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Critiques sur Au bonheur des dames (42)


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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102 le 19/04/2012


    Suite au décès de ses parents, Denise Baudu quitte Valognes et arrive à Paris avec ses deux frères, Jean et Pépé. Elle espère trouver une place dans la boutique de son oncle Baudu qui lui avait promis de l'aider un an auparavant.

    Mais les affaires de son oncle vont mal: les produits ne se vendent plus aussi bien et les Baudu ont du mal à joindre les deux bouts. le responsable, c'est le grand magasin qui se trouve face au Vieil Elbeuf, la boutique de l'oncle Baudu. le Bonheur des Dames, le grand magasin d'Octave Mouret, pratique des prix beaucoup moins élevés que les petites boutiques du quartier et ses nombreux rayons vendent les dernières nouveautés, celles qui affolent les femmes Parisiennes. Celles-ci, conquise par le Bonheur, délaissent peu à peu les petits commerçants, condamnés à vivre dans la misère à cause du grand magasin.

    L'oncle Baudu ne pouvant se permettre de l'engager, et Denise ne trouvant aucune place dans le voisinage, la jeune fille décide de se présenter au grand concurrent de son employeur, le Bonheur des Dames. Remarquée par Octave Mouret, Denise est engagée au rayon des confections.

    Commencent alors de longs mois de souffrance pour la jeune fille: ses collègues se moquent d'elle et de ses allures de paysanne.



    Au bonheur des dames, publié en 1883, est le onzième volume de la série des Rougon-Macquart. C'est aussi un roman au style assez inhabituel pour Zola, puisque, malgré les nombreux drames qui éclatent tout au long du récit, la fin est particulièrement heureuse.

    Malgré cela, certaines parties du récit sont assez douloureuses. On assiste à la mort lente des petits commerces aux mains d'Octave Mouret et de son grand magasin, et l'amertume (voire la haine) des commerçants envers cet homme devenu riche alors qu'il est parti de rien semble justifiée, malgré la personnalité plutôt sympathique de Mouret. Comme d'habitude chez Zola, c'est le thème du progrès qui est mis en avant. Et si ce progrès qui améliore la vie de certaines personnes, il saigne d'autres catégories de la population. Toute médaille a son revers...

    La vie des employés du grand magasin est également longuement décrite par Zola, qui ne cache pas la dureté des conditions de travail et le peu de cas que de grandes machines comme le Bonheur font de leurs travailleurs. La machine doit tourner à plein régime, le chiffre d'affaires doit grimper, les marchandises doivent se vendre comme des petits pains et peu importe le nombre d'employés qui, ne supportant plus la pression inhérente à un emploi où la performance est une qualité essentielle, craquent et voient leur vie broyée par cette immense structure commerciale.

    Ce mode de fonctionnement choque et fascine à la fois. Les rouages de la grande machine sont mis à nu par Zola qui détaille la façon dont Mouret s'est hissé - et reste! - au sommet. Les prix cassés, la concurrence féroce avec les autres boutiques et magasins, l'indifférence au destin des petits commerces de quartiers, rien n'est épargné au lecteur qui assiste au succès inexorable de Mouret et de son "monstre" commercial. Zola lui-même semble enthousiasmé par ce qu'il décrit et l'on finit par partager ce sentiment: la montée en puissance du Bonheur des Dames devient comme nécessaire au récit, comme si le roman se révélerait incomplet en cas d'échec de la part de Mouret.

    En marge de cette ambiance morose, l'animation des rayons et les ruées des dames sur les stocks du magasin sont comme une bouffée d'air frais. La description de ce côté "public" du Bonheur amuse et détend l'atmosphère. Et puis, Au bonheur des dames, c'est aussi une magnifique histoire d'amour, de celles qui font rêver et qui, à l'époque de la parution du roman, a dû fasciner encore plus que la description du magasin. Contrairement à ses habitudes, Zola se décide à donner une fin heureuse à l'histoire de Denise. Et l'auteur se fait d'ailleurs très romantique lorsqu'il décrit (attention, spoiler!!) la passion d'Octave Mouret pour la petite vendeuse malmenée par ses consoeurs et ses clientes.

    Avec cette fin légère et souriante, Au bonheur des dames est sans doute le plus accessible des romans de Zola et sans doute, aussi, le plus connu.

    A découvrir!

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par olivberne le 21/03/2012


    L'histoire peut sembler un peu mièvre, un peu fleur bleue, mais Zola réussit une analyse impressionante du mileu du commerce et de la vente dans les grands magasins qui fleurissaient à l'époque. On pense à nos grands magasins un peu vieillis, dépassés aujourd'hui par les super et autres hypermarchés, mais l'ambiance et l'esprit restent les mêmes. Zola faconne surtout ses personnages, avec une foule de petits rôles mais surtout cette image de la femme innaccessible, qui passe par toutes les épreuves et en sort grandie. Mais le véritable héros du roman, c'est le magasin, le Bonheur des dames, qui vit, agit, ingurgite et dégurgite ses employés comme ses marchandises. Il y a des descriptions magnifiques, structurées et pleines de métaphores, et on part en voyage avec Zola. C'est une belle histoire qu'on lit pour connaître la fin et un beau roman, car il est écrit magistralement.

    critique de qualité ? (19 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Scriba le 17/03/2012


    Un grand classique de Zola, que j'ai relu, ayant oublié les détails de l'histoire. Côté détails, d'ailleurs, on est servi ! Des envolées lyriques sur les étalages, les jupons, les clientes, les soieries, l'entassement de toutes ces choses et de toutes ces femmes jalonnent le roman. À travers, se tisse une histoire d'amour entre le directeur du magasin et une petite vendeuse provinciale : peu crédible, d'autant plus que Denise est vraiment sans défaut ! (pure, honnête, ayant le sens de la famille, courageuse... et j'en passe).
    Finalement, le plus intéressant est de voir que l'histoire se répète et que les petits commerçants ont toujours le même ennemi : les grandes surfaces.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Woland le 31/08/2008


    A nous qui vivons à l'époque des achats et de la vente en ligne, "Au bonheur des dames" risque de faire bientôt figure de témoignage sur la naissance d'un monde désormais pris de vitesse par la technologie : celui des grands magasins.

    C'est en effet l'histoire de cette révolution économique que Zola nous conte avec celle du "Bonheur des Dames", cette boutique plutôt obscure et tranquille que la mort de Mme Hédouin a laissée en héritage à Octave Mouret. Déjà que, du vivant de sa femme, Octave y avait introduit beaucoup d'innovations et en avait doublé le chiffre d'affaires, depuis qu'il est veuf, il est passé à la vitesse supérieure. Son "Bonheur" enfle et éclate de bonne santé, se nourrissant, tel un vampire, aux dépens des petits commerces qui l'entourent : chapellerie, ganterie, etc, etc ...

    Ne lui résistent plus dans le quartier que deux irréductibles : Baudu, le drapier du "Vieil Elboeuf" et Bourras, le vieux et colérique marchand de cannes et de parapluies. Mais des sommets où il s'est solidement installé, séduisant les hommes par la pluie d'or qu'il leur fait miroiter et les femmes par les seules qualités de son physique et de son tempérament d'amant, Mouret ricane sous cape : il sait que, un jour où l'autre, la déchéance viendra, pour Baudu comme pour Bourras.

    Grâce à l'appui de sa maîtresse, Mme Desforges, il parvient à étendre ses locaux de telle manière que les deux malheureux se trouvent littéralement écrasés par le "Bonheur." Et puis, douillettement installé dans ses affaires florissantes, soutenu par son entregent et son incontestable talent de ce que l'on ne nomme pas encore un bussiness-man, il attend.

    Le Destin va s'amuser à lui tendre un piège en lui jetant dans les bras - et dans le coeur, ce qui est plus grave pour un homme de cette trempe - la nièce de Baudu, Denise, qui, fraîchement débarquée de Normandie à la mort de ses parents et ayant dans ses bagages ses deux frères, plus jeunes qu'elle, a vraiment besoin de travailler. Son oncle Baudu ne pouvant évidemment pas l'embaucher, la voilà contrainte de quémander un poste en face, au "Bonheur." On y prend cette vendeuse d'apparence falote et effacée, qui ne paie guère de mine, uniquement sur ordre du patron, lequel tente ainsi un geste envers Baudu. Mais les débuts de la pauvre Denise sont très durs.

    Ce qui fournit à Zola l'occasion de nous brosser un portrait saisissant de ce qui était la vie des employés de magasin de l'époque : toujours debout et forcés de sourire et de subir toutes les avanies infligés par les clientes ; trottant des heures à travers les dédales du "Bonheur" pour accompagner un tel ou une telle et ses achats ; mal logés, à peine mieux nourris mais vêtus de soie et d'élégance car il fallait paraître.

    A l'exemple du Paradou de "La faute de l'abbé Mouret", le "Bonheur" a tout d'une gigantesque plante semi-exotique et plus ou moins malveillante, qui pousse ses racines aux quatre coins du quartier en étouffant au passage ces végétaux malingres que sont les petits commerces. Zola le fait aussi parfois machine, machine aveugle et épouvantable qui broie sous ses pistons Tous ceux qui ne peuvent la suivre dans sa marche vers le progrès et le succès. Bref, "Au bonheur des dames" a quelque chose de Protée.

    En dépit de tout, de la mort de Geneviève, la cousine de Denise, qui se laisse aller complètement lorsque son fiancé la quitte pour s'amouracher d'une vendeuse du "Bonheur", de la ruine de Baudu et de Bourras, bref de Tous ceux que le grand magasin triomphant foule aux pieds de sa réussite sans précédent, ce roman, moins caricatural, moins féroce sans doute que le très voltairien "Pot-bouille", se détache comme le plus doux et le plus optimiste dans la série des Rougon-Macquart. Pour une fois notamment, l'intrigue amoureuse centrale, celle de Mouret et de Denise, se termine bien et l'on peut y voir, en quelque sorte, la victoire d'une certaine Bonté sur l'Egoïsme affairiste.

    On peut évidemment lire ce volume sans se soucier de "Pot-bouille" mais le puriste préférera tout de même, je le pense, ne pas se passer de ce dernier.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 23/10/2011


    "Misère en robe de soie", Denise la petite provinciale triste au charme caché, engagée par Mouret au rayon confection du Bonheur, sujette aux moqueries des autres vendeuses a passé toute une nuit à retailler sa robe austère. Habillée, coiffée, métamorphosée, elle surprend son patron.
    Renvoyée (en même temps que Robineau, vendeur au rayon soie), après avoir repoussé le trop insistant inspecteur Jouve, pour fabrication de cravates dans les sous sols, sans un sou,avec ses frères à charge, elle loge chez le marchand de parapluies Bourras qui l'embauche.
    Elle travaille ensuite chez Robineau dont le magasin de quartier ne tient pas la route face au Grand magasin, monstre dévorateur, symbole du capitalisme.
    "Ses idées larges et nouvelles" séduisent Robineau qu'elle aime mais dont elle refuse L'Argent lorsqu'il tente de la séduire.
    Sur fond de jalousies,concurrences déloyales,ruines,expropriations, audacieuses tentatives de relances commerciales le bonheur des dames, symbole de réussite,temple "d'une religion nouvelle", prendra son essor sur les ailes de l'amour triomphant et d'une même longueur d'onde.
    Emile Zola brosse dans ce roman un portrait fort d'une femme d'avenir fière,droite, aimante et courageuse. Il dépeint la société du XIX° siècle et la révolution commerciale parisienne(Les trois Quartiers ayant ouvert ses portes en 1829) liée à l'industrie textile de la soie.Il oppose le bien et le mal dans le monde sensuel des soieries, univers impitoyable régi par la loi du plus fort.
    Zola, l'écrivain(connu et reconnu de Germinal, entre autres et des Rougon-Macquart) est-il un pointilliste aux touches tendres ou un impressioniste qui recherche l'harmonie dans ses images nuancées?
    Il est en fait indémodable, surtout ici où le sujet porte sur la société de consommation!

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par picaflor le 12/05/2012


    Quel superbe mélange de modernité et de description datée : bien sûr, c'est un peu l'histoire du Bon Marché sur fond de spéculation immobilière du Second Empire, mais on y retrouve aussi des appétits, des profils et même des mécanismes très actuels. Bref, c'est une banalité de le dire, un grand chef d'oeuvre classique, qu'on peut toujours relire avec grand plaisir !

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin le 26/04/2012


    Le débarquement à la gare Saint-Lazare et la description des Grands Magasins du boulevard Hausmann (même si les modèles de Zola sont le Bon Marché et les Grands Magasins du Louvre, devenus la Samaritaine avant qu'elle ne ferme il y a quelques années), ne dépayseront pas certaines d'entre vous, même s'ils ont vieilli depuis... la société de consommation naissante vaut de relire ce grand Zola! Tout y est déjà, l'achat m'as-tu-vu (pas pour une Rolex, mais c'est pareil...), l'exploitation des vendeuses... et la lutte du petit commerce de proximité face aux gros nouveaux requins (les grands magasins, transposez aujourd'hui comme vous voulez). À lire ou relire absolument!


    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-au-bonheur-des-dames-de-zola-..

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par spicyfrog le 18/11/2011


    Zola a le don de montrer une société à son époque avec une réaliste incroyable. Quand on lit cce livre, on a l'impression de marcher dans les rues de Paris, de ressentir ce que l'héroïne ressent. Surtout, on découvre la différence des classes sociales et à notre époque c'est toujours le même cas même si c'est moins dénoncé. Zola aime mêler sentiments et tragédies, et chacun de ses livres de la série des Rougon-Macquart est une pure merveille.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zael11 le 21/03/2011


    Découvert en 4e avec le français, j'ai été subjuguée par cette merveilleuse histoire d'amour. Pour moi, une des plus belles de la littérature.

    Outre l'histoire entre Denise et Mouret, Zola nous offre en portrait haut en couleur de la société parisienne du 19e siècle grâce à une série des personnages de caractère. Il entraine le lecteur dans la folie des grands magasins, des soldes...

    Je ne me lasse pas de le lire, le relire.
    Un véritable bijou qui nous laisse sur un petit nuage... On est impatient de connaitre la fin de l'histoire et en même temps, on regrette de l'avoir déja terminé.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Cloe4 le 08/10/2011


    Beaucoup aimé, il reste le livre que je préfère de Zola.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)






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