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Critiques sur Germinal (31)


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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson le 24/04/2012


    La crise économique, la misère, les grèves, les mines… Abordant des sujets a priori lourds, qui nécessitent une entière disposition de l'esprit, ce Germinal fait craindre de retrouver le désespoir d'une situation qui ressemble, à certains égards, à celle d'aujourd'hui. Ajoutons à cela un discours politique et social qui nous paraîtra encore plus obscur que celui que l'on entend déjà au quotidien, du fait d'un ancrage fort dans un passé qui nécessite d'être contextualisé, et l'appréhension est à son comble. La barrière temporelle peut effrayer, à juste cause.

    A cette première crainte vient s'ajouter le fait que Germinalest le 13e roman de la série des Rougon-Macquart, écrite par Zola entre 1871 et 1893. Je ne le savais pas avant d'entamer ma lecture, mais je me suis rendue compte assez rapidement que je m'embarquais dans un milieu dans lequel les personnages avaient déjà pris leurs aises depuis un petit moment… L'arbre généalogique des Rougon-Macquart est dense, et il ne faut pas sauter trois lignes des premiers chapitres sous peine de perdre le fil des liens qui unissent (ou séparent, d'ailleurs, le plus souvent) les familles et les individus. A condition de tolérer cette impression première d'être enseveli sous un flot de données civiles, Germinal constitue une lecture autonome, au même titre, peut-être, que les autres romans de la série.

    Dans Germinal, le point de départ est constitué par Etienne Lantier. Parce qu'il se retrouve au chômage, il décide de partir dans le nord de la France. Là-bas, il se fait embaucher dans les mines de Montsou. La mécanique est huilée, mais les conditions de travail sont réputées pour être effroyables. Pas assez, toutefois, pour y mourir, ce qui est peut-être le pire. On se contente d'y agoniser, parfois jusqu'à un âge très avancé, alors que la vieillesse frappe à peine la quarantaine atteinte.
    En dehors du travail aux mines, Etienne fait la connaissance de la famille des Maheu. Il s'éprend de la jeune fille, Catherine, brutalisée au travail mais aussi dans la vie privée (si tant est que cette notion ait un sens dans le contexte) par Chaval, un époux brutal et manipulateur. Pour ne pas semer la discorde dans la vie et l'esprit de Catherine, Etienne se fait discret sur ses sentiments, et la vie continue, jusqu'au jour où la Compagnie des Mines décrète une baisse de salaire... Vilaine bête qui vient saboter le rouage d'un système mis en place et accepté depuis longtemps, Etienne fait prendre conscience aux ouvriers de l'injustice de la situation. Pour lutter contre, il unit les exploités et les pousse à faire la grève, leur transmettant par là le germe (nous y venons…) de son rêve d'une société qui reconnaisse enfin les droits primordiaux des travailleurs. le seul espoir, c'est celui-ci. Les ouvriers qui suivent le mouvement, enthousiastes à leurs débuts, ne restent pas dupes très longtemps des illusions que nourrit Etienne. Ils déchantent rapidement, réalisant que la grève ne mène à rien. S'ils continuent toutefois à la mener jusqu'à ce que la situation devienne vraiment catastrophique, ce sont pour les mêmes raisons qui les avaient jusque là forcés à l'immobilisme et à l'esclavage. La grève, au lieu de permettre aux ouvriers d'accéder à un statut plus digne, détruit leurs dernières forces. Après Etienne, le paysage n'est plus qu'un vaste champ d'os… Aucune nouvelle disposition n'aura été prise par le patronat pour améliorer le sort de ses ouvriers. Toutefois, derrière cet apparent immobilisme, les mentalités de Tous, exploitants comme exploités, ne pourront plus se défaire des idées qu'Etienne aura essayé de mettre en place.

    Pas très ragoûtante cette histoire ? Elle laisse craindre les pires développements théoriques sur des sujets politiques et sociaux dans lesquels on craint de s'étouffer. D'ailleurs, Zola lui-même semblait parfois avoir du mal à se retrouver parmi ses références (une ou deux confusions de théories politiques dans le roman) mais son talent consiste à démontrer son point de vue personnel en l'élaborant sur toute la longueur du roman, de façon à ce qu'il apparaisse en filigrane derrière toute la structure du récit. Aucune allusion sociale ou politique de l'écrivain ne sera directement faite dans le texte, mis à part lorsqu'elles seront placées naturellement dans le discours des personnages. Grâce à cet ensemble de propos fictifs, de situations et de caractères, le point de vue de Zola se retrouve totalement synthétisé à la fin de la lecture de Germinal sans qu'il n'ait jamais eu besoin de partir dans des développements théoriques alambiqués.

    Place nous est donc laissée libre pour le déploiement d'une écriture singulière qui s'attarde à décrire les conséquences sociales de la crise économique. Loin d'une froideur théorique, tout est organique chez Zola : la mine de Montsou, monstre avide, engloutit les hommes sans prendre le temps de les digérer. Ceux-ci sont recrachés, abasourdis, le corps vidé de toute matière leur permettant de penser. Leur carrière se devine sous les séquelles gardées par leur corps suite au travail éreintant. La seule joie, le seul étourdissement, sont fournis par la copulation frénétique qui n'a d'autant plus rien à voir avec le plaisir qu'elle perpétue au contraire le crime d'une vie misérable, faisant voir le jour à de nouveaux futurs mendiants qui se lamenteront toute une vie pour pichenette.
    L'intérêt d'une écriture aussi organique est de rendre la thèse politique et sociale plus réaliste. Trop souvent coupée de cette réalité primaire, on aurait pu craindre qu'elle ne s'incarne sous des propos froids et distants. Dans Germinal, au contraire, elle se rapproche de la vie des hommes-bestiaux de Montsou. Tout est brutalité et cruauté parmi les pauvres, tandis que les propriétaires se laissent dériver au gré des toiles délicates et veloutées des fauteuils de leurs grands salons. Au moins, les mineurs, à travers leur grève, parviendront-ils à semer leurs propres terreurs dans les vies minutieusement réglées de leurs dirigeants. le germe, encore et toujours… Malgré cette propagation des sentiments, Zola s'attarde peu sur la psychologie de ses personnages. Etienne et Catherine échappent, dans une certaine mesure, à ce jugement, mais les autres personnages du livre ne se décrivent pas par la puissance de leurs doutes ou de leurs affres existentiels. Normal : ils ont d'autres chats à fouetter. Pris dans le mouvement politique, ils se distinguent en actes et en paroles, et cette description suffit à faire d'eux des personnages cohérents, éloignés de tout stéréotype.

    D'une austérité formelle, Germinal ne se laisse pas aborder facilement. Impression plutôt injustifiée. En effet, si Zola s'attarde peu sur l'individu, s'il livre souvent un point de vue distancié pas toujours évident à suivre pour le lecteur d'aujourd'hui, il parvient toutefois à animer son récit d'une écriture vivante et singulière. Doué aussi pour retranscrire l'atmosphère pouilleuse des mines de Montsou, entre mort et renouvellement infini des générations, Zola bâtit au fil des pages la description d'un système vorace qui survit par la destruction modérée de ses composants. L'horreur surgit d'un univers purement pragmatique. Ainsi, Germinal convainc par la force de ses idées et charme par la description d'un monde dont le réalisme si terre-à-terre finit par prendre des allures de conte macabre.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-germinal-1885-d-emile-zola-1..

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sofy74 le 05/05/2012


    Un grand Classique ... ici la vie des mineurs, les accidents , l'alcool, la pénibilité du travail, la révolte .... toute une époque décrite avec talent , Zola est il un écrivain "social " ? je ne peux l'affirmer mais on trouve ici une écriture poignante , que l'on ne retrouve pas dans l'adaptation cinématographique ..

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Glacha le 28/04/2012


    Je me souviens avoir lu Germinal lors d'un été durant mes années lycée. J'ai été subjugué par cette histoire sociale, les mines, la pauvreté, l'injustice, la lutte des classe. J'ai tout ressenti au plus profond de moi. Je ne m'arrêtais plus de lire et je me souviens l'avoir très vite fini. C'est pour moi un très beau souvenir, et je ne peut que le conseiller.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf le 04/05/2012


    Oh que c'est un bon livre. Un livre essentiel. Rien à jeter. C'est tellement fort que l'on ne sait par où commencer. C'est l'histoire, au-delà des personnages, du monde des mineurs, de leurs vies, de celles de leurs familles. On imagine sans peine la répression des grèves. Une fin déchirante. Un livre mit en scène et narré d'une façon grandiose. Ne pas le lire serait une hérésie.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par olivberne le 23/03/2012


    Germinal est comme souvent chez Zola un roman prétexte, sur un milieu particulier, pour exprimer des idées, faire évoluer les personnages des Rougon-Macquart et développer un style. Ici, c'est la mine, un enfer, et le roman ressemble à une descente aux enfers, même si les personnages surnagent et se révoltent finalement, pour remonter à la surface. le roman est très beau, tout en antithèses, et il a une force évocatrice assez impressionante. On ressent les personnages, on se trouve au mileu d'eux dans la mine. L'adaptation de Berry au cinéma est aussi un plaisir, elle fait bien ressortir la noirceur du roman et la force des personnages.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kedrik le 07/09/2011


    Pourquoi lire un bouquin de Zola en 2011 ? Dans mon cas, c'est à cause des 90 ans du Parti communiste français. On s'amuse beaucoup à regarder ce parti moribond agoniser et à parler d'acharnement thérapeuthique. Stalinien même quand c'était une position indéfendable. Georges Marchais et André Lajoinie, les Dupont et Dupond du prolétariat. La fête de l'Huma, un endroit populo-branchouille où les vieux de la vieille se retrouvent pour radoter sur les luttes d'hier. Ils étaient censés rallumer toutes les étoiles du ciel, à la place, ils vendaient du muguet les 1er mai. C'est toujours triste, un naufrage. Et une fin misérable occulte les bons moments. Car le PCF, ce n'est pas seulement Robert Hue qui imite Eddy Mitchell chez Patrick Sébastien. Il y a eu des combats, des avancées sociales, du progrès mesurable. Et Pif Gadget. Et justement, Germinal, ce sont les prémices de cette aspiration au changement.

    Étienne Lantier, jeune machiniste ayant perdu sa place pour avoir gifflé un supérieur, erre à la recherche d'un travail. Il trouve un emploi dans une mine de charbon où il va découvrire à la dure à quel point la vie des mineurs est rude. Abus de pouvoir des petits chefs. Sexualité de promiscuité. Conditions de travail épouvantables. Comme Étienne a fait des études et qu'il entretient une correspondance avec un responsable de l'Internationale, il va proposer à ses collègues de mettre en place une caisse de solidarité, en vue de la grève. Parce que ça va péter, c'est certain. La compagnie leur mange de plus en plus la laine sur le dos. Ils crèvent en respirant la poussière de charbon. Les mioches se font écraser quand les tunnels mal entretenus s'écroulent. le prix du pain ne cesse d'augmenter. Alors, un beau matin, s'en est trop. Ils en ont gros. Étienne est heureux : l'heure de sa révolution est arrivée. Mais est-ce vraiment le bien commun, qui l'intéresse, ou bien faire reluire sa petite gloriole ?

    Zola écrit un roman reportage. le lecteur ne lit pas tant une histoire qu'il découvre un univers qui lui est inconnu. C'est bourré de termes techniques sur la mine, on sent bien que le Mimile, il est allé sur place pour regarder comment la poussière de charbon colle à la sueur des mineurs. Et il n'est pas tendre avec les pauvres, le Zola : au lieu de nous raconter la vie simple des humbles sur l'air de "C'est pas leur faute, ils sont exploités par le patronnat", il se montre assez objectif quand il pose son regard sur cette misère. Et quand il dépeint les patrons, ce n'est pas uniquement pour montrer des accapareurs qui s'engraissent à rien faire. On trouve également des petits patrons paternalistes qui veulent juste rentrer dans leur argent ou bien qui sont obligés de faire plaisir à leurs actionnaires. Et l'Étienne, c'est pas un ange. Dès qu'il a le vent en poupe, il n'hésite pas à profiter de sa petite notoritété pour coucher. Mais surtout, il dit à la plèbe ce qu'elle a bien envie d'entendre. Il promet que l'Internationale va renverser l'ordre mondial en 3 ans. Il ment avec le même aplomb que le curé du coin, il utilise la même réthorique en remplaçant Dieu par Marx.

    Par contre, Zola ne semble pas avoir vu Bienvenue chez les Ch'tis parce que ses personnages du nord parle le langage du peuple, mais ça reste très parisien. Il ne fallait sans doute pas effrayer le lectorat bien propre sur lui.

    Germinal, ce sont des promesses non tenues. Des lendemains meilleurs. Un monde nouveau. Une nouvelle ère. L'entente entre les peuples. L'égalité entre camarades. Sauf que cette utopie est vendue en oubliant un élément important de l'équation : l'hommerie. le système politico-économique a beau changer, l'homme reste le même. Avide. Un peu con. Partisan du moindre effort. On a 90 ans d'expérience qui le démontrent. Alors Germinal, ça fait mal. On sait que ça va foirer. le livre est censé incarner les germes de cette révolution (d'où le titre) alors que nous avons assisté à la mort de cette idéologie.

    Mais en dehors de l'aspect purement politique, Germinal reste d'une actualité frappante. Il n'y a qu'à regarder les mineurs chiliens ou lire le récit des catastrophes minières chinoises pour se rendre compte que cette misère-là, elle a juste changé de continent. Les tunnels d'ailleurs sont eux aussi mal étayés. Des gamins grandissent trop vite en se courbant pour ramasser un peu de charbon. C'est juste que ce n'est plus sous nos yeux.

    Germinal m'a éclairé sur la raison qui fait qu'avec le temps, les ouvriers ont tourné le dos au PCF pour aller écouter les délires bruns du Front national. Les gens préfèrent croire en des mensonges concrets qu'en des promesses abstraites. Il est plus facile de croire que les musulmans vont violer ma fille que d'aspirer à plus d'harmonie dans les rapports humains. Et j'ai dans l'idée que la Marine le Pen, des conneries tangibles, elle en a à revendre.

    Conclusion : ni dieu, ni Marx, ni le Pen.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2011/01/germinal.html

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    • Livres 5.00/5
    Par MilaKali le 06/03/2010


    Ce livre est d'une beauté infernale!!! Je n'ai jamais lu un livre aussi bon que cela. C'est l'histoire d'un jeune mineur qui se cherche une famille, parce qu'il vient d'arriver dans le nouveau village. Il travaillera très fort pour récolter de L'Argent... Sérieux, c'est mon livre préféré! Je n'ai peut-être que 14 ans, et je l'ai lu quand javais 12 ans, mais c'est le plus bon livre que j'ai jamais lu!!! Essayez-le ou louez-le à la bibliothèque, vous n'allez pas regretter!!!

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Hindy le 26/12/2010


    Un monde révolu, âpre et dur.
    Une évocation si réaliste que l'on s'imagine aisément au fond de la mine.
    beau, poignant.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan le 18/12/2010


    Assurément l'une des oeuvres les plus connues et reconnues de Zola!

    Magnifique evocation de la lutte des classes , du pot de terre contre le pot de fer , symbolisée par Etienne Lantier , mineur fraichement embauché et bien décidé , avec l'aide de ses camarades , a faire plier le patronnat sur les conditions de travail et les salaires ridiculement bas au regard des risques courus dans l'exercice de leur metier et du salaire indecent de ces patrons profiteurs ( pouce , je reprends ma respiration..)

    Un sujet d'autant plus interessant qu'incroyablement dans l'air du temps!!Les Etienne Lantier d'aujourd'hui se nomment Bata , Molex , Philipps , les "Conti" de Continental , liste , hélas , non-exhaustive...

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo le 24/05/2012


    Un classique de la littérature française, dont chacun de nous a forcément déjà entendu parler. Il fallait que je le lise pour me rendre compte par moi-même.
    Le premier fait marquant est que le roman s'inscrit avant tout dans une volonté de réalisme forte, allant jusqu'à intégrer la description du lieu de l'action à l'arrivée du personnage principal dans ce lieu. Ceci ne fait qu'ajouter au sentiment d'immersion que l'on ressent dès la lecture des premiers chapitres.
    Ce roman offre ensuite un saisissant et poignant récit de luttes sociales, où les mineurs se battent pour obtenir de meilleures conditions de vie. On partage leur quotidien, leur mode de vie, comment la colère gronde, monte en intensité. Vient alors un déclencheur qui va précipiter cette colère qui ne va ensuite que monter en intensité, jusqu'à un point d'orgue où tout explosera en vol.
    Une rare intensité se trouve dans ce roman.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)






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