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> B. Cauvet-Duhamel (Autre)
> Jorge Semprun (Autre)

ISBN : 2070286487
Éditeur : Gallimard (1979)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 26 juin 2012

    Missbouquin
    "Nous autres" est une des premières dystopies de l'histoire, qui a fortement inspiré le 1984 d'Orwell et le Meilleur des mondes de Huxley. le roman intervient au cœur des débats qui entourent la naissance du système soviétique. En URSS, la publication de ce livre a été interdite en 1923. En butte à la censure stalinienne, Zamiatine s'est ensuite exilé à Paris en 1931.

    Le roman prend la forme d'un journal d'un homme du futur (on ne connait pas le siècle avec précision) nommé D-503. En effet, dans ce monde, les hommes ne portent des numéros (ils ne sont plus d'ailleurs appelés "homme" mais "numéro", ce qui résonne très étrangement à la lecture.) le travail de D-503 consiste à fabriquer l'Intégral, un vaisseau spatial destiné à convertir les civilisations extraterrestres au bonheur, que l'État unique prétend avoir découvert.
    L'idée de base est la suivante : il n'y a plus d'individus, seulement des numéros tous égaux régis par un État unique qui les convainc de leur apporter le bonheur. Pour cela, la vie de chacun est réglée avec minutie, y compris les moments d'intimité dont il faut faire la demande quelques heures auparavant.
    Ainsi, la planète toute entière se lève à 7h. Déjeune à 8h. Et va travailler à 9h. Très précisément. D-503 évoque à ce propos l'instigateur philosophique de ce système, Charles Taylor : "Certes, ce Taylor était le plus génial des anciens. Il est vrai, malgré tout, qu'il n'a pas su penser son idée jusqu'au bout et étendre son système à toute la vie, à chaque pas, à chaque mouvement; il n'a pas su intégrer dans son système les 24h de la journée." L'État unique de Zamiatine l'a fait, pensant atteindre ainsi une perfection puisque les inégalités n'existant plus, les différences entre les hommes non plus. Un numéro n'est plus qu'une partie d'un tout : "Une distinction naturelle : la tonne est le droit et le gramme, le devoir. La seule façon de passer de la nullité à la grandeur, c'est d'oublier que l'on est un gramme et de se sentir la millionième partie d'une tonne." Avec ce "nous", les hommes peuvent réellement exister, être heureux, ils ne sont jamais laissés à eux-mêmes, dotés d'une dangereuse liberté individuelle.
    Mais petit à petit, alors qu'il dépeint ce système, des changements s'opèrent dans l'esprit du numéro D-503 : "ça va mal. Il s'est formé une âme en vous."Une âme ! Quel mot étrange et depuis longtemps oublié ! C'est ... très grave ? balbutiai-je. Incurable, tranchèrent les ciseaux."
    D-503 commence à regretter cette planification, tâchant d'imaginer comment pouvaient vivre les hommes auparavant, quand ils ne savaient pas de quoi le lendemain serait fait ... Il observe aussi des rébellions, comme cette femme essayant de sauver un ami de la mort décidée par l'État. A ce moment-là, "Elle n'était déjà plus un numéro mais un individu."
    Mais il est trop tard. le coup final sera le lancement de l'ultime lutte par cet État, qui veut supprimer l'ultime obstacle au bonheur humain :
    "seulement, le mécanisme n'a pas d'imagination. Avez-vous jamais vu un sourire rêveur recouvrir le cylindre d'une pompe pendant son travail ? Avez-vous jamais entendu les grues soupirer et se plaindre pendant les heures destinées au repos ?" Non ! [...] mais ce n'est pas de votre faute : vous êtes malades. Votre maladie, c'est l'imagination. C'est un ver qui creuse des rides noires sur vos fronts. C'est une fièvre qui vous oblige à courir plus loin, bien que ce "plus loin" commence où finit le bonheur. C'est la dernière barricade sur le chemin du bonheur. "
    Je ne veux pas vous en dévoiler plus, j'en ai déjà trop dit. Mais c'est un roman d'une grande richesse, d'une grande modernité aussi, car il ne semble pas avoir pris une ride.
    Et surtout, au-delà d'un roman dystopique, on a l'impression que Zamiatine a pressenti les dérives possibles de l'État soviétique qui est en train de s'installer. Quand tout le monde s'appelle "Camarade", que l'on prétend que tous les hommes sont égaux, que l'on tue tous ceux qui s'opposent à l'État suprême, que tous les hommes sont endoctrinés, contrôlés, certes c'est l'État totalitaire par excellence, celui que l'on ne connaît que trop bien aujourd'hui. Mais il ne faut pas oublier que Zamiatine l'a écrit en 1920 !
    Un écrivain visionnaire ? ou un parfait connaisseur de l'âme et des tendances humaines ?
    Zamiatine défendait par ailleurs la fonction essentiellement critique et utopique de la littérature, qui ne pouvait être l'instrument d'une cause. Dans sa lignée, nous retrouverons plus tard Soljenitsyne, tous deux étant animés d'une exigence libertaire, de la force d'une revendication idéaliste et surtout d'un profond humanisme. Par ce roman, Zamiatine transforme le roman d'anticipation inauguré par Wells en une arme de l'esprit critique. Qui fait mouche.
    Pour finir, une phrase qui m'a frappée, car elle révèle à la fois la richesse et la faiblesse de l'âme et des comportements humains.
    "Les hommes sont comme les romans : avant la dernière page, on ne sait jamais comment ils finiront. Autrement, cela ne vaudrait pas la peine de les lire."

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/06/26/nous-autres-eugene-za..
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 01 novembre 2012

    LiliGalipette
    Au sein de l'État Unique, la soumission arithmétique apporte le bonheur et le Bienfaiteur sait comment garder son peuple dans « l'obéissance absolue et extatique, dans le manque idéal de liberté. » (p. 18) Au-delà du Mur Vert, tout n'est que confusion et il fait bon vivre dans « la vie mathématiquement parfaite de l'État Unique. » (p. 16) D-503 est le constructeur de l'Intégral, un vaisseau qui apportera la connaissance aux peuples. Chaque soir, il rédige ses notes personnelles et les compile sous le titre de Nous autres, en opposition aux peuples libres, mais malheureux. Dans les premières pages, sa confiance et sa foi dans le système sont inébranlables. Il est parfaitement heureux de son existence et de son organisation.
    Et son regard croise celui de I-330. « Cette femme agissait sur moi aussi désagréablement qu'une quantité irrationnelle et irréductible dans une équation. » (p. 22) Quelque chose de fissure chez D-503. Il confie ses premiers questionnements à ses notes. « Que mon journal, tel un sismographe sensible, donne la courbe de mes hésitations cérébrales les plus insignifiantes. Il arrive que ce soit justement ces oscillations qui servent de signes précurseurs. » (p. 34) Inexorablement, I-330 le pousse à la différence et à la remise en question. Il lui vient une âme : est-ce un bienfait ? Est-ce une maladie ?
    D-330 voudrait résister, se soumettre à nouveau à la bienveillante contrainte du système. Mais il ne peut se passer de I-330 : « Elle est plus forte que moi, beaucoup plus forte et je ferai comme elle le désire. » (p. 110) Et que désire-t-elle ? Quels sont ses plans ? L'État Unique doit-il trembler devant cet esprit libre ? Ou n'y a-t-il que l'équilibre de D-503 qui soit en péril ? Qui suis-je moi-même : « eux » ou « nous » ? » (p. 142)
    Quel roman terrifiant ! Ce système qui promeut le bonheur sous la contrainte est parfaitement rationnel, voire acceptable. Et c'est bien ça le pire ! Les Tables régissent tout, même l'art et la musique. L'Indicateur des chemins de fer est considéré comme la littérature la plus aboutie. La morale est arithmétique et tout est soumis à la rationalisation et au calcul. Moi qui suis fâchée avec les nombres, je m'étonne d'avoir été séduite par cet état mathématique, au point de maudire les acteurs de la rébellion.
    Eugène Zamiatine offre un roman d'une densité incroyable : chaque fois que je l'ouvrais, j'étais happée et fascinée, complètement bouleversée. L'intrigue qui date de 1920 est résolument moderne et bien inquiétante. Je connaissais le chef-d'œuvre de George Orwell et celui d'Aldous Huxley. Je les ai aimés. Mais Nous autres surpasse tout : il place l'humain au cœur d'une machine terrifiante, déshumanisée, sans espoir de salut.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 16 mai 2014

    Sando
    C'est en 1920, bien avant la parution du « Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley (1931) ou de « 1984 » de George Orwell (1949), qu'Eugène Zamiatine publie « Nous autres ». Ce texte emblématique, précurseur d'un nouveau genre littéraire, ne mettra pas longtemps à être censuré par le régime stalinien, contraignant son auteur à l'exil…

    Dans ce roman de science-fiction, Eugène Zamiatine imagine une civilisation futuriste, régie par un individu, prénommé le Bienfaiteur, dans laquelle chaque être est numéroté et évolue au même rythme, selon un schéma bien précis qui est celui de la raison. C'est elle qui gouverne l'ensemble des agissements de la population, ne laissant aucune place au libre arbitre ni à l'imagination. D-503, le narrateur, est chargé de diriger la construction de l'Intégral, un vaisseau spatial destiné à fédérer le reste de l'univers autour de cette société idéale, dans laquelle règne le bonheur et l'harmonie.

    Tout va pour le mieux dans Le Meilleur des mondes pour cet homme de 32 ans, citoyen sans histoires et sans rêves, jusqu'au jour où il fait la connaissance de I-330, une femme différente des autres, qui suscite en lui un sentiment d'indignation mêlé de fascination. A ses côtés, il va découvrir l'amour, mais aussi la jalousie. Sa vision du monde va changer et s'élargir. Mais dans l'Etat Unique, la différence est perçue comme un danger. Elle est traquée et éradiquée sans autre forme de procès. S'il veut survivre, D-503 va devoir choisir entre deux mondes sur le point de s'affronter…

    Avec « Nous autres », Eugène Zamiatine nous livre une politique-fiction extrêmement déroutante. Lorsqu'on la replace dans son contexte, l'auteur apparaît comme un visionnaire, à la fois très en avance sur son époque et très conscient du tournant qui est en train de s'opérer dans les mentalités. La description de ce régime totalitaire, qui prône un parti unique, intolérant, suspicieux et privilégie la communauté au détriment de l'individu, fait froid dans le dos tant elle est proche d'une réalité qui est en train de se mettre en place… le récit, présenté sous la forme d'un journal, se compose de 40 notes grâce auxquelles on pénètre dans l'intériorité du narrateur. D-503 s'adresse directement à nous, les Anciens, pour nous expliquer le fonctionnement de cette société idéale, basée sur un raisonnement logique, entièrement mathématisé. Mais plus on avance et plus les fondements de cette utopie se révèlent inquiétants. Une tension s'installe et s'amplifie au fur et à mesure que les convictions du narrateur s'écroulent… Un roman sombre et angoissant, qui met la littérature au service de la pensée afin de dénoncer les dangers du totalitarisme. « Nous autres » fait partie de ces classiques à découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Foxfire, le 20 mai 2014

    Foxfire
    Beaucoup a été dit sur l'aspect précurseur, visionnaire de "Nous autres". Et c'est vrai qu'on ne peut être que bluffé par l'intelligence et la pertinence du propos et par la qualité de l'écriture.
    La forme de journal est une bonne idée et permet de pénétrer la psyché du héros, de suivre son évolution en temps réelle. D'ailleurs, Zamiatine décrit finalement assez peu le contexte social pour centrer son récit sur son personnage principal. Celui-ci, fourmi parmi les fourmis d'une société hyper rationaliste, mécanisée va se découvrir une individualité. le héros va hésiter entre repousser ou s'ouvrir à ce sentiment nouveau qu'il sent vivre en lui, cette soif de liberté, cette faim de vivre. Ce combat intérieur est passionnant.
    Nous autres est un chef d'œuvre de la littérature de dissidence. C'est aussi un roman qui possède d'indéniables qualités littéraires. J'ai été étonnée par la modernité du style.
    Le récit est empreint d'une grande poésie. Ainsi, par exemple, l'opposition entre la société mathématisée, automatisée et le monde du dehors, sauvage et primitif donne lieu à des passages à la fois naïfs et touchants.
    Quant à l'histoire d'amour entre d'et I, elle est tout sauf mièvre. Véritable dissection du sentiment amoureux, cet aspect du roman offre de très beaux passages.
    Zamiatine mène parfaitement son récit jusqu'à un dénouement désespéré qui broie le cœur.
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    • Livres 5.00/5
    Par BaronBreton, le 09 septembre 2012

    BaronBreton
    Avant le meilleur des mondes, 1984, Fahrenheit 451, La Zone du dehors, avant V pour Vendetta, 20th century boys ou même avant Equilibrium et Bioshock, etc, etc, etc... Bref! Bien avant ces contre-utopies/dystopies célèbres (ou pas) il y a eu Nous autres d'Eugène Zamiatine, de son vrai nom Ievgueni Ivanovitch Zamiatine.
    Nous autres décrit l'Etat Unique, protégé par le Bienfaiteur, société parfaite et logique, où tout est rationnalisé par les chiffres même les noms, une société dépourvus de liberté et d'individualité car ceux-ci s'opposent au réel bonheur, l'ignorance est synonyme de bonheur. Après avoir délivrer le monde, l'Etat Unique se décide à présent d'apporter le bonheur aux autres habitants de l'univers et en cet honneur il appelle tous ses numéros à composer des poèmes, des déclarations à la gloire de l'Etat Unique. Parmi ces numéros, D-503 créateur du vaisseau l'Integral qui de décide à prendre la plume à travers un recueil de notes qu'il nommera Nous autres.
    D-503 nous décris ainsi son monde de paix, sa vie régulée et réglée par une Table des Heures qui va jusqu'à indiquer le nombre exacte de mastications idéalement calculée pour les repas, une société où "nous" compte bien plus que "je".
    L'Etat Unique protège les siens, et chacun sait se sacrifier pour L'Etat Unique et ne pas en être capable est bien un signe d'égoïsme. L'Etat Unique est l'Eden retrouvé, protégé par ses Gardiens. Un monde ou le désir n'existe plus et est contrôlé via des coupons où chacun peut prendre qui il/elle veut mais dans le respect des Heures. Un monde où rien n'est caché, mur de verre et absence de rideaux sont de simples détails mais qui en disent beaucoup. L'Etat Unique protège le bonheur.
    Mais, tout n'est pas contrôlable, et des choses aussi immatérielles que l'imagination et l'amour sont des fléaux. Et malheureusement pour lui, le narrateur va les subir tous deux sous différentes formes, à travers une simple rencontre...
    le récit à la gloire de "Nous autres" ne deviendra plus qu'une reflexion sur lui même, ses doutes, ses questions. le temps passé et barbare qu'il blâme tout le long de ses notes deviendra malgré lui une obsession sur laquelle il reviendra sans cesse... le "je" prendra petit à petit la place du "nous" mais la conscience du narrateur le torturera dés cette rencontre, car il en était dénué avant ; jusqu'au dénouement final qui ébranlera ses convictions, anciennes comme nouvelles, avec un choix ultime à faire...
    Nous autres débutent comme le meilleur des mondes, un monde utopique où le désir est abolis ou plutôt sous contrôle, puis petit à petit glisse vers 1984, une figure paternelle protectrice, un héros qui se cache dans un autre appartement pour vivre ses désirs qu'il ne connait pas et n'accepte pas, il va jusqu'à parler d'un autre lui et d'une maladie.
    Ce livre est plus qu'un simple livre de fiction quand on regarde sa date d'écriture et la nationalité de Zamiatine. L'auteur à travers son personnage s'adresse bien au reste du monde. Ancien bolchévique et membre du Partis, il voit parfaitement la dérive à venir pour son pays, et pour d'autre quand l'extrémisme d'une pensée née.
    Le meilleur des mondes et 1984 (encore eux) n'ont rien de glorieux une fois Nous autres refermé, il est peut être encore plus inquiétant car l'auteur a parfaitement entrevus l'avenir. le livre de Zamiatine est parfois hallucinatoire dans les descriptions étrange des rêves du "héros", parfois confus et dur à suivre mais la réflexion est bien là.
    le livre me fait froid dans le dos car oui, ses idées sont presque bonnes et logiques : oui le bonheur de tous signifie le sacrifice de chacun, pour retrouver l'Eden il nous faut abandonner une chose simple et idiote et qui fait de nous des humains : notre humanité...
    1984 reste ma référence, il est plus triste, plus proche de la population, il est aussi plus inquiétant et oppressant, c'est un monde gris. Mais Nous autres pose bien plus de réflexion, oui Nous autre est complet et bien plus à notre porte car l'abrutissement de 1984 n'est pas total dans Nous autres surtout du fait que son narrateur est plus "cultivé/civilisé" que celui d'Orwell, le monde de Nous autres est un monde plein de vie et de couleur, avec de petite touche de gris et des fautes mais son Etat Unique vieille au grain...
    Les seuls défaut de Nous autres sont bien ses passages où le narrateur part dans ses délires visuels et qui sont difficiles à suivre (D-503 parle lui même de délire)...

    200 pages de notes de D-503, 200 pages d'avertissement de Zamiatine, aussi bien pour les habitants que les dirigeants du mondes.
    Je finirai cette réflexion mathématique de l'infini : l'infini a cette particularité qu'il est infini justement. Alors comment un état qui vient au pouvoir par une révolution peut il parler de dernière révolution ? le danger ne vient pas toujours d'eux mais parfois de Nous autres...
    (oui il me fallait être pseudo philosophique sur la fin).

    PS : le site infokiosque.net offre une version ligne et en .pdf du livre si vous souhaitez le lire gratuitement et librement (et ainsi éviter à votre bibliothèque d'être la cible d'un futur autodafé ^^).
    PPS : En complément de ce que j'ai écris au début de cette critique il existe encore d'autre oeuvres, souvent des nouvelles, qui ont donné naissance au style bien propre de la dystopie. Il ne tient qu'a vous de les trouver, ou qu'elle vous trouve ^^ (bon, cependant il est reconnus que Nous autres est la première véritable contre-utopie).
    PPPS : Et merci à La Brigade Chimérique !
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Citations et extraits

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  • Par Pseudo, le 25 mars 2012

    Les deux habitants du paradis se virent proposer le choix : le bonheur sans liberté ou la liberté sans bonheur, pas d'autre solution. Ces idiots-là ont choisi la liberté et, naturellement, ils ont soupiré sous les chaînes pendant des siècles. Voilà en quoi consistait la misère humaine : on aspirait aux chaînes. Nous venons de trouver la façon de rendre le bonheur au monde...

    [...]

    Le vieux Dieu et nous, nous sommes à la même table, côte à côte. Oui, nous avons aidé Dieu à vaincre définitivement le diable ; c'est le diable qui avait poussé les hommes à violer la défense divine et à goûter à cette liberté maudite ; c'est lui, le serpent rusé. Mais nous l'avons écrasé d'un petit coup de talon : "crac". Et le paradis est revenu, nous sommes simples et innocents comme Adam et Eve. Toute complication autour du bien ou du mal aura disparu ; tout est très simple, paradisiaque, enfantin.

    Note 11, page 67
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  • Par Pavi33, le 15 avril 2012

    Une âme? Quel mot étrange et depuis longtemps oublié!
    "C'est...très grave? balbutiai-je.
    - Incurable, tranchèrent les ciseaux.
    - Mais, en somme, en quoi cela consiste-t-il? Je ne me rends pas bien compte...
    - Commet vous expliquer... vous êtes mathématicien?.
    - Supposez une siurface plane, ce miroir par exemple. Nous clignons des yeux pour éviter le soleil qui s'y réfléchit. Vous y apercevez également la lumière d'un tube électrique; tenez, l'ombre d'un avion vient d'y passer. Tout cela ne reste qu'une seconde dans le miroir. Maintenant, supposez que par le feu on amolisse cette surface impénétrable et que les choses ne glissent plus, mais s'incrustent profondément dans ce miroiur, derrière lequel, étant enfants, nous cherchions si souvent avec curiosité ce qu'il pouvait y avoir. Cette surface aurait engendré un volume, un corps, un monde. Nous avons en nous un miroir sur lequel glissent le soleil, le tourbillon de l'avion, vos lèvres tremblantes et les lèvres d'un autre aussi.... Ce miroir froid réfléchit, renvoie, tandis que le vôtre, maintenant, garde trace de tout et à jamais. Vous avez vu un beau jour une légère ride sur la figure de quelqu'un - vous l'avez toujours en vous; vous avez entendu quelque part une goutte d'eau tomber dans le silence, vous l'entendez encore maintenant...
    - Oui, c'est justement ça", dis-je en le saisissant par la main. J'entendais dans le silence des gouttes d'eau tomber lentement du robinet du lavabo, et savais que ce serait pour toujours. "Mais pourquoi ai-je eu tout à coup une âme...Je n'en avais pas et puis, brusquement...Pourquoi personne n'en a--t-il, et moi..."
    - oui
    (Note 16, page 81)
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  • Par Pseudo, le 01 avril 2012

    Rappelez-vous la croix sur la colline avec la foule tout autour. Les uns, au sommet, couverts de sang, clouent un corps sur une croix. D'autres, en bas, aspergés de larmes, regardent. Ne croyez-vous pas que le rôle de ceux d'en haut était le plus difficile et le plus important ? S'ils n'avaient pas été là, toute cette grandiose tragédie n'aurait pu être montée. Ils ont été sifflés par la populace, mais l'auteur de la tragédie, Dieu, ne les a récompensés que davantage. Et ce Dieu chrétien et très compatissant n'était-il pas lui-même un bourreau lorsqu'il brûlait à petit feu tous les infidèles ? Ceux brûlés par les Chrétiens sont-ils moins nombreux que les Chrétiens qui ont été brûlés ? Et malgré tout, Dieu a été glorifié pendant des siècles comme le Dieu d'amour.

    Vous direz que c'est absurde ? Non, au contraire, c'est une preuve, signée de sang, de la sagesse indéracinable de l'homme. Dès cette époque il avait compris, tout sauvage et velu qu'il était, que le véritable amour envers l'humanité doit être inhumain et que le signe indéniable de la sincérité, c'est la cruauté. Le meilleur indice auquel on reconnaît le feu, c'est qu'il brûle. Montrez-moi un feu qui ne brûle pas. Montrez m'en un...

    Note 36, page 199
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  • Par Missbouquin, le 26 juin 2012

    “Seulement, le mécanisme n’a pas d’imagination. Avez-vous jamais vu un sourire rêveur recouvrir le cylindre d’une pompe pendant son travail ? Avez-vous jamais entendu les grues soupirer et se plaindre pendant les heures destinées au repos ?” Non ! [...] mais ce n’est pas de votre faute : vous êtes malades. Votre maladie, c’est l’imagination. C’est un ver qui creuse des rides noires sur vos fronts. C’est une fièvre qui vous oblige à courir plus loin, bien que ce “plus loin” commence où finit le bonheur. C’est la dernière barricade sur le chemin du bonheur. “
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  • Par Pseudo, le 24 mars 2012

    La construction de l'Intégral sera achevée dans 120 jours. Une grande date historique est proche : celle où le premier Intégral prendra son vol dans les espaces infinis. Il y a mille ans que nos héroïques ancêtres ont réduit toute la sphère terrestre au pouvoir de l'Etat Unique, un exploit plus glorieux encore nous attend : l'intégration des immensités de l'univers par l'Intégral, formidable appareil électrique en verre et crachant le feu. Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d'autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l'état sauvage de la liberté. S'ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux. Mais avant toutes autres armes, nous emploierons celle du Verbe.
    Au nom du Bienfaiteur, ce qui suit est annoncé aux numéros de l'Etat Unique :
    Tous ceux qui s'en sentent capables sont tenus de composer des traités, des poèmes, des proclamations, des manifestes, des odes, etc... pour célébrer les beautés et la grandeur de l'Etat Unique.
    Ce sera la première charge que transportera l'Intégral.
    Vive l'Etat Unique. Vive les numéros. Vive le Bienfaiteur !

    (Note 1, page 15)
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