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ISBN : 2211072755
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2005)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 172 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen : un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue routine, et la Ville sainte va tout droit en enfer. Tal, elle, ne s'habitue pas. Elle aime t... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 20 décembre 2012

    kathy
    Qui oserait écrire un message sur un petit papier, le glisser dans une bouteille, le jeter dans la mer et attendre ?... Attendre dans l'espoir que tout serait chamboulé, qu'il y aurait un avant et un après plein de tous les espoirs du monde…
    Tel-Aviv, septembre 2003.
    Tal Levine, jeune fille israélienne, espère rentrer en contact avec quelqu'un qui vivrait dans ce monde qui lui est interdit, - de l'autre côté du mur dit de séparation, construit par les israéliens - l'aiderait à comprendre cette situation de fou qui n'en finit pas de durer…
    A quelques temps de là, à quelques kilomètres de Jérusalem vit un jeune homme qui vit dans la bande de Gaza. Il récupère la bouteille et répond par mail à Tal sous le pseudonyme de Gazaman. Il ne peut pas sortir de la prison à ciel ouvert qu'est Gaza, elle ne peut pas s'y rendre, mais ce n'est pas seulement le mur de 700 km qui enferme les Palestiniens, ses barbelés, ses miradors, ses interminables postes de contrôle qui les séparent : ils ne sont pas du même camp.
    Pourtant de mail en mail, c'est une relation a priori impossible qui se construit entre eux comme un pont fragile qui vacille au gré des peurs, des doutes, des interrogations, des interdits. En passant d'un camp à l'autre, on découvre l'univers de chacun imprégné de rêves, de désirs et de projets.
    Au final, un beau message d'espoir.
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    • Livres 5.00/5
    Par alicejo, le 04 avril 2012

    alicejo
    Ne vous fiez pas à la couverture de ce livre (très moche selon moi), elle ne reflète en aucun cas la petite merveille qu'est ce roman.
    Une histoire d'amitié entre Tal une jeune israélienne, fille de juifs militants pour la paix et Gazaman, un jeune palestinien coincé dans la bande de Gaza qui va se forger au fil d'une correspondance parfois houleuse, parfois emprunte de ressentiments.
    Une histoire comme on aimerait que les médias nous en relayent plus souvent ; une histoire qui tend à prouver que malgré l'histoire douloureuse de cette région, une solution de paix et de fraternité est possible et que derrière "les israéliens" et "les palestiniens", il y a des individus avec leur personnalité propre pétris de rêves, d'envies, de projets qui ne sont peut-être pas si différents, qu'on se trouve dans un camp ou dans l'autre.
    Un livre qui m'a serré parfois le cœur mais un livre optimiste qui fait énormément de bien !
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    • Livres 5.00/5
    Par Ramroumette, le 15 décembre 2014

    Ramroumette
    Etant obligée de lire ce livre dans un domaine purement scolaire, dont cette « critique » en est l'aboutissement, j'ai commencé à le lire avec quelques aprioris. Même si j'avais de moi-même choisi ce livre, je m'attendais davantage à un documentaire très compliqué sur le conflit israélo-palestinien qu'à un roman. J'avoue mettre trompée sur toute la ligne. Ce livre jeunesse aborde certes le conflit mais d'une manière simple et compréhensible de tous. Je ne connais strictement rien de ce qu'il se passe au Moyen-Orient et pourtant je pense avoir compris ce livre. Grâce à deux personnages, Tal et un jeune homme (dont je ne dévoilerais pas le nom afin de ne pas « spoiler » car le prénom de cet individu est l'une des intrigues), j'ai appris des choses que je ne connaissais pas sur le conflit qui fait tant jaser. Et pourtant j'ai dévoré ce livre en une journée, c'est pour vous dire à quel point je l'ai aimé !
    Tal, une lycéenne israélienne à l'esprit ouvert, se pose des questions sur la vie des personnes de son âge chez « l'ennemi », la Palestine. Elle va donc écrire une lettre résumant sa vie et proposant à la personne qui recevra cet écrit de correspondre avec elle. Elle va donc mettre ce papier dans une bouteille très symbolique pour Tal (je vous laisse le soin de découvrir pourquoi dans l'ouvrage). Et va demander à son frère qui effectue son service militaire à Gaza de la mettre à la mer. D'où le titre « Une bouteille à la mer de Gaza ». Elle attend une réponse d'une palestinienne du même âge qu'elle. Mais c'est en fait un homme légèrement plus âgé qui correspond avec elle. le palestinien est tout d'abord cynique et méchant avec la jeune femme non pas parce qu'il est raciste ou qu'il n'aime pas les israéliens mais parce qu'il trouve Tal trop niaise. En effet, elle est assez crédule et naïve et elle pense que tous les israéliens pense comme elle et que tous les palestiniens pensent comme le jeune homme, qui est lui aussi assez ouvert d'esprit. Lorsque la confiance s'installe, le palestinien s'adoucit et les deux conversent de leurs vies, il va même jusqu'à lui révéler son nom. Les deux jeunes se rapprochent et se parlent de plus en plus. Ils sont mignons à s'inquiéter l'un de l'autre lorsqu'un attentat ou autre survient. On finit même par se poser la question s'il n'y aurait pas une once d'amour entre les deux. On s'attache beaucoup à ces deux personnages si attendrissants. Ce qui m'a perturbée, c'est qu'à la fin nous restons sur notre faim. Mais n'est-ce pas mieux ? Je veux dire, que de cette manière l'on peut s'imaginer notre propre fin et ne pas risquer d'être déçu de celle de l'auteur.
    Ce livre m'a passionnée car il aborde un thème assez sensible avec beaucoup de tacte et de facilité. Et ce livre montre que même si l'on est « ennemi », de religion et de foi différente, on peut quand même s'entendre et être d'accord sur certains sujets. Même si les deux personnages vivent dans des pays « ennemis » leurs vies ne sont pas si différentes. Même si le livre est composé de mails, de messages, de lettres, il est très descriptif de la vie des personnages et très vivant. Ce livre donne espoir à une paix future pour le Moyen-Orient.
    L'histoire se déroule en 2003, et aujourd'hui, en 2014, rien n'a vraiment évolué.
    Bref, je conseille ce livre facile à lire et qui je pense peut plaire à tout les âges.
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    • Livres 5.00/5
    Par c.brijs, le 21 mars 2012

    c.brijs
    Une lecture qui tombe à pic en cette Journée mondiale de lutte contre le racisme!
    L'histoire:

    Tal Levine a 17 ans. Elle est née à Tel-Aviv en 1986 et vit à Jérusalem. "Tout le monde connaît Jérusalem (...), c'est une ville qui fait beaucoup de bruit." Tal aimerait "mettre le silence à fond" mais ne sait comment faire... Un jour, suite à un attentat-suicide dans son quartier, elle ressent le besoin d'écrire et de jeter une bouteille dans la mer dans l'espoir de communiquer avec une jeune Palestinienne. A défaut, c'est un Palestinien qui lui répond sous le pseudo de Gazaman, et de manière plutôt cinglante! Tal a-t-elle tort de croire qu'une entente est possible?

    Mon avis:

    J'ai pris énormément de plaisir à lire ce livre et je le conseille vivement à ceux qui, comme moi, sont des éternels optimistes et croient qu'il suffit parfois de quelques personnes de bonne volonté pour changer la face du monde!

    Tal et Naïm sont des "Roméo et Juliette du troisième millénaire". Des années de haine les séparent. Mais, au fond, ils sont plus proches qu'ils ne le croient: tous deux partagent le même rêve - vivre libres!
    "On porte tous notre peuple sur le dos, c'est lourd, lourd, lourd, ça écrase, ça donne envie de fermer les yeux."
    Valérie Zenatti, avec un style jeune et d'une efficacité sans faille, nous convie à entrapercevoir l'envers du décor. A travers les yeux de ses deux héros, on découvre ce que représentent réellement ces images vues et revues à la télévision: les attentats, les frappes armées, les bouclages, les couvre-feux, ... Il faut dire qu'elle-même a vécu toute son adolescence en Israël, ce qui en fait un témoin de premier plan. Sans prendre parti, tour à tour, elle nous livre les deux versions de ce terrible feuilleton. Pour mieux nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit armé, elle évoque, lorsque c'est nécessaire, quelques repères historiques clés.
    Le choix du genre, un roman épistolaire (à la mode d'aujourd'hui, puisque nos deux héros échangent par courriels) entrecoupé de quelques réflexions personnelles de Tal et Naïm, est particulièrement judicieux. Il nous permet de vivre les évènements à chaud et de partager les émotions fortes des personnages. Cette manière de raconter rend le récit crédible et authentique! Tal et Naïm existent, j'en suis persuadée...
    Ce récit qui traite d'un sujet sérieux n'est cependant pas dénué d'humour et de sens critique. Naïm et Tal sont tour à tour drôles, émouvants, railleurs voire même cyniques. J'ai particulièrement apprécié par exemple le portrait sans concession que dresse Naïm d'Internet:
    "Tu cliques et tu es ailleurs. Tu es le maître du monde, tu possèdes tout. de la musique étrangère. Des joueurs de foot. Des jolies filles aux cheveux lisses et en maillots de bain qui te sourient. Des jeux de stratégie, de réflexion, de combat. le soleil en train de se coucher à Sydney. Les catalogues des bibliothèques du monde entier. Les films qui viennent de sortir aux Etats-Unis. Des gens qui racontent leur vie sur un site perso (leur première nuit d'amour, leur premier chagrin, leur accouchement). La météo à Bombay. Des sites de lycées très chers, d'universités très belles, d'associations pour la protection des escargots, d'associations contre le tabagisme, pour le tabagisme, contre les voitures, pour la généralisation de la trottinette, (avec présentation d'un prototype spécial troisième âge, et un autre avec porte-bébé intégré). Des parfums, des voitures, des fringues. Des sites porno, bien sûr. le journal télévisé suisse. Des "chats" avec des pseudos rigolos. Des "chats" avec des pseudos idiots. Toutes la connerie et la richesse du monde là, sur la Toile."
    Mais, ce qui domine par dessus tout, c'est le message d'espoir véhiculé par ce récit. D'un côté, si on assiste, impuissants, aux traumatismes multiples que ce conflit engendre; de l'autre, on côtoie, également, des personnes qui rêvent d'un avenir meilleur où, entre les Palestiniens et les Israëliens, il pourrait "y avoir autre chose que des corps déchiquetés, du sang et de la haine"!

    "- (...) Si quelqu'un la trouve et m'écrit, ce sera déjà un signe.
    - Un signe de quoi? (...)
    - Qu'aucune frontière entre les peuples n'est impossible à traverser."
    Message reçu!

    Lien : http://lacoupeetleslevres.blogspot.com/2012/03/une-bouteille-dans-la..
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Tal est une jeune fille de 17 ans qui vit à Jérusalem. Elle se pose beaucoup de questions sur le conflit israélo-palestinien : des attentats surviennent fréquemmment dans son voisinage, ses parents militent en faveur de la paix. Il vient l'idée à Tal de confier à son frère une bouteille à jeter dans la mer de Gaza avec un message destiné à une jeune Palestinienne. C'est finalement un garçon, "Gazaman", qui trouve le message et qui lui répond par mail. Commence alors une relation épistolaire entre Tal et ce jeune homme bourru, cynique, parfois dur...
    Un magnifique roman plein de tendresse, de réflexions intéressantes sur ce sujet politique grave et difficile mais aussi sur des questionnements d'adolescents. La grande sensibilité des personnages les rend très attachants. le côté bourru de "Gazaman" ajoute parfois une note d'humour aux échanges... Pas de mièvrerie dans ce livre avant tout destiné aux adolescents mais tout aussi émouvant pour les adultes. Il est par exemple intéressant de savoir qu'en Israël, le service militaire reste obligatoire pour les garçons (3 ans) et pour les filles (2 ans), qu'un jeune homme vivant à Gaza peut être bouleversé en découvrant la liberté dont jouissent les jeunes occidentaux... le roman présente également une mise en garde sur les mirages du net, même si, ici, tout semble idyllique.
    A découvrir dès 15 ans !
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Citations et extraits

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  • Par Puszi, le 11 mai 2014

    p. 7 "Elle a fait comme d'habitude quatre choses à la fois : elle a allumé la télé, la radio, Internet, et s'est jetée sur son téléphone portable. C'est ce que j'appelle une réaction hautement technologique."

    p. 15 3ils ne s'aperçoivent même plus que leurs guerres blessent chaque fois plus violemment , celle qu'ils prétendent aimer, et qu'ils détruisent, d'une certaine façon."

    p. 23 "Si tu penses comme moi que nous devons apprendre à nous connaître, pour mille bonnes raisons, à commencer par nos vies que nous voulons construire dans la paix parce que nous sommes jeunes. Alors réponds-moi."

    p. 29 "Bon je ne vais pas te raconter ma vie. C'est ce que tu veux mais moi, je ne le veux pas. Je ne suis pas un singe qu'on observe pour déterminer ses ressemblances avec l'homme. Pour ça, tu as ta prof de biologie."

    p. 31 "Si des gens comme toi et moi essaient de se connaître, l'avenir aura des chances d'avoir d'autres couleurs que le rouge du sang et le noir de la haine."

    p. 38 "Quand on a un contact pas trop agressif avec des Israéliens, ici, on est vite pris pour un collabo. Et le soupçon équivaut à une condamnation à mort."

    p. 39 "Je m'énerve vite quand je pense trop, mais je ne veux pas arrêter de penser. Ma tête, c'est le seul endroit où pas un soldat de Tsahal, pas un type du Hamas, ni mon père, ni ma mère ne peuvent entrer. Ma tête, c'est chez moi, mon seul chez-moi, trop petit pour tout ce que j'ai à y mettre et c'est pour ça que je me suis mis à écrire, il y a plusieurs années déjà, j'ai pas attendu la petite Tal gâtée de Jérusalem pour m'y mettre. J'écris puis je brûle, je déchire, je mouille le papier et je le jette aux toilettes, j'ai trop peur que quelqu'un tombe dessus. Mais au moins, ça me fait du bien, ça m'allège un peu."

    p. 69 "Je veux continuer à croire que, si lui et moi parvenons à nous "parler" vraiment, ce sera la preuve que nous ne sommes pas deux peuples condamnés à perpétuité à la haine, sans remise de peine possible."

    p. 83 "Nous sommes en Orient. Ou dans le monde arabe. Ou en Méditerranée. dans les trois cas, ça veut dire que les gens te prennent pour un malade si tu n'aimes pas être 24h sur 24 avec ta famille, avec tes mais, avec les autres à la mosquée. Ensemble. Toujours ensemble. Moi, je pense que je deviendrais fou si je n'étais jamais seul."

    p. 99 "J'ai décidé de ne plus retourner au cybercafé. C'est trop dangereux. En ce moment surtout, la haine est plus brûlante que jamais. Si on découvre que je corresponds avec une Israélienne sans l'insulter, sans la menacer, en la considérant presque comme une amie, je risque ma peau, et ma famille aussi peut-être. Il faut que je trouve une autre solution."

    p. 123 "On ne peut pas empêcher les conflits, on n peut pas distribuer de l'argent à tout le monde. Mais quand on écoute les gens, quand on peut les aider à trouver les déchirures qu'ils ont en eux, on arrive à raccommoder un peu les blessures, à faire en sorte que ces personnes se sentent plus fortes, même dans une situation très difficile."

    p. 151 "N'importe quel être humain normalement constitué a besoin de savoir qu'il n'est pas cerné par des ennemis prêts à le dévorer."

    p. 153 "Les rêves, c'est ce qui nous fait avancer."
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  • Par Crunches, le 20 août 2012

    J'ai aimé te lire et t'écrire,Tal. Tu comprends peut-être aujourd'hui que, parfois, ça n'a pas été facile pour moi de le faire, et pas pour des raisons politiques.
    Tu es une fille bien. Généreuse. Et fragile.
    Bien sûr, on pourrait continuer à s'écrire, la Toile le permet, mais je veux effacer, pour un temps, ces dernières années de ma mémoire, et tu en fais partie. Je veux être neuf là-bas, au Canada. Ne pas être rattaché à cette terre qui tremble jour et nuit, cette terre qui t'empêche de dormir, d'être égoïste. Un jour, vous, nous, nous nous apercevrons qu'il n'y a pas de gagnant possible dans la violence, que c'est une guerre de perdants. Un gâchis.
    Mais je ne t'oublierais pas complètement, Tal.
    Un jour, tu m'as dit qu'il fallait tout répéter avec moi. C'était vrai.
    Alors, toi et moi, on va répéter le miracle de la bouteille. Je l'emporte avec moi. Et je te donne rendez-vous dans trois ans, le 13 septembre 2007, à midi, à Rome, devant la fontaine de Trévise. Paolo m'a longuement parlé de cet endroit, et ce sera en souvenir du film avec Audrey Hepburn que tu es allée voir à la cinémathèque. J'aurai la bouteille sous le bras. C'est très romantique, n'est-ce pas ? Mais l'idée me plaît, je suis même impatient de pouvoir être romantique.
    Dans trois ans, c'est une promesse.
    D'ici là, bonne route à toi,
    Naïm
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  • Par petitsoleil, le 24 mars 2013

    Ma grand-mère m'a souvent parlé de Jaffa, de la maison qu'habitait sa famille. "C'était un vrai palais, disait-elle. Le vent frais faisait danser les voilages. La mer était aussi belle qu'ici, mais elle me semblait plus calme, plus grande, plus libre. A Gaza, mon fils, même la mer ressemble pour moi à une prison."

    Il y a quelques années, j'ai travaillé en Israël. (Un jour, peut-être, je te raconterai.) Je suis allé à Jaffa. J'ai cherché la maison. Je l'ai trouvée.

    Elle était beaucoup plus petite que je l'avais imaginée. Moins somptueuse aussi. Ce n'était pas un palais, c'était une simple maison en pierre avec un balcon en fer forgé vert. Je l'ai prise en photo, en faisant attention à ce que l'on ne me voie pas. On m'aurait peut-être accusé d'espionnage ...

    Lorsque j'ai donné les photos à ma grand-mère, ses yeux se sont remplis de larmes. Elle m'a serré contre elle en chuchotant : "Toi, Naïm, tu n'es pas un garçon comme les autres. Qu'Allah te protège jusqu'à la fin de tes jours, qu'Il te donne la force d'être ce que tu es."
    Elle est morte peu de temps après. On l'a enterrée avec la photo de sa maison.

    Voilà, Tal, tu peux être rassurée maintenant. Je ne suis pas mort. Je ne suis pas blessé. Je suis juste très fatigué.
    Salut,
    Naïm
    (en arabe : "le paradis" ...)
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  • Par petitsoleil, le 24 mars 2013

    Toi et moi, nous ne sommes pas très chanceux : nous sommes nés au XXe siècle, le siècle le plus sanglant de l'histoire, comme nous l'a répété hier encore le Rosier (note : le prof d'histoire de Tal s'appelle Rosenbaum).

    Deux guerres mondiales, la domination de l'empire soviétique sur une partie du monde + des conflits un peu partout avec des armes de plus en plus sophistiquées = des centaines de millions de morts.
    "C'est mathématique", a-t-il ajouté avec un sourire presque sadique.
    Nous étions très déprimés en sortant de son cours. (...)

    Madame Feldman (la prof de bio, pour mémoire) nous a consolés en disant que c'était aussi le siècle des antibiotiques et des vaccins, donc de millions de vies sauvées. En y réfléchissant bien, ca équilibrait certainement les morts dues aux guerres.

    Après son cours, on a eu informatique avec Sam, médaille d'or olympique des profs. (Il est jeune. Il est beau. Il a des yeux bleus comme le ciel de Jérusalem à six heures du matin. Il est drôle.) Shlomi lui a demandé ce qu'il pensait du XXe siècle.
    - Beaucoup de mal, bien sûr. Mais c'est le siècle où, nous, les Israéliens, avons eu une terre, un drapeau, un hymne.
    Et puis, les ordinateurs ont été inventés et ca, c'est bien pour moi, personnellement : autrement, je suis sûr que je serais au chômage à l'heure qu'il est.

    Alors tu vois, entre les guerres, les morts, les antibiotiques et les ordinateurs, le XXe siècle a été bien rempli. Mais le XXIe siècle, Gazaman, tu en fais quoi ?
    L'avenir, ton peuple, le mien, notre guerre, tu ne crois pas qu'on peut en parler, toi et moi ?
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  • Par c.brijs, le 21 mars 2012

    Le jour où je travaillerai dans un hôpital uniquement pour des patients qui auront le cancer, une maladie du coeur, des jambes cassées, ça voudra dire que tout va bien, qu'on a un pays normal. Ca fait trois ans qu'on soigne les blessés par balles, par éclats de missile. Quand j'ai choisi de devenir infirmier, je pensais soulager les souffrances inévitables, celles qui proviennent du dérèglement mystérieux des corps, pas du dérèglement des hommes. Qui va arrêter ça? Et quand?
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Le Cercle littéraire de la BnF - Entretien du 3 novembre 2014 .
Valérie Zenatti et Elisabeth de Fontenay Présenté par Laure Adler et Bruno Racine durée : 45 min








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