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Par caro64 le 30/01/2011
On raconte qu’ Ambrose Bierce – dont j’avais adoré les nouvelles, terrifiantes quand j’étais jeune -, à soixante-dix ans passés, avait décidé sur un coup de tête de partir pour le Mexique. « Je me rends bien compte qu’il est possible, voire probable, que je ne revienne pas. » Il a aussi écrit : « Il s’agit de couper l’herbe sous le pied à la vieillesse, à la maladie, et aux chutes dans les escaliers de la cave. » Moi qui connais bien les trois, je ne peux qu’applaudir avec chaleur ce cher Ambrose.
Bref, nous n'avons rien à perdre. J'ai donc décidé d'agir.
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Par canel le 14/06/2012
John est éveillé maintenant, je l'entends grommeler dans sa barbe. Il engueule quelqu'un. Me parviennent des chuchotements obscènes, des menaces à on ne sait quel ennemi, des imprécations. Durant toute notre vie commune, John a été un homme calme et docile. Mais depuis que son esprit s'est mis à battre la campagne, il dit aux gens ce qu'il a toujours souhaité leur dire. Personne n'y échappe.
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Au bout d'un moment, même rester en vie est un boulot à temps complet.
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Par keisha le 22/04/2012
On peut se demander si c'est la meilleure idée possible. Ce couple de vieux débris, l'une avec plus de problèmes de santé qu'un pays du tiers-monde, l'autre sénile au point de ne pas savoir quel jour on est, partant sillonner les routes du pays.
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Vieillir ensemble, c’est aussi cela :
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Que nous ne disions rien me va très bien. Parler romprait le charme. L’espace d’un instant, je suis si heureuse que je pourrai pleurer. Voilà exactement le genre de chose qui fait que j’aime tant voyager, et que j’ai désobéi à tout le monde. Nous deux réunis comme nous l’avons toujours été, sans rien dire, sans rien faire de particulier, simplement “en vacances”. Je sais bien que rien ne dure mais, quand on sait que le film va bientôt se terminer, on a parfois la possibilité de rembobiner et d’en prendre un peu sans que personne ne le remarque.
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Par Theoma le 17/02/2012
A présent, nous disposons de tout notre temps. Sauf que je tombe en morceaux et que John se souvient à peine de son nom. Ça ne fait rien. Moi, je m'en souviens. A nous deux, nous formons une personne complète.
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le plus triste dans l'affaire, c'est que nous n'avons pris la route 66 qu'une seule fois au cours de nos déplacements pour Disneyland . John et moi, comme le reste de l'Amérique, avons succombé aux charmes des autoroutes plus rapides, des itinéraires plus directs, des limitations de vitesses moins contraignantes. Nous n'avons plus jamais songé à emprunter la route secondaire. A se demander si quelque chose en nous ne sait pas que notre vie va s'écouler plus vite que nous ne pouvons le concevoir. Alors, nous courons à l'aveuglette comme des poulets sans tête.
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Par meelly le 21/10/2011
on passe sa vie à se préoccuper de l'opinion des autres, alors qu'en réalité ils ne pensent pas. Les rares fois où ça leur arrive, je l'admets, c'est souvent en mal, mais on peut au moins de réjouir qu'ils soient capables de penser.
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Par letitbe le 03/09/2012
Je suis désolée de causer du souci à mes enfants, mais j'ai passé ma vie d'adulte à m'en faire à leur sujet, alors je rétablis l'équilibre.
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Ce voyage est l'occasion ou jamais de tout nous permettre. Il faut se souvenir qu'à partir d'un certain âge, on trouve toujours des gens qui nous bassinent avec tous leurs conseils sur ce qu'on peut avaler et ce qui est interdit. Nous entrons dans la vie avec du lait et des petits pots, et nous la terminons de la même manière.