Par Carlos Ruiz ZAFON , François Maspero

Note moyenne : 4.26/5 (sur 248 notes)
LGF
ISBN : 2253114863  
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Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

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Critiques et avis sur L'Ombre du vent


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    • Livres 5.00/5
    Par Alwenn, 2009-01-15 18:15:56

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    « Vous prendrez bien un petit sugus au citron ? »



    Un sugus ? Qu’est-ce donc ? Un sugus est une friandise sucrée et aromatisée. Un bonbon quoi. Mais ce n’est pas n’importe quel bonbon. C’est celui que propose Fermin Romero de Torres, l’un des nombreux personnages de ce roman, au narrateur, Daniel Sempere (entre autres). Et le sugus au citron est ce qui définit pour moi le mieux le rapport que j’ai entretenu avec ce livre de Zafon, L’ombre du vent. Un rapport sucré où la pointe d’acidité du citron n’a fait qu’en relever le goût.



    Que dire sur ce livre qui n’ait déjà été dit ? Il était dans ma PAL depuis un an au moins, et je ne sentais ni le besoin ni l’envie de l’ouvrir. Et puis il y a 4 jours, je l’ai finalement pris et j’ai commencé à lire les premières pages sans grande conviction. Et je me suis retrouvée comme happée dans ces pages. Je me suis enfoncée dans cette Barcelone inhabituelle, balayée par les vents, fouettée par les rafales, noyée dans les brumes automnales ou poudrée de la neige hivernale. Une Espagne de brouillard et de ruelles sombres, de villas en ruine ou d’établissement figés dans le temps émerge lentement de l’écriture de Zafon.



    J’ai eu l’impression de me retrouver dans une intrigue digne des feuilletons rocambolesques du XIXème siècle. Le récit est baroque et l’on suit avec passion les aventures du narrateur, Daniel Sempere. Et tout commence dans un lieu mystérieux et romanesque, « le cimetière des livres oubliés ». Le père de Daniel, libraire, désire le mettre dans le secret de cet endroit fantastique et unique, et lui faire adopter un livre pour l’occasion. Et c’est là où il va découvrir –et donc adopter- le roman d’un inconnu, Julian Carax, et dont le titre n’est justement que « L’ombre du vent ».



    Daniel n’aura de cesse de percer le mystère de cet auteur, dont la vie est nimbée de mystères, tous les plus obscurs les uns les autres, et dont les rares livres sont aujourd’hui livrés aux flammes par un inquiétant personnage. Fantôme ? Diable ? L’ombre vengeresse de cet individu plane autour de Daniel.



    Sur 600 pages, le lecteur suit donc les aventures de Daniel, mais aussi de Julian Carax, à travers les différents témoignages que le jeune homme va rassembler. Les deux destins se croisent, s’entrecroisent, se mêlent et se construisent autour d’une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Ma préférence est allée immédiatement vers Fermin Romero de Torres, personnage haut-en-couleur, le verbe haut et au cœur d’or.



    Et tous les éléments de l’intrigue prennent place avec toute l’infinie patience de l’auteur, et son savoir-faire d’orfèvre des mots et du romanesque. Les secrets se révèlent peu à peu et tels des matriochkas, les mystères voient le jour dans l’emboîtement parfait d’un puzzle immense qui parcourt le temps.



    Ce livre est un vrai bonheur. Un Roman avec un grand R. L’écriture de Zafon, au travers de la traduction, est fine et sensible, subtile et poignante. Un vrai souffle –sans mauvais jeu de mots- circule entre ces pages et les atmosphères sont envoûtantes.



    Je dois avouer qu’au départ, j’ai trouvé une petite ressemblance avec Le club Dumas de Perez-Reverte. Mais cette impression s’est vite effacée au profit de l’histoire propre de ce roman. Tout y est quête : quête de la vérité, quête de l’amour, quête de la reconnaissance, quête de l’histoire, y compris celle avec un grand H. Véritable parcours initiatique, l’enquête que va mener le narrateur le conduira à découvrir aussi sa propre vérité.



    Je pourrais en dire tellement plus sur l’histoire, mais ce serait déflorer une intrigue qui doit se laisser apprécier dans le flot fluide de la narration de Zafon. Que ceux qui ne l’ont pas encore lu se jettent dessus : un merveilleux et fascinant moment les attend. L’ombre du vent est de ces romans que je regrette d’avoir lus, pour la simple et bonne raison que je n’aurai plus la saveur magnifique de le découvrir… Mais à la place, j’ai la sensation magique d’avoir vécu un instant unique.



    Mais alors quel rapport avec le sugus, me direz-vous ? Eh bien ce roman est du miel, qu’on lit avec gourmandise, sans avoir envie de se freiner. Et l’acidité du citron se distille dans l’histoire, troublante et amère. Un grand roman donc. Un cercle parfait.





    Terminé le 26 décembre 2008

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    • Livres 5.00/5
    Par lethee, 2009-01-15 18:15:56

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    « Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie. »



    Après avoir lu cet ouvrage, vous ne verrez plus jamais les livres de la même manière. Vous ne pourrez plus vous séparer de votre exemplaire de L’Ombre du Vent. Vous vous inventerez des raisons de voir le mystère au cœur de chaque brocante. Vous vous sentirez suivi, poursuivant. Le cœur du mystère guidera vos moindres pas.



    L’intrigue est en effet l’un des bons points de ce roman. Dès les premières pages, vous savez déjà que vous allez vous régaler. Lorsque vous arrivez au milieu de l’ouvrage, vous haletez, pris entre le désir de poursuivre et celui d’économiser les pages. Vous succombez avec les personnages, vous courez, pleurez, angoissez avec eux. Ils sont en vous, et vous ne pouvez qu’éprouver de la tristesse lorsque vous achevez une lecture aussi passionnante et émotionnelle. Chaque personnage est doté d’une personnalité forte, riche en caractère. Chacun possède une psychologie particulière qui traduit chez l’auteur un goût de duettiste pour le réalisme et l’originalité, loin des clichés.



    L’auteur parvient à ne pas lasser son lecteur, l’entraînant dans d’innombrables fuites et filatures, mille situations et retournements qui frôlent l’exagération sans jamais l’atteindre. Chaque péripétie est justifiée par un détail que l’on a pas su voir ou anticiper. Chaque virage de cette aventure n’a de cesse de prouver les qualités et le talent d’un imaginaire sans bornes. Tout y est : le plaisir, l’attente, la surprise. L ’inattendu est tapi au coin des pages. Le mystère et l’inexpliqué se mêlent et s’apprivoisent dans un concert qui n’a pas d’égal.



    Mais le suspens est aussi relayé par un véritable plaisir de lecture. C’est que l’autre point fort du roman de Carlos Ruiz Zafon réside dans sa qualité d’écriture. Dans un roman où le suspens est ainsi mis en exergue, il est rare de trouver également un tel talent poétique. Certes la traduction de François Maspero n’y est certainement pas pour rien. Cependant, gageons que certaines rimes internes ne sont pas là par hasard. L’humour n’est pas en reste non plus : malgré une atmosphère chargée d’angoisses, l’auteur nous fait cadeau de l’humour et de la sympathie d’un personnage époustouflant dont la philosophie désopilante accompagnera le héros fidèlement.



    Enfin, ceux qui doutaient encore de pouvoir éprouver les sensations des habitants de Barcelone sous Franco ne seront pas déçus. Ils vont bientôt pouvoir tester le grand frisson d’une dictature qui a su soumettre toutes les institutions d’un pays.









    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-6629105.html
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    • Livres 2.00/5
    Par Reka, 2009-03-01 13:51:38

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    Une écrasante majorité de lecteurs placent ce roman sur un piédestal. Pour ma part, j'ai été totalement incapable d'apprécier ce roman, tant sur le fond que sur la forme.

    Lien : http://reka.ovh.org/wordpress/#/p=321
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    • Livres 0.00/5
    Par liberlibri, 2008-12-01 20:51:07

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    Je cherchais de quoi lire en langue espagnole, sans qu'un vocabulaire trop ardu m'empêchât d'avancer dans l'intrigue. On me mit dans les mains L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (La Sombra del viento). L'aurais-je tant aimé si je ne l'avais pas lu dans ma langue ? Difficile à dire. Je me laisse à ce point bercer par les sonorités de la langue espagnole que mon jugement me paraît moins sévère.





    L'Ombre du vent tient à la fois du roman gothique et de la saga, de Walpole ou Lewis et de Garcia-Marquez. Le jour de ses dix ans, Daniel Sempere est amené par son libraire de père dans un lieu nommé « Le cimetière des livres oubliés ». Dans cet endroit sont conservés les livres que les mémoires ont reflués mais que quelques amoureux s'obstinent à faire revivre. Le rôle de chaque nouvel arrivant est d'adopter un livre et de le préserver de l'oubli. Le petit Daniel, après avoir erré dans cette singulière bibliothèque qui tient de Borges et d'Eco, va retirer des rayons un roman d'un certain Julian Carax, L'Ombre du vent. Ce sera là son destin et son malheur. Dès lors, Daniel va suivre les traces de cet auteur maudit, mû par une curiosité qui n'est autre qu'une quête de soi. En effet, « les livres sont des miroirs et l'on y trouve que ce que l'on y porte soi-même ». C'est un récit qui captive, une intrigue qui ne laisse pas de répit. L'Ombre du vent est un bon roman à suspense mais avec un supplément de magie, peut-être parce qu'il traite précisément de l'envoûtement des livres.

    Lien : http://liber-libri.blogspot.com/2008/09/la-froide-inluctabilit-du-de..
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    • Livres 3.00/5
    Par lexote, 2009-06-20 15:12:34

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    Tout cela fait que quand on lit ce livre, on pense à sa grand-mère, à un tiède après-midi à ne rien faire, à un doux sentiment d’enfance, et on se laisse (pour les admirateurs) ou pas (pour les indifférents) bercer par cette histoire agréable à lire et sans vilaine surprise.

    Lien : http://lewebpedagogique.com/lexote/archives/82
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Citations et extraits de L'Ombre du vent


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  • Par wictoria, 2009-01-15 18:15:56

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    Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on a, mais ce à quoi on renonce.
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  • Par LuluDePanam, 2009-03-19 11:03:27

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    Les livres sont des miroirs, et l'on y voit que ce qu'on porte en soi-même.
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  • Par liberlibri, 2008-12-01 20:50:24

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    « Bea dit que l'art de lire est en train de mourir lentement, que c'est un rituel intime et que le livre est un miroir et que nous pouvons seulement y trouver ce que nous portons déjà en nous, que nous mettons dans la lecture l'esprit et l'âme et que ce sont des choses chaque jour plus rares. »
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  • Par mgeffroy, 2008-01-07 21:47:06

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    Quand je franchis le porche, la neige avait commencé à tomber, et le ciel se répandait paresseusement en larmes de lumière qui disparaissaient sous mon haleine. Je courus vers la place de Catalogne déserte. Au milieu se dressait la silhouette solitaire d'un vieillard, ou peut-être d'un ange déserteur, couronné de cheveux blancs et engoncé dans un énorme manteau gris. Roi de l'aube, il levait en riant sa face vers le ciel et tentait en vain d'attraper des flocons dans ses gants. Quand je passai près de lui, il me sourit gravement comme si, d'un coup d'œil, il pouvait lire dans mon âme.
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  • Par ChouetteColline, 2009-04-28 13:41:43

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    (page 258)

    "- Où en étais-je ? L'amour, c'est comme le saucisson : pur porc et mortadelle. Tout y a sa place et sa fonction."
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