellente introduction à la littérature d'un continent qui continue à déployer sa trame...