J'ai lu ce livre il y a bien longtemps, et il a fait mouche et m'a rendu irrémédiablement fan de
Zelazny (avec le recueil
Une rose pour l'Ecclésiaste chez J'ai Lu) bien plus que
l'île des morts. Pour moi c'est tout simplement l'archétype du roman zélaznien.
Un début tout en SF, plein futur, sur une Terre dévastée mise sous tutelle extraterrestre, et une plongée toute en fantasy mythologique, version légendes grecques. D'une intrigue du type espionnage où on cherche les véritables intentions de chacun, on passe à des rencontres et des épreuves héroïques (au sens grec antique). Les qualités du roman se nourrissent de ses défauts. Il est idéalement court, rapide plutôt que ramassé, ne développant véritablement qu'un seul personnage, et on n'a jamais le temps de s'ennuyer. Circonvolueux , rocambolesque, même outrancier sur la fin, il est écrit dans des styles différents, où on ne reconnaît pas
Zelazny partout, et on se demande si ce dernier est allé où il voulait aller, en passant de l'exposition froide de rapports de force géopolitiques à la réminiscence jungienne d'un passé mythique agrémenté de combats épiques. le narrateur est un inconnu, un héros zelaznien dont on ne devine le rôle et la véritable identité que progressivement, jusqu'à l'apothéose finale. le titre est tout simplement génial en français.
A noter quil a reçu le prix Hugo en 1966 ex aequo avec... Dune ! Il faut replacer les choses dans leur contexte.