> B. Cauvet-Duhamel (Autre)
> Jorge Semprun (Autre)

ISBN : 2070286487
Éditeur : Gallimard (1979)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par Ecarlate, le 27 octobre 2011

    Ecarlate
    Mathématicien, Eugène Zamiatine connut la révolution bolchévique et même s'il garda sa nationalité soviétique, il dut s'exiler en France où il mourut en 1937.
    Quand on lit Nous autres, on comprend mieux qu'au vu de ses écrits, et de la dureté dont faisaient preuve les révolutionnaires, que l'auteur ne put jamais retourner en Russie. Pourtant il écrivit son livre avant que Staline ne devienne tout puissant, il était encore possible de…
    Avant Orwell (qui revendique la lecture de Zamiatine), avant Huxley, il dénonce la barbarie du totalitarisme, cette volonté de détruire l'individu et ses libertés pour qu'il connaisse le « bonheur » permanent au sein de la masse. Une masse qui n'a pas le droit de penser, et qui doit croire aveuglément en ses chefs et leurs décisions. Un moindre écart, et la machine bureaucratique vous broie. Effrayant, non ?
    Zamiatine était mathématicien, son héros, D-503, en est un. D-503 ? Oui, car après la guerre de Deux cents ans, les hommes et les femmes sont de simples numéros. D-503 a la charge de construire l'Intégrale, vaisseau qui répandra le bonheur de l'Etat Unique à travers l'univers.
    D'ailleurs, pour cette occasion, hommes et femmes sont invités à écrire quelque chose qui partira avec le vaisseau, comme message pour les étrangers. Excellent prétexte de l'auteur pour que son personnage rédige son carnet à l'intention de parfaits inconnus, c'est-à-dire les lecteurs. Cela lui permet astucieusement de décrire son monde quand il le faut, sans être lourd.
    Ainsi, le Mur vert sépare la ville de l'extérieur, dangereux et malfaisant, lieu de libertés. Dans la ville, en verre, tout le monde vit au même rythme mécanique, celui notamment de la construction de l'Intégrale. Il y a des fêtes qui en disent long, comme le Jour de l'Unanimité, jour des élections où tout le monde doit voter… pareil. Les rapports entre hommes et femmes sont réglementés par le carnet rose et ses tickets, donnant droit au couple de tirer les rideaux pour un peu d'intimité. C'est ainsi que D-503 fréquente O-90, qu'il partage d'ailleurs avec R-13, le poète officiel. Car il ne saurait y avoir de familles, ou d'enfants, tout est normalisé. Qu'est-ce qui va gripper la machine ? La rencontre entre D-503 et une femme, I-330. le rôle des femmes dans le roman mérite à lui Seul une étude.
    Quoi qu'il en soit, je ne vais pas vous raconter l'histoire. Peu à peu, D-503 va glisser dans une forme de dissidence, qui ne mènera pas bien loin. Les Gardiens veillent, la dénonciation règne, comme la manipulation. Dans ce monde, on guérit de tout, même de l'imagination. A lire, ne serait-ce que pour de formidables images, ou des pensées fulgurantes. Un précurseur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 14 mai 2009

    lolo71
    Cela fait mille ans que la terre est soumise au pouvoir de l'Etat unique. Depuis la Guerre de Deux Cents ans, les hommes vivent dans des villes séparées par des « immensités vertes », chacune entourée du Mur Vert qui la préserve de la nature sauvage. Pour parvenir au bonheur, l'état de liberté a été supprimé. Chaque instant de la vie est planifié, programmé. Chaque activité humaine – travail, loisirs, éducation, repos, repas, sexualité, etc. - est organisée selon « un système d'éthique scientifique, basé sur les opérations d'arithmétique ». L'inattendu, l'imprévu ont été réduits au maximum. C'est le règne de la rationalité appliquée à l'organisation sociale, à laquelle chacun apporte « un sacrifice paisible, réfléchi et raisonnable ».
    Les êtres humains sont les rouages d'une machine au bon fonctionnement de laquelle doivent tendre tous leurs actes et pensées. Ils « sont fondus en un Seul corps aux millions de mains », - le total l'emporte sur l'unité. Ils ne sont plus désignés par un nom, mais par un numéro composé d'une lettre et d'un chiffre. Ils vivent dans des bâtiments de verre transparents, car ils ne doivent rien cacher de leur vie. Les Gardiens veillent par ailleurs à ce que cette harmonie perdure, sous l'égide du Bienfaiteur, « aussi sage et aussi cruel que le Jéhovah des anciens ». le narrateur, D-503, est mathématicien et le constructeur de l'Intégral, engin « électrique en verre et crachant le feu », chargé de porter la bonne nouvelle du « bonheur mathématique et exact » aux habitants d'autres planètes, dans le but de les « soumettre au joug bienfaisant de la raison ». L'Intégral transportera des traités, poèmes et autres écrits « célébrant les beautés et la grandeur de l'Etat Unique ». « Nous autres » est la contribution de D-503, ensemble de notes où il consigne ce qu'il pense, ou plutôt, - ce qui revient au même -, ce que Nous autres pensons. La vie de D-503 sera bouleversée par sa rencontre avec une femme, I-330, qui l'éveillera à des sentiments nouveaux et l'amènera à prendre conscience de son individualité, autant d'hérésies dans « la vie mathématiquement parfaite de l'Etat Unique ».
    « Nous autres » fut écrit par l'ingénieur, mathématicien et écrivain Eugène Zamiatine (1884-1937) en 1921 et interdit par la censure soviétique. En 1931 Zamiatine fut contraint à l'exil, à Paris, où il mourut. le roman paraît pour la première fois en 1924 dans une édition en anglais. Il exerça une réelle influence sur d'autres contre-utopies écrites plus tard et beaucoup plus connues : « 1984 » de George Orwell, « Le meilleur des mondes » d'Aldous Huxley, ou encore « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury. Il fut ainsi l'un des pionniers d'un genre destiné à anticiper l'effroi du totalitarisme, qu'il soit inspiré par le socialisme, le fascisme, le scientisme ou le capitalisme. Désespérant et glaçant par bien des aspects, ce livre garde cependant foi en l'humanité et nous rappelle, comme l'écrivit Zamiatine dans un essai, que « Seuls les hérétiques, rejetant le présent au nom de l'avenir, sont l'éternel ferment de la vie et assurent l'infini mouvement en avant de la vie ». A méditer en ces temps de capitalisme triomphant à l'échelle planétaire.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/05/14/nous-autres-deugene-za..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par purplevelvet, le 26 janvier 2012

    purplevelvet
    Il y a longtemps que je comptais lire "Nous autres" de Zamiatine, dans la mesure ou il est la source d'inspiration principale des deux monuments de la dystopie que sont 1984 et le meilleur des Mondes ( d'ailleurs il faudra que je relise ce dernier, ça fait super longtemps).
    Donc, on retrouve ici le principe de société "idéale" tenue par un leader absolu qui est au centre de ses deux successeurs: la société dans laquelle évolue le héros D-503 est basée sur l'harmonie mathématique, condition sine qua non du bonheur calibré.
    Tout y est calculé pour répondre a des règles rationnelles précises, tout y est à précis, lisse comme le verre bleuté qui constitue les immeubles et la chaussée, le chaos y est soigneusement tenu à l'écart: la nature, les animaux, tout ce qui est illogique, exubérant et naturel est soigneusement séparé de l'état unique par le mur vert ( un mur virtuel électronique qui empêche l'intrusion du vivant et des phénomènes météorologiques dans l'état, car même le ciel doit y rester bleu uni). A l'inverse du meilleur des mondes qui circonscrivait le monde sauvage dans les réserves, il est ici considéré comme une menace dont il faut s'isoler. L'état unique est une bulle bleue au milieu d'un monde vert, qu'il s'efforce d'ignorer. (...)
    Le sujet est alléchant, mais une petite chose me gêne un peu, au niveau de l'écriture, et je ne sais pas à quoi l'attribuer exactement. A la traduction qui est peut être un peu imprécise, et il faut parfois relire plusieurs fois un passage pour savoir qui parle. Et en même temps, pour une question d'époque, le style ( enfin, ce qui transparaît) est assez " art déco",je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux affiches des années 20, lettres anguleuses (...)
    Même les personnages, enfin, les "numéros" sont décrits de manière très géométrique: O-90 est ronde comme son initiale, I est sèche et raide comme une cravache ( le I russe est un N inversé qui donne encore plus l'impression d'un coup de fouet), R-13 semble avoir une tête énorme sur un corps maigrichon (le R russe ressemble à un P).. c'est original, mais, comment dire, un peu trop abstrait pour qu'on se prenne de sympathie pour les personnages. D'autant que d'n'est pas en rébellion ouverte contre sa société contrairement à Winston de 1984 ou Bernard du Meilleur des mondes qui veulent vraiment un changement, il en est le témoin, et met son erreur sur le compte d'une maladie nerveuse d'un autre temps nommée "imagination" qui peut se soigner par une opération rapide en irradiant une petite zone du cerveau.
    Donc au final, je l'ai trouvé intéressant par l'influence qu'il a eu sur la science fiction en général, mais il est dommage que je l'ai lu après les deux oeuvres majeures qu'il a inspirées, et qui vont beaucoup plus loin.
    Deuxièmement, je trouve intéressant aussi le rapport qu'il peut avoir avec les courants artistiques de son époque ( années 20), mais cette construction a les mêmes limites que le suprématisme en peinture: trop abstrait pour moi. J'aime bien, c'est joli, c'est régulier.. mais après? j'ai du mal à m'attacher à ces personnages géométriques qui manquent un peu trop d'épaisseur et de motivations.

    Lien : http://chezpurple.blogspot.com/2011/12/nous-autres-evgueni-zamiatine..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par calimaq, le 01 avril 2008

    calimaq
    "Nous autres" de Zamiatine, c'ets un peu l'ancetre de ces textes fondateurs de la science-fiction qui nous dépeignent le futur sous les traits les plus noirs pour mieux nous faire réfléchir sur notre présent. Zamiatine, qui écrit en 1920, en Union soviétique a directement influencé Orwell (1984), Huxley (Le meilleur des mondes) ou encore Bradbury (Fahrenheit 451).
    Dans "Nous autres", une société totalitaire entend régenter toutes les activités des individus qui la composent pour leur faire atteindre un bonheur parfait, au détriment de leur liberté. le Héros est le constructeur d'un vaisseau spatial qui aura pour but de porter la bonne parole de l'Etat unique jusqu'aux peuples extraterrestres. Les hommes vivent dans des batiments en verre, exposés à la vue de tous.
    Mais bien entendu, il n'est pas si facile d'étouffer la liberté et celle-ci refleuri au-delà du mur de verre qui entoure cette cité idéale.
    Par rapport aux autres dystopies du XXe siècle, il y a dans "Nous autres" un point de vue à la première personne (journal intime) qui nous fait rentrer directement dans les pensées d'un homme, dans ses dilemnes et dans ses contradictions.
    A noter : Staline n'apprécia pas du tout le livre de Zamiatine et condamna son auteur ...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Pavi33, le 16 avril 2012

    Pavi33
    Un monde régit par les mathématiques appliquées à toutes les théories humanistes, un constructeur de vaisseaux, dans un monde "parfaitement aseptisé", totalement contrôlé, jusqu'aux sentiments, évidemment.
    D-503 rencontre I-330 et nous sommes témoins de cette rencontre par les notes (journal) rédigés par D-503 chaque jour, pendant ses Heures Personnelles. le tout sous la surveillance du "Bienfaiteur". L'amour n'a pas de mots, sauf la maladie. D-503 va être soigné : il n'y a pas de place pour l'imagination non plus dans la vie de D.
    Les métaphores sont nombreuses et parfois répétitives; ce fut pour moi une lecture fastidieuse, heureusement intéressante car ce roman précède d'autres nombreux romans de science- fiction / dystopie.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (14)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Philou, le 01 avril 2012

    Rappelez-vous la croix sur la colline avec la foule tout autour. Les uns, au sommet, couverts de sang, clouent un corps sur une croix. D'autres, en bas, aspergés de larmes, regardent. Ne croyez-vous pas que le rôle de ceux d'en haut était le plus difficile et le plus important ? S'ils n'avaient pas été là, toute cette grandiose tragédie n'aurait pu être montée. Ils ont été sifflés par la populace, mais l'auteur de la tragédie, Dieu, ne les a récompensés que davantage. Et ce Dieu chrétien et très compatissant n'était-il pas lui-même un bourreau lorsqu'il brûlait à petit feu tous les infidèles ? Ceux brûlés par les Chrétiens sont-ils moins nombreux que les Chrétiens qui ont été brûlés ? Et malgré tout, Dieu a été glorifié pendant des siècles comme le Dieu d'amour.

    Vous direz que c'est absurde ? Non, au contraire, c'est une preuve, signée de sang, de la sagesse indéracinable de l'homme. Dès cette époque il avait compris, tout sauvage et velu qu'il était, que le véritable amour envers l'humanité doit être inhumain et que le signe indéniable de la sincérité, c'est la cruauté. Le meilleur indice auquel on reconnaît le feu, c'est qu'il brûle. Montrez-moi un feu qui ne brûle pas. Montrez m'en un...

    Note 36, page 199
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Philou, le 24 mars 2012

    La construction de l'Intégral sera achevée dans 120 jours. Une grande date historique est proche : celle où le premier Intégral prendra son vol dans les espaces infinis. Il y a mille ans que nos héroïques ancêtres ont réduit toute la sphère terrestre au pouvoir de l'Etat Unique, un exploit plus glorieux encore nous attend : l'intégration des immensités de l'univers par l'Intégral, formidable appareil électrique en verre et crachant le feu. Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d'autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l'état sauvage de la liberté. S'ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux. Mais avant toutes autres armes, nous emploierons celle du Verbe.
    Au nom du Bienfaiteur, ce qui suit est annoncé aux numéros de l'Etat Unique :
    Tous ceux qui s'en sentent capables sont tenus de composer des traités, des poèmes, des proclamations, des manifestes, des odes, etc... pour célébrer les beautés et la grandeur de l'Etat Unique.
    Ce sera la première charge que transportera l'Intégral.
    Vive l'Etat Unique. Vive les numéros. Vive le Bienfaiteur !

    (Note 1, page 15)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Philou, le 25 mars 2012

    Les deux habitants du paradis se virent proposer le choix : le bonheur sans liberté ou la liberté sans bonheur, pas d'autre solution. Ces idiots-là ont choisi la liberté et, naturellement, ils ont soupiré sous les chaînes pendant des siècles. Voilà en quoi consistait la misère humaine : on aspirait aux chaînes. Nous venons de trouver la façon de rendre le bonheur au monde...

    [...]

    Le vieux Dieu et nous, nous sommes à la même table, côte à côte. Oui, nous avons aidé Dieu à vaincre définitivement le diable ; c'est le diable qui avait poussé les hommes à violer la défense divine et à goûter à cette liberté maudite ; c'est lui, le serpent rusé. Mais nous l'avons écrasé d'un petit coup de talon : "crac". Et le paradis est revenu, nous sommes simples et innocents comme Adam et Eve. Toute complication autour du bien ou du mal aura disparu ; tout est très simple, paradisiaque, enfantin.

    Note 11, page 67
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Philou, le 25 mars 2012

    Délivrer l'humanité ! C'est extraordinaire à quel point les instincts criminels sont vivaces chez l'homme. Je le dis sciemment : criminels. La liberté et le crime sont aussi intimement liés que, si vous voulez, le mouvement d'un avion et sa vitesse. Si la vitesse de l'avion est nulle, il reste immobile, et si la liberté de l'homme est nulle, il ne commet pas de crime. C'est clair. Le seul moyen de délivrer l'homme du crime, c'est de le délivrer de la liberté. Et à peine venons-nous de l'en délivrer (à peine est bien le mot quand on songe à l'âge du monde), que quelques misérables esprits arriérés...

    Note 7, page 45
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Pavi33, le 15 avril 2012

    Une âme? Quel mot étrange et depuis longtemps oublié!
    "C'est...très grave? balbutiai-je.
    - Incurable, tranchèrent les ciseaux.
    - Mais, en somme, en quoi cela consiste-t-il? Je ne me rends pas bien compte...
    - Commet vous expliquer... vous êtes mathématicien?.
    - Supposez une siurface plane, ce miroir par exemple. Nous clignons des yeux pour éviter le soleil qui s'y réfléchit. Vous y apercevez également la lumière d'un tube électrique; tenez, l'ombre d'un avion vient d'y passer. Tout cela ne reste qu'une seconde dans le miroir. Maintenant, supposez que par le feu on amolisse cette surface impénétrable et que les choses ne glissent plus, mais s'incrustent profondément dans ce miroiur, derrière lequel, étant enfants, nous cherchions si souvent avec curiosité ce qu'il pouvait y avoir. Cette surface aurait engendré un volume, un corps, un monde. Nous avons en nous un miroir sur lequel glissent le soleil, le tourbillon de l'avion, vos lèvres tremblantes et les lèvres d'un autre aussi.... Ce miroir froid réfléchit, renvoie, tandis que le vôtre, maintenant, garde trace de tout et à jamais. Vous avez vu un beau jour une légère ride sur la figure de quelqu'un - vous l'avez toujours en vous; vous avez entendu quelque part une goutte d'eau tomber dans le silence, vous l'entendez encore maintenant...
    - Oui, c'est justement ça", dis-je en le saisissant par la main. J'entendais dans le silence des gouttes d'eau tomber lentement du robinet du lavabo, et savais que ce serait pour toujours. "Mais pourquoi ai-je eu tout à coup une âme...Je n'en avais pas et puis, brusquement...Pourquoi personne n'en a--t-il, et moi..."
    - oui
    (Note 16, page 81)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Nous autres par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (71)

> voir plus

Quiz