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> Joël Gayraud (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> Marion Bataille (Illustrateur)

ISBN : 2842051262
Éditeur : 1001 Nuits (1997)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Émile Zola (1840-1902), chef de file des écrivains naturalistes, met successivement en scène dans ce recueil les derniers jours d'un noble, d'un bourgeois, d'un commerçant, d'un ouvrier et d'un paysan. Cinq agonies, cinq tableaux pour esqu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par raton-liseur, le 04 juin 2013

    raton-liseur
    Un titre assez peu engageant, pour un ensemble de 5 courtes nouvelles qui décrivent chacune une agonie, un trépas et un enterrement. Anthropologue avant l'heure, Emile Zola utilise la description d'un fait social capital comme révélateur de la société dans laquelle il vit. Chacune de ces nouvelles évoque une classe sociale différente, et affiche sans fard son message politique. S'il fallait résumer ces cinq nouvelles par un mot pour chacune d'elles, ce serait plaisir, avarice, pragmatisme, fatalisme et bestialité, respectivement pour Verteuil l'aristocrate, Madame Guérard la bourgeoise, Adèle Rousseau la commerçante, Charlot Morisseau le fils d'ouvrier et enfin Lacour le paysan.
    Le procédé est intéressant, et Zola l'a utilisé quelques mois plus tôt dans une autre œuvre qui semble être son pendant, Comment on se marie. On y retrouve aussi beaucoup des thèmes que Zola incarnera dans ses personnages des Rougon-Macquart. Ainsi, les commerçants terre-à-terre jusqu'à l'extrême font penser aux Quenu du Ventre de Paris ou les paysans tout à l'animalité de voisinage quotidien avec les forces de la nature préfigurent le tome si rustiquement intitulé La Terre.
    Mais dans ces quelques pages, Zola ne peut développer sa plume et son art de la description sociale, et il me paraît qu'il finit par tomber dans une caricature un peu trop simpliste, ce qui m'a déçu de la part de cet écrivain que j'affectionne particulièrement. Il me semble donc que, au-delà du document littéraire pour voir se former un écrivain et les centres d'intérêt qui l'attirent, cette œuvre ne présente pas un intérêt majeur en tant que simple lecteur, sauf peut-être comme un résumé, mais alors bien imparfait, de ce que les 20 livres de la collection des Rougon-Macquart diront de façon magistrale.
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    • Livres 3.00/5
    Par Maximilien81, le 05 février 2012

    Maximilien81
    Intemporel. A travers ces cinq nouvelles, Zola peint la mort et les funérailles de cinq personnes issues de milieux sociaux différents. Ainsi en descendant l'échelle sociale, nous assistons tout d'abord à la mort d'un aristocrate, puis d'une bourgeoise, d'une boutiquière, d'un fils d'ouvrier miséreux et enfin d'un vieux paysan. Zola décrit ici très bien comment le statut social donne un sens à la mort pour ceux qui la vivent et mais aussi pour ceux qui restent. Entre avarice et résignation, il montre que les mourants ont aussi leurs soucis. Ces histoires sont construites avec la même rigueur : pour chaque nouvelle, Zola s'attache à présenter le futur défunt, ses origines, sa vie, puis sa mort, la prise en charge du mort et enfin les funérailles ; tout en ayant en fil rouge la signification de cette disparition pour les proches, ce que chacun attend ou espère.
    En résumé, Zola se sert ici de la mort comme thème pour une satire sociale de la France en cette fin du 19e siècle, mais on peut très facilement la rendre actuelle.
    Avec ce recueil, j'ai découvert la plume de Zola – il n'est jamais trop tard -, une écriture claire et stylisée. La surprise fut réelle et agréable. Je me dirige maintenant vers ces oeuvres plus emblématiques comme Nana ou Le ventre de paris.
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  • Par PiertyM, le 30 janvier 2014

    PiertyM
    Que faire de ceux qui restent quand on meurt? Que faire de celui qui meurt? le mourant se soucie beaucoup plus de ceux qui vont rester une fois qu'il soit mort. Si bien qu'il ne veut pas leur causer plus de peine. Il prépare attendre la mort dans le calme que de créer de la panique. Par contre, ceux qui doivent rester vivent déjà l'absence du mourant. Si bien qu'après sa mort, on se transforme tout de suite.
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    • Livres 4.00/5
    Par Persepolis, le 09 mars 2012

    Persepolis
    Comment meurt-on sous l'Empire? Eh bien... comme aujourd'hui. Les rites funéraires et la cérémonie mortuaire dépendent de la classe sociale à laquelle on appartient.
    Mais la vraie question est plutôt l'attitude des proches lors de l'arrivée de la grande Faucheuse. Quelles sont leurs préoccupations? La dignité ou encore le respect est le maître mot des aristocrates alors que peu leur importe la disparition de la personne:
    " Un vieillard, aux lèvres pincées, après avoir saisi ce bout de phrase: "... les qualités du coeur, la générosité et la bonté des trois caractères... " hoche le menton, en murmurant:
    - Ah bien! oui, je l'ai connu, c'était un chien fini!"
    Je ne vais pas détailler la mort de chaque personnage, cette nouvelle se lit très rapidement, je vous conseille plutôt de vous y plonger.
    Elle nous permet de découvrir une autre facette d'Emile Zola, auteur de nouvelles, même si le thème et sa manière de traiter les personnages lui est bien fidèle.
    J'ai choisi ce livre dans le cadre de l'opération de masse critique car je possède et j'ai déjà lu de nombreux romans d'Emile Zola mais je n'avais jamais eu l'occasion de lire une de ses nouvelles.
    Ce fut donc un grand plaisir pour moi de lire ce livre dont j'ai trouvé l'édition intéressante (édition L'Herne). La qualité des pages est agréable et l'écriture bleue originale et marquante.
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    • Livres 5.00/5
    Par ColonelBubble, le 19 septembre 2013

    ColonelBubble
    L'Argent plus fort que la mort
    Chez les plus aisés, on meurt dans l'indifférence : pour le Comte de Verteuil, Mathilde sa femme, qui n'assiste pas à son enterrement, se masturbe (« Et la comtesse, sur sa chaise longue, n'a pas bougé. Elle joue toujours avec le gland de sa ceinture, les yeux au plafond, perdue dans une rêverie, qui, peu à peu, fait monter une rougeur à ses joues de belle blonde. ») ou dans la solitude : au pied du lit de Madame Guérard, ses trois fils se disputent son héritage et Adèle Rousseau agonise pendant que son mari, trop accaparé par son commerce, fait l'inventaire (le chagrin, sincère, doit vite laisser la place aux affaires).
    Pour Jean-Louis Lacour, paysan, le travail de La terre ne peut souffrir aucune pause et personne n'a vraiment de peine : mort à soixante-quinze ans, le père a bien vécu.
    Il n'y a que chez les miséreux qu'on pleure un peu plus. Chez les Morisseau, la mort du petit Charlot, dix ans, est cruelle mais c'est un coup du sort parmi tant d'autres et le soir quand on offre à manger « les Morisseau, affamés, mangent gloutonnement près du mort ».
    Cinq récits efficaces qui reflètent la condition sociale face à la mort (la maladie qui terrasse, le faste de l'enterrement ou la dernière demeure du défunt sont bien sûr liés au niveau de richesses). Zola, même s'il grossit parfois un peu le trait, sait comme toujours ménager une chute saisissante…
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Citations et extraits

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  • Par raton-liseur, le 04 juin 2013

    Le père Lacour sera bien, dans ce trou. Il connaît la terre, et la terre le connaît. Ils feront bon ménage ensemble. Voici près de soixante ans qu’elle lui a donné ce rendez-vous, le jour où il l’a entamée de son premier coup de pioche. (Partie 5).

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  • Par ellimac29, le 24 octobre 2010

    Louis ne bouge pas, tout seul, buvant à une cruche, lorsqu'il a soif. il est comme un de ces vieux chevaux qui tombent de fatigue dans un coin et qu'on laisse mourir. Il a travaillé soixante ans, il peut bien s'en aller maintenant, puisqu'il n'est plus bon à rien qu'à tenir de la place et à gêner les enfants. Est-ce qu'on hésite à abattre les arbres qui craquent ?

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  • Par PiertyM, le 30 janvier 2014

    Et, deux jours plus tard, chez le notaire de leur mère, ils discutent, les dents serrées, les yeux secs, avec un emportement d’ennemis décidés à ne pas céder sur un centime. Leur intérêt serait d’attendre, de ne pas hâter la vente des propriétés. Mais ils se jettent leurs vérités à la face : Charles mangerait tout avec ses inventions ; Georges doit avoir quelque fille qui le plume ; Maurice est certainement encore dans une spéculation folle, où il engloutirait leurs capitaux. Vainement, le notaire essaye de leur faire conclure un arrangement à l’amiable. Ils se séparent, en menaçant de s’envoyer du papier timbré.
    C’est la morte qui se réveille en eux, avec son avarice et ses terreurs d’être volée. Quand l’argent empoisonne la mort, il ne sort de la mort que de la colère. On se bat sur les cercueils.
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  • Par Persepolis, le 12 février 2012

    Un vieillard, aux lèvres pincées, après avoir saisi ce bout de phrase: "... les qualités du coeur, la générosité et la bonté des grands caractères..." hoche le menton, en murmurant:
    - Ah bien! oui, je l'ai connu, c'était un chien fini!

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  • Par Persepolis, le 12 février 2012

    S'il meurt, c'est qu'il avait la mort dans le corps; et tout le monde sait que, lorsqu'on a la mort dans le corps, rien ne l'en déloge, pas plus les signes de croix que les médicaments. Une vache encore, ça se soigne.

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