Ajouter une critique

Critiques sur L'Assommoir (17)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par ahasverus le 21/02/2012


    C'est l'histoire en pente douce, mais sûre, de Gervaise. Coincée entre l'alcool et la violence des autres, elle ne demandait pas grand chose, la Banban, et pas fort en plus : travailler tranquille, manger toujours du pain, avoir un trou un peu propre pour dormir.
    Elle y parviendra, rue de la Goutte d'Or. Elle aura son heure de gloire, un grand repas, sa cène. Pas facile de savoir lequel dans cette assistance la trahira tant il y en a des hypocrites, et des sacrés ! Et elle reprendra, un peu poussée dans le dos, un peu résignée, sa descente jsuqu'aux genoux, jusqu'au cou, dans la fange.

    """Les hommes, souvent, se marient pour une nuit, la première, et puis les nuits se suivent, les jours s'allongent, toute la vie, et ils sont joliment embêtés...""".

    Elle a raison de penser ça, Gervaise : les hommes, c'est son fléau. Ils dépensent tout L'Argent, vomissent, manipulent, battent, poussent, tuent. Sous les ricanements et les revirements des femmes spectatrices et commères.
    Ah ! Les hommes, Mesdames ! Lantier, malhonnête depuis toujours ; Coupeau, qui l'a épousée "pendant une absence du Bon Dieu". Bien propre, bien gentil, qui boit pas, Coupeau. Mais "l''habitude use l'honnêteté comme autre chose" ; Bijard qui tue et Bazouge qui emballe...
    Au suivant !
    Pas grand monde pour racheter l'autre. Goujet, peut être...Et Lalie.
    C'est un livre noir : c'est du Zola. Avec des images si fortes que c'est le cinéma d'avant le cinéma. Avec des grands seconds rôles, des gueules, un cocu transparent qui fabrique des petites boites en bois pour ses amis. Avec un alambic, un alambic sans gaieté qui n'arrête jamais, qui "à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris".
    C'était écrit. La machine tue l'homme partout.
    A lire absolument au risque d'avoir envie de lire Tous les autres avant la noyade générale.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Andrew le 21/10/2010


    Le plus beau, le plus terrible, c'est qu'on y croit jusqu'au bout. "Allez Gervaise! " veut-on crier. On veut qu'elle s'en sorte, on veut qu'elle y arrive, elle le mérite tellement !
    Et puis c'est la dégringolade. Elle tombe. Et c'est fini.

    Probablement un des Zola les mieux construits si l'on prend en compte la mise en place progressive de l'action, le parfait équilibre entre des descriptions très pointues et des scènes d'action, de l'étude psychologie des personnages. On ressent de vrais sentiments pour toutes ces personnes, que ce soit de la sympathie ou du mépris, de l'irritation ou de la peine.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf le 04/05/2012


    L'alcool. C'est le thème de « L'assommoir ». Zola veut démontrer par l'exemple les méfaits de la boisson. Dans ce roman incontournable, il crée un couple qui a tout pour lui et il démonte un par un les mécanismes qui mènent à l'alcoolisme. La dépendance les enverra au plus bas niveau social, vers la déchéance, vers la mort. Mais loin de la critique cette histoire mérite d'être lu pour son histoire, ses personnages et pour le français au style impeccable faisant feu de Tous les charmes de la langue et utilisant même des procédés de personnification des objets comme dans la célèbre description de l'alambic.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Sarah_DD le 09/06/2008


    Ce roman m'a vraiment touchée. Comment le destin pourrait-il s'acharner ainsi sur une famille. Ce qui est terrible c'est de vivre la lente déchéance de Gervaise, alors qu'elle avait tant de courage. Jusqu'à un certain point on croit qu'elle pourra encore faire face, puis on sent qu'elle passe un point de non-retour et elle se laisse couler avec son mari. Très peu de lumière et encore moins d'espoir dans ce volume, c'est pour moi un des plus tristes.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par olivberne le 19/03/2012


    Lorsqu'on commence le livre, on est pris dans un engrenage qui fait qu'on ne le lâche pas pendant plusieurs jours. Et pourtant, il ne se passe pas grand chose, mais l'intrigue, les rapports entre les personnages et les descriptions sont captivants et envoutants. Un des meilleurs romans de Zola.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres le 01/02/2011


    Ce septième roman de la saga des Rougon est le plus dur, le plus noir, le plus désespéré.
    Gervaise est l'héroïne de ce roman, arrivée de Plassans depuis quelques mois elle a échoué dans une chambre sordide du quartier de la Goutte d'Or, elle vit là avec ses deux fils Claude et Etienne.
    Son compagnon, Auguste Lantier chapelier de son état est plus occupé à « courir la gueuse » qu'à faire bouillir la marmite. Gervaise abandonnée par Lantier trouve du travail comme blanchisseuse. Courtisée par Coupeau un ouvrier couvreur elle finit par accepter de l'épouser. La noce est mémorable, Coupeau a du travail, bientôt arrive une enfant surnommée Nana, il ne manque plus à Gervaise pour réaliser son rêve que pouvoir ouvrir sa propre blanchisserie.
    Mais la fatalité frappe les petits plus durement que les grands et lorsque Coupeau tombe d'un toit c'est la dégringolade. le chômage, la fonte des économies, les dettes.
    Coupeau passe désormais ses journées à L'assomoir et devient ami avec Lantier. La vie devient impossible entre ces deux hommes et Gervaise trouve elle aussi refuge dans l'alcool.
    Les enfants s'enfuient : Claude vers sa vie d'artiste raté, Etienne part travailler dans le nord, Nana devient fleuriste mais pour combien de temps ?

    Zola voulait frapper avec ce roman, il voulait que son livre soit « le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple ». C'est réussi et cela provoque le scandale.
    C'est la première fois que l'on ose faire une peinture aussi réaliste de la déchéance humaine, de la pauvreté sordide, de la misère, de la crasse. Cette description choque, elle choquait à l'époque et elle choque encore aujourd'hui.
    Un roman dénonçant la pauvreté, les terribles ravages de l'alcoolisme : Les scènes du délirium de Coupeau sont particulièrement fortes et reflètent bien le travail préparatoire énorme de Zola dans ses fameux Carnets d'enquête.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/11/14/l-assommo..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par melidu67140 le 15/12/2010


    peut-être est'ce dû au fait que je l'étudie en classe, et donc que l'on décortique morceau après morceau chaque chapitres, ce qui enlève tout le charme et la magie d'un livre, mais je n'ai pas vraiment aprécié ce livre (je n'en ai lu que les 58 premières pages, je n'ai pas eu la force de continuer) et si s'est pour savoir que Gervaise sombre dans l'alcoolisme (ce qui est affreux quand l'entourage le vit, je sais ce que c'est) et qu'elle meurt à la fin .... enfin bref je n'ai pas trop aimé ce roman.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo le 08/03/2012


    Assommoir (n. m.) : livre percutant, machine à donner des coups de poing en pleine face au lecteur.
    Pourquoi ce septième roman des Rongon-Macquart a-t-il connu plus de succès que Tous ceux qui ont précédé et jouit-il d'une plus grande notoriété? A priori, il n'est pas fondamentalement différent des autres. La recette de Zola semble toujours un peu la même, le couple subissant une lente agonie et une spirale descendante a déjà été dépeint dans La Conquete de Plassans. Ici, c'est la cousine des Mouret, la célèbre Gervaise Macquart, devenue Coupeau qui est sur le gril. Zola nous embarque dans les arcanes du monde d'ouvriers et de petits commerçants de Paris, et comme dans les ouvrages précédents, la part faite à la description est grande. Vous découvrirez les lavoirs, les blanchisseries, l'atelier miteux du chaîniste de la Goutte d'Or, les toits de Paris couverts de zinc, la forge, qui ressemble à celle de Vulcain, les fleuristes, et même l'auteur nous emmène au Louvre, puis bien évidemment, dans l'antre fétide et maléfique des débits de boisson où les ouvriers viennent s'abîmer. Qu'est-ce qui est si différent des autres romans? Sur le fond, probablement rien, Zola continue de dérouler son œuvre sociale sur un nouveau pan de la société, en l'occurrence les classes ouvrières qu'il avait déjà un peu visité dans Le Ventre de Paris. Gervaise n'est pas si loin de réussir dans la blanchisserie comme sa sœur Lisa dans la charcuterie. Ici, selon moi, la grande différence provient du style qu'Émile Zola va employer et faire éclore. A force de s'accoquiner au phrasé et à l'argot le plu cru de l'époque (pour faire plus vrai), la prose de Zola s'est révélée, transfigurée par ce mélange de langue érudite et de langue fangeuse. J'en veux pour preuve l'évolution du style au sein même du livre où on y découvre au chapitre 10 un mélange de lyrisme des miasmes absolument nouveau, même pour Zola et d'une fluidité, d'une force absolument prodigieuse, qui deviendront la "marque de fabrique" de l'auteur, qui annonce le grand Céline, et qui a éclos ici, à l'écriture de L'assommoir. Ainsi, à baigner dans le jus de l'argot, la prose du naturaliste a acquis une dimension supplémentaire, Zola a fait évoluer son style pour coller à la violence, à la médisance et à l'indigence qu'il décrit. C'est, volontairement ou non, car on le sentait en germe dans les ouvrages précédents (il avait un peu raté le coche dans Le Ventre de Paris), mais jamais encore il n'avait pleinement épanoui une telle verdeur de style, une certaine révolution, qui fait qu'aujourd'hui Zola est Zola. Bref, on a le sentiment qu'à décrire la lente et inéluctable descente aux enfers de Gervaise dans la puanteur et le désespoir, l'auteur s'est trouvé lui-même et a franchi le seuil de son identité littéraire. Il y aura un "avant" et un "après" Assommoir. La scène du fouet chez le père Bijard au chapitre 10 est l'une des plus dures qu'on puisse imaginer, rappelant les pires déboires de Fantine et Cosette réunies dans Les Misérables.
    On sent Gervaise fragile psychologiquement, jamais très loin de s'en sortir, mais effectuant toujours le mauvais choix quand s'offre une alternative tant avec Lantier (admirable en sa qualité de "ver dans le fruit"), que Coupeau suite à sa chute, que Goujet qu'elle n'ose pas rejoindre alors que lui seul semblait pouvoir lui assurer un certain salut. Finalement, ce qui est touchant chez Gervaise (un peu comme chez Nana sa fille plus tard), c'est cette dénégation de la vie, cette abnégation à affronter la chute sans craindre la mort tellement l'existence a peu de prix pour elle. La scène d'apocalypse finale que subit Coupeau en proie au pire des delirium tremens est une sorte de synthèse, où tout le mal accumulé dans les chairs et dans l'esprit dans cette descente ressort en un torrent de douleurs et de démence indescriptibles. Ce roman est aussi le germe, l'éclosion de deux personnages important des romans à venir, en la personne de Nana dans le roman éponyme et d'Étienne dans Germinal.
    Enfin, comme les Halles dans Le Ventre de Paris et plus tard, la locomotive de La bête humaine, l'alambic de L'assommoir du père Colombe est élevé au rang de personnage effectif, démon maléfique et vénéneux au pouvoir quasi mystique digne des sortilèges de L'odyssée.
    Lisez et relisez ce premier (et pas dernier) grand coup de poing en pleine face que nous assène Émile Zola dans Les rougon-macquart.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Peggy le 30/06/2009


    Une lecture magnifique, à déconseiller quand même aux déprimés... mieux vaut avoir un trop-plein de bonne humeur à évacuer !


    Lien : http://peggylit.canalblog.com

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



  • Par Jbellezit le 01/05/2012


    Le superbe récit d'une déchéance à deux voix. Et un très bon réquisitoire contre l'alcoolisme. (Je crois d'ailleurs que la description de l'alcoolisme de Coupeau à été utilisée dans les facs de médecine et dans des campagnes de préventions contre l'alcool.....j'en suis pas sur)

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'Assommoir par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1086)

> voir plus

Quiz