> Marie-Ange Voisin-Fougère (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253008877
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 159 notes) Ajouter à mes livres
Camarade de jeunesse de Cézanne, ami et défenseur de Manet et des impressionnistes, Zola a résumé dans L'oeuvre toute son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les premières décennies de la IIIe République. Document de premier ord... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 29 juillet 2011

    Missbouquin

    Ahhh Zola ! Que c'est bien écrit ! Que c'est profond ! Que c'est documenté ! Que c'est passionnant ! heu bon pour l'instant je suis un peu à court d'adjectifs et pourtant il ne devrait pas en manquer pour qualifier un tel auteur !
    Pourquoi j'aime Zola
    En réalité, je suis tombée sous le charme de Zola l'année dernière ... Pleine d'a priori et de préjugés sur cet auteur, je me suis lancée "courageusement" dans la série des Rougon-Macquart, bien décidée à perséverer dans ma lecture. Et à ma grande surprise, cela a été très simple ! Dès La fortune des rougon, je n'ai jamais pu lâcher un Zola avant de l'avoir dévoré, et j'en ressort continuellement sous le choc d'une telle qualité littéraire, d'une telle force.
    Certes je n'adhère pas aveuglément à Tous ses ouvrages, j'ai par exemple moins apprécié Le ventre de paris parce que 20 pages de description des légumes des Halles, c'est un peu long ... (même si c'est un vrai tour de force de pouvoir le faire, je préfère quand même quand il décrit la magie de Paris, sa lumière, dans L'Oeuvre)
    Bref tout cela pour vous dire que lorsque j'ai vu que L'Oeuvre était au programme du Club des Lectrices, je ne me suis pas fait prier pour attaquer la lecture !
    Inutile de revenir sur la biographie de l'auteur, quoique ce serait intéressant car c'est peut-être le roman le plus autobiographique de Zola : si l'on prend en compte qu'il a fait ses études à Aix-en-Provence (heu Plassans désolée), qu'il s'est lié là-bas avec Cézanne et d'autres peintres. Qu'ils se sont ensuite retrouvés à Paris, etc. Bien sûr Sandoz n'est pas Zola, tout comme Claude n'est pas Monet ni Cézanne, en tout cas pas entiérement !
    Ce qui m'a plu :
    - La modernité de l'écriture
    - le sujet : quoi de plus essentiel et de plus passionnant que la question de la création artistique ? car l'on assiste ici à l'art en train de se faire, à ce qui fait de l'homme un artiste, ...
    - Une peinture de la société : car si il traite de la question universelle de la création artistique, il s'inscrit surtout profondément dans une époque - ce XIXe siècle que j'aime tant - ce XIXe siècle bourgeois qui méprisait les artistes tout en admirant leurs oeuvres (tant qu'elles ne sortent pas des chemins battus.)
    - Les types dépeints : le peintre tourmenté, avec qui l'on souffre; la femme passionnée et trompée; l'artiste arriviste; l'écrivain montant; etc.
    Ce roman est donc extrémement riche, on vit passionnément avec les personnages pendant 400 pages. Cependant, pour ma part; j'ai ressenti une rupture dans mon coeur au moment de la mort de Jacques, qui intervient dans la presque indifférence de ses parents : à ce moment-là, je n'ai ressenti que mépris pour Claude qui a tout sacrifié pour rien au final, et qui pour moi, est passé à côté de la vie ... A la fin, j'ai finalement vécu sa disparition comme un soulagement ...
    Pour conclure ce long billet, ce qui m'a frappé à la moitié du livre environ, c'est la diversité des sujets que Zola nous propose d'un livre à l'autre : sur la dizaine que j'ai déjà lu, pas un personnage ne se ressemble, pas une histoire ne part dans la même direction. Certes on peut remarquer une certaine tendance à des fins tragiques, mais elles sont à l'image des types dépeints qui ne peuvent faire autrement, pour vivre leurs passions jusqu'au bout, que de disparaître brutalement, se perdre dans la folie. Comme si l'homme ne pouvait supporter les sentiments qu'il porte en lui. (Evidemment c'est une analyse personnelle, ce que je ressent en lisant ces oeuvres et en aucun cas une analyse littéraire professionnelle, dont je serai par ailleurs bien incapable ... )
    Il va passer dans ma bibliothèque idéale (ou Pile A Relire ...) très prochainement ! :)
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 16 mai 2012

    ballad
    L'oeuvre est l'un des premiers livres que j'ai lus de Zola, sinon le premier. Je l'ai beaucoup apprécié, pour le portrait intense qu'il fait d'un personnagedont la passion déborde : un formidable peintre inspiré à Zola par Cézanne, à l'époque l'un de ses proches amis. C'est une base de documentation, à la fois nourrie de la réalité et très romancée, sur le milieu artistique du 19 ème siècle. On peut y vivre l'éclosion de l'impressionnisme. Les pages sur le salon des refusés m'ont laissé des réminiscences. le peintre du livre doit faire face à un malheur après l'autre, que ce soit dans sa vie affective ou professionnelle, mais il ne perd jamais courage. Son obsession dans sa volonté de peindre son immense toile rappelle un peu Michel-Ange.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    A l'instar de Claude Lantier, Zola est-il, au fond, un romantique ? le naturalisme scientifique, la peinture de la réalité poussée dans ses retranchements les plus extrêmes, n'est-ce pas l'éternelle écriture de la tragédie humaine, la gloire entrevue, le bonheur esquissé, l'amour frôlé et la mort, implacable, au bout d'un horizon, ce coeur de Paris et cette femme fausse, que personne n'atteint ? Claude Lantier, comme son frère Jacques, se trompe d'amour. Il s'obstine, dans son génie avorté, à créer ce que la réalité, sans qu'il ne puisse s'en satisfaire, lui donne déjà. Christine se donne à lui, se fait modèle pour qu'il puisse aimer l'Autre, cette peinture de malheur qui se fait monstre; elle subit l'outrage de sa nudité au milieu des rires niais des peinturlureurs du dimanche et des salons de l'académie; elle ne récupère son amour qu'on prix de sa vie, et l'art sonne son glas. Il ne reste rien. Les amitiés se sont délitées. L'enfant mort, devenu peinture, tué une seconde fois par son propre père, qui ne pouvait être que le père d'objets morts, s'expose sans que personne ne le voit. Zola montre une nouvelle fois, sous couvert de fatalité héréditaire, un destin raté dans son implacable logique, et, mise en abîme ultime, crée, à la place de son héros, un chef-d'oeuvre.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 03 juin 2011

    cicou45
    Cette fois-ci, le roman nous plonge dans l'univers de l'art. Claude Lantier, fils de Gervaise et d'Auguste (cf ma critique de L'assommoir). Claude devenu peintre maudit, tenta tant bien que mal, avec plusieurs de ses amis qui partagent la même passion que lui, dont Sandoz de d'autres peintres ou sculpteurs, de faire découvrir un nouveau style d'art. Cependant, si certains réussissent à percer dans ce monde cruel, Claude, incompris par la société Parisienne, accumule les échecs.
    Bien qu'échouant dans sa vie professionnelle, Claude a néanmoins plus de chance dans sa vie amoureuse puisqu'il fait la rencontre d'une charmante jeune fille, Christine, qu'il finira par épouser. L'heureux ménage décide dons de quitter Paris pour aller s'installer à la campagne où ils auront un fils qu'ils perdront malheureusement 12 ans plus tard puisque ce dernier était gravement malade. Plongé dans la dépression, Claude tente alors à nouveau de se réfugier dans l'art et d'entreprendre une œuvre qui devra être celle de sa vie.
    Le monde de l'art est parfois bien cruel envers ceux qui ne sont pas compris par leurs semblables et ne sont pas reconnus auprès du public. Bien que celui-ci puisse parfois être salvateur pour certains, il peut aussi être destructeur pour ceux qui tentent désespérément de s'accrocher et ne vivent plus que pour lui. Claude Lantier en est le parfait exemple puisque, n'ayant pas réussi trouver de la reconnaissance auprès de ses contemporains ni à accomplir une œuvre qui le fera rentrer dans le monde de la postérité et qui fera que l'on se rappellera de lui, finit par se suicider, se sentant rabaissé. L'écriture de Zola est toujours aussi agréable et limpide et malgré l'horreur des évènements, le lecteur se laisse envoûté par ce livre.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Je n'ai pas vraiment apprécié ce roman, qui baigne totalement dans l'univers de la peinture. On y suit la chute inexorable de ce peintre, Claude, qui tente vainement de réaliser un chef d'œuvre, mais qui malgré Tous ces effort n'y arrive pas.
    L'histoire est prévisible, on connaît déjà la fin avant même d'avoir terminé le livre, et du coup on ne fait que suivre cette longue descente aux enfers, où l'artiste se fait dévorer petit à petit par l'œuvre qu'il tente de créer.
    Malgré Tous Zola nous dépeint très bien avec ce livre ce qu'était la vie à cette époque pour les artistes. Les descriptions sont soignées, le roman quand à lui est très bien écrit.
    Sans ces points positifs, je ne pense pas que j'aurai fini ma lecture que j'ai ponctué de nombreuses pauses
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Claude, qui se reculait maintenant jusqu’au mur, y demeura adossé, s’abandonnant. Alors Sandoz, brisé par la pose, quitta le divan et alla se mettre près de lui. Puis tous deux regardèrent, de nouveau muets. Le monsieur en veston de velours était ébauché entièrement ; la main, plus poussée que le reste, faisait dans l'herbe une note très intéressante, d'une jolie fraîcheur de ton ; et la tache sombre du dos s'enlevait avec tant de vigueur, que les petites silhouettes du fond, les deux femmes luttant au soleil, semblaient s'être éloignées, dans le frisson lumineux de la clairière ; tandis que la grande figure, la femme nue et couchée, à peine indiquée encore, flottait toujours, ainsi qu'une chair de songe, une Ève désirée naissant de la terre, avec son visage qui souriait sans regards, les paupières closes.
    " Décidément, comment appelles-tu ça ? demanda Sandoz.
    - Plein air répondit Claude d'une voix brève.
    Mais ce titre parut bien technique à l'écrivain qui, malgré lui, était parfois tenté d'introduire de la littérature dans la peinture.
    - Plein air, ça ne dit rien.
    - ça n’a pas besoin de rien dire…Des femmes et un homme se reposent dans une forêt, au soleil. Est-ce que ça ne suffit pas ? Va, il y en a assez pour faire un chef- d’œuvre.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    On frappait et Dubuche entra. C’était un gros garçon brun, au visage correct et bouffi, les cheveux ras, les moustaches déjà fortes. Il donna des poignées de main, il s’arrêta d’un air interloqué devant le tableau. Au fond, cette peinture déréglée le bousculait, dans la pondération de sa nature, dans son respect de bon élève pour les formules établies ; et sa vieille amitié seule empêchait d’ordinaire ses critiques. Mais cette fois, tout son être se révoltait, visiblement.
    "Eh bien ! quoi donc ? Ça ne te va pas ? demanda Sandoz qui le guettait;
    - Si, si, oh ! très bien peint... Seulement...
    - Allons, accouche. Qu'est-ce qui te chiffonne ?
    - Seulement, c'est ce monsieur, tout habillé, là, au milieu de ces femmes nues... On n'a jamais vu ça."
    Du coup, les deux autres éclatèrent. Est-ce qu'au Louvre, il n'y avait pas cent tableaux composés de la sorte ? Et puis, si l'on n'avait jamais vu ça, on le verrait. On s'en fichait bien, du public !
    Sans se troubler sous la furie de ces réponses, Dubuche répétait tranquillement :
    "Le public ne comprendra pas... Le public trouvera ça cochon... Oui, c'est cochon.
    - Sale bourgeois ! cria Claude exaspéré. Ah ! ils te crétinisent raide à l' École, tu n'étais pas si bête !"
    C’était la plaisanterie courante de ses deux amis, depuis qu’il suivait les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Il battit alors en retraite un peu inquiet de la violence que prenait la querelle ; et il se sauva, en tapant sur les peintres.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    C'était une toile de cinq mètres sur trois, entièrement couverte, mais dont quelques morceaux à peine se dégageaient de l'ébauche. Cette ébauche, jetée d'un coup, avait une violence superbe, une ardente vie de couleurs. Dans un trou de forêt, aux murs épais de verdure, tombait une ondée de soleil ; seule, à gauche, une allée sombre s'enfonçait, avec une tache de lumière, très loin. Là, sur l'herbe, au milieu des végétations de juin, une femme nue était couchée, un bras sous la tête, enflant la gorge; et elle souriait, sans regard, les paupières closes, dans la pluie d'or qui la baignait. Au fond, deux autres petites femmes, une brune, une blonde, également nues, luttaient en riant, détachaient, parmi les verts des feuilles, deux adorables notes de chair. Et, comme au premier plan, le peintre avait eu besoin d'une opposition noire, il s'était bonnement satisfait, en y asseyant un monsieur, vêtu d'un simple veston de velours. Ce monsieur tournait le dos, on ne voyait de lui que sa main gauche, sur laquelle il s'appuyait, dans l'herbe.
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 04 janvier 2012

    C'était l'homme adoré, désiré, qui devenait son enfant ; et l'autre, le pauvre être, demeurait un simple témoignage de leur grande passion d'autrefois. A mesure qu'elle l'avait vu grandir et ne plus demander autant de soins, elle s'était mise à le sacrifier, sans dureté au fond, simplement parce qu'elle sentait ainsi. A table, elle ne lui donnait que les seconds morceaux ; la meilleure place, près du poêle, n'était pas pour sa petite chaise.
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  • Par Spilett, le 09 janvier 2011

    "Ah ! tout voir et tout peindre ! reprit Claude, après un long intervalle. Avec des lieues de murailles à couvrir, décorer les gares, les halles, les mairies, tout ce qu'on bâtira, quand les architectes ne seront plus des crétins ! Et il ne faudra que des muscles et une tête solides, car ce ne sont pas les sujets qui manqueront....Hein? la vie telle qu'elle passe dans les rues, la vie des pauvres et des riches, aux marchés, aux courses, sur les boulevards, au fond des ruelles populeuses ; et tous les métiers en branle ; et toutes les passions remises debout, sous le plein jour ; et les paysans, et les bêtes, et les campagnes !...On verra, on verra, si je suis pas une brute ! Oui ! toute la vie moderne ! Des fresques hautes comme le Panthéon ! Une sacrée suite de toiles à faire éclater le Louvre !"»
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