> Gilles Deleuze (Préfacier, etc.)
> Henri Mitterand (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070418014
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 268 notes) Ajouter à mes livres
Grande affaire du XIXe siècle et plus particulièrement du Second Empire, le chemin de fer se vit chargé par les chantres du progrès technique d'une signification symbolique que Zola a tenté d'exprimer dans La Bête humaine : force de vie, le train fécondait la nation et ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    Roman de meurtre, de médiocrité, d'amour, de chemin de fer, La Bête humaine est un concentré de violence. La rencontre d'Eros et de Thanatos aboutit aux drames, les personnages se tuent parce qu'ils s'aiment ou s'aiment parce qu'ils se tuent, sans qu'on puisse l'expliquer, sinon par une hérédité qui dépasse de loin celle de la famille, l'homme des cavernes qui tuait au fond des bois. Les personnages tuent et personne n'en a le moindre remords, ni Jacques, qui avait cru jusqu'au bout qu'il était possible de résister à la pulsion fatale, ni Roubaud, qui se noie dans le jeu, ni Séverine, qui se noie dans le corps de Jacques, ni Misard, qui cherche à tout jamais ses mille francs, ni Flore, qui fait dérailler le train pour rien. La mort rôde partout où se trouve l'amour. Même la Lison, seul personnage véritablement innocent, avec le "coupable" Cabuche, meurt atrocement, assassinée. Tout est sang, instinct de mort, fuite en avant, comme le train, à la fin, qui annonce La Débâcle. Pourtant, la Vérité, l'ignoble Vérité, la part de l'assassin en Tous, reste cachée. le procès condamne un innocent, le seul. L'honneur est sauf. Cabuche est le coupable idéal. La preuve qui l'innocente est sciemment cachée. Dreyfus sera le coupable idéal. le bordereau livrera la Vérité.
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    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf, le 04 mai 2012

    jsgandalf
    La « bête humaine » c'est l'affrontement de deux inhumanités qui s'affrontent : Jacques Lantier et Lison le monstre de vapeur. Comme Tous les romans de Zola que j'ai apprécié, c'est un roman sombre et noir d'êtres humains engagé dans un combat contre les dures réalités de la modernité. Les descriptions sont superbement écrites. C'est un fabuleux roman. Un des meilleurs de Zola. Il faut prendre son temps avec un tel auteur, ne pas vouloir lire de la même façon que la nôtre aujourd'hui. C'est un bon ouvrage pour se réconcilier avec l'immense talent de ce Monsieur qu'est Emile Zola.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par TheBee, le 27 mai 2010

    TheBee
    Du très grand Zola. Une lecture insolite au milieu des classiques, qui nous fait pénétrer dans les méandres de l'âme humaine, de la "bête" humaine. Il est rare de rentrer dans la peau d'un tueur en puissance et d'observer la lutte incessance avec ses démons intérieurs.
    Un des précurseurs du roman noir, s'inscrivant dans un contexte social lié à l'industrialisation, à l'arrivée des machines, où es couches sociales les moins privilégiées sont représentées.
    L'écriture est dérangeante , c'est peut-être pour cette raison que j'en garde un souvenir impérissable.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Hicchi, le 27 juin 2011

    Hicchi
    L'un des romans phares de Zola, pour pas dire "une bête" en elle-même. On entre dans l'esprit d'un assassin qui tente de se battre contre ce qu'il est, contre la machine même avec laquelle il conduit. Zola a fait un travail d'imagination remarquable : l'homme et la machine ne font plus qu'un dans ce tourbillon de folie. J'ai dévoré ce livre en trois jours il me semble, tellement que j'ai été prise par le déroulement des évènements. La Bête humaine confirme mon adoration pour Emile Zola.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Sarah_DD, le 09 juin 2008

    Sarah_DD
    On retrouve bien entendu le style de Zola, mais j'ai trouvé que ce roman mettait en parallèle de manière peut-être trop évidente l'homme et sa machine. J'ai trouvé les personnages moins attachants que dans d'autres volumes (comme le Bonheur des dames).
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    En entrant dans la chambre, Roubaud posa sur la table le pain d’une livre, le pâté et la bouteille de vin blanc. Mais, le matin, avant de descendre à son poste, la mère Victoire avait dû couvrir le feu de son poêle, d’un tel poussier, que la chaleur était suffocante. Et le sous-chef de gare, ayant ouvert une fenêtre, s’y accouda.

    C’était impasse d’Amsterdam, dans la dernière maison de droite, une haute maison où la Compagnie de l’Ouest logeait certains de ses employés. La fenêtre, au cinquième, à l’angle du toit mansardé qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchée large trouant le quartier de l’Europe, tout un déroulement brusque de l’horizon, que semblait agrandir encore, cet après-midi-là, un ciel gris du milieu de février, d’un gris humide et tiède, traversé de soleil.

    En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s’effaçaient, légères. À gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches géants, aux vitrages enfumés, celle des grandes lignes, immense, où l’œil plongeait, et que les bâtiments de la poste et de la bouillotterie séparaient des autres, plus petites, celles d’Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture ; tandis que le pont de l’Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée, que l’on voyait reparaître et filer au-delà, jusqu’au tunnel des Batignolles. Et, en bas de la fenêtre même, occupant tout le vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s’écartaient en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. Les trois postes d’aiguilleur, en avant des arches, montraient leurs petits jardins nus. Dans l’effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle.
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  • Par torevan, le 15 février 2012

    (...) c'étaient, dans son être, de subites perles d'équilibre, comme des cassures, des trous par lesquels son moi lui échappait, au milieu d'une sorte de grande fumée qui déformait tout. Il ne s'appartenait plus, il obéissait à ses muscles, à la bête enragée.
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  • Par Seiren, le 07 décembre 2011

    A cette heure, elle était femme, superbe, désirable, et elle l'aimait sans doute, de très loin, du fond même de sa jeunesse.
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  • Par torevan, le 15 février 2012

    "Ah! c'est une belle invention, il n'y a pas à dire. On va vite, on est plus savant... Mais les bêtes sauvages restent des bêtes sauvages, et on aura beau inventer des mécaniques meilleures encore, il y aura quand même des bêtes sauvages dessous."
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  • Par torevan, le 03 mars 2012

    Est-ce qu'on tue par raisonnement! On ne tue que sous l'impulsion du sang et des nerfs, un reste des anciennes luttes, la nécessité de vivre et la joie d'être fort.
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