ISBN : 9782715231184
Éditeur : Mercure de France (2010)


Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
On m’a attribué un rôle que je prends très au sérieux, n’en connaissant pas d’autre… Chien savant… Je dirais même caniche savant… Les rares fois où je suis en compagnie de mes parents, ce n’est jamais dans une situation d’enfant, mais toujours entourée d’adultes, et jou... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 31 décembre 2010

    LiliGalipette
    Roman de Dominique Zehrfuss. Lettre Z de mon Challenge ABC critique de Babelio.
    "Moi aussi, je fus un chien, dans une autre vie, un caniche. Les souvenirs remontent peu à peu à la surface. Quels étranges souvenirs, et comme ils me semblent irréels aujourd'hui... Je voudrais les écrire par bribes, un peu comme on se pince pour se prouver que l'on ne rêve pas. Et comprendre pourquoi tout cela s'est passé, pourquoi j'ai endossé la peau d'un caniche, un caniche d'une époque disparue. Mais si le monde change, les caniches, eux, restent toujours les mêmes." (p. 10)
    La narratrice revient sur ses années d'enfance, sur son rôle de "caniche-cupidon" (p. 69) entre ses parents. Elle assiste à la comédie d'amour que jouent et rejouent ses parents. Adulte, elle cherche "comment raconter cette étrange enfance d'animal de compagnie." (p. 58) Elle a été l'enfant de l'amour mais aussi l'enfant-cocarde, celui porté haut pour prouver la réussite d'un couple au-delà des scandales. Issue du troisième mariage de sa mère, la narratrice a la tâche de justifier une union aux senteurs de souffre. "À moi, on m'a attribué un rôle que je prends très au sérieux, n'en connaissant pas d'autre... Chien savant... Je dirais même caniche savant... (Non pas chien sachant beaucoup de choses, mais chien dressé à jouer un rôle bien déterminé.) Les rares fois où je suis en compagnie de mes parents, ce n'est jamais dans une situation d'enfant, mais toujours entourée d'adultes, et jouant moi-même le rôle d'une adulte miniature. C'est là que je désapprends à être ce que je suis: une enfant. [...] J'apprends à dissimuler ce que je pense et à endosser mon costume de caniche: souriante, aux aguets, silencieuse, mais prête à répondre à toutes les questions que l'on me pose... [...] J'ai été le Robert Benzi, le Yehudi Menuhin, le Mozart des caniches." (p. 29)
    Entre une mère orgueilleuse et impériale et un père soumis et zélé, l'enfant échappe parfois à la touffeur de cette parodie d'amour grandiose. Confiée à une famille italienne pour quelques vacances ou en compagnie de sa demie-soeur Danielle, elle goûte quelques instants d'enfance, avant de retrouver son enfer personnel. "Dans notre trio infernal, les rôles sont curieusement distribués. À ma mère, le rôle de la divinité. Mon père et moi sommes ses adorateurs. Elle n'a pas d'autres tâches dans la vie que de se faire vénérer. Nous avons peur de réveiller son courroux dont nous connaissons les conséquences désastreuses." (p. 83)
    La narratrice rassemble des souvenirs faits de lettres, de textes, de photos et de récits entendus. Son témoignage est touchant, mais manque, à mon sens, totalement de crédibilité. le récit est autobiographique, se nourrit et se libère des traumatismes de l'auteure. Mais cette enfance de caniche est trop bizarre, trop incongrue et trop bouffonne pour être vraiment émouvante. C'est un récit familial trop amputé, si soumis aux ellipses et à l'indicible qu'il en devient inaccessible. Aussi troublant que soit le spectacle de cette enfant qui se noit dans la religion et le whisky pour sauver la paix familiale, aussi irritante que soit la parade éhontée de cette mère indigne et de cette femme orgueilleuse, aussi pitoyable que soit la soumission béâte de ce père fantoche, il manque à ce texte une émotion réaliste pour prendre corps dans l'esprit du lecteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 31 janvier 2011

    Lali
    « J'ai un goût violent pour la rêverie. Quand je ne suis pas l'arbitre des disputes de mes parents, je suis seule. Quand je suis seule, je suis tranquille. Je peux rêver. Rêver à un ailleurs où la vie est différente. Mes rêves m'aident à vivre, tant qu'il y aura une ligne de fuite, tout ne sera pas perdu. Je n'ai plus très confiance en mes parents, mais j'ai confiance en mes rêves. » (p.96)
    Et ce sont probablement ses rêves qui ont sauvé Dominique Zehrfuss. Car il fallait absolument une échappatoire à cette vie où elle était le caniche de ses parents, comme elle le raconte avec pudeur dans ce récit d'une centaine de pages. Un récit où elle ne s'apitoie pas, où elle constate sans analyser. Où elle jette en vrac tout ce qui a trop longtemps fait obstruction à son propre bonheur d'être une petite fille, ce qu'on ne lui a jamais permis d'être.
    Une enfance volée. Une de plus. Par une mère tyrannique et névrosée et un père sans colonne vertébrale. Une enfance inexistante sauf quand la petite fille se met à rêver.
    Un récit poignant, qu'on sait venu des tripes. Mais qui n'a rien d'un tire-larmes. Et dont curieusement on sort avec un sourire. Dominique s'en est sortie.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=37733
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    • Livres 4.00/5
    Par Sand94, le 11 novembre 2010

    Sand94
    e premier roman de Dominique Zehrfuss raconte l'enfance de l'auteur entre un père, célèbre architecte ayant côtoyé les plus grands et une mère dépressive.
    suivre le lien pour lire la suite !

    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2010/11/11/peau-de-c..
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 31 décembre 2010

    "À moi, on m'a attribué un rôle que je prends très au sérieux, n'en connaissant pas d'autre... Chien savant... Je dirais même caniche savant... (Non pas chien sachant beaucoup de choses, mais chien dressé à jouer un rôle bien déterminé.) Les rares fois où je suis en compagnie de mes parents, ce n'est jamais dans une situation d'enfant, mais toujours entourée d'adultes, et jouant moi-même le rôle d'une adulte miniature. C'est là que je désapprends à être ce que je suis: une enfant. [...] J'apprends à dissimuler ce que je pense et à endosser mon costume de caniche: souriante, aux aguets, silencieuse, mais prête à répondre à toutes les questions que l'on me pose... [...] J'ai été le Robert Benzi, le Yehudi Menuhin, le Mozart des caniches." (p. 29)
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  • Par LiliGalipette, le 31 décembre 2010

    "Moi aussi, je fus un chien, dans une autre vie, un caniche. Les souvenirs remontent peu à peu à la surface. Quels étranges souvenirs, et comme ils me semblent irréels aujourd'hui... Je voudrais les écrire par bribes, un peu comme on se pince pour se prouver que l'on ne rêve pas. Et comprendre pourquoi tout cela s'est passé, pourquoi j'ai endossé la peau d'un caniche, un caniche d'une époque disparue. Mais si le monde change, les caniches, eux, restent toujours les mêmes." (p. 10)
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  • Par LiliGalipette, le 31 décembre 2010

    "Dans notre trio infernal, les rôles sont curieusement distribués. À ma mère, le rôle de la divinité. Mon père et moi sommes ses adorateurs. Elle n'a pas d'autres tâches dans la vie que de se faire vénérer. Nous avons peur de réveiller son courroux dont nous connaissons les conséquences désastreuses." (p. 83)
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  • Par Sand94, le 11 novembre 2010

    “A moi, on m’a attribué un rôle que je prends au très sérieux, n’en connaissant pas d’autres… Chien savant… Je dirais même caniche savant… (Non pas chien sachant beaucoup de choses, mais bien dressé à jouer un rôle bien déterminé.)”
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Vidéo de Dominique Zehrfuss

Dominique Zehrfuss, "Peau de caniche" .
"On m?a attribué un rôle que je prends très au sérieux, n?en connaissant pas d?autre? Chien savant? Je dirais même caniche savant? Les rares fois où je suis en compagnie de mes parents, ce n?est jamais dans une situation d?enfant, mais toujours entourée d?adultes, et jouant moi-même le rôle d?une adulte miniature. C?est là que je désapprends à être ce que je suis : une enfant. J?apprends à dissimuler ce que je pense et à endosser mon costume de caniche : souriante, aux aguets, silencieuse, mais prête à répondre à toutes les questions que l?on me pose? Sachant aussi simuler une attention aiguë, pour faire oublier que ma place n?est pas là où je me trouve."








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