> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 2253004227
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 562 notes) Ajouter à mes livres
Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable ” J’accuse ” contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 24 avril 2012

    colimasson
    La crise économique, la misère, les grèves, les mines… Abordant des sujets a priori lourds, qui nécessitent une entière disposition de l'esprit, ce Germinal fait craindre de retrouver le désespoir d'une situation qui ressemble, à certains égards, à celle d'aujourd'hui. Ajoutons à cela un discours politique et social qui nous paraîtra encore plus obscur que celui que l'on entend déjà au quotidien, du fait d'un ancrage fort dans un passé qui nécessite d'être contextualisé, et l'appréhension est à son comble. La barrière temporelle peut effrayer, à juste cause.
    A cette première crainte vient s'ajouter le fait que Germinalest le 13e roman de la série des Rougon-Macquart, écrite par Zola entre 1871 et 1893. Je ne le savais pas avant d'entamer ma lecture, mais je me suis rendue compte assez rapidement que je m'embarquais dans un milieu dans lequel les personnages avaient déjà pris leurs aises depuis un petit moment… L'arbre généalogique des Rougon-Macquart est dense, et il ne faut pas sauter trois lignes des premiers chapitres sous peine de perdre le fil des liens qui unissent (ou séparent, d'ailleurs, le plus souvent) les familles et les individus. A condition de tolérer cette impression première d'être enseveli sous un flot de données civiles, Germinal constitue une lecture autonome, au même titre, peut-être, que les autres romans de la série.
    Dans Germinal, le point de départ est constitué par Etienne Lantier. Parce qu'il se retrouve au chômage, il décide de partir dans le nord de la France. Là-bas, il se fait embaucher dans les mines de Montsou. La mécanique est huilée, mais les conditions de travail sont réputées pour être effroyables. Pas assez, toutefois, pour y mourir, ce qui est peut-être le pire. On se contente d'y agoniser, parfois jusqu'à un âge très avancé, alors que la vieillesse frappe à peine la quarantaine atteinte.
    En dehors du travail aux mines, Etienne fait la connaissance de la famille des Maheu. Il s'éprend de la jeune fille, Catherine, brutalisée au travail mais aussi dans la vie privée (si tant est que cette notion ait un sens dans le contexte) par Chaval, un époux brutal et manipulateur. Pour ne pas semer la discorde dans la vie et l'esprit de Catherine, Etienne se fait discret sur ses sentiments, et la vie continue, jusqu'au jour où la Compagnie des Mines décrète une baisse de salaire... Vilaine bête qui vient saboter le rouage d'un système mis en place et accepté depuis longtemps, Etienne fait prendre conscience aux ouvriers de l'injustice de la situation. Pour lutter contre, il unit les exploités et les pousse à faire la grève, leur transmettant par là le germe (nous y venons…) de son rêve d'une société qui reconnaisse enfin les droits primordiaux des travailleurs. le seul espoir, c'est celui-ci. Les ouvriers qui suivent le mouvement, enthousiastes à leurs débuts, ne restent pas dupes très longtemps des illusions que nourrit Etienne. Ils déchantent rapidement, réalisant que la grève ne mène à rien. S'ils continuent toutefois à la mener jusqu'à ce que la situation devienne vraiment catastrophique, ce sont pour les mêmes raisons qui les avaient jusque là forcés à l'immobilisme et à l'esclavage. La grève, au lieu de permettre aux ouvriers d'accéder à un statut plus digne, détruit leurs dernières forces. Après Etienne, le paysage n'est plus qu'un vaste champ d'os… Aucune nouvelle disposition n'aura été prise par le patronat pour améliorer le sort de ses ouvriers. Toutefois, derrière cet apparent immobilisme, les mentalités de Tous, exploitants comme exploités, ne pourront plus se défaire des idées qu'Etienne aura essayé de mettre en place.
    Pas très ragoûtante cette histoire ? Elle laisse craindre les pires développements théoriques sur des sujets politiques et sociaux dans lesquels on craint de s'étouffer. D'ailleurs, Zola lui-même semblait parfois avoir du mal à se retrouver parmi ses références (une ou deux confusions de théories politiques dans le roman) mais son talent consiste à démontrer son point de vue personnel en l'élaborant sur toute la longueur du roman, de façon à ce qu'il apparaisse en filigrane derrière toute la structure du récit. Aucune allusion sociale ou politique de l'écrivain ne sera directement faite dans le texte, mis à part lorsqu'elles seront placées naturellement dans le discours des personnages. Grâce à cet ensemble de propos fictifs, de situations et de caractères, le point de vue de Zola se retrouve totalement synthétisé à la fin de la lecture de Germinal sans qu'il n'ait jamais eu besoin de partir dans des développements théoriques alambiqués.
    Place nous est donc laissée libre pour le déploiement d'une écriture singulière qui s'attarde à décrire les conséquences sociales de la crise économique. Loin d'une froideur théorique, tout est organique chez Zola : la mine de Montsou, monstre avide, engloutit les hommes sans prendre le temps de les digérer. Ceux-ci sont recrachés, abasourdis, le corps vidé de toute matière leur permettant de penser. Leur carrière se devine sous les séquelles gardées par leur corps suite au travail éreintant. La seule joie, le seul étourdissement, sont fournis par la copulation frénétique qui n'a d'autant plus rien à voir avec le plaisir qu'elle perpétue au contraire le crime d'une vie misérable, faisant voir le jour à de nouveaux futurs mendiants qui se lamenteront toute une vie pour pichenette.
    L'intérêt d'une écriture aussi organique est de rendre la thèse politique et sociale plus réaliste. Trop souvent coupée de cette réalité primaire, on aurait pu craindre qu'elle ne s'incarne sous des propos froids et distants. Dans Germinal, au contraire, elle se rapproche de la vie des hommes-bestiaux de Montsou. Tout est brutalité et cruauté parmi les pauvres, tandis que les propriétaires se laissent dériver au gré des toiles délicates et veloutées des fauteuils de leurs grands salons. Au moins, les mineurs, à travers leur grève, parviendront-ils à semer leurs propres terreurs dans les vies minutieusement réglées de leurs dirigeants. le germe, encore et toujours… Malgré cette propagation des sentiments, Zola s'attarde peu sur la psychologie de ses personnages. Etienne et Catherine échappent, dans une certaine mesure, à ce jugement, mais les autres personnages du livre ne se décrivent pas par la puissance de leurs doutes ou de leurs affres existentiels. Normal : ils ont d'autres chats à fouetter. Pris dans le mouvement politique, ils se distinguent en actes et en paroles, et cette description suffit à faire d'eux des personnages cohérents, éloignés de tout stéréotype.
    D'une austérité formelle, Germinal ne se laisse pas aborder facilement. Impression plutôt injustifiée. En effet, si Zola s'attarde peu sur l'individu, s'il livre souvent un point de vue distancié pas toujours évident à suivre pour le lecteur d'aujourd'hui, il parvient toutefois à animer son récit d'une écriture vivante et singulière. Doué aussi pour retranscrire l'atmosphère pouilleuse des mines de Montsou, entre mort et renouvellement infini des générations, Zola bâtit au fil des pages la description d'un système vorace qui survit par la destruction modérée de ses composants. L'horreur surgit d'un univers purement pragmatique. Ainsi, Germinal convainc par la force de ses idées et charme par la description d'un monde dont le réalisme si terre-à-terre finit par prendre des allures de conte macabre.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-germinal-1885-d-emile-zola-1..
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    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Pourquoi lire un bouquin de Zola en 2011 ? Dans mon cas, c'est à cause des 90 ans du Parti communiste français. On s'amuse beaucoup à regarder ce parti moribond agoniser et à parler d'acharnement thérapeuthique. Stalinien même quand c'était une position indéfendable. Georges Marchais et André Lajoinie, les Dupont et Dupond du prolétariat. La fête de l'Huma, un endroit populo-branchouille où les vieux de la vieille se retrouvent pour radoter sur les luttes d'hier. Ils étaient censés rallumer toutes les étoiles du ciel, à la place, ils vendaient du muguet les 1er mai. C'est toujours triste, un naufrage. Et une fin misérable occulte les bons moments. Car le PCF, ce n'est pas seulement Robert Hue qui imite Eddy Mitchell chez Patrick Sébastien. Il y a eu des combats, des avancées sociales, du progrès mesurable. Et Pif Gadget. Et justement, Germinal, ce sont les prémices de cette aspiration au changement.
    Étienne Lantier, jeune machiniste ayant perdu sa place pour avoir gifflé un supérieur, erre à la recherche d'un travail. Il trouve un emploi dans une mine de charbon où il va découvrire à la dure à quel point la vie des mineurs est rude. Abus de pouvoir des petits chefs. Sexualité de promiscuité. Conditions de travail épouvantables. Comme Étienne a fait des études et qu'il entretient une correspondance avec un responsable de l'Internationale, il va proposer à ses collègues de mettre en place une caisse de solidarité, en vue de la grève. Parce que ça va péter, c'est certain. La compagnie leur mange de plus en plus la laine sur le dos. Ils crèvent en respirant la poussière de charbon. Les mioches se font écraser quand les tunnels mal entretenus s'écroulent. le prix du pain ne cesse d'augmenter. Alors, un beau matin, s'en est trop. Ils en ont gros. Étienne est heureux : l'heure de sa révolution est arrivée. Mais est-ce vraiment le bien commun, qui l'intéresse, ou bien faire reluire sa petite gloriole ?
    Zola écrit un roman reportage. le lecteur ne lit pas tant une histoire qu'il découvre un univers qui lui est inconnu. C'est bourré de termes techniques sur la mine, on sent bien que le Mimile, il est allé sur place pour regarder comment la poussière de charbon colle à la sueur des mineurs. Et il n'est pas tendre avec les pauvres, le Zola : au lieu de nous raconter la vie simple des humbles sur l'air de "C'est pas leur faute, ils sont exploités par le patronnat", il se montre assez objectif quand il pose son regard sur cette misère. Et quand il dépeint les patrons, ce n'est pas uniquement pour montrer des accapareurs qui s'engraissent à rien faire. On trouve également des petits patrons paternalistes qui veulent juste rentrer dans leur argent ou bien qui sont obligés de faire plaisir à leurs actionnaires. Et l'Étienne, c'est pas un ange. Dès qu'il a le vent en poupe, il n'hésite pas à profiter de sa petite notoritété pour coucher. Mais surtout, il dit à la plèbe ce qu'elle a bien envie d'entendre. Il promet que l'Internationale va renverser l'ordre mondial en 3 ans. Il ment avec le même aplomb que le curé du coin, il utilise la même réthorique en remplaçant Dieu par Marx.
    Par contre, Zola ne semble pas avoir vu Bienvenue chez les Ch'tis parce que ses personnages du nord parle le langage du peuple, mais ça reste très parisien. Il ne fallait sans doute pas effrayer le lectorat bien propre sur lui.
    Germinal, ce sont des promesses non tenues. Des lendemains meilleurs. Un monde nouveau. Une nouvelle ère. L'entente entre les peuples. L'égalité entre camarades. Sauf que cette utopie est vendue en oubliant un élément important de l'équation : l'hommerie. le système politico-économique a beau changer, l'homme reste le même. Avide. Un peu con. Partisan du moindre effort. On a 90 ans d'expérience qui le démontrent. Alors Germinal, ça fait mal. On sait que ça va foirer. le livre est censé incarner les germes de cette révolution (d'où le titre) alors que nous avons assisté à la mort de cette idéologie.
    Mais en dehors de l'aspect purement politique, Germinal reste d'une actualité frappante. Il n'y a qu'à regarder les mineurs chiliens ou lire le récit des catastrophes minières chinoises pour se rendre compte que cette misère-là, elle a juste changé de continent. Les tunnels d'ailleurs sont eux aussi mal étayés. Des gamins grandissent trop vite en se courbant pour ramasser un peu de charbon. C'est juste que ce n'est plus sous nos yeux.
    Germinal m'a éclairé sur la raison qui fait qu'avec le temps, les ouvriers ont tourné le dos au PCF pour aller écouter les délires bruns du Front national. Les gens préfèrent croire en des mensonges concrets qu'en des promesses abstraites. Il est plus facile de croire que les musulmans vont violer ma fille que d'aspirer à plus d'harmonie dans les rapports humains. Et j'ai dans l'idée que la Marine le Pen, des conneries tangibles, elle en a à revendre.
    Conclusion : ni dieu, ni Marx, ni le Pen.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2011/01/germinal.html
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 août 2010

    LiliGalipette
    Roman d'Émile Zola. Lecture commune avec Liliba. (Lu dans l'édition Idégraf)
    "Où aller et que devenir, à travers ce pays affamé par le chômage?" (p. 20 - Tome 1) Voilà la question qui taraude Etienne Lantier, machineur qui a quitté les chemins de fer de Lille après avoir giflé son patron. Sur les routes du Nord, froides et rases, il cherche à s'employer. À Montsou, il découvre le Voreux, gigantesque fosse minière qui fait vivre les mineurs du coron des Deux-Cent-Quarante. Les lieux sont terrifiants pour Etienne qui n'a jamais connu le travail sous-terrain. Mais Etienne refuse de s'abandonner à la misère. Embauché dans la fosse, il passe sous l'aile bonhomme de Maheu, père de sept enfants dont Catherine, herscheuse malingre mais généreuse. Etienne apprend vite le métier mais il ne peut apprendre la soumission ancestrale du mineur. Dans son sang, la révolte bouillonne toujours. "Était-il possible qu'on se tuât à une si dure besogne, dans ces ténèbres mortelles, et qu'on y gagnât même pas les quelques sous du pain quotidien?" (p. 72 - Tome 1) Devant de telles injustices lui prend l'idée d'ouvrir une section de l'Internationale à Montsou, d'en devenir le secrétaire et d'assurer à Tous les mineurs des grèves soutenues par la caisse de prévoyance. Quand la compagnie minière impose une nouvelle réduction des salaires, la grève éclate. le coron meurt de faim plusieurs mois, les ouvriers vont de fosse en fosse pour appeler à la grève générale. La violence remplace le calme initial. Partout, on cherche des traîtres, partout on veut donner l'exemple. Tout échappe à Étienne: ses idéaux révolutionnaires ne pèsent pas lourds face à la colère et à la faim du peuple;
    Dans ce texte, on retrouve Étienne, le fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier. Toute une hérédité malade s'incarne en lui. "Il avait une haine de l'eau-de-vie, la haine du dernier enfant d'une race d'ivrognes, qui souffrait dans sa chair de toute cette ascendance trempée et détraquée d'alcool, au point que la moindre goutte en était devenue pour lui un poison." (p. 63 - Tome 1) Fils d'une famille brutale, il garde en lui un fonds de violence irrépressible. Il l'exprime en lançant la grève au nom des idéaux socialistes et communistes qu'il a fait siens. Quand la grève est brisée, que les victimes se comptent par dizaines, Étienne reprend la route pour Paris, laissant derrière lui des ouvriers vaincus rendus à leur labeur affamant.
    L'édition présente des gravures aux allures d'épouvante où la misère héréditaire et la pauvreté éclatent dans des scènes figées. Ces illustrations réhaussent le dynamisme du texte. Chaque phrase est mouvement, élan. La lente maturation de la révolte ouvrière qui mène à la grève est décrite comme un processus de vie. "Mais à présent, le mineur s'éveillait au fond, germait dans La Terre ainsi qu'une vraie graine; et l'on verrait un matin qu'il pousserait au beau milieu des champs: oui, il pousserait des hommes, une armée d'hommes qui rétabliraient la justice. [...] Ah! ça poussait, ça poussait petit à petit, une rude moisson d'hommes qui mûrissait au soleil!" (p. 223 - Tome 1) Les descriptions ne sont pas figées, tout n'est que drame au sens premier du terme, tout est action, expression du vivant. La description de la fosse est un portrait de monstre vivant plein de bestialité. "Le Voreux, au fond de son trou, avec son tassement de bête méchante, s'écrasait davantage, respirait d'une haleine plus grosse et longue, l'air gêné par sa digestion pénible de chair humaine." (p. 20 - Tome 1) Il n'y a que la mort de la fosse qui fige le texte, qui rend à la description ses attributs de tableau fixe. "C'était fini, la bête mauvaise, accroupie dans ce creux, gorgée de chair humaine, ne soufflait plus de son haleine grosse et longue." (p. 279 - Tome 2)
    Émile Zola, sur fond de crise industrielle, dresse le portrait d'hommes attachés à La Terre avec la même férocité que les paysans qui la travaillent. Ici aussi, il est question d'arracher au sol ses ressources pour tenter de vivre. Comme dans les autres romans de son cycle, l'auteur reprend les mêmes thèmes: l'atavisme, la misère, le vice, etc. L'auteur reste décidément un de mes chouchous même si ce roman n'est pas celui que j'ai préféré. J'ai trouvé L'assommoir plus grandiose. Mais Germinal se lit vite (700 pages en 2 jours!) et il est impossible de ne pas se laisser emporter par l'action. Mais il y a trop de misère dans ces pages. le clou est bien enfoncé - merci Zola - inutile de suivre sur un cours sur le paupérisme au 19° siècle! Il ne me reste qu'à continuer la lecture de la série...
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    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Un classique de la littérature française, dont chacun de nous a forcément déjà entendu parler. Il fallait que je le lise pour me rendre compte par moi-même.
    Le premier fait marquant est que le roman s'inscrit avant tout dans une volonté de réalisme forte, allant jusqu'à intégrer la description du lieu de l'action à l'arrivée du personnage principal dans ce lieu. Ceci ne fait qu'ajouter au sentiment d'immersion que l'on ressent dès la lecture des premiers chapitres.
    Ce roman offre ensuite un saisissant et poignant récit de luttes sociales, où les mineurs se battent pour obtenir de meilleures conditions de vie. On partage leur quotidien, leur mode de vie, comment la colère gronde, monte en intensité. Vient alors un déclencheur qui va précipiter cette colère qui ne va ensuite que monter en intensité, jusqu'à un point d'orgue où tout explosera en vol.
    Une rare intensité se trouve dans ce roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par fanfanlatulipe29, le 20 octobre 2011

    fanfanlatulipe29
    Germial d'Emile Zola, roman écrit en 1885 sur les conditions de vie et les classes sociales. Ce roman date pourtant d'un autre siècle mais est toujours d'actualité.
    Zola voulait montrer et dénoncer les injustices sociales. Et en particulier celles des mineurs.
    Etienne Lantier vient de se faire renvoyer après avoir giflé son employeur, il part alors à la recherche d'un autre travail. Il se dirige vers le nord de la France, mais c'est la crise industrielle. A son arrivée, il fait connaissance avec la famille des Maheu, des mineurs, il va vers la mine ou ceux-ci travaillent dans l'espoir de trouver un emploi à la mine de Montsou. Il réussit à se faire embaucher et commence à travailler dès le lendemain. le travail est dur et éprouvant, il songe à arrêter dès le premier jour mais pour que faire et où. Puis il se dit qu'il pourrait continuer un encore peu et voir à la fin de la quinzaine comment ça se passe. Et puis surtout, il se demande se que penserait Madame Maheu dont il est tombé secrètement amoureux dès leur première entrevue.
    Etienne s'intègre vite au groupe des mineurs et découvrent les conditions difficiles de vie et de travail de ceux-ci. Il est révolté par toutes les injustices que doivent subir les mineurs de la part des bourgeois. Il commence à faire part de ses révoltes aux autres mineurs. Ceux-ci l'écoute car ils savent qu'il est plus instruit que la plupart d'entre eux. La compagnie des mines leur annonce que la crise étant installée, il fallait faire des économies et que donc ils allaient en faire sur les boiseries. Mais au final, ils n'étaient pas naïfs à ce point, c'était leur salaire qu'était réduit.
    Etienne en profita alors pour faire éclater une grève car il avait acquit suffisamment de notoriété au près de ses camarades et fit part de son rêve pour avoir une société plus équitable et juste.
    Mais la Compagnie ne voyait pas les choses de la même façon et campa sur ses positions en refusant toutes négociations avec les mineurs grévistes. Les sous commençaient à manquer mais par chance l'épicier du village acceptait de faire un geste. Les grévistes continuaient à occuper les lieux et ne cédaient rien. Mais les esprits commençaient à s'échauffer dans les rangs. Et un jour, sans fut trop ils pillèrent les lieux et cassèrent les machines sur le site. Les mineurs apprirent qu'en fait l'épicier était un sale type, en échange de ses légumes et autres denrées il demandait un petit plaisir aux femmes des mineurs.
    Les bourgeois en avaient assez et employèrent la méthode forte en faisant venir les soldats pour protéger le site. L'accès à la mine était impossible et lorsque les mineurs s'avancèrent les soldats tirèrent dans le tas. Il y eu beaucoup de blessés mais aussi une dizaine de morts dont des femmes et des enfants.
    La grève est un échec et certains mineurs décident alors de reprendre le travail malgré le bas salaire proposé. C'est alors qu'un des anciens mineurs, anarchiste décide de piéger le mine mais celle-ci s'effondre et se remplie d'eau alors que des mineurs sont dedans. Etienne et Catherine (Madamde Maheu) font partis des mineurs bloqués, certains meurent sur le coup et d'autres sont blessés. Les secours mettront plusieurs semaines avant de pouvoir accéder à la zone où sont réfugiés les rescapés, peu nombreux à avoir survécu à cette attente. Etienne survie et est envoyé à l'hôpital puis il décide de partir pour Paris. Il veut se battre pour le lutte ouvrière et contre les inégalités.

    J'ai bien aimé ce livre malgré qu'au début j'avais un peu de réticence mais finalement je l'ai trouvé vraiment très interressant. Et de savoir que ce livre est aussi vieux,1885 et pourtant toujours d'actualité s'est impressionnant et en même temps tellement décevant. On a pas évolué tant que ça. Oui je vous entend qui commencé à râler. Oui on a progressé, la technologie, les droits aux travails (les 35H, les congés payés ...) mais il y a toujours les inégalités hommes-femmes pour les salaires ou à l'emploi car la femme risque de prendre un congé parental plus sa grossesse, alors que l'homme lui prendra quelques jours. Bref on a évolué, oui, mais il y a toujours à mon sens trop d'inégalités riches-pauvres !!! et ça va pas aller en s'arrengeant je crois malheureusement.

    Lien : http://leslecturesdemademoisellefanfan.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    Devant le buffet ouvert, Catherine réfléchissait. Il ne restait qu’un bout de pain, du fromage blanc en suffisance, mais à peine une lichette de beurre ; et il s’agissait de faire les tartines pour eux quatre. Enfin, elle se décida, coupa les tranches, en prit une qu’elle couvrit de fromage, en frotta une autre de beurre, puis les colla ensemble : c’était « le briquet », la double tartine emportée chaque matin à la fosse. Bientôt, les quatre briquets furent en rang sur la table, répartis avec une sévère justice, depuis le gros du père jusqu’au petit de Jeanlin.

    Catherine, qui paraissait toute à son ménage, devait pourtant rêvasser aux histoires que Zacharie racontait sur le maître-porion et la Pierronne, car elle entrebâilla la porte d’entrée et jeta un coup d’œil dehors. Le vent soufflait toujours, des clartés plus nombreuses couraient sur les façades basses du coron, d’où montait une vague trépidation de réveil. Déjà des portes se refermaient, des files noires d’ouvriers s’éloignaient dans la nuit. Était-elle bête, de se refroidir, puisque le chargeur à l’accrochage dormait bien sûr, en attendant d’aller prendre son service, à six heures ! Et elle restait, elle regardait la maison, de l’autre côté des jardins. La porte s’ouvrit, sa curiosité s’alluma. Mais ce ne pouvait être que la petite des Pierron, Lydie, qui partait pour la fosse.

    Un bruit sifflant de vapeur la fit se tourner. Elle ferma, se hâta de courir : l’eau bouillait et se répandait, éteignant le feu. Il ne restait plus de café, elle dut se contenter de passer l’eau sur le marc de la veille ; puis, elle sucra dans la cafetière, avec de la cassonade.
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  • Par Fremen, le 26 mars 2010

    Fichez-moi donc la paix, avec votre évolution ! Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur.
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  • Par LiliGalipette, le 21 août 2010

    "Le Voreux, au fond de son trou, avec son tassement de bête méchante, s'écrasait davantage, respirait d'une haleine plus grosse et longue, l'air gêné par sa digestion pénible de chair humaine." (p. 20 - Tome 1)

    "C'était fini, la bête mauvaise, accroupie dans ce creux, gorgée de chair humaine, ne soufflait plus de son haleine grosse et longue." (p. 279 - Tome 2)
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  • Par colimasson, le 26 avril 2012

    - Les grèves ? Des bêtises !
    Puis, au milieu du silence fâché qui s’était fait, il ajouta doucement :
    - En somme, je ne dis pas non, si ça vous amuse : ça ruine les uns, ça tue les autres, et c’est toujours autant de nettoyé… Seulement, de ce train-là, on mettrait bien mille ans pour renouveler le monde. Commencez donc par me faire sauter ce bagne où vous crevez tous !
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  • Par colimasson, le 25 avril 2012

    Etienne, à son tour, vint s’asseoir sur la poutre. Sa tristesse augmentait, sans qu’il sût pourquoi. […] Que de misère ! Et toutes ces filles, éreintées de fatigue, qui étaient encore assez bêtes, le soir, pour fabriquer des petits, de la chair à travail et à souffrance ! Jamais ça ne finirait, si elles s’emplissaient toujours de meurt-de-faim. Est-ce qu’elles n’auraient pas dû plutôt se boucher le ventre, serrer les cuisses, ainsi qu’à l’approche du malheur ? Peut-être ne remuait-il confusément ces idées moroses que dans l’ennui d’être seul, lorsque les autres, à cette heure, s’en allaient deux à deux prendre du plaisir.
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